Catégorie

Voix

Politique, société, Voix

Voici qui fait plaisir!

Le 22 février 2021, une émission de la Radio suisse romande (RSR) a eu le mérite de mettre face à face deux points de vue sur  la Russie pour les confronter et laisser ainsi le choix aux auditrices et aux auditeurs de se faire leur propre idée dans la mesure du possible.

Isabelle Mandraud, l’interlocutrice française invitée de la RSR, est journaliste au grand quotidien Le Monde et a co-écrit avec Julien Théron, un ouvrage intitulé  » Poutine, la stratégie du désordre ».

On l’a entendue s’exprimer récemment sur la Crimée, il en a été question ici.

Piotr Tolstoï, l’interlocuteur russe, autre invité de la RSR, est l’arrière-arrière-petit-fils de l’écrivain du même nom. Actuel vice-président de la Douma, il a été longtemps journaliste avant d’intégrer le parlement en 2016.

Il est plaisant de constater que la RSR n’a pas encore perdu le sens de l’objectivité, à vous d’en juger ici.

J’ai eu, pour ma part l’honneur d’être invitée à participer à l’émission de débat qu’animait Piotr Tolstoï sur la première chaîne de télévision russe, Pervyj Kanal et j’en garde un souvenir prégnant.

J’y ai, en effet eu un aperçu de ce qu’était la liberté d’expression dont on aime à dire, chez nous, qu’elle serait étouffée.

Eh bien ce n’est pas tout à fait ce qui m’a semblé dans le cadre de cette émission fort animée et à laquelle avait été conviée, entre autre, une journaliste ukrainienne pour parler de ce qui continue de mettre son pays aux prises avec la Russie.

Ce que j’ai découvert comme qualité de débat entre toutes sortes de protagonistes n’a rien à envier à nos émissions télévisées françaises ou suisses. C’était le 22 octobre 2015,  Vremja pokozhet qu’animait encore Piotr Tolstoï à l’époque, a eu lieu en direct, vous pourrez vous en faire une idée en la regardant ici.

Politique, société, Voix

Sputnik V, quand l’omniscience s’en mêle…

Une de mes relations issue d’une Républiques de l’ex URSS, de retour au bureau après avoir séjourné quelques semaines dans son pays d’origine, me raconte…

Dans la discussion qu’elle a avec une collègue de travail, il est question, à un moment donné, de vaccins. Cette personne de ma connaissance parle de ce qui se passe dans son pays et dit, entre autre, qu’un membre de sa famille s’est fait vacciner.

Et la collègue de rétorquer, sourire narquois aux lèvres, « avec Spoutnik V »?

La personne de ma connaissance m’a dit avoir ressenti cette question de manière offensante. Comme si, au fond, n’étaient réservés à certains pays que le plus bas du bas de gamme.

Alors qu’elle sait l’excellence de la médecine russe. Et l’admettre n’est certainement pas parce qu’elle serait « pro-Russe », comme on aime à dire, non, en tout cas pas!

C’est juste une question de discernement. Mais dans cet Occident omniscient, on préfère railler..

En réalité, la réaction de cette collègue de travail ne révèle que l’efficacité de la propagande russophobe distillée par nos médias dits mainstream. Sinon, comment cette femme saurait ce que vaut le vaccin Sputnik V?

Et ce n’est certainement pas cet article qui lui donnerait tort, arguerait-elle, forte de ses certitudes…

Culture, Politique, société, Voix

Après Alexandre Navalny, voici Sergueï, du même nom!

Nier l’évidence que trop de nos journalistes semblent ne pas même savoir de quoi, en l’occurrence, de qui ils parlent tandis qu’ils reprennent en boucle, sans même les vérifier, ce qu’ils estiment être des « informations », la preuve peut en être donnée à ce détail. En effet, comment Christophe PASSER pour Le Matin Dimanche en Suisse, et Caroline ROUX pour C dans l’air en France peuvent-ils ignorer le véritable prénom de celui dont ils ne manquent pas d’insister sur le sort adverse, je veux parler ici d’Alexeï Navalny?

Le premier l’a appelé Alexandre, il en a été question ici, la seconde quant à elle, lui a préféré le prénom de Sergueï. Franchement, est-ce bien sérieux? Quand un homme serait aussi connu et reconnu tel le « principal opposant » de Vladimir Poutine qu’il n’est en réalité pas, comment peut-on se méprendre sur son prénom? Serait-ce qu’ils se valent tous? Alexandre, Sergueï, Alexeï, et pourquoi pas Boris, Nicolaï et tant d’autres encore?

