Faut-il en rire, faut-il en sourire ou faut-il s’en inquiéter?
En janvier de cette année, un débat sinon une polémique avait eu lieu à l’Assemblée Nationale entre deux députés, Julien Aubert et Sandrine Mazetier sur la question du genre à employer pour s’adresser à une femme ministre, députée ou présidente.
http://www.mediaterranee.com/content/querelle-de-genre-lassemblee-madame-le-president-contre-monsieur-la-deputee
Or ce 6 octobre dernier, les mêmes se sont retrouvés confrontés au même sujet mais cette fois-ci, il n’a plus été question de discuter ni même de (se) disputer.
La députée de Paris, Sandrine Mazetier a fait notifier dans le procès-verbal de l’Assemblée, un rappel à l’ordre du député Julien Aubert et des sanctions financières ont été prises à son encontre.
Cette affaire en est arrivée au point qu’une pétition a été lancée en soutien au député.
http://www.theoriedugenre.fr/?Sanctionne-pour-avoir-respecte-la
Avaries
Genève vient de célébrer 150 ans de tradition humanitaire avec la fondation du CICR en 1863 et la première convention de Genève en 1864.
Ne serait-elle pas bien inspirée, dès lors, de s’interroger sur l’opportunité d’avoir sur son sol un résident qui ne se cache pas de financer des milices privées dans l’est de l’Ukraine?
De nombreux sujets de ce blog ont été consacrés aux activités hautement philanthropiques de ce bénéficiaire de forfait fiscal.*
L’attention des Autorités Genevoises a aussi été sollicitée par une lettre ouverte. Aucune réaction, aucune réponse n’ont suivi.
Pendant ce temps-là, souffrances, exils et morts ont continué de ravager l’est de l’Ukraine.
C’est pour lutter et oeuvrer contre tant de maux que Laurent Dupasquier, ce délégué suisse du CICR a décidé de s’engager.
Sa vie s’est arrêtée à Donetsk sous les coups d’un obus.
Hommage lui soit rendu ici.
Viols, tortures, abus en tous genres, exécutions, la terreur s’empare de vies ordinaires et les propulse dans l’horreur.
Hier, on a entendu le président français déclarer qu’il ne cèderait pas au chantage des ravisseurs d’Hervé Gourdel.
On pense, bien sûr, à l’otage et à ses proches, on pense aux enjeux de la situation, on pense ou on ne pense pas, on explique comme on veut ou comme on peut la violence qui brise la vie.
Certes, nul n’a vocation à porter le poids de la misère du monde et encore moins à la régler.
Et cependant, c’est bel et bien le comportement face au mal qui est sans cesse mis en question lorsqu’il frappe.
Entre indifférence, cynisme, réalisme, pragmatisme, compassion, prière ou révolte, toutes les attitudes restent possibles sinon permises.
A chacune et à chacun de se situer selon sa conscience, sa sensibilité, sa personnalité.
Une victime, deux victimes, mille ou cent mille victimes, leur nombre ne modifie la souffrance d’aucune d’elles.
Sujet publié en page 19 de l’édition papier de « La Tribune de Genève » du 27-28 septembre 2014
84 ans, une vie
Mardi, elle partira.
Elle s’est résignée à quitter sa petite datcha.
Elle passera l’hiver chez des parents, dans un pays voisin de l’Ukraine.
Elle a travaillé toute sa vie dans cette région de Dniepropetrovsk.
Désormais, tous les courriers officiels et administratifs adressés à ses habitants sont en ukrainien.
Elle est russophone, âgée de 84 ans, elle n’a jamais parlé ukrainien.
On lui a traduit une circulaire reçue de l’administration qui prévient que la température dans les appartements et les maisons, cet hiver, ne dépasserait pas quatorze degrés.
Elle n’a pas eu envie, pour autant de quitter son foyer. Elle y a trop de souvenirs.
Mais quatorze degrés à l’intérieur, quand à l’extérieur, la température peut descendre jusqu’à moins vingt degrés…
Mardi, on viendra la chercher pour l’accompagner chez des parents qui l’accueilleront.
Elle y restera le temps nécessaire.
A qui, à quoi?
Barack Obama,
Prix Nobel de la Paix 2009
L’Union Européenne,
Prix Nobel de la Paix 2012
Grâce à l’intervention de ces deux nobélisés de la paix,
l’Ukraine pleure
près de 3.000 morts
a vu s’enfuir ses habitants
par centaines de milliers.
La démocratie, c’est maintenant, foi de nobélisés.
L’article date du 5 mars 2014.
Son intitulé est en allemand, il émane du très sélect hebdomadaire suisse Handelszeitung.
De référence internationale, tant dans les milieux économiques que dans ceux de la finance, quand ce journal titre:
Schweizer Oligarch wird Gouverneur in der Ukraine,*
on est en droit de s’interroger.
D’abord sur l’image donnée de ce Suisse, ensuite de celle de la Suisse et de sa manière d’appliquer le concept de neutralité.
Plus personne n’ignore, désormais, comment cet oligarque suisse* entend régler le sort de la population du Donbass dans l’est de l’Ukraine.
