Que d’aucuns n’aiment pas la Russie en général ou la Russie de Poutine, en particulier, soit. Et en ce sens, suivre tout ce qui s’énonce ici ou là sur ce pays sinon sur son président, on comprend que les affinités soient électives.
Mais est-ce bien nécessaire, pour autant, de s’employer de manière assidue et quasi systématique à disqualifier un pays et celui qui le gouverne?
S’il était encore besoin de le rappeler, je trouve semblable acharnement particulièrement regrettable et surtout dommageable pour tout le monde.
Nos pays partagent une Histoire! Complexe, certes, mais bien réelle. Or l’oublier et privilégier je ne sais trop quelle lutte menée au nom de toutes sortes de prétextes revient à se couper d’un héritage commun.
Si ce couple de Français a su le mettre à l’honneur par son geste envers le militaire russe sacrifié à Palmyre, c’est dire combien il reste vivace encore.*
Et cette femme et cet homme sont loin d’être des cas uniques, en France. Pas davantage ne le sont-ils dans d’autres pays occidentaux.
Il ne s’agit pas, ici, de glorifier ou de mettre quiconque au pilori.
Il est juste question de refuser cette entreprise de démolition à laquelle participent de manière active tant de personnalités issues de milieux politiques et médiatiques influents.
* http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/04/21/la-france-du-coeur-et-de-la-memoire.html
Medias
Il n’y a rien d’interdit à déplorer que le regard de nombre de médias occidentaux se porte de manière orientée sur la Russie et son président.
Il est bien plutôt navrant de constater les clivages que certains journalistes cultivent à souhait au nom d’intérêts précis.
Car s’en prendre à une personnalité au nom de valeurs qu’elle ne respecterait pas ne relève pas toujours des meilleures intentions.
Ainsi, n’est-ce pas forcément en faveur de telle ou telle politique menée que réagir s’impose. Mais tout simplement contre le parti pris inavoué qui se drape d’humanisme ou autres droits humains à rappeler.
Un exemple éloquent à cet égard apparaît dans le cadre de la procédure de destitution entamée contre Dilma Rousseff en 2015.
Sans considérer l’encore actuelle présidente du Brésil comme innocente ou blanche colombe, il vaut toutefois la peine de s’arrêter sur l’intérêt qu’ont certains à l’attaquer:
http://www.itele.fr/monde/video/dilma-rousseff-une-destitution-programmee-162181
Dans ce sens, réaliser que toute lutte menée contre une personnalité en vue ne s’inspire pas toujours de valeurs dignes de ce nom, rendrait certains moins prompts à hurler avec les loups.
Dans cette soupe médiatique que nous servent tant de journalistes occidentaux pour nous expliquer ce qu’est la Russie et ce qu’elle devrait viser à être, il existe quelques résistants qui refusent d’avaler ce plat quasi quotidien.
En voici un bel exemple, donné par un couple français.
Puisse son geste être relayé par le plus grand nombre tant il sort du cadre fixé par la politique des uns et des autres.
De tels cas ne sont pas uniques.
Nombre de personnes savent faire la part des choses entre ce qu’on leur impose comme regard et celui qu’elles privilégient au fond de leur coeur et de leur mémoire.
Une action telle que celle qui est à découvrir dans l’article ci-après en est une des plus belles preuves:
https://fr.sputniknews.com/international/201604201024407027-heros-russe-palmyre-legion-honneur/
Voici un article qui avait été mis en ligne le 31 janvier 2010 et qui a été repris par différents sites dont celui-ci:
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article497
Son auteur, Morgan Sportès, revient sur les événements de Mai 1968 et propose un éclairage qui, selon lui, aurait été masqué par les médias.
A la lecture de son propos, force est de constater que celles et ceux qui appellent de leurs voeux une France forte sinon souveraine, ont certes de nombreux adhérents mais autant de souci à se faire.
Car qui s’oppose à la volonté de toute puissance -ou peu s’en faut- s’expose à quelque déconvenue…
L’espoir fait vivre, dit le proverbe.
Certes!
