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Culture, Histoire, Politique, société, Voix

Lettre ouverte

À Madame Svetlana Alexievitch,

Dans ce Donbass que vous avez évoqué lors de votre conférence de presse, Lilia, 24 ans, a eu la jambe gauche arrachée alors qu’elle s’est jetée sur son fils de 11 mois pour le protéger.

Tous deux se trouvaient dans un bus soudain frappé par une bombe, Lilia a eu le réflexe de sauver la vie de son enfant.

Ce cas, comme tant d’autres qui ont brisé familles et foyers du Donbass, a été le fait d’un gouvernement que l’Occident soutient.

Je vous invite à découvrir cet article d’un journaliste français qui se trouve à Donetsk:

Des cas comme celui de Lilia sont loin d’être uniques, vous n’êtes pas sans le savoir, j’ose l’espérer.

Il va de soi aussi que l’on est parfois obligé de procéder à des choix de sujet à traiter. Vous avez opéré les vôtres qui ont su trouver leur public et l’honneur qui vient de leur être rendu.

Mais vous qui déclarez faire de la lutte contre le mensonge le fer de lance de votre combat, comment pouvez-vous estimer que « la Russie en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass »?

Madame, avec pareils propos, vous êtes non seulement dans le mensonge mais dans l’outrage.

Avec respect,
Hélène Richard-Favre

Culture, Histoire, Politique

Svetlana Alexievitch, Nobel de littérature outrage la mémoire du Donbass

Le Nobel de littérature a été attribué. Il couronne Svetlana Alexievitch, écrivain et journaliste biélorusse.

A lire l’article que lui consacre le Huffingtonpost, on comprend tout à fait que les idées politiques de cette écrivain rejoignent la plupart des standards occidentaux et bien leur en prenne, des goûts et des couleurs, on ne discutera pas ici.

Mais quand on lit de cette Nobel de littérature que, je la cite, cette Russie en arrive « à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass », non, là, c’est plus que de l’indécence ou de l’insulte.

C’est un outrage lancé à la Russie et surtout à la mémoire de milliers de victimes qui n’ont jamais demandé à l’être.

Culture, Politique, Religions

Arabie Saoudite, entre idéaux des uns et crucifixions des autres

Récemment, le représentant de l’Arabie Saoudite a été élu pour présider le groupe qui nomme les experts du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies.
Si la confusion a régné autour de cette nomination tandis que certains médias relayaient celle de l’Arabie Saoudite elle-même à la tête du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, le fait qu’il s’agisse ni de l’Arabie Saoudite en tant que telle ni du Conseil des Droits de l’Homme en tant que tel non plus, nuance ladite nomination.
Il n’en demeure pas moins vrai qu’à la question de savoir si un dialogue reste envisageable avec l’Arabie Saoudite alors que celles et ceux qui le tentent sur place, subissent un sort peu enviable, la réponse paraît loin d’être acquise.
L’idéal, bien sûr, serait de persister à croire possible un échange de points de vue avec ce pays. C’est en tous les cas ce à quoi s’emploient certains, tel l’ancien ministre socialiste français de la culture, Jack Lang.
Dans une interview qu’il a accordée à la radio française Europe1, il s’en explique:
http://www.europe1.fr/politique/ali-al-nimr-jack-lang-ne-veut-pas-rompre-avec-larabie-saoudite-2519543http://www.scoop.it/t/desinformation
Pour le reste et s’agissant de la nomination du représentant de l’Arabie Saoudite à la Présidence du groupe qui nomme les experts du Conseil des Droits de l’Homme des Nations-Unies, l’article ci-dessous en rend compte d’une manière qui met aussi en cause la précipitation des médias à (dés)informer.
http://www.scoop.it/t/desinformation

Culture, Politique, Religions

Choristes chrétiens interdits de visa en France

Il faut le lire pour y croire et pourtant, c’est bel et bien vrai.
Voici un Choeur invité à donner un concert à Strasbourg, qui s’est vu refuser l’obtention de visas pour la France alors que ses membres étaient venus de Damas pour déposer leur dossier à l’Ambassade de France de Beyrouth.
http://m.culturebox.francetvinfo.fr/musique/musique-classique/visas-refuses-une-chorale-chretienne-syrienne-privee-de-festival-a-strasbourg-227407#xtref=https://www.google.fr/
Le christianisme, religion de ces choristes, serait-il soudain devenu subversif?
Certes, ils sont orthodoxes et proviennent d’un pays gouverné par un homme dont l’Occident ne cesse de viser la chute du régime sinon davantage encore.
 
Alors les portes de cette Europe des droits humains s’ouvrent grandes -quoique- pour accueillir les centaines de milliers de victimes de ce Président pourtant légitimement élu.
 
