capture d’écran: https://www.rtbf.be/info/monde/detail_crash-d-un-avion-russe-deux-nouveaux-corps-retrouves-dans-la-mer-noire?id=9490015
Alors que nombre de mes compatriotes semblent se passionner pour une affaire en voie de devenir d’Etat au rythme où va leur mobilisation, j’ose, pour ma part, penser encore et encore au crash qui a blessé la Russie au coeur.
Certes, la mort brutale de l’ensemble des passagers et de l’équipage du Tupolev Tu-154 peut laisser aussi indifférent ou presque que le taux d’alcoolémie dans le sang de cette élue fédérale qui retient l’attention d’autant de Suisses.
Nul doute que conduire en état d’ébriété met en danger la vie d’autrui et que la loi est là pour sanctionner ce comportement. Mais le reste qui alimente tant de commentaires, relève de discussions de comptoir tant on semble ignorer ce qui s’est passé exactement.
Cela dit, il ne s’agit pas, ici, de minimiser les intérêts sinon de les hiérarchiser, il est juste question de constater que des goûts et des couleurs, comme dit le proverbe, on ne discute pas.
Même parmi les grands de ce monde, certains n’ont pas estimé bon de s’exprimer. Le Président d’encore tous les Français, par exemple, a pris comme porte-parole son ambassadeur à Moscou quand la Chancelière allemande en personne a adressé ses condoléances à la Russie.
Pour ma part, si j’y reviens encore, c’est pour ce qui m’unit à ce pays et qu’une journaliste a bien voulu comprendre. Qu’elle en soit remerciée, je veux parler, ici, d’Anne Pitteloud du journal Le Courrier:
http://www.lecourrier.ch/136498/les_voix_d_helene_richard_favre
Culture
Il a souvent été énoncé, à tort, que Dostoïevski aurait écrit de la beauté qu’elle sauverait le monde.
Non, le grand écrivain russe a fait s’adresser un de ses personnages à un autre de manière interrogative. Hippolyte Terentieff, en effet, pose la question au prince Mychkine, dans le roman L’Idiot.
« Est-ce vrai, prince, que vous avez dit, une fois: « c’est la beauté qui sauvera le monde? » Et Hippolyte Terentieff de poursuivre: Messieurs, (…) le prince prétend que la beauté sauvera le monde! »
On le voit, dans le roman lui-même, la question posée passe à l’affirmation sans preuve énoncée par celui qui, d’abord, interroge.
En l’occurrence, dans L’Idiot, c’est avant tout l’énigme que représente la beauté qui est mise en avant. Le salut qu’elle serait susceptible d’offrir ou non est une des manières de l’envisager.
En cette veille de Noël, célébré au gré de traditions, de coutumes et de circonstances toutes relatives, rappeler cette beauté dont Dostoïevski a tenu à signifier la force du mystère, c’est rejeter ce qui la dénie.
Monsieur,
Sur votre compte Twitter, vous avez appelé à un rassemblement, ce 19 décembre 2016, Place Igor Stravinsky à Paris.
Avoir des opinions, nourrir des convictions, rien de plus légitime mais les défendre de manière aveugle, c’est prendre le parti d’intérêts et cautionner les non-dits qui les accompagnent.
C’est, dès lors, faire la part belle à la propagande.
Aussi, Monsieur Glucksmann, les criminels que vous dénoncez sont-il vraiment ceux qu’il vous plaît de mettre en avant tandis que de longue date, la menace a plané sur la Syrie?
Près de 400.000 morts plus tard et autant d’actes terroristes et d’assassinats, on préfère persister et signer des actes d’accusation contre ceux que l’Occident bien-pensant a décrétés coupables.
La Russie de Poutine ou de quiconque n’est pas à l’origine de l’horreur qui frappe la Syrie, pas davantage ne l’a-t-elle été de la guerre en Ukraine.
L’installation d’un gazoduc auquel le gouvernement syrien s’est opposé et l’exploitation de gaz de schiste contre lequel s’est levé le Donbass ont eu, en grande partie pour conséquences, les guerres fratricides que l’on sait.
Dénoncées par nombre de personnalités ou autres organisations humanitaires du monde occidental, elles ont été le plus souvent commentées de manière partiale et partielle pour privilégier l’émotion sélective.
Alors, quand prévaut la désinformation relayée au-delà des médias, sur un lieu chargé de mémoire comme l’est la Place Igor Stravinsky à Paris, c’est non seulement l’humanité et l’humanisme que l’on prend en otage mais la culture et l’Histoire.
