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Hélène Richard-Favre

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La fleur au fusil

Sortir indemne des griffes d’un tyran, partenaire intime ou personnalité publique, exige soit beaucoup d’audace, soit de la chance, soit encore une bonne dose de ruse tant le pouvoir de ces créatures s’exerce sans concession.

Songez aux innombrables figures tyranniques que compte l’histoire, songez à celles de la mythologie, de la littérature universelle et le constat est vite dressé. S’en sortir vivant n’est jamais gagné d’avance.

Sur le plan politique, face à ce qui s’apparente à un régime sans concession, soit on fait profil bas, soit on se soumet, soit au contraire, on s’organise pour résister mais à ses risques et périls le plus souvent, soit encore, on s’exile sans forcément nourrir d’espoir de retour.

Mais si le renversement de pouvoir est envisagé, on s’expose à l’inconnu le plus total.

Je ne connais pas l’Iran. Je compte quelques proches issus de ce pays. Je les écoute me parler de leurs espoirs et de leurs attentes. Je ne me prononce pas parce que je ne m’estime pas en mesure de le faire.

Mais dès le 28 février dernier, j’ai vu le risque d’un réel embrasement au Moyen-Orient. Il ne me semblait pas très difficile à prévoir. Il ne semble pas perturber les plus résolus, quel que soit leur camp.

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Au détour de « l’âme russe »

                                              photo @archives personnelles: Kolomna

Parce que les clichés ont la vie dure, me vient à l’esprit celui plus qu’éculé de « l’âme russe » qui fait encore si souvent irruption au détour de telle ou telle conversation. Or qui serait en mesure de le définir?

En septembre 2023, le site Fenêtre sur la Russie publiait un article sur le sujet.

Pour ma part, de longue date j’ai relevé que la Russie était avant tout considérée pour sa politique et que faute de connaître le pays, son histoire, son peuple et sa culture, on recourait par confort à ce concept fourre-tout d’ « âme russe ».

Et cela ne date pas d’hier ni de Poutine. Du temps de mes études de russe, menées dans les années 1970, je constatais déjà combien la Russie n’était ramenée le plus souvent qu’à son système soviétique.

Puis à sa chute, on a salué une Russie enfin libérée de ses chaînes alors que pillages et profits en tous genres commençaient à la sangler d’une tout autre manière.

J’ai en mémoire plusieurs témoignages reçus de Russes qui ont connu ces années de soi-disant liberté et qui, en réalité, ont jeté nombre de personnes dans la misère, le froid et la faim.

Est arrivé alors au pouvoir celui dont tant de spécialistes  nous dressent le portrait.

« L’âme russe » dans tout cela?

Pour moi, des termes vidés de leur sens à force d’avoir été galvaudés par un Occident qui en a usé et abusé pour évoquer un peuple dont il ne sait que penser faute de lui avoir accordé de véritable intérêt.

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Mise au point

Un jour, une personne travaillant dans l’événementiel avait souhaité me rencontrer pour me demander si je serais d’accord de raconter un combat que j’avais mené. Elle tentait en effet de rassembler différentes femmes qui évoqueraient une cause en faveur de laquelle elles avaient lutté ou luttaient encore.

Pensive, je me suis dit que je devais me battre sur tant de fronts différents qu’en sélectionner un plutôt qu’un autre serait délicat.

En effet il y a la santé, il y a mes écrits suspectés d’avoir été financés par le Kremlin puisque mes recueils de nouvelles – de la fiction donc – ont tous été traduits en russe et publiés depuis plus de vingt ans à Moscou, bref, il y aurait eu tant à dire que j’ai décliné la proposition.

Ce qui n’empêche qu’aux questions de santé et aux liens profonds que j’entretiens avec la Russie et qui, tous deux, remontent à la fin des années 1960, j’ai consacré deux textes dont le second est en train d’être traduit en russe.

J’y évoque, entre autres, comment j’ai décidé de me porter au secours d’un ami russe tabassé, spolié de tous ses biens et hospitalisé en Crimée. Sans plus aucune ressource pour rentrer chez lui à Moscou, sa sœur malade ne pouvant venir le chercher, j’ai immédiatement proposé de me rendre sur place et de le raccompagner à son domicile moscovite.

C’était à l’été 2014. Qui le sait de celles et ceux qui m’ont bannie de leurs cercles bien-pensants? La Russie, pour moi, ce n’est pas sa politique. C’est sa littérature, c’est sa musique, ce sont tant de personnes que j’ai connues et aimées ici ou là-bas.