Et l’art d’en user n’échappe pas à qui promet ce qui semble bel et bien s’être enlisé dans les sables de l’Histoire.
Hier, 11 avril, a eu lieu à Moscou une rencontre entre les ministres des Affaires Etrangères de la Suisse et de la Russie.
Si le Département Fédéral des Affaires Etrangères de la Suisse se veut constructif, il n’en va pas de même de la chaîne publique d’information de ce même pays.
Il est donc important, ici encore, de relever l’approche des uns et des autres.
Le rôle que jouent certains journalistes dans la manière de rendre compte d’événements et autres actualités a souvent été discuté ici. On a vu comment l’usage de la rhétorique s’appliquait à commenter.
Ci-après, voici encore un exemple qui montre comment le petit mot glissé ici ou là vient discréditer une approche diplomatique.
Les deux femmes journalistes qui commentent la visite rendue par Didier Burkhalter à son homologue russe, Sergueï Lavrov, ne peuvent s’empêcher d’y ajouter leur appréciation.
Le public qui soutient une chaîne d’information est-il en droit d’obtenir qu’elle respecte le contrat de confiance qui le lie à elle ou bien doit-il sans cesse réagir pour le lui rappeler?
« Le Temps » se démarque
Tout arrive!
Voici que Le Temps , anciennement appelé quotidien suisse de référence, publie deux articles faisant montre de sens critique face à la déferlante papers qui a suivi la reprise de Palmyre par l’armée syrienne.
Car à la grande réserve observée par nombre de nos médias sur la perle du désert arrachée aux djihadistes, a suivi le vacarme de Panama et de ses papiers dévoilés en feuilleton quotidien.
Il est donc important de relever que Le Temps publie des articles tels que ceux mentionnés ci-dessous.
Car par rapport à la Russie, citée dans le deuxième article indiqué en référence, on a connu ce journal dans de moins bonnes dispositions.
Encore une fois, libre à chacune et à chacun de suivre sa ligne éditoriale et ce d’autant qu’elle n’est pas financée par les deniers publics.
Mais justement, que ce journal affiche des points de vue moins orientés que certaines de nos chaînes d’information publique est à signaler.
Tandis que la cruauté de certains groupes armés n’est plus à démontrer, s’obstiner à refuser de saluer l’effort consenti par la Russie pour les combattre est se rendre complice de crimes contre l’humanité.
https://www.letemps.ch/opinions/2016/04/08/panama-papers-vraies-questions-restent-reponse
http://www.letemps.ch/opinions/2016/04/10/vive-assad
Est-il possible de négocier avec un partenaire qui utilise systématiquement le mensonge et la fausseté et dont toute l’entreprise consiste à dissimuler le réel, interroge un journaliste.
La réponse est non. La preuve en a été démontrée, par exemple, en 2003.
A quoi a été due la guerre en Irak sinon à un mensonge? Comment ont procédé les Etats-Unis pour dissimuler le réel au monde entier?
Une video que je citais dans ce sujet:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/11/21/de-l-imposture-a-l-arrogance.html l’explique de manière parfaitement claire.
Cependant voilà, ce ne sont pas les Etats-Unis que vise l’auteur des propos cités plus haut.
Non, au hasard…
Il s’agit de la Russie de Poutine:
http://www.sudouest.fr/2016/02/17/pourquoi-il-ne-faut-pas-negocier-avec-la-russie-de-poutine-2276312-6037.php
Tout cela serait comique si autant de conflits ne ravageaient le monde pour y laisser morts, chez eux ou sur de sinistres champs de batailles, femmes, enfants, vieillards et tant d’autres victimes encore.
J’ai publié, ici et là, deux interviews de victimes de guerre.
Comme cela a été mentionné, le CICR est au courant de ce que subissent nombre de civils dans le Donbass. Cependant, leur devoir de réserve, sans doute, les réduit au silence.
Ainsi, ne lira-t-on jamais en une d’aucun journal ce qu’ont vécu Vitali ou Natacha pour ne parler que d’eux.
