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Hélène Richard-Favre

Culture, Histoire, Politique

Payerne, la Suisse et la Russie

Payerne, ce 20 septembre, a rendu hommage à l’un de ses plus célèbres natifs, le Général Antoine de Jomini.

Ce théoricien de la stratégie militaire a d’abord fait partie de l’état-major de Napoléon avant de rejoindre celui du tsar Alexandre Ier et de jeter les fondements de l’Académie militaire de Saint-Pétersbourg.

C’est dans le cadre du bicentenaire des relations diplomatiques entre la Suisse et la Russie que Payerne a ainsi honoré la mémoire de ce citoyen dont le parcours peu banal unit les deux pays.

Une place a ainsi été inaugurée au nom d’Antoine de Jomini où a également été déposée sa statue. L’événement a eu lieu en présence d’autorités politiques, diplomatiques, militaires et ecclésiastiques.

En ces temps où des pressions de toutes sortes s’exercent à l’encontre de qui ose encore ne pas diaboliser la Russie, honneur soit rendu ici à la municipalité de Payerne et à sa Syndique qui ont su ne pas brader l’Histoire qui unit la Suisse à la Russie.

Politique

Quand Madame Calmy-Rey se sent « accusée »

Salle comble hier, à l’Université de Genève pour écouter deux conférencières nous parler de la crise ukrainienne.* Dans un cadre académique, les points de vue ont en général vocation à résulter d’analyses fines et étayées.

Or en ce 16 septembre 2014, force  a été de constater que les deux exposés présentés se sont appuyés sur les mêmes arguments répétés à l’envi et repris en boucle depuis bientôt un an que dure la crise ukrainienne.

Du Maïdan au crash du MH17 sans oublier, bien sûr, le référendum de Crimée, c’est le procès de la Russie qui a été dressé ou peu s’en faut.

En aucun cas, l’Ukraine et ses gouvernements successifs depuis la destitution du Président Ianoukovich n’ont été mis en cause.

Pas un mot sur le massacre de la maison des syndicats d’Odessa en mai dernier. Rien sur les performances d’un résident genevois et néanmoins gouverneur dans l’est de l’Ukraine.

Silence total sur les assassinats de cinq journalistes et photographes russes.

L’intervention que j’ai risquée pour énoncer des faits tus par les conférencières, ne visait qu’à modérer leur aptitude à mettre la Russie en accusation.

Or l’une d’elle, a réagi à mon propos et m’a dit que je l’ « accusais ».

Il n’en était évidemment rien. C’est le regard porté sur une situation que j’ai tenté d’élargir. Car un rappel d’événements occultés n’équivaut pas à un acte d’accusation dirigé contre une personne.

Que cette distinction ait échappé en milieu universitaire est surprenant.

https://www.unige.ch/gsi/fr/actualites/lecon-douverture-2…

Non classé

84 ans, une vie

Mardi, elle partira.
Elle s’est résignée à quitter sa petite datcha.
Elle passera l’hiver chez des parents, dans un pays voisin de l’Ukraine.
Elle a travaillé toute sa vie dans cette région de Dniepropetrovsk.
Désormais, tous les courriers officiels et administratifs adressés à ses habitants sont en ukrainien.
Elle est russophone, âgée de 84 ans, elle n’a jamais parlé ukrainien.
On lui a traduit une circulaire reçue de l’administration qui prévient que la température dans les appartements et les maisons, cet hiver, ne dépasserait pas quatorze degrés.
Elle n’a pas eu envie, pour autant de quitter son foyer. Elle y a trop de souvenirs.
Mais quatorze degrés à l’intérieur, quand à l’extérieur, la température peut descendre jusqu’à moins vingt degrés…
Mardi, on viendra la chercher pour l’accompagner chez des parents qui l’accueilleront.
Elle y restera le temps nécessaire.
A qui, à quoi?

Politique

La paix expliquée à leurs enfants

Barack Obama,
Prix Nobel de la Paix 2009

L’Union Européenne,
Prix Nobel de la Paix 2012

Grâce à l’intervention de ces deux nobélisés de la paix, 
l’Ukraine pleure
près de 3.000 morts

a vu s’enfuir ses habitants
par centaines de milliers.
 
La démocratie, c’est maintenant, foi de nobélisés.
 

Economie, Politique

Ukraine la paix menacée

Et voici que les hostilités risquent bel et bien de reprendre entre l’Ukraine et la Russie.
Alors qu’un espoir de paix était né avec la signature d’un cessez-le-feu entre les parties en lutte dans l’Est de l’Ukraine, le président Poroshenko annonce la ratification d’un accord politique et commercial d’association avec l’Union Européenne.
La signature de cet accord est d’emblée annoncé par le président ukrainien comme moment historique pour le pays.
Petro Pososhenko s’est exprimé en anglais. Il a encore précisé une certitude, le pays va être plus démocratique et aura davantage de libertés.
Mieux, il espère un statut spécial auprès de l’OTAN.
Et bien sûr, dans la foulée, il promet le retour de la Crimée dans le giron de l’Ukraine.
Il sera accueilli!
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/07/27/он-не-сможет-il-ne-pourra-pas-258268.html
Autant dire que la situation n’est pas près de s’apaiser.
Et comme toujours, on accusera la Russie.
Mais qui a agressé qui?
Qui a tiré sur son propre peuple?
Et qui a bafoué les règles du droit international en piétinant l’accord signé en février 2014?
Petit rappel en images ici pour qui a la mémoire courte:

http://www.itele.fr/monde/video/accord-signe-entre-ianoukovitch-et-lopposition-73261

Culture, Politique

La culture des uns et des autres

Encore un qui sait de quoi il parle…  » L’actuel tsar », ainsi a-t-il évoqué le président russe.