Alexandre, Sergueï ou Alexeï ne changent rien au fait que l’homme soit emprisonné, nous sommes d’accord. Mais cela change beaucoup au fait que, si des journalistes de référence commettent des erreurs d’identité, on ait des raisons de s’inquiéter de la qualité des informations qu’ils délivrent. Donc que Monsieur PASSER et Madame ROUX se montrent à la hauteur leur très large audience qui suppose de leur part une maîtrise de leurs sujets! Au lieu de quoi, c’est leur crédibilité qu’ils engagent.

Même si, on l’a compris de longue date, nos médias dits mainstream sont acquis à la cause qui consiste à traiter avec mépris, arrogance et ignorance tout un pays, la Russie en l’occurrence, au prétexte que celle-ci serait tenue par un homme, empoisonneur de son « principal opposant » et réduisant à néant toute opposition d’ailleurs après qu’il a réussi à « s’offrir le Kremlin jusqu’en 2036 » comme l’indiquait le titre de C dans l’air, même si on a bien compris tout cela, le laisser dire sans broncher? Non.

Et les réactions qui ont accompagné celle que j’ai exposée ici après avoir vu l’émission diffusée ce 6 avril sur France 5  ont montré que, très nombreuses sont les personnes qui se sont forgé une vision de la Russie autre que celle qui nous est imposée par tant de journalistes, tout simplement parce que lesdites personnes y ont travaillé, parce qu’elles y ont vécu, parce qu’elles ont pris le temps de s’y intéresser. Elles sont donc à même d’exercer leur sens critique tandis que les correspondant(e)s sur place ont surtout pour mission de suivre la ligne fixée par leur rédaction. Et qu’on ne vienne pas me traiter de complotiste, je le sais de source sûre pour avoir échangé avec des journalistes, entre autre au sujet de la Crimée où je me suis rendue en 2014.

Oui, je suis partie de Genève le 17 juillet au soir alors que venait d’être abattu, l’après-midi même dans le sud-est de l’Ukraine, le boeing de la Malaysia Airlines MH17 qui ne laissait aucun survivant des 283 passagers et des 15 membres de l’équipage embarqués à bord. Je ne me rendais pas en Crimée pour des raisons politiques ou quelque motif en lien avec les activités que d’aucuns me soupçonnent déployer au service du Kremlin, non, je me portais au secours d’un proche. Agressé à plusieurs reprises et spolié d’à peu près tous ses biens par des Ukrainiens, il lui était impossible de quitter l’hôpital où il avait été admis et de rentrer seul à Moscou. Sa famille étant dans l’incapacité absolue de lui venir en aide, je me suis proposée.

Voilà comment j’ai découvert à quel point les Criméens étaient heureux d’avoir réintégré la Russie, j’en avais rendu compte sur mon blog d’ailleurs. Mais bon, il faut surtout parler, en Occident,d ‘ « annexion » de la péninsule par les Russes, il faut surtout parler de la menace qu’ils font peser le long de leur frontière avec l’Ukraine, il faut surtout rappeler comme s’y est employée l’une des invitées de C dans l’air, les « petite hommes verts » qui auraient oeuvré à ce que la Crimée réintègre le giron russe, bref, il faut en priorité dénigrer, salir et noircir la Russie qu’on se contorsionne à présenter comme celle « de Poutine ».

Histoire, Politique, Voix

C dans l’air s’offre « Poutine » à satiété

Bon, je me suis infligé l’une des émissions phare de France 5, C dans l’air.

Je me suis imposé la suffisance de la modératrice Caroline Roux, qui introduit l’émission en parlant d’un homme qui préside un pays dont on se demande ce qu’elle sait de l’Histoire, de la culture et du peuple.

L’homme, au hasard, Vladimir Poutine, le pays, donc, la vaste Russie qui s’étale sur, autrefois 11 fuseaux horaires désormais ramenés à 9 et qui compte près de 146 millions d’habitants.

On assiste, une fois encore, à un « débat » entre invitées et invités  qui font autorité pour parler du Président russe vu leurs publications et leurs fonctions.

Or qu’apprend-on à suivre cette émission? Pas grand chose d’autre que les habituels clichés, répétés en boucle.

