Oui, la France russophile existe et c’est à signaler.
Voici une interview à lire! Elle a été accordée à Telerama par le célèbre écrivain russe Zahar Prilepine.
En lice pour le Prix Médicis étranger avec son roman Dans l’Archipel des Solovki,il ne manque pas de faire remarquer l’inadéquation de la perception de la Russie dont il est parfaitement conscient qu’elle revient en boucle chez autant de grands esprits et connaisseurs de son pays.
Il s’explique aussi sur sa présence dans le Donbass que j’avais signalée dans un précédent sujet de ce blog tandis que les commentaires émis par autant de personnalités de référence de nos médias allaient bon train pour dire tout le bien qu’ils pensaient de cet engagement de l’écrivain.
Il évoque aussi la popularité de celui que tant de ces mêmes spécialistes ne cessent de nous présenter comme le grand rival de Vladimir Poutine alors que, comme cela a souvent été rappelé ici aussi, le pourcentage de voix qu’il rassemble n’a vraiment pas de quoi faire trembler les murs du Kremlin.
Il parle de Staline, de Lénine, il parle de la Russie telle qu’il la vit.
Russie
Rappelez-vous, il s’agissait d’une énième victime de la politique menée par le Kremlin. En mai dernier, la France avait offert l’asile politique à cet artiste, poursuivi par la justice russe.
A la patrie des droits humains de découvrir de quoi est fait l’art de cet homme.
Placé en garde à vue ce lundi 16 octobre pour avoir mis le feu à la façade de la Banque de France, le voici désormais confronté à la justice de son pays d’accueil.
Il ne reste plus qu’à lui souhaiter d’émouvoir à nouveau sur le sort qui lui est réservé tandis qu’il s’est exprimé, à sa manière, certes et désormais confiée à l’appréciation des juges de l’Hexagone.
Sur la carrière artistique de Piotr Pavlenski, diverses prestations l’ont rendu célèbre dont l’une a consisté à bouter le feu au bâtiment qui abrite le FSB à Moscou ou à se clouer la peau des testicules sur la Place Rouge.
A signaler qu’après avoir réalisé cette performance-ci, il avait été brièvement hospitalisé et qu’aucune charge n’avait été retenue contre lui, ce qui n’est pas le cas de l’ensemble de ses agissements.
On a souvent distingué la littérature de la politique en disant de la seconde qu’elle était dans l’action, au contraire de la première.
A tort ou à raison, attribuer à l’une et à l’autre ses caractéristiques propres se défend. Il n’en demeure pas moins vrai d’écrits, qu’ils ont pu agir de manière indéniable dans un cadre socio-politique donné.
Il n’est que de songer, par exemple, à l’ascendant exercé, pour la France, par Jean-Jacques Rousseau, pour la Russie, par Nicolaï Tchernychevski.
On sait le rôle déterminant qu’a exercé sur Lénine l’ouvrage écrit en prison par Nicolaï Tchernychevski, Que faire?
Et pour la France, même si d’aucuns privilégient une certaine réserve à l’égard de Jean-Jacques Rousseau, son influence est admise et reconnue.
Reste alors à discuter la part à accorder au livre, à son auteur et à qui l’a instauré en référence. C’est là tout un autre débat mais qui ne doit pas exclure l’interaction entre l’écrit et l’esprit qui le reçoit.
Elles nous manquaient, celles au secours desquelles ont volé nombre de nos compatriotes qui savent combien la Russie de Poutine tyrannise et malmène les siens. Pas un jour ou presque ne passe sans que cela ne nous soit rappelé dès lors que nous ne soyons tentés de l’oublier.
Donc, dans ce pays tenu par une main de fer, le sort de quelques jeunes filles qui ont eu le malheur de se produire dans une église en toute bonne foi sans doute, à en croire certains, en auront été pour leurs frais.
