On s’émeut du sort odieux réservé à James Foley et on a bien raison.
Avoir fourni des armes à des groupes terroristes en Syrie et devoir désormais lutter contre eux en Irak tandis qu’ils menacent de décapiter un autre journaliste a de quoi préoccuper.
Pendant ce temps-là, par ailleurs et depuis des mois, chaque jour en Ukraine, des civils meurent, déchiquetés par les bombes démocratiques de Kiev.
Une aide humanitaire russe a été annoncée, on a hurlé au loup.
On a bloqué le convoi, on a tergiversé, on a ajouté des morts aux morts et des blessés aux blessés.
Aujourd’hui, l’aide humanitaire est entrée en Ukraine, on accuse la Russie de l’avoir « envahie ».
L’Occident est sur pied-de-guerre, la Russie sauve des vies.
http://fr.euronews.com/2014/08/22/convoi-russe-cela-ne-peut-qu-approfondir-la-crise-dans-la-region/
Politique
http://rawwscoop.com/2014/03/02/in-ukraine-fascists-oligarchs-and-western-expansion-are-at-the-heart-of-the-crisis/
Il a osé parler de la situation humanitaire en Ukraine.
Il a même osé la qualifier de « catastrophique ».
http://fr.ria.ru/world/20140820/202209625.html
« Il », c’est Laurent Fabius, le ministre des Affaires Etrangères de la France.
Le même qui s’est toujours tant soucié du sort de l’Ukraine, victime du Président cependant légitimement élu, Victor Ianoukovich.
Le 23 février dernier, dans ce sujet,
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/02/23/ukraine-entre-joie-cynique-et-faillite.html
je questionnais l’information livrée quant aux véritables enjeux de la situation.
Et je concluais ainsi:
Or c’est le peuple ukrainien lui-même qui va être en première ligne des conséquences de ces cris de victoire sinon de joie lancés après de tels reportages que celui que diffuse la RTS.
Merci, Monsieur Fabius.
Dans la légende du « Grand Inquisiteur » -célèbre chapitre du non moins célèbre roman de Dostoievski, « Les frères Karamazov » – Ivan Karamazov lit à son frère Aliocha un poème qu’il a imaginé.
Celui-ci met en scène le retour du Christ sur Terre au plus fort du temps de l’Inquisition en Espagne.
A l’instar d’Ivan Karamazov, aucun personnage d’aucun roman ne semble avoir imaginé le Tsar Alexandre Ier revenir deux siècles après avoir signé, à Vienne, le traité par lequel il s’est porté garant de la souveraineté de la Suisse.
Dans la légende du « Grand Inquisiteur », l’apparition du Christ est décrite par Ivan Karamazov comme douce et discrète mais précise-t-il « chose étrange, tous le reconnaissent ».
Certes et de manière diverse car ce retour n’est pas du goût de chacun et encore moins de celui de l’Inquisiteur, cela se conçoit.
Aussi bien la réapparition en Suisse du Tsar Alexandre Ier susciterait-elle la controverse quant à l’accueil à lui réserver.
Entre respect,indifférence ou mépris du statut qu’il a accordé à la Suisse, celle-ci lui renverrait-elle l’image d’un pays dont les intérêts ont su -sinon dû- s’accommoder de ceux d’un entourage pressant.
La Suisse résiste à sa manière au courant russophobe qui traverse l’Occident mais non sans mal, il faut le dire.
Pour preuve, les dernières marques d’estime que la Suisse a portées envers la Russie par l’annulation de rencontres prévues dans le cadre du bicentenaire de leurs relations diplomatiques.
Ivan Karamazov n’a, pour l’heure, inspiré aucun personnage romanesque susceptible de rappeler sur Terre Alexandre Ier.
Bien lui en prenne et qu’hommage soit rendu, ici, à ce Tsar qui a pris en considération la Suisse et a su lui donner sa place en Europe.
L’Ukraine a reconnu que le convoi humanitaire envoyé par la Russie en aide aux populations du Donbass dans l’est du pays était bel et bien…de l’aide humanitaire.
Depuis le temps que dure ce très mauvais feuilleton, on aura tout lu. Surtout la haute considération que l’Occident porte à la Russie.
Soupçonner tout et son contraire à propos de ce convoi est vraiment prendre les responsables russes pour des abrutis finis.
Comme s’ils n’avaient pas anticipé le raisonnement occidental. Comme s’il allaient entrer dans une telle tartufferie alors que des vies sont en jeu sinon déjà disparues.
Le comportement de Kiev et de ses alliés américano-européens bafoue tout sens de la dignité humaine.
Après cela, ces mêmes cyniques osent donner des leçons de morale et de bonne conduite au reste du monde?
Aucun cirque n’engagerait de tels pantins…
http://fr.ria.ru/presse_russe/20140818/202175712.html
http://www.20minutes.fr/monde/1427487-russie-prete-envoyer-convoi-humanitaire-ukraine http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20140812trib000844109/un-convoi-humanitaire-russe-en-ukraine-sans-escorte-militaire-une-couverture-fabius.html
Le président du parlement suisse, Ruedi Lustenberger a décidé d’annuler la visite de son homologue russe, Sergueï Narychkine.