Merci de votre attention,
Hélène Richard-Favre
capture d’écran: BibliObs
Un nouvel adjectif est né, à l’Académie française de le valider tandis qu’elle vient d’admettre en son sein, l’écrivain Andreï Makine.
Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour découvrir une nouvelle fois la qualité de propos émis à l’égard de qui ose parler de la Russie en termes que le très bien-pensant Occident ne se satisfait pas de ne pas goûter mais qu’il se hâte de juger sinon de condamner.
Voici qu’en effet, ce natif de Russie, désormais Immortel, s’est exprimé sur divers sujets qui ont heurté quelques sensibilités hexagonales.
De fait, l’auteur de cet article a trouvé comment rendre au mieux compte du moment académique et historique qui a vu Andreï Makine être reçu à l’Académie française.
Ce suffisant journaliste s’est fendu du néologisme de poutinien pour signifier toute la finesse de son approche sinon la subtilité de son intelligence.
A l’évidence, son génie créateur rivalise d’excellence face à la culture, à l’humanisme et à l’immense et réel talent d’Andreï Makine.
http://www.academie-francaise.fr/discours-de-reception-de-m-andrei-makine
http://www.academie-francaise.fr/reponse-au-discours-de-reception-de-m-andrei-makine
La Russie du poète, au-delà de celle de tant d’experts et grands spécialistes…
A suivre, si faire se peut, tout ce qui s’énonce sur Vladimir Poutine, il en ressort autant de curiosité, d’intérêt que de nausée ou d’indigestion.
Parce que parler d’un seul homme tandis qu’il préside un pays de plus de 146 millions d’habitants qui s’étale sur autrefois 11 fuseaux horaires désormais ramenés à 9, c’est passer à côté dudit pays, de son Histoire et de sa Culture.
C’est tout simplement évoquer la Russie avec un regard occidental tandis qu’elle ne s’y résume de loin pas. Et occulter ce qui la distingue, c’est passer à côté de ce qui la fonde.
Alors, avant qu’il ne soit trop tard et au-delà des paroles d’experts et autres grands connaisseurs de la Russie, écoutons la voix du poète déjà mentionné ici, Alexandre Blok:
La Russie est un Sphynx, heureuse et attristée à la fois,
Et couverte de son sang noir
Elle regarde, regarde à toi
Avec haine et avec amour
(…)
Nous aimons tout – et l’ardeur des froides mathématiques,
Et l’inspiration des visions divines.
Nous comprenons tout – et la subtile raison gauloise
Et le sombre génie germain.
(…)
Venez à nous! Sortez des horreurs de la guerre
Pour tomber dans nos bras!
Tant qu’il est temps encore – remettez la vieille épée au fourreau,
Camarades, nous serons frères!
Mais si vous refusez, nous n’aurons rien à perdre.
(…)
La question a souvent été posée de savoir si le besoin de croire serait un rempart à l’absurde. Pour que tout ne soit pas dépourvu de sens ou de fin, on serait prêt à rejoindre n’importe quelle chimère.
Or dans la lutte menée par qui brigue un pouvoir, au-delà de constats dressés, la séduction le dispute souvent au mensonge, par omission ou par nécessité, c’est selon.
Voici alors des candidat(e)s, en campagne, rivaliser de solutions à mettre en oeuvre pour projeter vers un avenir envisagé selon leur prisme.
En conséquence de quoi, les comportements citoyens oscillent entre examen attentif de ce qui leur est proposé ou crédulité sinon foi aveugle.
Analyser les discours ou les avaler comme du bon pain relève de dispositions aux conséquences non négligeables. Face à autant de postures électoralistes, la rupture et le renoncement à tout crédit menacent, dès lors que la confiance n’est plus toujours prête à se renouveler.
Ainsi fait-on le lit d’extrémismes. A la faveur d’une liberté d’expression qui risque fort d’être aussitôt confisquée. Mécanique bien connue dont l’Histoire n’est pas à cours d’exemples.
Emmanuel Macron, Dominique de Villepin: (in)signifiant dénominateur commun
Comparaison n’est pas raison, voici une preuve de plus de ce qu’on appelle non sans condescendance parfois, sagesse populaire.
En France, on ne cesse de vouloir comparer Emmanuel Macron à Dominique de Villepin. Pour différentes raisons fondées ou non, c’est selon, bien sûr.