Ce groupe dit punk -dont il avait été rappelé, ici, le parcours et la qualité des prestations- a rencontré un tel écho médiatique que leur emprisonnement a, bien sûr, été relayé en boucle et plus encore pour dénoncer le système Poutine ou, disons, ce qu’il y aurait dans sa tête vu que certains s’y sont rendus.
Bref, sans dénier la lourdeur de la peine infligée à ces femmes ni se poser en soutien inconditionnel de qui l’a prononcée, il n’est pas interdit de proposer une position médiane et moins clivante.
Il n’est pas non plus interdit de mentionner que tout ce qui pourra être fait, énoncé, dénoncé et plus encore contre cette Russie de Poutine le sera.
On a eu droit à la séquence émotion ici, avec une couverture biaisée de la prestation des Pussy Riot dans l’Eglise du Christ Sauveur de Moscou, on attend la suivante. Angot, dont il est écrit, ici, qui elle serait « vraiment » face à Alekhina?
capture d’écran youtube
Un documentaire réalisé en 2005 par Manon Loizeau explique comment s’organisent et se financent les révolutions de couleur.
Journaliste reconnue en Occident, récompensée de nombreux prix, elle a tourné ce film dont il n’est pas souvent fait cas et cela se conçoit.
Car lorsqu’elle est présentée sur tel ou tel site, on fait plus volontiers allusion à d’autres de ses films. On évoque, entre autre un reportage réalisé en Tchétchénie ou comme ici, en Syrie mais plus rarement celui-ci.
Etonnant?
Il faut le visionner même si d’aucuns n’y apprendront rien.
Après quoi, on s’interrogera sur ce qu’est la propagande et ce qu’il est possible de réaliser avec quelques fondations et autres financiers bien intentionnés.
Si la camionnette ou le fourgon, à choix, semblent être en passe de devenir des moyens de locomotion fous et assassins, les morts d’ambassadeurs russes se multiplient.
Rien à voir, évidemment, car tous ces diplomates décèdent de mort naturelle, tel le dernier en date, Mirgaïas Chirinski, en poste au Soudan.
L’information de sa mort a été relayée par de très nombreux médias. A lire ce commentaire déposé sous l’article de l’un d’eux, on relève ce qui préoccupe bien davantage cet internaute, à savoir, le sort réservé à un artiste russe.
Peut-être que cet article lui en dira un peu plus sur les pratiques de cette célébrité dont les activités ont très longtemps été reconnues, soutenues et financées par des fonds publics russes.
Que l’abus de confiance sanctionne autant de personnalités dont on dit qu’elles seraient proches du pouvoir en place ne gêne pas grand monde mais que l’on touche à un représentant de la culture dont la réputation ne serait plus à faire de par le vaste monde, passe apparemment moins bien.
Pour en savoir un peu plus sur celui auprès duquel volent au secours tant de nos compatriotes, voici encore de quoi nuancer la moindre leur emballement s’ils y sont prêts, bien sûr…
A parcourir les réseaux sociaux en ce lendemain d’attentat à Barcelone, on trouve un peu de tout.
De la colère, de la fureur, parfois, des appels à la vengeance, bref, autant de réactions sont souvent vives et qui semblent plus déterminées que lors des précédents attentats.
Un seuil de tolérance -si elle a existé jusqu’alors- aurait-il été atteint, cela pourrait être le cas.
Et pourtant, quel poids ont autant de publications sur Facebook, Twitter ou autres Printerest, même accompagnées de milliers de j’aime et d’autant de partages?
Quand on sait comment les intérêts de puissants oeuvrent et utilisent tout ce qui est en leur pouvoir pour s’imposer, autant dire que les like par milliers n’y changent pas grand chose.
Sauf que, l’impatience de nombre d’internautes est palpable.
Et si les appels à prendre les armes qu’on découvre devaient se multiplier face à l’inertie de la classe politique de plus en plus mal perçue, nos sociétés ont de quoi s’inquiéter.