Prévue dans le cadre du bicentenaire des relations diplomatiques entre la Russie et la Suisse, cette rencontre entre les deux présidents des parlements russe et suisse n’aura donc pas lieu.
C’est rendre un bien piètre hommage à la mémoire qui lie la Suisse à la Russie.
Le tsar Alexandre Ier fut l’un des garants de la souveraineté de la Suisse lors de la signature du Traité de Vienne en 1815.
Or cette garantie de souveraineté a été assortie d’une condition, la neutralité de la Suisse.
Dans ce sens, le refus opposé à la visite de Sergueï Narychkine par Ruedi Lustenberger est une insulte à l’Histoire.
Il n’y a pas si longtemps, le « rêve américain » rivalisait avec « l’avenir radieux ».
Deux aspirations aux contours variés, deux modes de vie qui ont porté autant d’espoirs que de déconvenues..
Au nom de la « démocratie », l’hiver dernier à Kiev, le Maydan s’est enflammé.
Un Occident plus prompt que son ombre s’y est mobilisé et y a scandé sa volonté.
Pour l’heure, c’est au cauchemar qu’a droit l’Est de l’Ukraine.
Mais les coupables ont dores et déjà été désignés, les sanctions sont tombées.
Ce scénario serait grotesque si n’y étaient associées tant de vies humaines.
Tristes trophées d’une démocratie qui n’en porte que le nom, hommage leur soit rendu ici.
Qui menace les Etats-Unis?
C’est Mikhaïl Gorbachev qui avait posé la question lors d’une interview qu’il avait accordée en septembre 2013 à Darius Rochebin, journaliste vedette de la RTS.
Et maintenant, dans le cadre de la crise ukrainienne, qui menace qui, tandis que des centaines de milliers de réfugiés affluent en Russie?
L’est de l’Ukraine est bombardé depuis des mois pas les forces loyalistes de Kiev.
Pendant ce temps-là, des gouvernants occidentaux s’excitent autour de sanctions à adopter à l’encontre d’une Russie considérée de plus en plus comme l’ennemie à abattre.
Le 13 août prochain, les dénommés » 7 Sages » du gouvernement suisse se prononceront sur les mesures à adopter ou non vis-à-vis de la Russie.
Que l’esprit de réflexion domine leur décision, c’est ce que leur souhaitent bien des citoyens ou autres « habitants » de la Suisse, pour reprendre la formulation du Président Didier Burkhalter lors de sa célébration de la Fête Nationale du 1er août dernier.
C’est à un très mauvais film auquel on assiste en ce moment.
Projeté sur nos écrans multimédias, il offre en gros plan l’image d’une nature humaine déchaînée.
Les rêves pacifistes ont beau animer certains esprits éveillés ou endormis, la violence n’en disparaît pas pour autant.
Difficile à admettre ou non, le fait est que le besoin d’en découdre avec cet autre qui gêne quand il n’est carrément pas de trop, est bien réel.
Et tant que certaines cultures ou autres religions encourageront la vengeance, les cieux ont de quoi s’enflammer encore et encore.
S’indigner n’y changera rien.
Ces propos cités en titre sont ceux du Président Didier Burkhalter.
Les circonstances dans lesquelles ils ont été tenus ont été évoquées dans deux précédents sujets de ce blog.
A y repenser, on serait curieux de savoir comment les a reçus notre « résident genevois » , par ailleurs gouverneur de la région de Dniepropetrovsk en Ukraine.
Quand on sait que ce pays interdit tout autre passeport que celui qu’il délivre, on se demande aussi comment l’un de ses gouverneurs peut en posséder trois. Certes, l’angélisme n’est pas de mise.
Mais alors, que valent des lois si elles sont ainsi bafouées?
Un obus tiré depuis l’Ukraine a explosé non loin des observateurs de l’OSCE déployés le long de la frontière russo-ukrainienne.*
A quand une prochaine interview du Président de la Suisse – qui elle-même préside l’OSCE- avec une nouvelle série de questions de la Radio-Télévion-Suisse relatives à diverses personnalités politiques qui inclue, cette fois, le « Cher collègue » ukrainien de notre président?
« Cher collègue », on s’en souvient, est la manière avec laquelle Didier Burkhalter s’était adressé à Vladimir Poutine lorsque celui-ci l’avait invité au Kremlin en mai dernier.
Au « Cher collègue » Petro Porochenko, le Président de la Suisse rappellerait-il que « l’avenir n’est pas dans la violence » **, comme il le déclare au journaliste qui l’interroge au sujet de Vladimir Poutine?
On l’espère et on ose ne pas en douter.
* http://fr.ria.ru/world/20140803/202019825.html
** http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/08/01/monsieur-le-president-ou-est-la-neutralite-de-la-suisse.html