Cependant, voici les précisions apportées par Laurent Brayard en relation avec le témoignage qu’il a recueilli de Natacha:
–Bonjour, je suis l’auteur de l’article d’origine, pourquoi je ne filme pas Natacha et pourquoi ai-je changé son nom ? Mais parce qu’elle a de la famille en zone occupée par les Ukrainiens… Pourquoi sait-elle qu’il s’agissait de Pravy Sektor ? Parce ce qu’une unité de ce parti occupait son village et que les bourreaux lui ont dit. Pourquoi sait-elle qu’il s’agissait de vitamines ? C’est ce que les bourreaux lui ont dit, mais ce que je n’ai pas dis dans l’article c’est qu’elle avait l’impression qu’il s’agissait d’une drogue car elle indique qu’elle s’est trouvée indisposée et dans un brouillard à plusieurs reprises. Cette femme a été présentée à la délégation française et à l’avocat Jean-Josy Bousquet lorsqu’il est venu dans le Donbass, son témoignage est confirmé par « MOscou », il a été officiellement mis en page par la commission des crimes de guerre de la République populaire de Donetsk. Pourquoi ai-je choisi Natacha ? Par hasard, il fallait changer son nom. Encore une fois, elle a de la famille encore dans la zone occupée. Mais bien sûr, ceux qui ne veulent pas croire le peuvent et penser que je ne suis qu’un menteur, j’en ai l’habitude et j’accepte ces insultes, cela fait partie de ma mission dans le Donbass, avaler des témoignages terrifiants et être pris pour un dingue ou un menteur par des gens à l’autre bout du monde, c’est ainsi, mais je continuerai tant que je trouverai les forces.
Pendant ce temps-là, la fouille des papiers de Panama suit son cours…Il y a tant à chercher encore que le Donbass et ses crimes de guerre attendront!
Et voici qu’un Monsieur Propre refait son apparition dans les colonnes de deux médias pour dénoncer la Suisse et sa complaisance envers la corruption.
Il est vrai que ce Monsieur a de quoi se poser en juge et censeur, lui qui ne semble jamais avoir été mêlé de quelque façon que ce soit à aucune affaire discutable sinon discutée.
Car celles qui lui ont été reprochées et qui lui ont valu quelques condamnations sont, bien sûr, montées de toutes pièces par le Kremlin.
Une recherche sur le blog indiqué en lien ci-après informe, entre autre:
http://russiepolitics.blogspot.ch/2014/12/navalny-ou-quand-la-lutte-contre-la.html
Vladimir Poutine a fait la une de nombre de médias dont les perroquets se sont empressés de répéter tout ce qu’ils ont pu pour faire savoir urbi et orbi qui était le président de la Fédération de Russie.
Cette guerre médiatique serait comique si elle ne masquait la véritable misère d’un monde qui se rêve encore de paix.
Tandis que meurent chaque jour des enfants, des femmes et des hommes dans la plus parfaite indifférence de leurs rédactions sélectives, nos laborieux journalistes ouvrent leurs colonnes au célèbre blogueur russe.
Soit, et bien leur en prenne s’ils estiment ce Monsieur en mesure de distiller sa morale en Suisse.
Tandis que les officines et leurs relais médiatiques s’activent pour dénoncer abus et corruptions, des femmes, des hommes subissent viols et tortures de la part de milices qui ne mettent aucun media en ébullition.
Voici un nouveau témoignage qui a été recueilli par d’autres personnes que celui qui l’a publié dans l’article indiqué en lien ci-dessous.
Ces personnes, informées, sont, pour certaines peut-être, au bénéfice d’un devoir de réserve.
La remarque a déjà été faite ici à propos de ce que peuvent et ne peuvent pas révéler les délégués du CICR, pour ne parler que d’eux.
Soit.
Dans ce cas et pour les laisser à l’abri de leur devoir, la victime serait-elle pour autant obligée, elle aussi, de garder une réserve?
Un principe quelconque interdirait-il à une femme ou à quiconque qui a vécu et vu l’horreur en action, d’en témoigner?
Ce que Natacha a connu, ce qu’elle a subi, nul ne le saura si personne n’en relaie le récit qu’elle en rapporte ici.
