Bernard Henri-Lévy, interdit de territoire russe avec trois de ses compatriotes, ne cessera de nous émerveiller.
Sa réaction à la décision prise de le faire figurer sur la liste des personnalités qui ne pourront plus séjourner en Russie est merveilleuse.
Si certains des sanctionnés ironisent, lui, s’enflamme.
Comment des démocrates dont il est, peuvent-ils être visés par des contre-sanctions à celles émises par l’Union Européenne envers des hiérarques de Poutine?*
Comment lui, l’ennemi de cette guerre terrible, peut-il être concerné?
En effet, on se rappellera le rôle d’exception joué par le philosophe à la chemise blanche.
On n’oubliera surtout jamais ses prises de vue en studio avec décor de guerre.
Et ce n’est pas un site pris au hasard qui en parle:
http://www.marianne.net/elie-pense/BHL-ou-comment-se-rendre-ridicule-pour-la-posterite_a364.html
Parmi les autres Français sur la liste des personnalités interdites de séjour en Russie, figurent le tout récent naturalisé Cohn-Bendit, Henri Malosse et Bruno Le Roux.
* http://www.lefigaro.fr/international/2015/05/30/01003-20150530ARTFIG00135-bhl-et-cohn-bendit-sur-la-liste-noire-du-kremlin.php
Russie
Platini-Blatter, match nul?
La nature humaine n’a pas fini de surprendre et tant mieux.
On sait l’énergie mise pas Michel Platini pour évincer Sepp Blatter de la présidence de la FIFA.
On l’aurait même entendu dire qu’il allait le tuer.* Certes, c’est une expression mais tout de même…
Ce soir, la nouvelle est tombée, Sepp Blatter a été réélu.
A voir la photo ci-dessus, on cherche l’arme du crime entre les mains qui se serrent.
Les sourires ne semblent pas de circonstance, pas davantage, les regards échangés.
L’intensité de cet instant n’a rien du leurre.
Et l’oeil du photographe qui l’a saisi ne s’y est pas trompé.
http://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Sepp-blatter-reelu-a-la-presidence-de-la-fifa/562598
*http://actu.orange.fr/video/zapping-actu/platini-sur-blatter-je-vais-le-tuer-lagardere-active_CNT000000aAMRU.html
Laurent Brayard est Français, journaliste, a vécu longtemps à Moscou. Il vient de publier un ouvrage consacré à la problématique ukrainienne, L’Ukraine le royaume de la désinformation.
De retour du Donbass, dans l’Est de l’Ukraine, il nous a livré ses impressions.
-Laurent Brayard, qu’avez-vous découvert dans cette région de l’Ukraine qui vous a le plus marqué ?
Le courage incroyable d’une population digne. La vie, pour elle, continue alors que les tirs d’artillerie ne cessent pas, surtout la nuit, sans compter l’ambiance des destructions dans la ville. Mais ces gens sont tellement incroyables qu’ils relèvent immédiatement les ruines, nettoient et remettent en état ce qui est possible de l’être. Au-delà des ruines, des routes défoncées et parsemées de cratères d’obus, au-delà des forces ukrainiennes aux portes de Donetsk, du Donbass, ces gens qui n’ont plus grand-chose, font preuve d’une extraordinaire solidarité. L’aide humanitaire arrive au compte-goutte de la Russie, du côté de l’Occident, les Ukrainiens pratiquent un blocus total, la situation sanitaire est mauvaise, la disette guette.
Dans une soupe populaire que nous avons visitée, on y partage la conserve de viande en 30 portions mélangées à du Kacha, à des céréales ou à un autre plat rudimentaire. La boîte de sardines est répartie en 20 portions… Il n’y avait qu’une semaine de réserves, et encore, sans plus de pâtes, quasiment rien, en fait.
