En une de la Tribune de Genève de ce 23 juillet, cet article qui évoque un « malaise » en suscite un voire plusieurs autres.
D’abord, le fait d’afficher l’article en manchette des cassettes qui vendent le grand quotidien genevois interpelle. Ensuite, le choix du terme « malaise » indiqué dans le titre de l’article.
Car si le but de la mise en évidence d’un sujet d’actualité est d’attirer l’attention du public, cela semble bien avoir marché vu les différentes réactions que j’ai pu recueillir à cet égard.
Or après avoir pris connaissance de ce « malaise », plusieurs personnes se sont interrogées sur la raison de pareille importance accordée à un événement récurrent.
En effet, qu’on le déplore ou non, le Mur des Réformateurs de Genève compte plusieurs actes de vandalisme, celui qui semble créer un « malaise » s’ajoutant à la liste.
A lire l’article en question, il semble ressortir que l’importance à y accorder concerne les divergences entre groupes LGBTQ etc..
Les voici qui se disputent et revendiquent chacun leur part de reconnaissance? Et le public devrait être pris à parti de ce « malaise »?
Culture
Au cours de l’une de mes récentes lectures, j’ai repensé à des échanges qui avaient eu lieu ici en lien avec les concepts de « vérité » et de « réalité ».
Dans un ouvrage de l’écrivain chinois Gao Xingjian, Prix Nobel de littérature en l’an 2000, il est écrit ceci que je vous soumets:
La vérité n’existe que dans l’expérience et encore seulement dans l’expérience de chacun et même dans ce cas, dès qu’elle est rapportée, elle devient histoire. Il est impossible de démontrer la vérité des faits et il ne faut pas le faire.
Il s’agit là d’un extrait de « La montagne de l’âme », paru en traduction française aux éditions de l’Aube en novembre 2000.
Que le récit d’une expérience devienne une histoire invérifiable se conçoit. De là à en faire une généralité selon laquelle des faits seraient indémontrables, c’est privilégier le doute à la confiance.
Rien n’indique du premier qu’il soit constructif ou créatif. La seconde, quant à elle, ne gage pas non plus de quoi que ce soit de meilleur. La « vérité » se nicherait-elle entre doute et confiance ou nulle part?
Hier, sur ce blog, j’ai fait mention d’un article qui commentait l’interview accordée par Vladimir Poutine au Financial Times. Réservé aux abonnés, l’article en question n’a pu être accessible à toutes et à tous. S’il était dans la ligne éditoriale de ce qui s’énonce le plus souvent sur la Russie, il n’en était pas pour autant, comme on dit, « assassin ».
Non, il affichait juste ce zeste d’ironie devenue habituelle lorsqu’il est question du Président russe et semblait démontrer que 60% de sa popularité reflétait un fléchissement qui pouvait expliquer la posture prise à l’international par celui qu’on appelle aussi « le Maître du Kremlin » quand ce n’est pas « le Tsar », les métaphores ne manquent pas.
Il en est une, par contre, qui semble avoir plu au responsable de la rubrique « Monde » de ce même grand quotidien genevois qui intitule son article « Poutine, le petit père des populistes ». Vous aurez bien sûr saisi le renvoi à celui qu’on appelait « le petit père des peuples », en d’autres termes, Joseph Staline. Ben oui, quoi, on ne lésine pas, on y va franco!
Et puis, peut-être aussi, a-t-on envie d’afficher sa connaissance de l’Histoire, allez savoir! Quoi qu’il en soit, la comparaison parfois établie entre ces deux chefs d’Etat, l’un de l’actuelle Russie, l’autre de l’ex-Union Soviétique, passe bien auprès de ce public friand d’experts et de spécialistes qui leur racontent la Russie telle qu’ils veulent la voir et telle qu’elle n’est pas tout à fait.
Mais cela, surtout, ne le leur faites pas remarquer, faute de quoi, vous risquez de vous retrouver cloué au ban de la société des grand démocrates et autres défenseurs de droits humains.
Que Vladimir Poutine affiche une ligne conservatrice, ligne qui est celle d’un grand nombre de Russes n’a rien de nouveau. Qu’on la partage ou pas, qu’on la comprenne ou pas, c’est ainsi. De là à en faire ce que cet éminent journaliste que j’appréciais du temps où il était à la Radio Télévision suisse, de là à en faire donc un rappel -certes par jeux de mots interposés- de son prédécesseur soviétique, il y a un pas qu’il s’est plu à franchir.
