De plus en plus souvent, s’en prendre à l’Islam, vaut à qui s’y risque, d’être accusé de raciste.
Depuis quand l’Islam serait-il une race?
A-t-on jamais vu quiconque s’en prendre au christianisme, être traité de raciste?
Faire d’une religion une race est pernicieux.
Car c’est le fait religieux en tant que tel, que l’on gomme.
Substituer à la dimension cultuelle d’une religion un état de nature qu’elle n’a pas, lui confère, en effet, une tout autre teneur.
En démocraties laïques, pareille dérive sémantique est loin d’être anodine.
Culture
Or donc, une dénommée Agnès LECOMTE s’est mis en tête de dénoncer des pages, des groupes et des profils Facebook pour « incitation à la haine ».
Et voici que cette activiste a de quoi se réjouir, elle a reçu le soutien de Cécile VAISSIE qui n’est pas en retard d’une dénonciation à en lire ces lignes… lamentable dénonciation signée d’une certaine Cécile Vaissié…http://fenetressurcour.blogspot.ch/2009/04/le-canard-vaissie-lassaut-de-lile.html
Il se trouve que la page Facebook que j’ai créée pour interroger la neutralité de la Suisse dans le cadre de la guerre en Ukraine, a elle aussi été retenue sur la liste de la vigilante Agnès LECOMTE.
Pas de chance pour elle si elle veut la signaler aux autorités suisses, celles-ci ont déjà été prévenues. Et oui,j’ai moi-même informé le Département Fédéral des Affaires Etrangères (DFAE) de mes divers articles et autres interview. Et ce ne sont pas de simples accusés de réception que j’ai reçus en retour mais des réponses qui ont favorisé un échange de points de vue.
A l’évidence, la conception de la liberté d’expression doit avoir un autre sens pour Agnès LECOMTE et son admiratrice VAISSIE.
Etre l’auteure d’un livre sur la liberté* et féliciter la dénonciation, il fallait tout de même y songer. Voici qui est fait.
* http://www.bibliothequesonore.ch/livre/21241Le texte que je reproduis ci-dessous a déjà été lu par près deux mille personnes. Ecrit en russe par Oleg Odintsovsky, il a été traduit dans de nombreuses langues et diffusé dans autant de pays.
Il m’a été transmis et j’ai proposé de le partager sur mon blog, le voici:
Chers Européens,
Nous, citoyens de Russie, de plus de cent nationalités, de différentes confessions, races, croyances, orientations politiques, idéologiques, sexuelles et de tout le reste, nous voulons nous adresser à vous directement, sans confier ce texte aux politiciens et aux médias, car nous croyons le moment venu de parler sans intermédiaires.
Nous constatons avec une vive préoccupation que la situation en Ukraine a engendré la plus grave crise politique en Europe depuis la guerre froide.
Les dirigeants des États et des alliances militaires, pour la première fois depuis des décennies, n’excluent pas la possibilité d’une guerre sur notre continent, ce qui signifierait la mort de millions de personnes, de nos enfants, de nos parents et de nos proches. C’est une folie absolue que de voir nos peuples se laisser aller à la guerre et ne nous laisser que le rôle de figurants et d’observateurs.
Nous pensons que le moment est venu, pour les gens, de prendre leur destin en mains. Des politiciens irresponsables, des phobies de guerre froide, des blocs militaires, des armes de destruction massive, des bases militaires et des armées font surgir la menace de nouveaux conflits en Europe.
Nous sommes convaincus qu’aucun des peuples d’Europe ne veut la guerre. Il n’y a aucune raison ni de conditions à ce que des différends entre politiciens et des problèmes géopolitiques ne conduisent à de nouveaux troubles pour nos peuples. Si vos médias vous disent le contraire, s’ils essaient de vous convaincre que quelqu’un en Russie pense autrement, voulant envahir n’importe quel territoire ou asservir d’autres peuples, ce ne sont que des mensonges pour vous faire accepter des sanctions ou d’autres formes de pression sur la Russie.
Personne en Russie ne veut de conflit avec l’Europe, aucun citoyen de Russie n’est hostile aux Européens, aucune nation européenne ne devrait se sentir menacée par la Russie. Nos vœux concernant des minorités russes en Europe ne passent pas au-delà des conventions européennes et des principes fondamentaux des droits de l’homme.
Nous ne voulons que des garanties fondamentales pour notre sécurité, alors que notre nation a subi de multiples agressions venant de l’Europe au cours des deux derniers siècles. Or ce désir naturel n’a rien à voir avec une menace contre d’autres États. Nous ne voulons pour nous que des garanties de paix.
