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La fleur au fusil

Sortir indemne des griffes d’un tyran, partenaire intime ou personnalité publique, exige soit beaucoup d’audace, soit de la chance, soit encore une bonne dose de ruse tant le pouvoir de ces créatures s’exerce sans concession.

Songez aux innombrables figures tyranniques que compte l’histoire, songez à celles de la mythologie, de la littérature universelle et le constat est vite dressé. S’en sortir vivant n’est jamais gagné d’avance.

Sur le plan politique, face à ce qui s’apparente à un régime sans concession, soit on fait profil bas, soit on se soumet, soit au contraire, on s’organise pour résister mais à ses risques et périls le plus souvent, soit encore, on s’exile sans forcément nourrir d’espoir de retour.

Mais si le renversement de pouvoir est envisagé, on s’expose à l’inconnu le plus total.

Je ne connais pas l’Iran. Je compte quelques proches issus de ce pays. Je les écoute me parler de leurs espoirs et de leurs attentes. Je ne me prononce pas parce que je ne m’estime pas en mesure de le faire.

Mais dès le 28 février dernier, j’ai vu le risque d’un réel embrasement au Moyen-Orient. Il ne me semblait pas très difficile à prévoir. Il ne semble pas perturber les plus résolus, quel que soit leur camp.

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Au détour de « l’âme russe »

                                              photo @archives personnelles: Kolomna

Parce que les clichés ont la vie dure, me vient à l’esprit celui plus qu’éculé de « l’âme russe » qui fait encore si souvent irruption au détour de telle ou telle conversation. Or qui serait en mesure de le définir?

En septembre 2023, le site Fenêtre sur la Russie publiait un article sur le sujet.

Pour ma part, de longue date j’ai relevé que la Russie était avant tout considérée pour sa politique et que faute de connaître le pays, son histoire, son peuple et sa culture, on recourait par confort à ce concept fourre-tout d’ « âme russe ».

Et cela ne date pas d’hier ni de Poutine. Du temps de mes études de russe, menées dans les années 1970, je constatais déjà combien la Russie n’était ramenée le plus souvent qu’à son système soviétique.

Puis à sa chute, on a salué une Russie enfin libérée de ses chaînes alors que pillages et profits en tous genres commençaient à la sangler d’une tout autre manière.

J’ai en mémoire plusieurs témoignages reçus de Russes qui ont connu ces années de soi-disant liberté et qui, en réalité, ont jeté nombre de personnes dans la misère, le froid et la faim.

Est arrivé alors au pouvoir celui dont tant de spécialistes  nous dressent le portrait.

« L’âme russe » dans tout cela?

Pour moi, des termes vidés de leur sens à force d’avoir été galvaudés par un Occident qui en a usé et abusé pour évoquer un peuple dont il ne sait que penser faute de lui avoir accordé de véritable intérêt.

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Mise au point

Un jour, une personne travaillant dans l’événementiel avait souhaité me rencontrer pour me demander si je serais d’accord de raconter un combat que j’avais mené. Elle tentait en effet de rassembler différentes femmes qui évoqueraient une cause en faveur de laquelle elles avaient lutté ou luttaient encore.

Pensive, je me suis dit que je devais me battre sur tant de fronts différents qu’en sélectionner un plutôt qu’un autre serait délicat.

En effet il y a la santé, il y a mes écrits suspectés d’avoir été financés par le Kremlin puisque mes recueils de nouvelles – de la fiction donc – ont tous été traduits en russe et publiés depuis plus de vingt ans à Moscou, bref, il y aurait eu tant à dire que j’ai décliné la proposition.

Ce qui n’empêche qu’aux questions de santé et aux liens profonds que j’entretiens avec la Russie et qui, tous deux, remontent à la fin des années 1960, j’ai consacré deux textes dont le second est en train d’être traduit en russe.

J’y évoque, entre autres, comment j’ai décidé de me porter au secours d’un ami russe tabassé, spolié de tous ses biens et hospitalisé en Crimée. Sans plus aucune ressource pour rentrer chez lui à Moscou, sa sœur malade ne pouvant venir le chercher, j’ai immédiatement proposé de me rendre sur place et de le raccompagner à son domicile moscovite.

C’était à l’été 2014. Qui le sait de celles et ceux qui m’ont bannie de leurs cercles bien-pensants? La Russie, pour moi, ce n’est pas sa politique. C’est sa littérature, c’est sa musique, ce sont tant de personnes que j’ai connues et aimées ici ou là-bas.

