La situation dans laquelle se retrouve Jacques Baud est littéralement kafkaïenne. Il l’explique très bien dans les réponses qu’il apporte aux questions de Roger Köppel de la Weltwoche.
L’interview vous vraiment la peine pour autant que vous puissiez comprendre l’allemand.
Dans un premier temps, Roger Köppel demande à Jacques Baud de se présenter. Ensuite, on entre dans le dur du sujet. Et là, on mesure la réalité dans laquelle ces sanctions placent notre compatriote.
Ces sanctions sont d’ordre politique. Et elles ont été prises par une administration composée d’individus que personne n’a élus.
Or si le concerné les enfreint, ces sanctions, il devient justiciable.
En d’autres termes, il n’est condamné par aucun tribunal mais s’il contrevient d’une manière ou d’une autre aux sanctions qui lui ont été infligées, là, il est passible de peine.
Imaginez un peu comment un homme qui, pour avoir livré des analyses dont on s’est ingénié à déformer le sens et la démarche se retrouve comme en prison, sauf qu’en prison, remarque non sans humour Jacques Baud, on est nourri.
Peut-être mal, ajouterais-je à en croire un ancien Président français mais on a à manger.
Jacques Baud a ses comptes bloqués. Pour payer loyer, nourriture et autres, seule lui reste l’aide humanitaire. Car il l’explique clairement: toute personne qui voudrait l’aider sera, elle aussi, susceptible d’être traînée devant les tribunaux.
Heureusement qu’on vit en démocratie, heureusement qu’on réagit à la moindre atteinte aux « droits humains ». Heureusement que l’on se mobilise pour toutes les victimes de dictatures, vous imaginez, sinon?
Cela dit et trêve d’ironie, au-delà de l’effroi ressenti et exprimé, que faire d’efficace pour aider Jacques Baud reste bel et bien la question!
En rappel de ses origines et de la pétition de soutien lancée en sa faveur, je reprends la même photo de Genève pour illustrer ce sujet.