Lorsque la Crimée, dont il est originaire, est envahie par les forces russes, Oleg Sentsov rejoint sa ville de Simferopol. *
Telle est la manière dont Stéphane Siohan pose le cadre de la situation en Crimée alors qu’il évoque l’arrestation et la condamnation d’un réalisateur ukrainien par la justice russe.
La Crimée envahie par les forces russes, on ne compte plus les journalistes qui l’ont vue ainsi.
Tandis qu’un referendum avait été organisé qui permettait aux citoyens de se prononcer sur le rattachement ou non de la Crimée à la Russie, inutile de rappeler comment celui-ci avait été commenté.
On en trouve encore l’écho dans l’article de Stéphane Siohan qui relaie les propos du cinéaste selon lequel la Crimée aurait été illégalement annexée avant d’ajouter qu’il n’y aurait pas de fascistes en Ukraine.
Il serait intéressant de demander à l’auteur de cet article paru dans Le Temps,* ce qu’il en pense, lui qui a relayé sur son compte Twitter ce qui figure en illustration de ce sujet, à savoir l’ouverture, par la milice d’extrême droite du bataillon Azov, d’un camp d’entraînement pour enfants, camp géré par le ministère de l’Intérieur ukrainien.
Guerre d’informations ou non, tout cela se passe tout près de chez nous et ne semble pas prêt de s’arrêter à en croire le tweet adressé au cinéaste par Petro Poroshenko:
«Tiens bon, Oleg, le temps viendra où ceux qui t’ont condamné se retrouveront sur le banc des accusés!» *
* http://www.letemps.ch/Page/Uuid/96f02566-4b60-11e5-81d9-3af08ac280c8/La_justice_russe_inflige_20ans_de_prison_à_un_réalisateur_ukrainien
Politique
Ainsi donc les héros du Thalys seront-ils reçus, demain, à l’Elysée où le Président Hollande les décorera de la Légion d’honneur.
Ce serait sous la pression de nombreuses personnalités politiques et de citoyens que la décision aurait été prise.
Embrouillé dans sa narration, truffé d’heureuses coïncidences, le scénario du train reliant Amsterdam à Paris a été rejoué en diverses versions jusqu’à celle qui vaut décoration.
Avec tout le respect dû aux passagers du Thalys et à leurs sauveurs, il semble tout de même difficile d’adhérer à ce qui a été raconté.
Autant certains actes odieux ont-ils été relativisés que celui-ci aura été médiatisé, peut-être et pourquoi pas parce qu’il a été évité de justesse.
Cependant, à suivre les diverses réactions à cette affaire, elles oscillent entre scepticisme et admiration quant à son heureux dénouement.
Saura-t-on jamais ce que ce passager armé jusqu’aux dents, aura eu l’intention de faire dans le Thalys lorsqu’il y est monté à Bruxelles?
Le fait est que grâce à lui, la France décore, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne s’honorent et que le cinéma français n’a pas perdu Jean-Hugues Anglade.
Ainsi s’est exprimé Alexis Tsipras, ce 20 août.
Le peuple grec est fier et a de quoi. Son Histoire est loin d’être ordinaire et ferait bien d’intéresser toutes celles et ceux qui s’empressent de se pencher sur le sort de la Grèce quand ils ne délivrent pas leurs conseils sinon leurs jugements.
Aller sur place pour se rendre compte de ce que vivent les Grecs est ce qu’a fait Michael Wyler et bien lui en a pris. La description qu’il donne de la situation telle qu’elle lui est apparue ne manque pas d’intérêt.
C’est juste que l’appel à l’aide lancé en conclusion de son sujet laisse perplexe.
Le respect à apporter aux Grecs ne serait-il pas préférable à toute attention telle qu’elle est formulée par Monsieur Wyler?
Mais peut-être est-ce trop demander, dans ce cas, aux Grecs de disposer de tant de bienveillance.
https://www.hebdo.ch/les-blogs/wyler-michael-post-scriptum/athènes-jy-étais-jai-tout-vu
Bien des politiciens pourraient s’inspirer de cette leçon de politique. Mais on préfère, ici et là, y voir un nouveau coup de théâtre.