Difficile, dans ce cas, de recevoir des choristes venus de Damas…
 
Premier à fustiger la liberté d’expression de certains pays et la méfiance que lesdits pays observeraient à l’égard d’organisations qu’ils qualifieraient de douteuses, l’Occident, ici, a de quoi être fier.
 
Pays d’autant de Charlie, la France des droits humaines signe là son manifeste le plus parfait.

Culture, Histoire, Politique

L’Europe ou le suicide pas même assisté

Entre les relations qu’entretient l’Occident avec certaines parties de monde et celles qu’il ne partage bientôt plus avec la Russie, force est de constater que d’autres enjeux dominent.

Qu’a de commun l’Europe avec, par exemple, les monarchies ou autres émirats du Golf? 
Le mariage gay? La libération de la femme? La laïcité? 
Alors que l’on ne cesse de dénoncer une Russie homophobe, une Russie où toute atteinte à la liberté d’expression serait étouffée tandis que la propagande y battrait son plein, ce ne sont pas moins de 145 millions d’habitants que l’on réduit à des ahuris incapables de discernement.
Respecter des univers culturels étrangers aux nôtres et blâmer celui d’un pays qui dispose d’un héritage commun avec l’Occident, est-ce cela, le multiculturalisme?
Défendre les droits de minorités et fermer les yeux sur le sort de celles qui sont persécutées dans ces pays amis, est-ce cela, la défense des droits humains?
De qui se moque-t-on?

Culture, Histoire, Politique, Religions

Cervantes, esclave à Alger.

Ils étaient entassés, pouvant à peine bouger dans la saleté, la puanteur et la vermine, et beaucoup mouraient avant d’atteindre le port.
Il ne s’agit là d’aucun migrant fuyant le régime ou la misère de son pays. Il s’agit de Chrétiens – de Juifs parfois aussi- que leurs maîtres musulmans avaient capturés et ramenaient avec eux:  http://library.flawlesslogic.com/slavery_fr.htm
Si l’esclavagisme des Blancs fut maintes fois évoqué, il n’en va pas de même de celui dont ils furent, eux aussi, les victimes.
Trois siècles durant, des centaines de milliers d’Européens furent réduits à l’esclavage.
Pour en savoir d’avantage sur le sujet, la lecture de l’ouvrage du Professeur Robert C. Davis, Christians Slaves, Muslim Masters: White Slavery in te Mediterranean, the Barbary Coast and Italy, 1500-1800, est instructive.
On y apprend, par exemple, comment le prix d’un Chrétien avait chuté alors qu’après une expédition menée par les Algériens dans le Sud de l’Italie, on pouvait troquer un Chrétien pour un oignon.
De ces années sombres de l’Histoire, on a peu témoigné.
Les conditions dans lesquelles étaient détenus les Chrétiens sont bien décrites dans cette video qui évoque aussi les cinq ans de bagne de Miguel de Cervantes:

Culture, Histoire, Information, Medias, Politique, Religions, société, Voix

Qui a volé qui et depuis quand?

Le 12 avril 1204, la quatrième croisade en manque de fonds pour rejoindre l’Egypte puis la Palestine et libérer Jérusalem des Musulmans, se dirige vers Constantinople.

Autant les marchands vénitiens -au service desquels se sont mis les Croisés- que ceux-ci, voient l’occasion de briser la puissance commerciale et religieuse de Byzance.

La rivalité entre Latins et Grecs, entre la Rome catholique et la Byzance orthodoxe -qui fut à l’origine du schisme d’Orient- se concrétise là de la manière la plus sinistre qui soit.

À chacune et à chacun d’en tirer les conclusions souhaitées. Le fait est que dans la mémoire grecque, ce passage occidental en leurs terres n’a pas été oublié. Car il a tant affaibli l’empire romain d’Orient qu’il a permis sa chute, en 1453.

La suite, on la connaît, quatre cents ans de domination ottomane et une guerre pour l’indépendance soutenue par les Puissances dont les intérêts ont été évoqués ici.

Dire que l’Histoire se répète est, pour certains, un euphémisme. Le fait est que le besoin de puissance ne lésine jamais sur les moyens.

Culture, Histoire, Voix

Dostoïevski

Invitée à parler de Dostoïevski dans le cadre de Journées qui lui sont consacrées chaque année à Saint-Pétersbourg, outre son bref séjour à Genève, j’ai évoqué comment ce qui a été appelé « haut mal »  ou « mal sacré » – je veux parler de l’épilepsie-  travaille et tisse son oeuvre.

