Lorsqu’on l’accueille, où se tient-il?
novembre 2010
Ils t’ont tué.
Ils ont dit qu’il le fallait.
Ca leur a suffi comme explication.
Nocturne
Ne me prie pas de te répondre,
je ne sais rien.
Ou alors, si,
je me rappelle
mais sans raison ni sans but.
Parce que, soudain,
tout est là et encombre
ou paralyse.
La mort s’annonce-t-elle ainsi?
Et pourquoi pas la vie,
aussi?
Blanc
Détenu,
m’as-tu dit dans la nuit
Blanche.
C’est ton ombre qui m’est apparue,
ligotée.
Ce matin, elle te cherchait
Ils sont cinquante
là, entassés
les uns sur les autres,
certains contre les autres.
Et vous,
ne pensez rien.
Eux,
s’ils pensent,
ils sont perdus,
dites-vous.
Pour qui?
Aubade
-Votre amour?
Avalé
Par un destin
sans nom
Son chant,
décomposé
Hante
celui du Cygne
Non,
Madame
Vous n’avez rien cédé
ni cédé.
Votre avenir?
Veille.
Rodnoj
Saisi par tant d’images
éparpillées, remodelées,
où suis-tu cet avenir
dessiné, encombré,
ouvert sur plus aucun visage?
Une zone après l’autre,
dense et frêle,
le fouler, le traverser,
à l’ombre
de plus aucun mirage?
Seul
La rue est vide
Son coeur?
Il ne le sait plus.
Que la Terre tourne!
Demain?
Il l’aura oubliée.
Ensemble
Heurtés, amers, tapis au fond de leurs corps,
ils se sont rencontrés.
Ensevelis sous mille chaînes,
ils s’en sont déliés.
Ont pleuré et prié.
Jamais clamé leur innocence.
Juste déploré le mal
pour si peu ou pour rien.
Plan fixe
Je n’ai pas arraché ces femmes à leur film.
Je suis entrée dans l’écran.