Le pompon, c’est une jeune politologue qui le détient avec son  « Poutine vieillissant » qui a en face de lui un « Navalny hyper viril, hyper sportif, qui est une force de la nature qui survit au poison ».

C dans l’air, l’émission phare de France 5, pourrait nous amuser si elle n’était aussi suivie.

On parle, on parle, on tire des plans sur la comète, on donne telle ou telle intention aux pays de l’OTAN et à celui qu’on nomme tout simplement « Poutine » mais songe-t-on un seul instant à ce que vivent les populations du Donbass?

Dans le document diffusé à cet égard, on a osé relayer le doute quant à la mort du petit Vladik, l’enfant tué lors de l’explosion de mutinions larguées depuis un drone par le régime de Kiev. Il en a été question ici-même hier.

Une brochette d’invitées et d’invités qui nous débitent leurs analyses, sur la Russie et sur « Poutine » alors qu’à quelques heures de vol de Paris, la vie s’enfonce et se perd dans la boue d’une guerre qui n’en finit pas, voilà ce que nous sert cette émission.

Non, je ne soutiens pas « Poutine ». Je réagis à l’arrogance, je réagis à la propagande qui ne dit pas son nom et qui va jusqu’à relayer le déni de la mort d’un enfant.

Politique, Voix

Dans un petit cercueil blanc, Vladik. Mais selon nos médias, c’est la présence russe près de l’Ukraine qui inquiète…

Rappelez-vous, Aylan, l’enfant retrouvé mort sur une plage turque et dont l’image a fait le tour du monde. C’était le 2 septembre 2015. Aylan Kurdi symbolisait le drame de la migration, d’emblée, sa photo avait été dénoncée comme truquée, manipulée et destinée à attendrir.

Et nombre de rédactions s’étaient alors mobilisées pour s’élever contre pareil drame nié.

Voici que désormais, les autorités de Kiev en Ukraine procèdent de même. Elles rejettent l’image d’un enfant mort dans le Donbass dont la photo circule non pas sur les médias mainstream, non pensez donc, ceux-ci font part de la Russie, accusée de « masser ses troupes »  à la frontière ukrainienne… Non, la photo, a été partagée sur des canaux d’information bien plus confidentiels mais qui, pourtant, semblent déranger lesdites autorités kiéviennes puisqu’elles nient l’enfant de 5 ans tué.

Face à pareil déni, il aura donc fallu diffuser une vidéo des obsèques du si jeune défunt. Et, pour qui la visionnera, se retrouver dans la position de voyeur. Car tel est, hélas bien le cas, lorsqu’invité à devoir assister à l’incommensurable douleur d’une mère, d’un père et de grands-parents, on entre au coeur de l’événement qui se déroule autour d’un tout petit cercueil blanc.

A l’intérieur, repose Vladik, 5 ans, né durant la guerre qui sévit dans le Donbass depuis 7 ans.

Vladik, diminutif de Vladislav, aurait pu incarner l’espoir, or ce n’est que la violence qu’aura connu l’enfant, mort des suites d’une explosion de munitions larguées depuis un drone par le régime de Kiev qui continue de bombarder la population civile de la République populaire de Donetsk.

L’attaque a eu lieu près de Yenakijevo.

Vous n’en aurez évidemment pas entendu parler puisque c’est la Russie qui inquiète. C’est la Russie qui annexe, c’est la Russie qui menace, c’est la Russie qui tue tout ce qui dérangerait son pouvoir, enfants compris. Depuis le temps que vous l’entendez, le lisez, le voyez, depuis le temps que la Russie a tout faux! Cependant voilà, il y a les coupables et les victimes et on sait déjà qui est qui.

La mort d’enfants devrait-elle donc être dénoncée ici et pas là? La mort d’innocents, condamnée ici et pas là? Les assassins ignorés ici et pas là? Les responsables pointés ici et pas là? La douleur de mères, soutenue ici et pas là? Où sont les grands titres de presse, où les chaînes de radio et de télévision qui, pourtant, savent trouver des enfants tués?

Et pourquoi ici et pas là?

Histoire, Politique, Voix

Les autoroutes de l’information

Dans un récent article du Figaro, il est question de la prochaine célébration du soixantième anniversaire de la conquête de l’espace par les Soviétiques. C’était le 12 avril 1961, en effet, que Yuri Gagarine s’envolait dans le cosmos.

Cet événement est évoqué avec un correspondant en Russie qui nous fait part de ce qu’il découvre dans la ville où a grandi le cosmonaute.