Les habitants ont mis en place un pain « républicain » à 2,8 grivnas les 600 grammes, soit environ 10 centimes d’euros, une sorte de loi du Maximum (comme sous la Révolution française) pour empêcher les spéculateurs de proliférer. L’essence manque, beaucoup de magasins sont fermés, les banques ne fonctionnent plus, victimes du blocus et j’en passe. Mais quel courage ! Ces gens sont incroyables.
-Au-delà de l’émotion, certes et obligatoirement forte que vous avez dû ressentir, quelle analyse de la situation livreriez-vous?
Le front est tenu fermement, les Ukrainiens se renforcent chaque jour, ils reçoivent des instructeurs, énormément d’argent des USA et de l’Union européenne, achètent des armes malgré la situation économique grave qui les frappe également du côté de Kiev qui pourrait pourtant bien avoir la tentation d’écraser les Républicains du Donbass. Les Ukrainiens sont encouragés par l’inertie de l’Union européenne et par le grand soutien qu’ils reçoivent, par exemple, puissamment de France, du gouvernement, de personnalités politiques.
La trêve n’existe pas, en réalité, les Ukrainiens tirent tous les jours sur les positions des forces des deux Républiques de Donetsk et Lougansk. Ils espèrent l’embrasement et multiplient les provocations. L’affaire se décidera, soit dans un nouveau bain de sang voulu par Kiev, dont l’Union européenne et les Etats-Unis rendront coupable la Russie, soit par une nécessaire négociation finale mais cette fois avec les représentants des Républiques. Leurs habitants ont déjà choisi l’indépendance, mais en Europe il est dit que des élections doivent être tenues ! Elles ont déjà eu lieu, les citoyens ont proclamé leur liberté… par un référendum et élu un gouvernement.
Une intense vie politique et démocratique existe déjà dans le Donbass, il n’y a pas d’armée russe, c’est un mensonge éhonté, je suis allé jusqu’à 500 mètres de l’aéroport, à l’arrière immédiat du front, cela tirait. Pendant tout mon séjour je n’ai pas vu le moindre véhicule, bataillon, régiment ou division de l’armée russe.
Mais on persiste à dire que 50 000 soldats russes sont dans le Donbass ! C’est un terrible mensonge dont les gens du Donbass meurent.
-Un avenir plus stable est-il envisageable ? Et si oui, selon vous, qui semble le souhaiter vraiment?
A mon sens, oui, c’est possible, il faudra bien que tous s’assoient autour d’une table, il faudra bien que le Donbass soit reconnu indépendant, ces gens sont libres, ils ont choisi, ils ont décidé démocratiquement et sans la Russie. Soutenir le contraire est une absurdité totale. Que ces journalistes français qui le prétendent fassent comme moi, qu’ils s’y rendent et fassent leur travail, pour une fois ! Qu’ils ne donnent pas qu’une seule opinion, celle des Ukrainiens de la Junte de Kiev et alors nous pourrons espérer aussi changer les choses, ici, en France. Le combat du Donbass est le nôtre, ces gens soulèvent un immense espoir, celui de comprendre que nous aussi, nous avons été un peuple libre et que nous pouvons le redevenir, rappelons-nous que nous sommes les fils des Lumières, de la Déclaration des Droits de l’Homme et de la Résistance.
Quant à la paix, elle n’est souhaitée par aucun des deux camps, du point de vue des militaires, mais les peuples ukrainiens et russophones du Donbass aspirent massivement à la paix.
Toutefois, le sang a coulé, cette paix ne pourra se faire que dans le respect de l’intégrité morale, physique et idéologique des deux parties. Et cela signifie la reconnaissance de l’indépendance pour les deux Républiques.
-Merci, Laurent, d’avoir répondu à nos questions.
Merci à vous, Hélène, de m’avoir donné la parole.
Depuis décembre 2013, près de 150 sujets de ce blog ont été consacrés à ce qui s’est d’abord appelé crise ukrainienne avant de devenir guerre en Ukraine.
La Suisse, l’an dernier, a eu un rôle essentiel à jouer dès lors qu’elle présidait l’OSCE et célébrait également le bicentenaire de ses relations diplomatiques avec la Russie.
