Browsing Category

Culture

Culture, Politique, société

Variations sur une anaphore, 2006- 2016

La visibilité des femmes, c’est le coeur de ce qu’est la France qui est une nation féminine dont l’emblème est Marianne, déclare Bruno Le Maire, ce 7 avril à Genève.
Invité au Club suisse de la presse, il s’est exprimé sur diverses thématiques d’importance dont l’une d’elle a été relevée dans le précédent sujet de ce blog:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/04/15/l-europe-et-les-nations.html
Il n’est pas inintéressant de revenir sur ce qu’a dit le candidat aux primaires du parti Les Républicains, du rôle qu’il entend donner au Chef de l’Etat. Il s’en explique à partir de la minute 18:
http://livestream.com/GvaPressClub/BrunoLeMaire2017
A l’instar de l’actuel Président et de son prédécesseur, on notera qu’il ne ménage pas son goût pour l’anaphore, cette figure de rhétorique qui a valu à François Hollande son appellation de Moi Président.
Si l’anaphore est souvent employée par les politiciens, ce qu’il est piquant de relever, ici, c’est comment Bruno Le Maire reprend et adapte celle dont avait usé Nicolas Sarkozy, le 18 décembre 2006.
Lors d’un discours tenu à Charleville-Mézières, en effet, voici comment s’exprimait l’actuel président du parti Les Républicains:
On a capitulé devant l’idéologie de mai 68.
On a capitulé devant la logique de l’assistance.
On a capitulé devant l’immigration non maîtrisée.
On a capitulé devant le communautarisme.
On a capitulé devant une conception formelle et dogmatique de l’égalité.
Bruno Le Maire en a-t-il le souvenir lorsqu’il évoque, lui aussi comment on a déjà capitulé?
A suivre à partir de la minute 19’50 de la video indiquée en lien ci-dessus.

Culture, Politique, Religions, société

Pouvoir de nos démocraties

On peut fonder des empires glorieux sur le crime, et de nobles religions sur l’imposture.
(…)
Les brigands seuls sont convaincus -de quoi?- qu’il leur faut réussir. Aussi, ils réussissent.
                                                                          Charles Baudelaire, Mon coeur mis à nu
Publié à titre posthume en 1887, ce livre inachevé a été assimilé à des brouillons, voire à un journal intime, ce qui reste discutable.
Alors que notre monde se bat en quête de sens, la réflexion du poète interroge.
On sait la propension qu’ont certains individus à rejeter toute forme de pouvoir religieux ou politique au prétexte qu’ils seraient tous pourris.
Le sont-ils ou pas, le fait est qu’ils sont là. 
Fondés sur des valeurs et des principes à défendre, tous clament leur légitimité. Et pour qui la menacerait, le recours à la force devient leur justification.
Dans nos démocraties, on dit le débat privilégié.
Il l’est sans doute encore pour la forme. Mais un pouvoir qui se veut tel, jusqu’où peut-il privilégier l’échange?

Culture, Histoire

Où est le scandale?

Nos medias aiment les révélations. 
Surtout, quand elles ont de quoi choquer qui a encore un reste sinon un zeste de morale.
Et si, de surcroît,  elles permettent de viser les présidents de deux pays qui viennent de remporter une victoire en arrachant Palmyre aux mains de monstres, lesdites révélations sont de première importance.
Au diable, femmes et enfants dont les ossements ont été retrouvés dans les charniers non loin du site libéré.
Depuis le temps que nos courageux journalistes investiguent, risquent leur place sinon leur peau pour nous dire « la vérité », les voici enfin consacrés!
Il ne s’agit pas, ici, de prétendre que tel ou tel serait blanc comme neige. Il s’agit juste de saisir le sens de ces attaques.
La Russie, pour ne pas la nommer, a l’immense outrecuidance de ne pas se plier au diktat états-uniens.
La Russie, comme on le sait, est gouvernée par un président dont autant de spécialistes nous apprennent chaque jour ou peu s’en faut, ce qu’il en est.
La Syrie, avec le soutien de la Russie, vient de retrouver sa perle du désert.
Mais c’en est trop, justement.
Alors puisque les révélations semblent être à l’ordre du jour, en voici à lire au bas de cet article:
http://fr.awdnews.com/politique/les-dirigeants-occidentaux-préfèreraient-voir-l’etat-islamique-gagner-plutôt-que-la-russie
 