Comme si elle devait représenter le coeur même de l’aventure spatiale ou comme si elle devait être associée à ses débuts.

Et le journal belge Le Soir, de reprendre ce même article du Figaro, avec une nuance toutefois, la photo qui l’accompagne. Pour la variété des points de vue, on appréciera…

Mais les esprits critiques existent et c’est tant mieux. Nombreux sont ceux qui relèvent la condescendance avec laquelle est rapporté l’événement et qui rectifient aussi quelques allégations.

Quant à cet article du journal suisse 24 heures, il ne fait pas mieux que celui cité plus haut. Il met l’accent sur les « difficultés rencontrées par l’industrie spatiale russe depuis la chute de l’URSS en 1991. »

A nouveau, un commentaire remet quelques points sur quelques i.

Reste juste à savoir quelle influence peuvent avoir autant de regards qui refusent le dénigrement systématique de ce qui est russe, tant les rouleaux compresseurs médiatiques passent et repassent et repassent encore.

C’est que rien ne doit gêner le trafic engagé sur les autoroutes de l’information.

Politique, société, Voix

Où déjà « l’hostilité anachronique de la Russie » était relevée par ces mêmes haut gradés de l’Armée française, le 30 avril 2020

Dans la continuité du sujet publié hier sur ce blog, je vous propose de lire une tribune publiée par ce même groupe de haut gradés de l’Armée française qui s’adressait, ce 11 mars dernier, par une lettre ouverte au secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

Ce texte-ci date du 30 avril 2020, soit il y aura bientôt un an et a été publié sur le même site du magazine, Capital

Le retour sur image ne manque pas d’intérêt tant il montre comment la France a tenté de négocier sa relation avec l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Au-delà des acrobaties pour afficher une posture gaullienne sans, pour autant, tourner le dos à l’OTAN, certaines manoeuvres fort habiles y sont relevées, telles celles de François Fillon pour ne citer que les siennes.

A lire ces militaires, on mesure d’autant les limites imposées désormais à la France alors que, même feu le Président Jacques Chirac entamait une approche, certes négociée mais tout de même, de réintégration de l’OTAN par la France. C’est finalement à son successeur Nicolas Sarkozy que la France devra la concrétisation de ladite réintégration devenue effective lors du sommet de l’OTAN à Strasbourg-Kehl, les 3 et 4 avril 2009.

La prise de position de ces haut gradés français est importante tant il est impératif de ne pas céder à la propagande qui ne dit jamais son nom parce qu’elle avance masquée et brandit l’épouvantail russe pour effrayer des populations qui, dociles ou par confort intellectuel, s’alignent sur la doxa imposée.

Et qu’on ne vienne pas soupçonner, voire accuser les signataires de cette tribune et de cette lettre ouverte d’être inféodés au Kremlin ou les traiter de « complotistes », mieux, de conspirationnistes comme l’usage le veut dès lors que l’on refuse de diaboliser un pays qui n’a rien d’un ennemi et encore moins d’une menace!

Histoire, Politique, Voix

Des haut gradés de l’Armée française s’adressent au secrétaire général de l’OTAN par une lettre ouverte

Plusieurs haut gradés de l’Armée française se sont adressés au secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg par une lettre ouverte. Comme celle-ci ne semble pas avoir plus que cela retenu l’attention de nos grands médias, elle vous aura peut-être échappé.

Je vous invite vivement à la découvrir ici, reproduite sur le site du magazine Capital.

Pareille heureuse initiative est à saluer et à souligner tant, dans le cadre de l’hégémonie du monde à viser, la question se pose de savoir quel pouvoir est à même de s’imposer pour enrayer un processus qui paraît si engagé que rien ne semble être en mesure de l’arrêter.

Autant de discours lénifiants, de défenses de droits humains brandis face à telle ou telle oppression, autant de mensonges énoncés tels d’incontournables faits jamais prouvés sont diffusés urbi et orbi que toute remise en cause de ce qui s’apparente bien davantage à de la vile propagande est aussitôt étouffée.

Rien de nouveau, hélas, à ce que la répression soit toujours dénoncée ailleurs que chez soi.

En l’occurrence, nous vivrions sous de si cléments cieux qu’ils seraient à protéger de menaces désignées de manière aussi arbitraire qu’infondée et que l’on s’acharne à faire passer auprès des populations avec le concours complaisant de nombreux médias.