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Après l’hiver, quel printemps s’annonce pour Jacques Baud?

Dans un article rendu libre d’accès et paru sur le site de L’Impertinent, Amèle Debey livre son analyse de la situation dans laquelle se trouve notre compatriote Jacques Baud.

L’éclairage qu’elle propose ne manque pas d’intérêt et je vous en recommande la lecture.

Hélas et comme je l’ai relevé en commentaire posté sous l’article, il n’y a rien de très nouveau à ce que de sombres collaborations s’établissent entre institutions et régimes politiques au détriment de leurs citoyen(ne)s.

Cela dit, quand des personnes de mon entourage ayant vécu en ex-URSS ont appris le sort qui frappait Jacques Baud, toutes ont relevé qu’au moins, avant d’être arrêtés, les leurs étaient prévenus!

Notre compatriote helvète n’a pas été arrêté, il a été sanctionné et l’a appris à ses dépens. Donc oui, soutenons-le et pour qui n’aurait pas encore signé la pétition, c’est ici!

Pour votre information aussi, ce 19 février dernier, j’ai transmis à la Chancellerie fédérale le flyer de la pétition, la liste de ses plus de 10’400 signataires et une lettre d’accompagnement comme cela m’a été demandé selon la procédure en vigueur.

À l’heure qu’il est, soit depuis près de deux semaines bientôt, je suis sans réponse de ladite Chancellerie.

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Jacques Baud visé au-delà de l’entendement

Ce 23 février, L’Impertinent relayé par la Weltwoche, a révélé que les comptes de notre compatriote Jacques Baud avaient été bloqués par sa banque suisse UBS.

Mieux encore, il n’a pas même été prévenu par ladite UBS.

Jacques Baud a publié des livres et accordé des interviews qui ont remporté un franc succès. Son public est international et le voici traité d’une manière qui dépasse l’entendement.

D’innombrables réactions ont suivi sa condamnation à résidence et sa mort sociale visée. Il sait qu’il n’est pas seul face à ses bourreaux. Il n’en demeure pas moins leur cible.

Puisse la stupeur qui a gagné nombre d’entre nous ne pas nous figer mais au contraire, animer un mouvement juste!

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Mentir et mentir

Je trouve toujours intéressant de lire comment Le Monde traite certains sujets. Son parti pris ostensiblement russophobe ne me surprend plus. C’est son droit et nul ne le lui contesterait.

Mais parfois, ce qu’on trouve vaut la peine d’être partagé.

Par exemple, cet article qui interroge la manière qu’a Vladimir Poutine de négocier. Sont évoqués les récents pourparlers qui se sont tenus à Genève entre délégations russe, ukrainienne et états-unienne et leur « chance d’aboutir ».

Bon, c’est un point de vue.

Mais ce qui vaut le détour, c’est l’interlocuteur choisi pour interroger la manière qu’a le président russe de négocier. On n’a pas trouvé mieux que son ancien homologue François Hollande en raison de sa présence à ses côtés à Minsk en 2014 et 2015.

Vous vous rappelez sans doute que le socialiste français avait dû avouer à la suite d’Angela Merkel que les accords de Minsk I et II avaient été destinés à gagner du temps pour permettre à l’Ukraine de s’armer.

Et voici que notre valeureux ancien locataire de l’Elysée déclare sans problème et sans gêne que Vladimir Poutine est capable de mentir de façon « sidérante ».

Ben oui! Mentir en faveur de l’Ukraine n’est pas mentir, voyons! Mentir en faveur de l’Ukraine, c’est défendre la démocratie et ses valeurs!

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Le commissaire et le handicap: il était une fois…

Le commissaire européen aux Sports n’assistera pas à la cérémonie d’ouverture des jeux paralympiques. Ses raisons? Dénoncer la participation d’athlètes sous drapeau russe.

Bon, on n’ignore plus que l’Union européenne sanctionne ici et là ce qui est de près ou de loin lié à la Russie.

La diaboliser jusqu’à contester la présence de ses athlètes handicapés paraît légitime aux yeux de ce commissaire. Il y aurait définitivement les bons et les mauvais. Les proscrits et les bénis.

Refuser de mêler le sport à la guerre a peut-être incité le Comité international paralympique à réagir et à prendre la décision de laisser participer les athlètes russes et biélorusses sous leur drapeau.

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Gainsbourg intéresse l’Ukraine

Le Monde publie un article intitulé En Ukraine, la mémoire engloutie des Gainsbourg. On y lit une histoire, celle que nous raconte Ariane Chemin.