Nous demandons instamment à tous les gens lucides de l’Europe d’influencer les autorités de leurs pays, de faire cesser la diffusion de slogans militants et provocateurs, de ne pas céder aux mensonges des politiciens et des médias sur la «menace russe»,d’ inviter les autorités au dialogue et à la recherche de solutions mutuellement acceptables au nom d’une Europe unie et calme.
Le temps des peuples d’Europe est arrivé. Ensemble, nous devons créer des structures nouvelles et des mécanismes pour la paix et la sécurité, pour assurer la résolution pacifique de tous les différends et le respect des droits de l’homme et des peuples.
Donnez une chance à la paix!
Intenses combats près de l’aéroport de Donetsk ou ce qu’il en reste
Les attentats survenus à Paris les 7 et 9 janvier derniers ont choqué.
La France s’est alors élevée pour défendre une valeur qui lui est chère « la liberté d’expression ».
On a vu les rues de Paris noires de monde, on a chanté La Marseillaise comme jamais.
En Ukraine, lorsque les habitants du Donbass se sont soulevés pour défendre leurs valeurs, leur terre, leur Histoire, combien sont-ils, en France et ailleurs de par le monde, qui ont saisi le sens de leur mobilisation?
Quelques rares manifestations de soutien ont eu lieu tandis que dans nombre de médias occidentaux, on a persisté à traiter de « rebelle » et de « séparatiste », une population qui n’a eu à coeur que de défendre son « droit d’expression ».
Dans l’est de l’Ukraine, les russophones sont privés de leur langue maternelle. L’ukrainien a été imposé à tous.
Et au-delà de l’idiome, c’est la vie de cinq mille citoyens qui a été rayée de la carte.
Comment ne pas réagir?
Pour qui a suivi ce blog, c’est plus de cent vint sujets que j’ai consacrés à la situation en Ukraine depuis un peu plus d’un an.
C’est ce que j’explique dans cet interview qui m’a été demandée par le journaliste Arkadij Beinenson.
Publiée en russe, elle a été traduite du français par Roman Astvatsatourov.
http://baltnews.ee/authors/20150117/1013517554.html
Face au choc, le besoin de parler, d’écrire, de comprendre est légitime.
Autant d’explications que d’hypothèses ou autres analyses sont inévitables sinon nécessaires.
Des assassins, des montres, l’humanité en génère, qu’on le veuille ou non.
Croire aux vertus de l’éducation ou autre intégration ou réinsertion est toujours honorable.
Le résultat, par contre, reste aléatoire.
Rédhibitoire, bien sûr qu’il ne devrait l’être.
Et pourtant, difficile pour les victimes du « présumé » tueur Amedy Coulibaly, de comprendre ce qu’elles auront à apprendre ici:
http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2015/01/09/25002-20150109ARTFIG00228-en-2009-amedy-coulibaly-le-tireur-de-montrouge-etait-recu-a-l-elysee.php
Le carnage qui s’est déroulé au siège de Charlie Hebdo n’a pas atteint que « la liberté d’expression ».
La fusillade a bousillé des vies consacrées à la défense du citoyen français.
Ahmed Merabet et Franck Brinsolaro étaient policiers, tous deux ont été tués pour avoir été au service de la France.
A l’heure où tant de monde, de par la planète, s’identifie à Charlie, inscrit en caractères blancs sur fond noir, un autre prénom est brièvement apparu lors du Journal Télévisé de France 2, ce 8 janvier.
Sur une pancarte, en effet, on a pu lire le prénom de l’un des des deux policiers morts dans la tuerie du 7 janvier à Paris.
Pour rappel, la « liberté d’expression » de Charlie Hebdo a été protégée.
Et c’est en son nom que sont morts deux policiers.
Hommage leur soit rendu ici, à eux et aux leurs.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/01/08/01016-20150108ARTFIG00197-ahmed-merabet-policier-froidement-acheve-au-sol-et-frank-brinsolaro-tue-au-cote-de-charb-qu-il-protegeait.php
Ce 6 janvier, dans le cadre du 20 heures de France 2, Michel Houellebecq a répondu aux questions que lui a posées David Pujadas.*
Soumission, tel est le titre du dernier roman de l’écrivain français le plus traduit et le plus lu dans le monde selon les termes mêmes du présentateur vedette du Journal Télévisé de la chaîne publique française.