Certains critiques ont mis en relation le déclenchement de l’épilepsie de l’écrivain avec l’assassinat de son père par ses serfs mais d’autres le font remonter à son enfance. Ce serait, en effet, à l’âge de 7 ans que Dostoïevski aurait été frappé par sa première crise.

Il n’est pas difficile d’imaginer la souffrance que ce mal a pu engendrer chez lui, sachant combien la violence de certaines crises peut terrasser et surtout, comment celles-ci peuvent aussi être perçues par l’entourage.

Plusieurs personnages de l’oeuvre de Dostoïevski sont épileptiques, dont le Prince Mychkine et Smerdjakov, fils bâtard de Fiodor Karamazov.

Cela dit, tout distingue ou presque ces deux personnages et c’est là une des raisons qui a motivé mon choix d’en parler.

Si Dostoïevski est mort à Saint-Pétersbourg peu de temps après avoir écrit « Les Frères Karamazov » sous la forme que nous lui connaissons alors qu’il la considérait inachevée, c’est à Genève que Dostoïevski a écrit en grande partie, « L’Idiot ».

Or, de passage à Bâle, l’écrivain s’est rendu au Musée des Beaux Arts où il s’est très longuement attardé devant le Le Christ au tombeau, de Hans Holbein le Jeune.

Il n’est pas impossible que la très forte émotion que Dostoïevski a ressentie à la vue de ce tableau ait pu constituer un des éléments déterminants de l’écriture de « L’Idiot ».

Culture, Politique

La haine, politique de croissance?

Les détracteurs de la Grèce y vont bon train pour juger un pays dont on se demande bien ce qu’ils en savent ou en ont compris.
Plusieurs sites se sont satisfaits de relayer le point de vue d’Edmond About, mishellène notoire et auteur d’un ouvrage intitulé La Grèce contemporaine. 
Paru en 1854, il sert de référence opportune à qui le veut bien pour montrer que la Grèce ne serait qu’un pays de profiteurs sinon de voleurs ou pis encore.
Boulevard Volaire, Le Monde, L’ObsRue89 en citent de larges extraits évidemment choisis. Car les passages décrivant le système mis en place par les puissances de l’époque pour profiter elles-mêmes des crédits alloués à la Grèce sont soigneusement omis par leurs émérites journalistes.
Le cadre ainsi posé, les commentateurs s’en donnent à coeur joie pour distiller leur venin et égrener leurs certitudes ainsi référencées.
En réaction à cette déferlante haineuse -qui ne date toutefois pas d’hier- Michel Bouillet avait publié, en 2012, un ouvrage intitulé Non! Les Grecs ne sont ni des voleurs ni des menteurs.
L’auteur y explique comment le levier de l’emprunt a toujours été utilisé pour infléchir la politique grecque à l’avantage des Puissances.
Le contribuable Bonnal de Boulevard Voltaire a dès lors et en effet de quoi s’inquiéter.
Car loin du romantisme de quelques philhellènes du XIXe siècle dont il conclut dans son article, qu’il coûte toujours cher au contribuable, les méthodes appliquées par leurs contemporains banquiers ont trouvé leurs émules aujourd’hui.

Culture, Histoire, Information, Medias, Politique, Religions, société, Voix

« Pas de testicules, pas de cerveau »

« Pas de testicules, pas de cerveau », tels sont les propos d’Olivier Delamarche au sujet de ce pauvre Tsipras. Michel Onfray, lui, résume Tsipras, « à de la com' ». Mieux, il parle de l’existence, en Grèce, d’un foyer fasciste et s’ébahit qu’en Europe, cela existe encore…

À se demander s’il a suivi l’actualité de l’Ukraine! Sait-il seulement qui a été élu Premier Ministre?

A l’aune de telles appréciations diffusées sur un media de grande audience, on mesure son orientation et les limites de son horizon.

En 1832, la Grèce est transformée en royaume par les grandes puissances qui ont oeuvré à son indépendance. C’est un roi bavarois qui est placé à la tête du pays à peine sorti de quatre siècles de tutelle ottomane. Après le roi de Bavière, c’est un roi du Danemark qui lui succède.

Ensuite, quelques dictatures plus tard, la Grèce devient une démocratie.

Qui a une idée de ce que fut la guerre d’indépendance avec ses 200.000 morts? Qui a une idée de ce que fut la guerre civile qui sévit juste après la deuxième guerre mondiale et qui fit 150.000 morts et une centaine de milliers de réfugiés?

Ceci n’est pas une excuse, diront en choeur les financiers et leurs alliés. Non, c’est de l’Histoire.

Sujet paru en page 19 de l’édition papier de la Tribune de Genève du 23 juillet 2015 sous le titre « Grèce: le poids de l’histoire »