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Après l’hiver, quel printemps s’annonce pour Jacques Baud?

Dans un article rendu libre d’accès et paru sur le site de L’Impertinent, Amèle Debey livre son analyse de la situation dans laquelle se trouve notre compatriote Jacques Baud.

L’éclairage qu’elle propose ne manque pas d’intérêt et je vous en recommande la lecture.

Hélas et comme je l’ai relevé en commentaire posté sous l’article, il n’y a rien de très nouveau à ce que de sombres collaborations s’établissent entre institutions et régimes politiques au détriment de leurs citoyen(ne)s.

Cela dit, quand des personnes de mon entourage ayant vécu en ex-URSS ont appris le sort qui frappait Jacques Baud, toutes ont relevé qu’au moins, avant d’être arrêtés, les leurs étaient prévenus!

Notre compatriote helvète n’a pas été arrêté, il a été sanctionné et l’a appris à ses dépens. Donc oui, soutenons-le et pour qui n’aurait pas encore signé la pétition, c’est ici!

Pour votre information aussi, ce 19 février dernier, j’ai transmis à la Chancellerie fédérale le flyer de la pétition, la liste de ses plus de 10’400 signataires et une lettre d’accompagnement comme cela m’a été demandé selon la procédure en vigueur.

À l’heure qu’il est, soit depuis près de deux semaines bientôt, je suis sans réponse de ladite Chancellerie.

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Du lever du jour au coucher du soleil

Le 8 mars prochain, le peuple suisse aura à se prononcer sur différents objets de vote parmi lesquels la redevance à accorder à la Société Suisse de radiodiffusion (SSR).

Une initiative lancée par l’Union démocratique du centre (UDC) vise à réduire son montant. Inutile de dire que le sujet est assez « explosif » comme le relève cet article.

Dans ce sens, le media L’Impertinent s’est tourné vers notre compatriote sous sanctions, le colonel d’État-major Jacques Baud.

L’initiative est à saluer. Dommage, toutefois, que la journaliste donne l’impression d’être à peine sortie de son lit. 

À titre personnel, je trouve sa tenue manquer de respect envers son interlocuteur et le disqualifier. Détail, peut-être, au regard de l’intérêt qu’offre l’entretien. Mais pour un sujet si sensible, tout a son importance.

Par ailleurs et en réponse à la journaliste de L’impertinent qui a demandé sur X qui serait prêt à faire face à Jacques Baud, j’ai suggéré Sergueï Jirnov vu qu’il se déclarait partant sur ladite RTS.

Et il en est question à la minute 53 de l’interview où il est relevé de cet ancien espion qu’il est qualifié d’ancien officier alors que notre compatriote est présenté, au contraire, comme ancien espion qu’il n’a jamais été.

Donc imaginons une prochaine interview croisée et pourquoi pas, avant le coucher du soleil, cette fois!

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Jacques Baud visé au-delà de l’entendement

Ce 23 février, L’Impertinent relayé par la Weltwoche, a révélé que les comptes de notre compatriote Jacques Baud avaient été bloqués par sa banque suisse UBS.

Mieux encore, il n’a pas même été prévenu par ladite UBS.

Jacques Baud a publié des livres et accordé des interviews qui ont remporté un franc succès. Son public est international et le voici traité d’une manière qui dépasse l’entendement.

D’innombrables réactions ont suivi sa condamnation à résidence et sa mort sociale visée. Il sait qu’il n’est pas seul face à ses bourreaux. Il n’en demeure pas moins leur cible.

Puisse la stupeur qui a gagné nombre d’entre nous ne pas nous figer mais au contraire, animer un mouvement juste!

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En dehors de la politique et pourtant…

Un agent de sécurité mandaté par une grande surface me fait signe que c’est l’heure de passer en caisse. Il est près de 19:00.

Je le remarque qui me regarde, puis disparaît derrière un rayon, réapparaît, me regarde à nouveau tandis que je saisis encore un ou deux produits à acheter.

Arrivée à l’une des caisses, je sors la marchandise que j’avais placée dans deux sacs en tissu et la dépose sur la bande roulante.

En main, je tiens un autre sac qui contient des documents.

J’observe alors la caissière faire un signe d’approbation à l’agent de sécurité que je savais dans mon dos.

Sitôt après leur échange de signes, la caissière me prie de vider mes sacs. Je m’exécute très volontiers et me retourne vers l’agent toujours posté dans mon dos.

Je fais un pas vers lui et le rassure, je ne suis pas une voleuse mais je conçois parfaitement qu’il fasse son travail. Courageux, il se défausse, tout juste pas sur la caissière.