Voici, à titre comparatif, ce qui s’écrit ici ou là:
Il n’en manque pas une, L’OBS!
Et hop, encore un article pour cibler telle ou telle personnalité du monde de la culture qui ose ne pas rejoindre la cohorte des esprits avisés.
Jusque là, on pouvait en sourire sinon en rire, compatir, aussi, pour autant de parti pris affiché jusqu’à l’aveuglement voire à la désinformation qualifiée.
Mais là?
Ce même journaliste qui se fendait déjà d’une charge contre France3 qui avait osé diffuser le documentaire consacré à Vladimir Poutine, récidive.
Le voici qui se lance dans une nouvelle diatribe, cette fois dirigée contre un éminent chef d’orchestre russe qui a eu le malheur ou l’honneur, on s’y perd, de diriger le concert qui a été donné le 14 juillet au soir à Paris.
Ca commence à virer au tragi-comique, cette question russe.
Entre celles et ceux qui s’emmêlent dans leurs projections et leur perception du Président français et les autres, décidément, la France et son opinion a de quoi se divertir ou s’inquiéter, à choix.
L’activité qui se déploie sur les réseaux sociaux ne laisse pas les médias indifférents. L’actualité qui s’y commente, les réactions aux articles ou émissions de radio et de télévision qui s’y publient, tout cela est suivi d’assez près par tel(le) ou tel(le) préposé(e) desdits médias à en rendre compte.
Or ce qui résulte d’autant d’observations peut se révéler, parfois, contradictoire.
En l’occurrence et s’agissant du comportement d’Emmanuel Macron, on trouve une analyse qui, confrontée à une autre, risque de compliquer d’autant le regard à porter, non seulement sur celles et ceux qualifiés de souverainistes voire d’identitaires, mais sur le Chef de l’Etat français lui-même.
Il est vrai qu’il n’a pas manqué de préciser que s’il avait refusé d’accorder l’interview devenue apparemment traditionnelle du 14 juillet, c’était parce qu’il était doté d’une pensée trop complexe.
Dans ce cas, il est concevable que les journalistes ne s’y retrouvent plus vraiment qui le comparent, pour certains, à Vladimir Poutine pour en même temps (sic) estimer les souverainistes qui s’alignent sur le Président russe, essuyer un nouveau revers tandis qu’Emmanuel Macron aurait invité Donald Trump aux célébrations de ce 14 juillet.
Tandis que le Président de la République française vient de s’exprimer à Versailles et annoncer, entre autre, qu’il y reviendrait tous les ans devant le Congrès, ne pas perdre de vue ce qui se passe en Syrie importe.
Car c’était une évidence à prévoir alors que le même Président recevait, dans ce même Versailles, son homologue russe et que tous deux avaient discuté de l’avenir de ce pays mutilé par tant d’années de guerre.
Sous l’apparente ouverture quant au maintien au pouvoir du Président Bachar el-Assad, demeurait, en veille, l’avertissement selon lequel, en cas de recours à l’arme chimique, la France riposterait.
Or voici qu’on apprend ce qui se trame peu avant la tenue de prochaines négociations sur la Syrie qui auront lieu les 4 et 5 juillet à Astana.
Tenir des discours où les jugements n’épargnent pas les gouvernements et les présidences qui ont précédé l’avènement de la France mise en marche sinon au pas et rappeler à la souveraineté des peuples ne doit pas en concerner que quelques uns bien choisis.
Quant à la dignité, souvent rappelée aussi par Emmanuel Macron devant le Congrès, il serait bon qu’il ne la bafoue pas lui-même par trop de postures.
Aussi, sur la Syrie, pour ne parler que d’elle, puisse-t-il ne pas se laisser abuser par autant d’actes susceptibles de se commettre sous de faux drapeaux.
C’est là tout ce que nous souhaitons pour la France qu’il préside mais aussi sinon surtout pour la Syrie déjà bien trop meurtrie.