Sujet paru en page 11 de l’édition papier de La Tribune de Genève du 6 avril 2016 sous le titre: « Nos médias aiment les révélations »

Culture, Histoire, Politique

Après Palmyre …

Ce besoin de prendre des gants pour évoquer, soit le président syrien, soit le président russe est assez récurrent chez les éditorialistes ou autres chroniqueurs qui se risquent à ne pas suivre la doxa ambiante.
Voici qu’on parle de Vladimir Poutine comme de quelqu’un de brutal.
Cette façon de présenter un chef d’Etat semble vouloir amender le fait d’en dire malgré tout du bien.
Ce genre d’énoncé révèle l’approche feutrée de journalistes qui, certes, ont envie de se distinguer de la pensée dominante.
Cependant, comme soucieux de ne pas trop s’engager à défendre un homme qui inspire autant de spécialistes, les voici qui naviguent entre le besoin d’exposer leur point de vue tout en affichant bien le cadre moral à l’aune duquel ils le situent.
Cela se conçoit et on ne va pas se plaindre d’entendre, ci-après, un éditorialiste s’exprimer dans ce sens.
La question reste, néanmoins, de savoir si la brutalité est vraiment toujours là où on voudrait la situer.
A écouter ci-après:
http://www.rts.ch/play/radio/six-heures-neuf-heures-le-samedi/audio/ledito-poutine-fait-le-job-?id=7584388

Culture, Economie, Histoire, Politique, société, Voix

« Back in URSS »

Dans cet ouvrage, composé de 28 chapitres qui s’articulent en quatre parties, Ira de Puiff ne vise pas l’exhaustivité. Elle y évoque la Russie des siens, celle de son enfance et de sa jeunesse.

Vu ainsi de l’intérieur, sans prétention ni complaisance, son pays d’origine se révèle bien au-delà des habituels clichés dont ne nous épargnent pas même nombre de spécialistes.

A travers son récit, Ira de Puiff livre un témoignage personnel.

Poignant, parfois, il donne au lecteur de découvrir nombre d’aspects de la vie quotidienne soviétique et postsoviétique.

Le récit du putsch de Moscou, en août 1991 y est raconté tel que l’a connu Ira, de même que les bouleversements qui ont touché ses compatriotes.

Back in URSS a été publié une première fois en France en 2011.

Culture, Economie, Politique, société

Migrants, le coeur et les raisons

Mercredi 16 mars dernier, Infrarouge, émission de la chaîne publique d’information suisse RTS, s’est penchée sur la question des migrants:
http://www.rts.ch/play/tv/infrarouge/video/migrants-a-quoi-doit-on-se-preparer?id=7578162
Les intervenants ont tous apporté leur point de vue, le débat s’est déroulé de manière sereine.
Il n’en demeure pas moins que le sujet reste brûlant, quelles que soient les décisions qui seront ou qui auraient déjà été prises par les autorités compétentes.
Cet article ci-après, paru dans le magazine français Le Point, donne un éclairage qui met la Suisse en ligne de mire pour nombre de migrants:
http://www.lepoint.fr/monde/la-suisse-se-prepare-a-un-afflux-massif-de-refugies-15-03-2016-2025464_24.php
Rien n’est simple, en la matière, en attestent les diverses prises de position citoyennes -comme on dit- et politiques.
Humain, charismatique, qui ne souhaiterait se montrer tel?
Cependant, entre idéal et pragmatisme, s’immisce la crispation identitaire et culturelle.

Culture, Histoire, Politique

Vladimir Poutine « mais »…

Hier, suite à un échange avec Darius Rochebin sur Twitter, j’ai acheté l’ouvrage de Jean-Robert Jouanny.
Animée par le besoin de débattre de la Russie et de tout ce qui s’en dit et s’écrit, je me suis donc consacrée à la lecture de Que veut Poutine?
Pour notre présentateur-vedette de la chaîne d’information publique suisse, Jean-Robert Jouanny serait fort bon connaisseur de la Russie et très nuancé.
La question à discuter -si discussion il y avait avec Darius Rochebin- serait celle de savoir ce qu’il entend par très nuancé.
Car si nombre d’éléments énoncés dans son ouvrage par Jean-Robert Jouanny se vérifient, ils sont le plus souvent suivis d’un mais.
Autrement dit, reste à savoir si l’appréciation émise par le journaliste suisse relève de ce mais. Car ce mais est le seul fait du regard porté par l’auteur du livre Que veut Poutine?
Dans ce cas, citer des éléments conformes à la réalité pour aussitôt les éclairer selon un prisme orienté par l’auteur fait de son livre une approche qui n’a rien d’objectif.
Un tel titre, Que veut Poutine? range Jean-Robert Jouanny aux côtés d’un Michel Eltchaninoff, qu’il cite d’ailleurs pour son inestimable travail de philosophe.
Nous voici sauvés!
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/01/27/bhl-bis.html