Il souriait, certain de se faire comprendre. Il semblait par ailleurs ravi de sa formulation. Il faut dire qu’elle est particulièrement originale. Et surtout, qu’elle témoigne d’une indéniable culture politique et historique de la Russie.

Car il ne plaisantait pas, non, il était très fier de figurer parmi ceux qui ne s’en laissent pas conter…

Lui, c’est François Busnel, journaliste qui interviewait Emmanuel Carrère et Paul Veyne.

Politique

La France qui se lève tôt ou tard

On dit parfois, sinon souvent, de la France qu’elle serait le pays de la liberté d’expression.
En dépit de ce qu’on peut en penser, la France offre un paysage socio-politique jamais à cours d’animation.
Entre hauts faits, trahisons ou scandales, la France qui se lève tôt ou tard, vit.
De qui, de quoi, chaque jour apporte son lot d’informations à cet égard.
Certes, leur perception varie selon les milieux.
Il n’en demeure pas moins vrai qu’on ne saurait dénier le poids d’une actualité dont l’impasse est impossible à faire pour ce qu’elle révèle comme contradictions.
Qui n’a eu de cesse de réclamer le droit à la transparence et à la parole?
Qui le dénonce tandis que ces droits ont été saisis par une ex-compagne de président?
La publication de cette femme démontre avant tout un état de fait voulu et revendiqué de longue date par les mêmes qui semblent le fustiger désormais.
Il ne s’agit pas, ici, de saluer ou non l’opportunité d’une démarche éditoriale.
Il est question d’en observer les effets. 
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/09/05/normal.html

société

Russie, Ukraine, tristes tropismes

Alors qu’un accord de cessez-le-feu, certes encore fragile, vient d’être signé mais que des combats se livrent non loin du barrage menacé par les projets d’un résident genevois*, Le Temps media suisse de référence, comme l’indique la mention qui accompagne partout sa raison sociale, ouvre ses colonnes à deux spécialistes de la Russie.
Leurs articles, parus dans les éditions de ces 6 et 8 septembre, indiquent, une fois n’est pas coutume, un degré de finesse et d’analyse hors pair.
Les auteures, pétries de culture et d’histoire, évoquent des points de vue, certes présentés comme subjectifs mais accompagnés de telles références qu’on en redemanderait.
Staline, Hitler, le goulag, la propagande, Staline, la propagande, le goulag, Hitler, dans l’ordre ou dans le désordre, on ne risque pas de se perdre tant le champ de leurs connaissances est quadrillé.
On croit parfois avoir tout lu dans les médias sur la Russie. On se trompe. 
Le Temps, media suisse de référence, nous le prouve une fois encore.
Par respect envers les toutes celles et ceux qui ont donné leur vie pour libérer l’Europe d’Hitler, par respect envers toutes celles et ceux qui ont perdu la vie en Ukraine sans comprendre pourquoi**, je ne citerai pas le nom des auteures publiées dans les éditions des 6 et 8 septembre du Temps, media suisse de référence.

* http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/09/07/suisse-ukraine-le-titre-et-les-cendres.html
**http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/09/01/за-что-pourquoi-259363.html

Politique

Suisse-Ukraine, le titre et les cendres

L’article date du 5 mars 2014.
Son intitulé est en allemand, il émane du très sélect hebdomadaire suisse Handelszeitung.
De référence internationale, tant dans les milieux économiques que dans ceux de la finance, quand ce journal titre: 
Schweizer Oligarch wird Gouverneur in der Ukraine,* 
on est en droit de s’interroger.
D’abord sur l’image donnée de ce Suisse, ensuite de celle de la Suisse et de sa manière d’appliquer le concept de neutralité. 
Plus personne n’ignore, désormais, comment cet oligarque suisse* entend régler le sort de la population du Donbass dans l’est de l’Ukraine.
Et qui n’en aurait encore aucune idée, voici de quoi lui en donner:  http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/08/30/l-ennemi-a-abattre.html
A l’heure où la Suisse ne semble pas avoir épuisé l’ensemble des atouts qui la caractérisent, à l’heure où la Suisse préside l’OSCE, à l’heure où la Suisse célèbre le bicentenaire de ses relations diplomatiques avec la Russie, comment intègre-t-elle à son image, celle de ce Suisse qui gouverne en Ukraine?
* http://www.handelszeitung.ch/politik/schweizer-oligarch-wird-gouverneur-der-ukraine-576978

Politique

Normal

Que de remous pour nous apprendre ce que François Hollande n’a eu de cesse de vouloir être!
Un homme normal.
A l’évidence, ce qu’on découvre en ces jours de grand battage médiatique autour d’un livre, c’est bel et bien qu’un président ne peut pas être un homme normal.
Tant d’émois autour d’une simple histoire de couple le prouve.
Ainsi, à une époque où certains se mobilisent tant pour la transparence, on en voit les limites.
L’ouvrage de l’ex-compagne du président français n’est en définitive que le parfait reflet de ce que François Hollande a lui-même voulu.
Etre président et comme tout le monde. 
Or ces deux dimensions ne sont pas compatibles.