Qu’on ne s’y trompe pas, le résultat attendu n’est peut-être pas forcément là tant il existe encore des personnes qui savent faire la distinction entre patriote et populiste. Mais à vouloir tirer la couverture à soi, on ne se couvre pas forcément au mieux. Quoi qu’il en soit, l’article a vocation à être lu du plus grand nombre. Serait-ce la raison pour laquelle son point de vue n’est pas, lui, réservé aux seuls abonné(e)s du journal, mystère. Le fait est que vous pouvez le lire ici.
Au coeur des revendications émises au nom de la théorie dite de genre, ce passage d’un article vaut qu’on s’y arrête. Dans l’extrait en question, il est fait mention de l’actrice Jean Harlow.
Et à son propos, ce qui est énoncé est d’une limpidité telle qu’il faudrait être aveugle ou borné pour ne pas y discerner le mécanisme de projection qui est à l’oeuvre.
Il est écrit d’elle qu’elle « est admirée, désirée, mais détestée, aussi, pour provoquer à ce point le désir. »
On ne peut être plus clair.
En d’autres termes, il apparaît que le refoulement de son désir, par l’homme, se retourne contre la femme avant tout.
Ce mécanisme de projection est bien connu. Alors?
Quand, aujourd’hui, tant de femmes revendiquent leurs atours, leur liberté de les mettre en valeur sans avoir à essuyer de commentaires d’hommes, en seront-elles quittes pour autant?
Rien n’est moins sûr.
Car c’est négliger quelques réalités psychologiques, parmi lesquelles le désir refoulé et ses conséquences.
Avoir lutté contre morales ou autres préceptes religieux qui le brimait pour avoir désormais à le contenir faute de lever contre lui une armée de militantes du genre, ne garantit rien de l’avenir sain du désir…
Et c’est reparti et c’est désolant! A l’évidence, l’expression d’états d’âme n’y changera pas grand chose.
Ce qui se passe entre la Géorgie et la Russie est commenté par les média des deux concernées, sans compter, bien sûr, ceux qui le sont à différents égards.
Cependant, comme dans les deux pays à nouveau sous tension s’affrontent des courants libéraux et conservateurs, chaque média qui les incarne apprécie la situation en conformité avec son idéologie.
Pour avoir des amies et des amis dans les deux pays aux prises l’un avec l’autre, je constate que les Russes sont perçus par les Géorgiens de manière parfois contradictoire.
Tantôt présentés comme frères en spiritualité et en culture, les Russes sont, dans le même temps, ressentis comme dominateurs sinon oppresseurs.
De fait et en lutte pour leur indépendance, les Géorgiens sont tentés de céder à ce que leur fait miroiter un autre « grand frère ».
Aussi bien et faisant fi de leur passé commun avec la Russie, les plus hostiles des Géorgiens à cet historique voisin considèrent-ils les Etats-Unis mieux à même de les protéger.
C’est qu’à la chute de l’ex-URSS, trois guerres ont laissé des traces. Celles des années 1990 et celle de 2008.
Dire que la fin de l’empire soviétique n’a pas fait couler une goutte de sang paraît un peu abusif si l’on compte le nombre de fronts ouverts au statut acquis -s’il en est- de « conflits gelés ».
Il en avait été question ici-même. Dans ce sujet, je citais un point de vue émis sur la problématique indépendance revendiquée par certains Etats de l’ancien espace soviétique.
Vous avez peut-être appris d’une manière ou d’une autre comment certains bacheliers se sont sentis « humiliés » par le sujet de littérature française qui leur a été soumis.
Tout se conçoit, tout s’énonce, on l’observe chaque jour, on se rappelle aussi qu’en matière de culture, la porte-parole du Chef de l’Etat français s’était particulièrement distinguée.
Simone Veil, « la meuf » , permet sans doute et sans surprise de considérer l’écrivain Andrée Chedid de même.
On dit Emmanuel Macron cultivé. Il apparaît que la personne qui porte sa parole en tant que locataire du Palais de l’Elysée ne lui ressemble pas.
Difficile dans ce cas, d’attendre de bacheliers qu’ils en sachent davantage que celle qui occupe un poste de prestige.
J’ai eu le privilège d’être invitée, en son temps, à une émission de France-Culture dans le cadre de laquelle était interviewée Andrée Chedid.
Je vous propose de découvrir cet interview d’elle qui est indiquée en lien tout en bas de cette page.
Au passage, vous en saurez aussi davantage sur la pétition qui a été lancée par ces bacheliers qui se sont sentis « humiliés »…
La Tribune de Genève publie un article qui reprend les « révélations » livrées par le célèbre journal satirique Le Canard enchaîné.
Selon un rapport qui aurait été remis à l’hebdomadaire français, l’incendie de Notre-Dame aurait été dû à un ensemble de négligences.
De fait, la piste criminelle n’est pour l’heure pas retenue.