Culture, Histoire, Politique

Valeurs et valeurs

Les femmes -en photo ci-dessus- ne conduisent pas, la loi de leur pays le leur interdit. Peut-être est-ce préférable pour elles, pour tout passager qu’elles véhiculeraient et tout autre usager de la route.
Mais la question n’est pas là. 
Elle est de savoir en quoi un service public l’est. La manière dont la télévision suisse romande a rendu compte des différentes législations relatives aux droits des femmes a été abordée sur ce blog dans plusieurs précédents sujets dont une lettre transmise à la RTS:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/03/09/lettre-a-une-femme-journaliste.html
S’il est important d’y revenir encore, c’est parce que ce soir du 8 mars dernier, l’usage du vocabulaire a été particulièrement choisi pour faire de la Russie, une fois n’est pas coutume, une championne.
Championne en matière de sexisme au travail, avec cette précision apportée par la journaliste selon laquelle, soi-disant qu’il faut les protéger.
Se fendre d’une interview de Vladimir Poutine comme s’y est prêté le présentateur vedette de la chaîne de télévision suisse romande pour en parler, le lendemain dans le journal Le Matin sert à quoi? A ajouter une personnalité à l’ensemble de celles qu’il aura pu rencontrer au cours de sa carrière?
A manifester son obstination personnelle? Sa patience qui l’aura fait attendre cinq ans pour interroger le président russe?
Qu’un journal comme Le Temps ne cesse de nous rappeler tout le bien qu’il en pense, soit!
Mais qu’un service public ne manque jamais une occasion d’égratigner l’image d’un pays avec lequel la Suisse partage une Histoire est significatif de choix de valeurs.
Leur prix n’est pas encore affiché. Puisse-t-il rester négociable, c’est tout le bien à souhaiter à la Suisse -et à l’Occident en général- faute de quoi, la voix du poète risque de se sourdre à nouveau…
https://my.mail.ru/mail/irenskop/video/2281/4504.html

Culture, Histoire

Entre éléments de langage et Histoire élémentaire

Quelques éléments, non de langage comme le sont ceux qui inspirent tant de communicants.

Dans un précédent sujet publié sur ce blog, il a été question du Maréchal Joukov à propos duquel un article évoquait les hauts faits.

Dans ce même article était cité le célèbre poème écrit par Alexandre Blok, le 30 janvier 1918.

On comprend d’autant cette référence au poète symboliste russe à la lecture de cet article du Figaro, « Joukov, l’homme qui fit tomber Hitler.

Et pour qui souhaite entendre la version russe du poème de Blok, la voici tirée de célèbre film de Sergueï Gerassimov, U ozera / Au bord du lac.

Culture, Religions, société

De « fables » et autres « fadaises »

On lit, on entend certains s’élever contre tels ou tels récits qui ne seraient que bobards ou autre opium à endormir les peuples.
S’emparer de la langue pour mener un combat ou rassembler ne peut s’imaginer, toutefois, sans éléments qui emportent l’adhésion.
Imaginer qu’elle soit totale est utopique, bien sûr mais une majorité à convaincre est toujours visée sans quoi, on prêcherait dans le désert.
Prêcher, terme qui renvoie à un cadre religieux mais dont l’usage l’a débordé. Car les convictions ne lui sont pas à lui seul limitées.
Ce qui indique combien la figure de qui prêche est reconnue dans d’autres contextes.
Dans ce sens, il serait judicieux de s’interroger sur la valeur que d’aucuns apportent sans hésiter à certaines prises de position pour en attaquer d’autres.
Affirmer de l’existence de Dieu, par exemple, qu’elle serait une fiction relève du même imaginaire que celui qui soutient le contraire.
Dans ce cas, considérer l’athée comme un croyant serait plus conforme et respectueux du mystère encore jamais élucidé de l’existence ou non de Dieu.