Certains événements prévus dans ce cadre ont été maintenus quand d’autres ont été annulés. On se rappellera, entre autre, la visite prévue du président de la Chambre basse du Parlement russe, Sergueï Naryshkine que son homologue suisse, Ruedi Lustenberger a jugé bon d’annuler:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/08/15/suisse-russie-l-insulte.html
Heureusement, l’interview qu’avait sollicitée Darius Rochebin du Président de la Douma avait un peu sauvé la mise:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/10/02/un-temps-fort-du-journalisme.html
Or voici que ce 15 mai, le site officiel de la Confédération Helvétique annonce que la Suisse a envoyé un convoi humanitaire à destination de l’est de l’Ukraine:
https://www.news.admin.ch/message/index.html?lang=fr&msg-id=57284
Cette initiative est heureuse pour les populations concernées, bien sûr.
Mais elle l’est aussi pour la Suisse qui renoue ainsi avec sa neutralité un peu mise à mal jusque là par certaines décisions prises.
Tel est l’avis d’Henri Proglio.
Tel ne paraît toutefois pas être celui du Ministre français de l’Economie et des Finances, ci-dessus en photo.
A lire les explications données par l’ ancien patron d’EDF, il semble bien que ses relations avec la Russie lui aient coûté un poste qu’il n’avait pourtant pas même sollicité mais pour lequel on était venu le chercher.
Tandis qu’il devait être nommé président du conseil d’administration du groupe d’électronique et de défense THALES, il vient d’annoncer qu’il renonce à cette nomination.
Aux questions d’un journaliste du grand quotidien français Le Monde, ses réponses sont sans ambages.
A les lire, on découvre comment le pouvoir des uns et l’influence des autres est mise à contribution.
Toujours si prompts à stigmatiser les régimes de pays considérés comme plus proches de dictatures que de véritables démocraties, certains y trouveront ici de quoi méditer:
http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/05/12/henri-proglio-bercy-fonctionne-comme-un-hedge-fund_4631688_3234.html?xtmc=thales&xtcr=2
En ce 10 mai, jour de la visite officielle de la Chancelière allemande à Moscou, voici que des militaires de ses compatriotes se mobilisent.
Une lettre ouverte, intitulée Soldaten für den Frieden a été publiée ce 6 mai 2015 sur le site du quotidien allemand Junge Welt.*
Ils sont près d’une centaine de généraux et d’officiers supérieurs de l’ex-RDA à l’avoir signée pour dénoncer le remaniement du monde auquel s’activent les Etats-Unis.
Et ces militaires allemands savent de quoi ils parlent pour prôner la paix et non la guerre.
Qui les écoutera?
Et pourtant, ils sont loin d’être seuls à se mobiliser contre l’hystérie anti-russe.
Cependant, sitôt que l’on ose se démarquer du battage médiatique qui n’a de cesse de stigmatiser la Russie mais surtout son président, voici qu’on est perçu comme naïf.
Accuser pour se défendre est une stratégie bien connue.
Et les représentants des pays dits démocratiques savent en user et en abuser.
Combien de temps encore, les peuples concernés par les dommages d’une telle attitude la subiront-ils?
https://www.jungewelt.de/2015/05-06/023.php
L’absence de la plus grande partie des chefs d’Etats occidentaux à la cérémonie de commémoration des 70 ans de la victoire de l’Armée rouge sur le nazisme à Moscou a été voulue.
Elle a aussi été remarquée.
Même celui que l’Occident tient en si grande estime, le dernier président de l’ex-URSS Mikhaïl Gorbachev, a fustigé le comportement des leaders de l’auto-proclamée communauté internationale.
Pour qui ne l’aurait oublié, Vladimir Poutine, invité le 6 juin 2014 au D-Day célébré en mémoire des 70 ans du débarquement à Ouistreham, y a été présent.
La réciprocité ne lui a pas été rendue en ce 9 mai 2015 à Moscou.