Combien de fois ne nous a-t-il été asséné que la Russie, parfois précisée « de Poutine » était un pays redoutable voire infréquentable? Car c’est bien de la « menace russe » dont il est question, entre autre, dans cette lettre.

Et il est réjouissant que des militaires dénoncent l’instrumentalisation qui en est faite et la désinformation qui l’accompagne. On ne compte plus les journalistes qui s’en abreuvent et abusent d’autant  la bonne foi de leur public.

Saura-t-on ce qui sera répondu à ces haut gradés de l’Armée? Seront-ils invités à aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte? Seront-ils aimablement remerciés de leur missive qui sera aussitôt oubliée?

L’Histoire a, certes, souvent montré où mène l’aveuglement guerrier et, surtout, comment il est difficile de le freiner quand domine la farouche détermination de vaincre à n’importe quel prix. Mais le fatalisme doit-il être de mise? Non et mille fois non tant il signe la résignation et la défaite.

Puisse le message porté par ces militaires être entendu, pour la paix et l’avenir des peuples!

Culture, Histoire, Politique, Religions, société, Voix

La décadence de la France et le Pape François en débat, osé et réussi

Ni fan de d’Eric Zemmour et encore moins de Michel Onfray, j’avoue avoir suivi avec plaisir et intérêt le débat qu’ils ont mené sur CNews ce 26 mars dernier.

Et ce d’autant qu’avec les thèmes principaux de discussion qui leur était soumis, on pouvait craindre le pire. Jugez-en vous-mêmes, la décadence de la France, réalité ou fantasme et puis, le Pape François.

Autant dire que le risque d’embourbement était à redouter mais c’était sans compter l’excellence de l’éditorialiste et du philosophe, qu’on les apprécie ou pas, la preuve, je vous invite à les découvrir ici.

De ce que Michel Onfray avait énoncé de l’Arménie à propos de laquelle il revient dans ce débat, il en avait été question ici. C’était début décembre 2020, le philosophe rendait compte de son séjour dans le Haut-Karabagh.

Traiter de l’apogée et du déclin des civilisations, des démocraties avec leurs majorités et leurs minorités revendicatrices et du Pape qui plus est, tout cela en une heure était non seulement osé mais réussi.

Ce genre d’exercice est-il vain? Non, au contraire, il vaudrait d’être renouvelé et surtout dans les conditions qui ont été celles de cet échange, à savoir l’écoute et le respect de la parole de l’autre.

Et puis, le recul aussi, indispensable à l’évaluation d’une situation quelle qu’elle soit.

Culture, Politique, société, Voix

La dangereuse quête du même

Vous vous souvenez, sans doute, de ce qu’a déclenché comme réactions l’annonce d’une maison d’édition de solliciter l’une des meilleures écrivains des Pays Bas pour traduire en néerlandais la poétesse intervenue lors de l’investiture du Président Joe Biden.

Il en avait été question ici-même. La première, parce qu’elle était blanche et non binaire, a été considérée comme incapable de se mettre dans la peau de la seconde, noire et donc de traduire son oeuvre.

Pas plus tard que ce 24 mars au soir, dans le cadre d’une émission de la RTS, « Infrarouge », un point de vue similaire a été défendu, cette fois en relation avec l’humour. Est accepté celui qui est émis par un « même », rejeté celui qui ne l’est pas.

En d’autres termes, les mêmes se comprennent entre eux. Les autres, dehors!

Peut-être aurez-vous la patience de suivre ce débat télévisé indiqué en lien ci-dessus jusqu’à son terme, je vous le souhaite car l’effort consenti en vaut la peine, ne serait-ce que pour mesurer l’état de la situation.

On peut, certes, convoquer la sagesse qui dit que « qui se ressemble s’assemble » ou, de manière plus directe, « seuls les fous comprennent les fous ».

D’accord mais avec cela, se créent les ghettos. Avec ce regard sur autrui, se construisent les murs pour se protéger. Avec pareille approche, l’autre devient l’ennemi à abattre.

Et tout cela, bien sûr, au nom des droits humains, des victimes, des exclu(e)s et j’en passe.

Si le multiculturalisme, la reconnaissance des genres, transgenres et autres différences de races amènent à autant d’entre soi, la société est menacée d’éclater en autant de groupes identitaires.

Parce que lorsque la perception qu’a autrui de soi dérange à ce point qu’on l’agresse pour faire valoir sa « différence », c’est dans la guérilla qu’on se jette.