Qu’il s’agisse de défaillances avérées au niveau des responsabilités des uns ou des autres, le résultat, le monde entier l’a découvert.
Notre-Dame en proie aux flammes a suscité une déferlante de réactions. Puisse l’enquête en dire davantage, c’est évidemment ce que nombre de personnes souhaiteraient.
Le fait est que tant d’intérêts de toutes sortes sont en jeu que, résister aux pressions qui ne doivent sans doute pas manquer de s’exercer à divers niveaux, relève de la gageure sinon du plus grand art.
Voici un article intéressant à lire. Non seulement pour le sujet duquel il traite mais aussi et surtout pour la manière avec laquelle il le traite.
Vous connaissez le proverbe qui dit que « le ton fait la chanson ». Il paraît assez bien s’appliquer ici quand le journaliste nous raconte l’inauguration de la nouvelle ambassade de Suisse à Moscou.
On relèvera, au passage, le bon sens de politiciens suisses qui ont compris que l’affrontement direct avec la Russie est à déconseiller.
Les liens historiques et culturels entre ce vaste pays et la Suisse sont aussi soulignés.
Mais un journaliste a peut-être pour devoir d’insister. Alors tombe la question avec son poids d’inflation « Et l’invasion de la Crimée? »
« L’invasion » …
Pour avoir passé quelques jours en Crimée en juillet 2014 et m’être enquise auprès de diverses personnes de ce qu’elles avaient ressenti de cette « invasion », force m’a été de confirmer le point de vue que j’ai toujours défendu ici.
La Crimée a réintégré la Russie.
Que la « vérité » existe ou non, il est des réalités qui ne trompent pas mais qui demeurent masquées. Pour toutes sortes de raisons est mis en lumière ce qui convient à certains intérêts.
Rien de nouveau, ainsi va le monde. S’y résoudre est un choix, y réagir un autre.
Au tout début que j’ai ouvert ce blog et lorsqu’on me suggérait de m’exprimer sur la Russie, j’ai émis des réserves car à l’époque, je ne me considérais pas en mesure d’en parler.
C’est à force de m’y être rendue au gré des livres que j’ai écrits et qui y ont été traduits et publiés que j’ai pu observer, discuter et commencer à aborder certains sujets.
Que les opinions émises sur ce blog soient discutées est légitime.
Mais que je sois présentée comme « femme au foyer » qui a obtenu le statut « d’écrivain publiée » en Russie, ne sert que les besoins de l’«enquête fouillée » d’une universitaire que la déontologie liée à son titre n’a pas inquiétée.
J’ignore ce que recouvre ce statut qui m’a été attribué de « femme au foyer ». Je sais, par contre, ce que signifie le deuil alors que la maladie a emporté trois des hommes qui ont partagé ma vie.
Cette mise au point fait suite à la précédente publiée sur ce blog.
Un commentaire déposé par un habitué de ce ce blog, Daniel pour ne pas le nommer, a évoqué ma « très grande sensibilité ». Il a ajouté que, pour lui, c’était « un compliment ». Ses mots m’ont profondément touchée.
Pourquoi?
Parce que c’est cette sensibilité qui a inspiré la création d’autant de personnages de mes recueils de nouvelles. C’est elle aussi qui a interpellé les critiques quand l’une d’elles se demandait comment je parvenais à entrer de manière aussi profonde dans la psychologie des personnages.
N’en déplaise à la Directrice du Département de russe de Rennes 2 qui met en cause mon talent littéraire pour le comparer à celui de « poètes ou de critiques mineurs » qui ont « accablé les plus grands auteurs russes: Pasternak, Grossmann, Platonov, etc. », l’Institut français de Saint-Pétersourg me présente de manière un peu différente.
A ce que je sache et jusqu’à nouvel avis, l’Institut français de Saint-Pétersbourg n’est pas la Voix du Kremlin.
Pas davantage le « Courrier de Russie » qui dans une critique de mon premier recueil de nouvelles traduit en russe, avait écrit à propos de l’une d’elle que sa chute était « digne des films de Night Shyamalan » , réalisateur du film « le sixième sens ».
Que l’oeuvre d’un écrivain, d’un créateur quelconque soit aimée ou pas est une question de goût.
Que la reconnaissance qui lui est accordée par différents critiques littéraires ou institutions soient salie, non. Car là, on n’est plus dans une affaire de « pro-russe » ou de « pro-Poutine ». On est dans la disqualification et le discrédit à jeter sur une personne.
Et si vous ne l’avez pas lu encore, voici comment Sputnik France a rendu compte du délibéré du jugement prononcé le 14 juin à l’encontre de Madame Vaissié.



