La Tribune de Genève regorge de trésors rhétoriques, il faut le dire!
Dans l’article qu’elle publie sur le déplacement d’Ignazio Cassis à Kiev et à Moscou en tant que président de l’OSCE, Sergueï Lavrov y est qualifié de « vieux crocodile de la diplomatie russe ».
Quant à notre Ignazio Cassis, conseiller fédéral d’un pays neutre, il y est présenté comme « ami » du président ukrainien Volodymyr Zelenski.
Rien à dire, l’un est un « vieux » reptile, l’autre un homme, un vrai, un « ami ».
Plusieurs commentaires qui suivent l’article relèvent la manière désinvolte -et c’est très peu dire- de présenter Sergueï Lavrov. Sens critique et lucidité n’ont pas encore disparu, heureusement!
Quant à notre Ignazio Cassis, son amitié avec l’Ukrainien le regarde. Mais son déplacement à Kiev et à Moscou n’avait pas vocation à la lui témoigner, semble-t-il.


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Tant que les principales puissances européennes nieront l’évidence d’un rapprochement salutaire avec la Russie – qui est plus européenne qu’asiatique, craint l’étreinte fatale chinoise et demeure l’ultime marche de défense de l’UE face à Pékin dont les nouvelles Routes de la Soie sont le gigantesque tentacule projeté vers elles -, tant qu’elles se laisseront diviser et intoxiquer par une russophobie anachronique, elles demeureront prisonnières d’une vision du monde rétrograde, à contretemps et contre-emploi de leurs intérêts économiques et sécuritaires propres (Caroline Galactéros, Vers un nouveau Yalta, 2019)