Et qui n’en aurait encore aucune idée, voici de quoi lui en donner: http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/08/30/l-ennemi-a-abattre.html
A l’heure où la Suisse ne semble pas avoir épuisé l’ensemble des atouts qui la caractérisent, à l’heure où la Suisse préside l’OSCE, à l’heure où la Suisse célèbre le bicentenaire de ses relations diplomatiques avec la Russie, comment intègre-t-elle à son image, celle de ce Suisse qui gouverne en Ukraine?
* http://www.handelszeitung.ch/politik/schweizer-oligarch-wird-gouverneur-der-ukraine-576978
Jusqu’à quand devrons-nous assister à la suite et à la poursuite de cette obstination à viser la Russie dans le grave conflit qui déchire l’Ukraine?
Plus de 2.000 morts et on continue d’accuser le même pays sans jamais évoquer la lourde implication occidentale auprès du gouvernement de Kiev.
On pourrait ne pas s’en inquiéter, sachant l’art consommé de certains relais médiatico-politiques si habiles à masquer la réalité de situations.
Or c’est de vies humaines dont il s’agit, de villages entiers qui sont détruits depuis des mois et des mois.
Quel media en a parlé sinon en usant et en abusant de rhétorique?*
Quel sont celles et ceux qui ont évoqué les horreurs perpétrées à Odessa dans la maison des syndicats?
Qui sait ce que vivent les populations russophones de l’Est de l’Ukraine auxquelles tous les communiqués officiels sont désormais délivrés en ukrainien?
Quand on a passé sa vie à travailler pour un pays qui vous méprise quand il ne vous tue pas, on a de quoi ne plus comprendre ce qui se passe.**
L’Occident se rend complice d’un génocide*** dont jamais plus il ne pourra dire qu’il ne « savait pas ».
* http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/05/03/rts-ukraine-la-rhetorique-a-l-oeuvre.html ** http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/09/01/за-что-pourquoi-259363.html
*** http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/07/04/ukraine-democratie-d-un-genocide.html
Le 19:30 de la Radio Télévision Suisse romande de ce 1er septembre montre la rentrée des classes dans l’Est de l’Ukraine.*
Après divers témoignages recueillis, l’un d’eux évoque les tirs qui durent depuis le 7 août.
La personne qui en parle, pleure. Il s’agit d’une femme russophone.
Ses propos sont traduits par l’interprète du reportage. Mais lorsque cette femme, après avoir dit qu’on tirait, qu’on tuait, demande « за что » « pourquoi », l’interprète reste silencieuse.
Détail? Non.
Car ce « pourquoi » est LA question qui hante les habitants de cette région.
Je le sais de diverses de personnes qui ont des parents encore sur place ou qui se sont rendues dans cette province gouvernée par un résident genevois**
Tel est bien le drame qui se joue là-bas. Les habitants ne comprennent rien de ce qui leur arrive. Leur seule force, disent-ils, est qu’ils ont été habitués à vivre dans la pauvreté.
Pour qui a cru au Maïdan, la réalité est là. Plus crue encore tandis que les obus démocratiques de Kiev brûlent les terres et déciment les familles.
* http://www.rts.ch/video/info/journal-19h30/6108842-ukraine-la-rentree-des-classes-est-placee-sous-la-menace-de-la-guerre-dans-certaines-villes.html
** http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/08/30/l-ennemi-a-abattre.html
http://rawwscoop.com/2014/03/02/in-ukraine-fascists-oligarchs-and-western-expansion-are-at-the-heart-of-the-crisis/
Il a osé parler de la situation humanitaire en Ukraine.
Il a même osé la qualifier de « catastrophique ».
http://fr.ria.ru/world/20140820/202209625.html
« Il », c’est Laurent Fabius, le ministre des Affaires Etrangères de la France.
Le même qui s’est toujours tant soucié du sort de l’Ukraine, victime du Président cependant légitimement élu, Victor Ianoukovich.
Le 23 février dernier, dans ce sujet,
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/02/23/ukraine-entre-joie-cynique-et-faillite.html
je questionnais l’information livrée quant aux véritables enjeux de la situation.
Et je concluais ainsi:
Or c’est le peuple ukrainien lui-même qui va être en première ligne des conséquences de ces cris de victoire sinon de joie lancés après de tels reportages que celui que diffuse la RTS.
Merci, Monsieur Fabius.
L’Ukraine a reconnu que le convoi humanitaire envoyé par la Russie en aide aux populations du Donbass dans l’est du pays était bel et bien…de l’aide humanitaire.
Depuis le temps que dure ce très mauvais feuilleton, on aura tout lu. Surtout la haute considération que l’Occident porte à la Russie.
Soupçonner tout et son contraire à propos de ce convoi est vraiment prendre les responsables russes pour des abrutis finis.
Comme s’ils n’avaient pas anticipé le raisonnement occidental. Comme s’il allaient entrer dans une telle tartufferie alors que des vies sont en jeu sinon déjà disparues.
Le comportement de Kiev et de ses alliés américano-européens bafoue tout sens de la dignité humaine.
Après cela, ces mêmes cyniques osent donner des leçons de morale et de bonne conduite au reste du monde?
Aucun cirque n’engagerait de tels pantins…
http://fr.ria.ru/presse_russe/20140818/202175712.html
http://www.20minutes.fr/monde/1427487-russie-prete-envoyer-convoi-humanitaire-ukraine http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20140812trib000844109/un-convoi-humanitaire-russe-en-ukraine-sans-escorte-militaire-une-couverture-fabius.html
