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De Gisèle Pélicot à « l’affaire Pélicot » et au Nobel de la paix

Hier 11 février, Gisèle Pélicot et la journaliste Judith Perrignon étaient les invitées d’Augustin Trappenard, l’animateur de l’émission littéraire La grande librairie diffusée par France 5.

Toutes deux y présentaient le live qu’elles ont co-écrit: Et la joie de vivre paraîtra le 17 février prochain aux éditions Flammarion.

On y découvre une Gisèle Pélicot qui se dit « discrète et pudique ».

On mesure d’autant combien l’emballement médiatique qui a entouré « l’affaire Pélicot » l’a propulsée sur le devant de la scène féministe.

C’est son refus du huis-clos qui l’a voulu et qu’elle a voulu.

La femme qui se dit « discrète et pudique » a donc fait le choix d’exposer au monde entier son corps abusé neuf ans durant à son insu. Elle estime que sa décision n’a pas relevé du courage.

Elle affirme aussi ne pas être une « icône » mais une femme ordinaire. Elle déclare, par ailleurs, ne pas souhaiter monter les femmes contre les hommes. Très bien.

Et heureusement parce que l’homme dont elle précise être tombée amoureuse à dix-neuf ans et avoir épousé et sans cesse soutenu, représente une catégorie d’hommes particulièrement problématiques.

C’est peu dire. Ce qui reste discutable est d’en faire une récupération féministe et politique.

Car Gisèle Pélicot s’est trouvée face à un être profondément abîmé. Il ne s’agit en rien de disculper l’homme mais de faire la part des choses entre un cas pathologique lourd et d’autres qui ne le sont tout simplement pas.

C’est la raison pour laquelle considérer ce qui est arrivé à Gisèle Pélicot sous l’angle du féminisme fait l’impasse d’une réalité susceptible de rendre tout être humain vulnérable. Dominique Pélicot l’est gravement et paie désormais pour ses agissements.

Gisèle Pélicot dit qu’elle ne va pas militer au service de la cause féministe. Que si elle a voulu rendre public le sort que lui a réservé son ex-conjoint, c’est pour renverser la honte. Nul ne lui donnera tort.

De là à la présenter comme candidate au Prix Nobel de la paix, il y a une dimension qui m’échappe.

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