Il a été question, hier sur ce blog, de cette triste affaire qui concerne Vincent Lambert. Triste paraît de plus en plus se confondre avec une manière polie d’en parler tant la diffusion de cette vidéo par Valeurs Actuelles choque.
Certes, on vit une époque où tout se montre sinon doit se montrer. Peut-être est-ce bien, peut-être pas, cela relève des préférences de chacune et de chacun.
Le fait est que la vision d’un homme en souffrance, filmé contre sa volonté et contre celle de sa tutrice légale est un fait qui ne peut laisser indifférent sinon qui s’en moque et il y en a.
Pour toutes sortes de raisons respectables ou moins, cette affaire exacerbe l’opinion publique.
Si seulement elle était à même d’engendrer un véritable débat, ce serait tout cela de gagné! Mais qu’en retiendra-t-on sinon le comportement des uns et des autres?
Rien n’est simple en pareilles circonstances.
Ni voir partir un enfant qui a les yeux ouverts, ni le voir en proie à autant de souffrances, médiatisées qui plus est.
Mais la dignité?
société
Voici un triste cas d’école. Triste car il révèle l’ampleur d’influences et leurs conséquences. Triste, car c’est plus qu’une famille qui est déchirée.
A lire cet article qui résume le sort de Vincent Lambert, au-delà des déchirures familiales, c’est un combat idéologique qu’il révèle.
Ce sont des valeurs qui se heurtent les unes aux autres à coup d’arguments, de références et de témoignages, tous irréconciliables.
C’est le sens que chacune et chacun donne à la vie qui veut l’emporter sur l’autre qui lui est opposé.
Pour les parents de Vincent, on le tue si on cesse de l’alimenter, pour le reste de sa famille, on va contre la volonté de Vincent si on poursuit les traitements.
Se font face ainsi deux courants de pensée, celui d’un fervent catholicisme, celui d’un réalisme qui ne se définit pas forcément contre la foi catholique.
Mais qui choque parce que le geste qui prive Vincent de soins, depuis ce jour, lui sera fatal.
Au prétexte que l’être serait condamnable au plan d’une morale qui veut s’instituer, toute autre qualité qui l’honore est de facto exécutée.
Aussi bien et quels que soient les dons avérés d’une personne, a-t-elle à subir le verdict prononcé par un aréopage de censeurs.
Pire encore et toujours au nom d’une morale qui ne concerne que certains intérêts avancés comme valeurs, on jette des oeuvres d’art en disgrâce quand on ne les retouche pas selon le consensus en vigueur.
Exclure un talent, une oeuvre ou toute autre personnalité au nom d’une idéologie imposée, c’est se livrer à une pratique totalitaire.
C’est surtout confondre l’être et la sublimation.
Et abolir ce qui les différencie, c’est projeter le premier avec l’éthique qui le régit sur la seconde et l’esthétique qui l’organise.
Doit-on en rire, en pleurer, en rire et en pleurer?
Le cas de figure dénote un rigorisme qui s’impose de plus en plus. Au nom de la morale en vogue, on juge et condamne.
« En vogue » car il n’y a rien de plus aléatoire et arbitraire qu’une morale. En l’occurrence, celle qui fait rage vise un immense acteur.
Oublié son talent, oubliée sa carrière, tout simplement parce qu’il est dénoncé comme « raciste, homophobe et misogyne ».
Aussi bien, une pétition a-t-elle été lancée contre la palme d’or qui devrait lui être décernée à Cannes.
On vit une époque où, au nom de la morale, on modifie le contenu d’une oeuvre comme ce fut le cas de l’opéra Carmen duquel il avait été question ici et où on refuse un honneur à un comédien.
Alain Delon a eu beau briller, le seul fait qu’il se soit prononcé, entre autre, sur les couples gays lui vaut le purgatoire.
Comme vous le savez sans doute, en Russie, le 9 mai est un jour de fête nationale. On y célèbre la victoire remportée en 1945 sur l’Allemagne nazie.
Cette journée a un nom, « День победы », « Jour de la Victoire » et tout le monde se la souhaite par un « С праздником! » comme nous le ferions par un « Joyeuse Fête! »
Une parade militaire est organisée sur la Place Rouge, le site RT France en a rendu compte. Et partout ont lieu des animations où l’on se rend en famille ou entre amis.
Les gens arborent le ruban de la Saint-Georges, des drapeaux sont hissés un peu partout et des ballons aux couleurs de la Russie flottent par grappes.
Et puis, il y a aussi la marche du régiment immortel où l’on défile avec, sur des panneaux ou des pancartes, la photo d’ancêtres morts à la guerre, appelée par les Russes, la grande guerre patriotique.
L’émotion est palpable tout comme le sentiment d’appartenance et de fierté d’un peuple.
Lorsqu’on lit ces témoignages, on se rend compte de l’intensité prise par le mouvement des gilets jaunes. Entre non-violents et tenants de la violence, tous persistent et signent.
La violence, l’Etat en use de manière dite légitime. Tout autant pratique-t-il le secret dit « d’Etat ». En conséquence de quoi, pour ces mêmes personnes, la force contraire devrait lui être opposée.
Sur un plan politique, le discours prévaut.