La pauvre femme, gênée, s’est excusée, remerciant ma gentillesse. Elle n’y était pour rien, c’est le gars derrière moi qui lui avait signalé mon profil douteux.

J’engage alors avec elle un petit échange et souligne son courage de travailler du matin au soir dans cet immense espace souterrain baigné de lumière artificielle.

On évoque les petites surfaces de quartier d’autrefois qui, selon elle, seraient en train d’être à nouveau envisagées.

Bref, de fil en aiguille, j’apprends que ses journées débutent avant 06:00 du matin pour se terminer aux alentours de 21:00, compte tenu des trajets effectués dans un sens et dans l’autre.

– Heureusement, j’ai mes chats qui m’attendent chez moi! me dit-elle avec un sourire fatigué.

Ce sont des êtres comme elle qui ont inspiré nombre de mes « nouvelles » ou « short stories ». Des « anti-héros », comme l’avait relevé l’une de mes critiques.

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Mentir et mentir

Je trouve toujours intéressant de lire comment Le Monde traite certains sujets. Son parti pris ostensiblement russophobe ne me surprend plus. C’est son droit et nul ne le lui contesterait.

Mais parfois, ce qu’on trouve vaut la peine d’être partagé.

Par exemple, cet article qui interroge la manière qu’a Vladimir Poutine de négocier. Sont évoqués les récents pourparlers qui se sont tenus à Genève entre délégations russe, ukrainienne et états-unienne et leur « chance d’aboutir ».

Bon, c’est un point de vue.

Mais ce qui vaut le détour, c’est l’interlocuteur choisi pour interroger la manière qu’a le président russe de négocier. On n’a pas trouvé mieux que son ancien homologue François Hollande en raison de sa présence à ses côtés à Minsk en 2014 et 2015.

Vous vous rappelez sans doute que le socialiste français avait dû avouer à la suite d’Angela Merkel que les accords de Minsk I et II avaient été destinés à gagner du temps pour permettre à l’Ukraine de s’armer.

Et voici que notre valeureux ancien locataire de l’Elysée déclare sans problème et sans gêne que Vladimir Poutine est capable de mentir de façon « sidérante ».

Ben oui! Mentir en faveur de l’Ukraine n’est pas mentir, voyons! Mentir en faveur de l’Ukraine, c’est défendre la démocratie et ses valeurs!

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Le commissaire et le handicap: il était une fois…

Le commissaire européen aux Sports n’assistera pas à la cérémonie d’ouverture des jeux paralympiques. Ses raisons? Dénoncer la participation d’athlètes sous drapeau russe.

Bon, on n’ignore plus que l’Union européenne sanctionne ici et là ce qui est de près ou de loin lié à la Russie.

La diaboliser jusqu’à contester la présence de ses athlètes handicapés paraît légitime aux yeux de ce commissaire. Il y aurait définitivement les bons et les mauvais. Les proscrits et les bénis.

Refuser de mêler le sport à la guerre a peut-être incité le Comité international paralympique à réagir et à prendre la décision de laisser participer les athlètes russes et biélorusses sous leur drapeau.

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Gainsbourg intéresse l’Ukraine

Le Monde publie un article intitulé En Ukraine, la mémoire engloutie des Gainsbourg. On y lit une histoire, celle que nous raconte Ariane Chemin.

Comme vous le savez, toute personne qui traite de la la Russie sans la stigmatiser reprend son « narratif ». Et « narratif » ou « propagande » c’est du pareil au même, la personne est un relai du Kremlin.

Bref, sujet connu et archi-connu.

Ce qui, en revanche, passe sans problème est le narratif nationaliste de Kiev. Parce que l’Ukraine aspire à des idéaux totalement étrangers à ceux que véhicule son grand voisin russe.

L’Ukraine lutte au nom de la démocratie.

Raison pour laquelle elle se démène pour effacer toute trace de son passé non seulement soviétique mais russe. Dans ce sens, Ariane Chemin nous apprend que la famille Gainsbourg plonge ses racines au plus profond de l’Ukraine.

Et que, la nation milite pour écrire « artiste ukrainien » sur les cartons des expositions ou les biographies des peintres ou des écrivains venus de la région, et rendre leurs racines à ceux dont on dit qu’ils sont « nés en Russie » ou « fils d’immigrés russes », comme Serge Gainsbourg.

Nombre de commentaires qui suivent l’article démontrent que le sens critique s’exerce malgré tout. Cette récupération idéologique nationaliste ukrainienne relayée par Le Monde n’échappe pas.