Il a su, néanmoins, remercier les peuples de Grande-Bretagne, de France et des Etats-Unis pour leur contribution à la victoire.
Il a aussi insisté sur le fait que l’Armée rouge, au terme d’un assaut dévastateur sur Berlin, a mis un point final à la guerre contre l’Allemagne hitlérienne.
Ce rappel, bien des commentateurs et autres (re)visiteurs de l’Histoire semblent avoir de plus en plus de peine à s’en accommoder quand ils ne l’omettent tout simplement pas.
On apprend que Laurent Fabius sera présent le 9 mai à Moscou pour les commémorations du 70e anniversaire de la victoire des troupes soviétiques sur l’Allemagne nazie.
Soit et bien lui en prenne.
Dans le même temps, néanmoins, la destruction possible des porte-hélicoptères français, Vladivostok et Sébastopol, est évoquée par une source proche du dossier.*
Aux très lourdes conséquences matérielles de ce feuilleton franco-russe, s’ajoute la sérieuse menace de voir se dégrader la relation entre Paris et Moscou et au-delà, celle de l’Union Européenne et de la Russie.
Car l’attitude développée par un Occident qui ose se dresser en rempart de la démocratie alors qu’il doit aux millions de vies russes sacrifiées d’avoir échappé au nazisme, relève d’une arrogance caractérisée.
Puisse le ministre français des affaires étrangères, lors de sa visite à Moscou, savoir s’en rappeler!
* http://www.lefigaro.fr/international/2015/05/05/01003-20150505ARTFIG00391-les-mistral-boulet-de-la-diplomatie-francaise.php
Le président français vient de conclure un accord officiel avec le Qatar sur la vente de vingt-quatre avions Rafale.*
Il est vrai que le Qatar, contrairement à la Russie pour laquelle la France a suspendu la vente de Mistral, est un pays bien plus fréquentable.
Aucune guerre n’entache la réputation qatari, on le sait.
Aucun soutien non plus à de quelconques mouvances terroristes ne discrédite le réputation de l’Emirat, qui en douterait?
Quant au sort des homosexuels, n’en parlons pas, tant il est nettement plus enviable que celui que lui réserve la Russie.
Au Qatar, les homosexuels risquent juste la peine de mort.
Mais il est bien plus acceptable de de signer avec le Qatar qu’avec la Russie.
La France, grande défenderesse des droits humains, c’est maintenant.
* http://www.francetvinfo.fr/economie/aeronautique/rafale/comment-la-france-a-reussi-a-vendre-ses-rafale-au-qatar_894051.html
Lequel de nos médias occidentaux estimera utile de relayer cet interview accordée par Sergueï Naryshkine, Président de la Douma, chambre basse du Parlement russe?
Voici qu’il s’exprime sur les intentions démocratiques des Etats-Unis dont tant de nos concitoyens croient qu’elles le sont tandis que celles des Russes ne seraient qu’invasives et dominatrices.
Cette candeur avec laquelle on persiste à vouloir nous présenter la démocratie à l’oeuvre dans nos contrées et ailleurs comme en Ukraine, par exemple, ferait sourire sinon rire si elle ne mettait autant de vies en danger.
Dans cet interview, accordée par Sergueï Naryshkine au quotidien russe Vedomosti*, le président de la Douma se réfère à un article de Stephen Lendman, publié sur le site thepeoplesvoice.org.
On y découvre, entre autre, comment le président ukrainien Petro Poroshenko dirige son peuple vers la réalisation de ses aspirations démocratiques.
Et puis, bien sûr et surtout, comment il respecte les accords de Minsk2.
A lire ici:
http://www.thepeoplesvoice.org/TPV3/Voices.php/2015/03/28/poroshenko-declaring-peace-waging-war#more36535
* http://www.vedomosti.ru/opinion/articles/2015/04/14/instinkti-kolonizatorov-ili-podopleka-globalnogo-liderstva