Pour rappel, Soumission évoque la victoire d’un chef de parti musulman à l’élection présidentielle française de 2022.
Au sujet de l’impact ou non qu’aurait son livre à paraître ce 7 janvier et dont on dit qu’il crée déjà la polémique, Michel Houellebecq relativise.
Soit par modestie, soit par méconnaissance de l’influence réelle que peut avoir un roman, il prétend que jamais aucun d’eux n’a changé la cours de l’Histoire.
Or c’est depuis sa prison, la forteresse Pierre et Paul à Saint-Pétersbourg, en 1862, que Tchernychevski a créé Rakhmetov, personnage de son roman Que faire.
Et c’est ce personnage qui a été l’initiateur de l’action de Lénine qui a, d’ailleurs, repris le titre du roman de Tchernychevski pour l’un de ses traités politiques paru en 1902.
* http://www.francetvinfo.fr/culture/houellebecq/direct-regardez-linterview-de-michel-houellebecq-au-journal-de-20-heures-de-france-2_789453.html
Il n’est pas inintéressant de lire différents compte-rendus de l’exposition qui vient de s’ouvrir au Château de Penthes, La Suisse par les Russes, regards artistiques et historiques, 1814-2014.*
Le rappel du rôle déterminant joué par le Tsar Alexandre Ier pour garantir à la Suisse sa souveraineté est le plus souvent relevé par les journalistes, bien s’en faut.
La précision selon laquelle l’exposition a été entièrement prise en charge par la Russie, est elle aussi mentionnée dans la plupart des articles publiés dans les grands quotidiens genevois, Le Temps, La Tribune de Genève et Le Courrier.
Le fait que la Confédération Helvétique n’ait apporté aucun soutien quelconque à cet événement doit sans doute avoir des raisons que la raison ne connaît pas.
Cependant, les conclusions -citées ci-dessous- des articles de nos trois grands quotidiens, donnent quelques pistes sur la perception bien peu neutre de cette non entrée en matière de la Suisse dans le cadre d’une manifestation culturelle qui, pourtant, la met à l’honneur.
L’exposition (…) ne prend guère le risque de l’histoire récente. Célébrer des relations diplomatiques incite sans doute à l’être soi-même. (Le Temps)
Une opération qui redore l’image de ce pays, malmenée par l’actualité internationale.
(La Tribune de Genève)
Le parcours se conclut sur les exilés de l’après-Révolution (…). Pour les exilés de Vladimir Poutine, par contre, il faudra attendre le tricentenaire.
(Le Courrier)
* http://www.penthes.ch/portfolio/la-suisse-par-les-russes-regards-artistiques-et-historiques-1814-2014/
Ces commentaires ci-dessus ont été déposés sous un article intitulé Hallucinant: sur I>Télé, le « spécialiste du terrorisme » Mathieu Guidere (vrai nom Moez Kouider) explique ne pas croire à la piste islamiste et accuse « l’extrême droite » (sic) *
L’article est publié sur le site d’un media de l’Hexagone, Nouvelles de France.
Rien à voir avec la Suisse, argueront certains.
Certes, les deux pays diffèrent sur de nombreux points.
Néanmoins, la réflexion n’est pas interdite, tant ce genre de réactions, figure aussi sous divers articles publiés par les médias helvètes.
Car l’exaspération que traduit le propos de « ladelphinette » n’est pas celle d’une seule.
En faire fi n’entre pas dans les canons de nos démocraties qui ne manquent d’ailleurs jamais de les rappeler.
Dans ce cas, ne serait-ce pas la perception du concept de démocratie qui ferait problème?
A moins que cela ne soit celle de laïcité.
* http://www.ndf.fr/article-2/16-12-2014/hallucinant-sur-itele-le-specialiste-du-terrorisme-mathieu-guidere-vrai-nom-moez-kouider-explique-ne-pas-croire-pas-a-la-piste-islamiste-et-accuse-lextreme-droite-sic#.VJFuPVoc7RY
On ne va pas juger Nabilla, elle le sera.
On ne va pas refaire son histoire, elle se poursuit.
Nier le phénomène qu’elle incarne ou le rejeter, c’est refuser la force qui oeuvre à son assise.
Solide ou non, sa réalité, Paris Match la confirme.
Nabilla s’impose comme figure d’un monde partagé bien au-delà de l’Hexagone, de Genève ou d’ailleurs.
Son univers, impitoyable ou non, rassemble.
Pour le meilleur ou pour le pire, il révèle.
Quoi, c’est selon.