Mais justement, c’est ce que se refusent à considérer tant de gilets jaunes qui rejettent le discours. C’est le geste qu’ils lui substituent avec, en ligne de mire, le pouvoir en place.
Dans ce cas, on est dans la révolution et plus dans la simple opposition.
Que cela se conçoive lorsqu’on est à bout et excédé par ce qui est estimé abusif est une point de vue qui n’est pas partagé par tous, comme le démontrent les propos cités plus haut.
Il y a eu, certes, le « grand débat » organisé par le Président français. Et comme souvent sinon toujours, il a suscité moultes controverses.
Difficile de s’y retrouver, difficile de se situer quand les uns et les autres ne communiquent plus que par rejets, accusations et agressions.
Souhaiter à la France de retrouver calme et raison paraît de plus en plus se confondre avec un voeu pieux. Et comme déjà énoncé ici, la voici véritablement à l’épreuve de sa démocratie.
Emission intéressante, hier soir 1er mai, consacrée à l’un des sujets de votation soumis aux Suisses le 19 mai prochain.
Infrarouge, en effet, a réuni plusieurs personnalités favorables et opposées à la révision de la loi sur les armes en Suisse.
Cet objet de vote s’inscrit dans le cadre de mesures prises par l’Union européenne de renforcer la lutte contre le terrorisme. A cet égard, les conditions de détention d’armes semi-automatiques seront plus strictes.
Il a, bien sûr, été question de l’espace Schengen duquel la Suisse est membre.
Pour les uns, elle en profiterait largement, pour les autres, elle pourrait aisément s’en passer. Autant dire que les avis sont tranchés selon les campa des un(e)s et des autres.
Quoi qu’il en soit, à écouter les personnes qui sont intervenues dans le cadre de l’émission de ce 1er mai, on peut s’interroger sur les arguments des unes et des autres, toutes ayant avancé de bonnes raisons de voter oui ou non.
La présence, en duplex, de la Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter a été, semble-t-il appréciée. A l’évidence, elle a défendu la révision de la loi. Le fait est que le sujet reste sensible.
Faute de surprise de dernière minute, selon un sondage réalisé fin mars pour la SSR, la loi passerait avec 66% de voix.
Le Parti socialiste vaudois a donc choisi qui le représentera pour l’élection au Conseil des États.
Il s’agit d’une personnalité de la vie politique helvète qui s’était, entre autre, fait remarquer pour la conception qu’elle avait énoncée de son pays lorsqu’un certain 1er août, elle avait déclaré que « LA Suisse n’exist(ait) pas ».
Il en avait été question ici.
« LA » Suisse, s’était-elle ensuite expliquée, n’est pas « la » Suisse. Les majuscules mises à l’article défini faisant du pays, selon elle, un ensemble de citoyennes et de citoyens.
La formulation a néanmoins suscité de violentes réactions à l’encontre d’Ada Marra.
Si la Suisse a un sens pour nombre d’entre nous, il est évident qu’Ada Marra en a, elle aussi un pour celles et ceux qui l’ont choisie plutôt que son collègue de parti Roger Nordmann.
A lire certaines réactions sur un réseau social qui ne les a pas censurées, on peut toutefois constater la haine que suscite la socialiste vaudoise alors que contester sa formule aurait alimenté un débat plus constructif.
Mais non, le torrent de boue coule sans contrevenir aux « standards de la communauté ».
Je ne partage pas les idées d’Ada Marra. Mais encore moins la manière brutale de s’en prendre à sa personne. Car elle n’honore ni les Suisses, ni la ou LA Suisse.
Ce réseau si social qui modère selon les signalements qu’il reçoit d’internautes qui considèrent telle ou telle publication comme véhiculant des contenus abusifs, offre aussi d’autres opportunités plus réjouissantes.
Par exemple, la découverte de cet article qui nous apprend que 1170 conservateurs, architectes, professeurs et autres personnes de divers milieux culturels du monde entier s’adressent au Président de la République française dans une tribune publiée en exclusivité par Le Figaro.
Emmanuel Macron y est appelé à la prudence tandis que celui-ci veut faire passer une loi d’exception pour la restauration de Notre-Dame en faisant fi des procédures existantes.
Une telle démarche de la part d’autant de personnalités est à souligner, ce d’autant que nombre d’entre elles sortent de leur devoir de réserve.
A ce propos, je vous invite à lire cet article très explicite qui rappelle que ce n’est pas le recours à la lettre ouverte qui est rare, mais le nombre et la qualité des signataires.
A suivre…
A Genève, ce vendredi 26 avril, un hommage émouvant a été rendu aux victimes des attentats qui ont endeuillé le Sri Lanka.
Bien sûr, les polémiques font rage. Querelles d’égos et jalousies sont mises en cause.
Assassines d’innocentes et d’innocents, c’est la haine qu’elles pourraient inspirer.
Et cependant, lors de cette sobre cérémonie qui s’est tenue au pied de la chaise qui orne la Place des Nations et qui fait face à l’ONU, c’est au pardon qu’il a été fait appel.
La force qui sera donnée à autant de familles et de proches de victimes de résister à la haine pour surmonter l’immense douleur qui leur a été imposée par les plus sinistres instincts humains les en épargnera.
Le sang de la vengeance, qui apaise-t-il?