Comme vous le savez, toute personne qui traite de la la Russie sans la stigmatiser reprend son « narratif ». Et « narratif » ou « propagande » c’est du pareil au même, la personne est un relai du Kremlin.

Bref, sujet connu et archi-connu.

Ce qui, en revanche, passe sans problème est le narratif nationaliste de Kiev. Parce que l’Ukraine aspire à des idéaux totalement étrangers à ceux que véhicule son grand voisin russe.

L’Ukraine lutte au nom de la démocratie.

Raison pour laquelle elle se démène pour effacer toute trace de son passé non seulement soviétique mais russe. Dans ce sens, Ariane Chemin nous apprend que la famille Gainsbourg plonge ses racines au plus profond de l’Ukraine.

Et que, la nation milite pour écrire « artiste ukrainien » sur les cartons des expositions ou les biographies des peintres ou des écrivains venus de la région, et rendre leurs racines à ceux dont on dit qu’ils sont « nés en Russie » ou « fils d’immigrés russes », comme Serge Gainsbourg.

Nombre de commentaires qui suivent l’article démontrent que le sens critique s’exerce malgré tout. Cette récupération idéologique nationaliste ukrainienne relayée par Le Monde n’échappe pas.

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Rencontre entre chef de la diplomatie russe et « ami » du président ukrainien

La Tribune de Genève regorge de trésors rhétoriques, il faut le dire!

Dans l’article qu’elle publie sur le déplacement d’Ignazio Cassis à Kiev et à Moscou en tant que président de l’OSCE, Sergueï Lavrov y est qualifié de « vieux crocodile de la diplomatie russe ».

Quant à notre Ignazio Cassis, conseiller fédéral d’un pays neutre, il y est présenté comme « ami » du président ukrainien Volodymyr Zelenski.

Rien à dire, l’un est un « vieux » reptile, l’autre un homme, un vrai, un « ami ».

Plusieurs commentaires qui suivent l’article relèvent la manière désinvolte -et c’est très peu dire- de présenter Sergueï Lavrov. Sens critique et lucidité n’ont pas encore disparu, heureusement!

Quant à notre Ignazio Cassis, son amitié avec l’Ukrainien le regarde. Mais son déplacement à Kiev et à Moscou n’avait pas vocation à la lui témoigner, semble-t-il.

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De Gisèle Pélicot à « l’affaire Pélicot » et au Nobel de la paix

Hier 11 février, Gisèle Pélicot et la journaliste Judith Perrignon étaient les invitées d’Augustin Trappenard, l’animateur de l’émission littéraire La grande librairie diffusée par France 5.

Toutes deux y présentaient le livre qu’elles ont co-écrit: Et la joie de vivre paraîtra le 17 février prochain aux éditions Flammarion.

On y découvre une Gisèle Pélicot qui se dit « discrète et pudique ».

On mesure d’autant combien l’emballement médiatique qui a entouré « l’affaire Pélicot » l’a propulsée sur le devant de la scène féministe.

C’est son refus du huis-clos qui l’a voulu et qu’elle a voulu.

La femme qui se dit « discrète et pudique » a donc fait le choix d’exposer au monde entier son corps abusé neuf ans durant à son insu. Elle estime que sa décision n’a pas relevé du courage.

Elle affirme aussi ne pas être une « icône » mais une femme ordinaire. Elle déclare, par ailleurs, ne pas souhaiter monter les femmes contre les hommes. Très bien.

Et heureusement parce que l’homme dont elle précise être tombée amoureuse à dix-neuf ans et avoir épousé et sans cesse soutenu représente une catégorie d’hommes particulièrement problématiques.

C’est peu dire. Ce qui reste discutable est d’en faire une récupération féministe et politique.

Car Gisèle Pélicot s’est trouvée face à un être profondément abîmé. Il ne s’agit en rien de disculper l’homme mais de faire la part des choses entre un cas pathologique lourd et d’autres qui ne le sont tout simplement pas.

C’est la raison pour laquelle considérer ce qui est arrivé à Gisèle Pélicot sous l’angle du féminisme fait l’impasse d’une réalité susceptible de rendre tout être humain vulnérable. Dominique Pélicot l’est gravement et paie désormais pour ses agissements.

Gisèle Pélicot dit qu’elle ne va pas militer au service de la cause féministe. Que si elle a voulu rendre public le sort que lui a réservé son ex-conjoint, c’est pour renverser la honte. Nul ne lui donnera tort.

De là à la présenter comme candidate au Prix Nobel de la paix, il y a une dimension qui m’échappe.