Cela dit, il y a près d’un an sur BFMTV, le second tenait des propos plutôt élogieux sur le premier en disant qu’il ne fallait pas « se passer d’un talent comme celui d’Emmanuel Macron. »
Le reste de l’émission ne manque pas d’allant non plus et donne le ton.
Néanmoins, l’approche de la langue par algorithmes et autres diagnostics que privilégie Emmanuel Macron est loin de celle que cultive Dominique de Villepin.
Si exploiter des données linguistiques pour séduire un électorat semble être le but visé par le candidat à la prochaine élection présidentielle, on ne se situe à l’évidence pas sur le même plan que celui des grands sentiments évoqués ici.
Mais que vive la démocratie qui confirmera jusqu’où sinon jusqu’à quand le ministre de l’Economie démissionnaire la vaudra bien!
capture d’écran de l’article indiqué en lien au bas du sujet
Un pan d’Histoire de la Californie et de la Russie est évoqué dans un article du grand quotidien suisse Le Temps.
Suivi de trois questions, pour la deuxième, à peine orientée, la réponse qu’y apporte le Professeur Liebich est bienvenue.
On peut toujours s’interroger sur l’opportunité de tels rappels historiques tandis que le sujet traité concerne deux grandes puissances dont les relations restent tendues.
N’est-il pas sans cesse martelé le désir d’hégémonie russe sur l’Occident sinon le reste du monde menacé d’être envahi sans la vigilances de nos édiles et autres élus ou relais médiatiques?
Se montrer critique n’équivaut pas à rejoindre le rang des complotistes de service.
C’est demeurer conscient de forces à l’oeuvre pour orienter et influencer un public qui cherche ses repères dans la saga mondiale mondialisante.
L’Histoire est un passé construit et rapporté selon toutes sortes de critères et de références. En faire part à tel ou tel moment peut être ou ne pas être anodin.
A chacune et à chacun d’apprécier et de comparer les deux versions ci-dessous de la Californie russe:
https://www.letemps.ch/culture/2016/09/02/un-mariage-pres-silicon-valley-aurait-russe
http://www.america-dreamz.com/info/empire_russe_californie.php
De la Fondation des oeuvres pour l’islam de France à la Fondation pour l’islam de France
C’est en 2005 que la Fondation des oeuvres pour l’islam de France voit le jour et c’est Dominique de Villepin, alors premier ministre, qui la crée par décret.
La principale raison de ladite Fondation consiste à construire et à gérer les lieux de cultes d’entente avec les maires des communes concernées. Elle est donc reconnue institution d’intérêt public.
Très vite, cependant, des dysfonctionnements surviennent.
En octobre 2010, dans une question orale au Sénat, Jean-Pierre Chevènement -désormais appelé à diriger la Fondation pour l’islam de France- demande des explications à cet égard.
Mais la réponse qui lui est apportée ne lui convient pas:
https://www.senat.fr/questions/base/2010/qSEQ10101055S.html
Ne reste qu’à souhaiter que la nouvelle Fondation pour l’islam de France soit en mesure de dépasser et de surmonter ce qui n’a pu l’être avec la Fondation des oeuvres pour l’islam de France.
A découvrir comment certains se chargent déjà de développer la polémique au sujet de propos tenus par Jean-Pierre Chevènement tandis que l’on a mis en doute sa connaissance de l’islam, le sujet semble rester très sensible:
http://www.france24.com/fr/20160830-france-fondation-islam-chevenement-connaisseur-monde-musulman-railleries-twitter
Vous avez mis le pied gauche sur la rainure de cuivre et de votre épaule droite vous essayez en vain de pousser un peu plus le panneau coulissant.
Ainsi s’ouvre La Modification.
Ce roman, paru en 1957 a été récompensé par le Prix Renaudot et a rendu célèbre Michel BUTOR.
Né le 14 septembre 1926, il s’est éteint ce 24 août à l’âge de 89 ans.
En 1956, il a été professeur à l’Ecole Internationale de Genève et y a rencontré sa future épouse. C’est également cette année-là qu’il commence à écrire La Modification.
Presque entièrement rédigé à la deuxième personne du pluriel, ce roman devient emblématique du Nouveau Roman, courant littéraire apparu dans les années 1950.
Mais c’est bien peu dire de Michel Butor dont voici une conversation qu’il a eue en mars dernier encore:
https://amisdelegeard.wordpress.com/2016/03/24/michel-butor-la-modification/