D’ailleurs, c’est déjà le cas en France où la décision d’Alexis Tsipras n’a pas manqué d’être commentée.
Si certaines personnalités y voient honnêteté et intégrité, d’autres l’inscrivent à la suite de ce qu’ils considèrent comme trahison du référendum tenu en Grèce le 5 juillet dernier.
Ainsi, Florian Philippot estime-t-il que le Premier Ministre grec doit être balayé en septembre. En fait de ménage à faire, le FN semble plutôt mal placé pour se prononcer.
Bien des Grecs ont exprimé leur déception quand d’autres avaient dores et déjà prévu le scénario.
La pression exercée sur Alexis Tsipras a été telle qu’elle ne visait qu’à réduire à peau de chagrin sa marge de manoeuvre.
A-t-il dit son dernier mot, rien n’est moins sûr. Ni Syriza non plus et encore moins la Grèce dont il sied à tant de monde de mépriser l’Histoire.
Il faut le lire pour y croire.
L’ardent défenseur de la liberté d’expression qu’est le blogueur Philippe Souaille, publie un sujet fermé aux commentaires.
Soit.
Pour la cohérence des valeurs, on attendra.
Pour le reste, il s’adresse à « Jacques », pauvre journaliste égaré qui ose sortir de la doxa anti-russe avec sa chronique dont la reproduction a été publiée ici:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/08/14/nous-citoyens-occidentaux.html
Après un rappel de leur passé commun, voici que le blogueur se lance dans une diatribe soutenue d’arguments qui dénotent toute l’attention qu’il porte à ce qui se publie, comme par exemple, le rapport rendu par RSF évoqué ici:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/08/11/ukraine-pays-ou-les-reporters-sont-le-plus-agresses.html
Car pour écrire du Président de la Fédération de Russie qu’il serait L’assassin de plusieurs centaines de journalistes, il faut être sacrément avisé!
Quant à sa conception du fascisme, elle est aussi affûtée que l’est son regard qui voit en Vladimir Poutine le chef des fachos de la planète.
En guise de conclusion, voici que l’expert et fin connaisseur de la Russie et de son président, se présente en bienfaiteur des Russes, qui ne méritent pas ce qui leur arrive.
Le salut par Souaille, c’est maintenant!
La divergence d’opinions et d’intérêts qui anime les citoyens occidentaux est fondamentale pour préserver l’idéal démocratique, nul ne le contesterait.
Néanmoins, est-il bien nécessaire, au nom de la liberté d’expression, d’entretenir un climat particulièrement hostile envers la Russie?
Est-il bien raisonnable de sans cesse déformer les visées de ce pays?
Est-il bien utile de créer un clivage entre l’Occident et la Russie, faute d’en connaître les réalités et les valeurs?
Désinformer relève d’une stratégie guerrière connue.
Force est toutefois de constater, à suivre l’actualité médiatique, que quelques signes d’ouverture s’observent.
L’interview de Vladimir Poutine qu’a tenu à obtenir le journaliste suisse Darius Rochebin en a été un.
Un autre, cette chronique de Jacques Pilet, parue dans L’Hebdo du 6 août dernier et qui illustre ce sujet.
Il est heureux de relever que des journalistes osent, enfin, exercer leur sens critique.
Puissent-ils être suivis, tant l’Occident a tout à perdre à se couper de la Russie.
Non, la Russie n’est pas l’ennemie de l’Europe et le prétendre est un mensonge qui risque d’être payé au prix fort si on ne le refuse pas.
Mais quel poids a encore la voix de citoyens alors que tant de décisions se prennent sans plus les consulter?
Sujet paru dans la rubrique Courrier de L’Hebdo no 34, semaine du 20 au 26 août 2015
Nier les tensions manifestes entre un certain Occident pétri de certitudes et la Russie dont il livre sa vision dans la majorité des médias dits mainstream, relèverait, soit de la candeur, soit de la mauvaise foi.
Les expliquer, plusieurs personnalités s’y emploient. Le recours à l’Histoire, le recours à la Culture, le recours à toutes sortes d’autres références et valeurs composent un ensemble de points de vue complémentaires.
S’il a été rappelé, ici, le rôle déterminant que la Russie a joué en 2013 dans le cadre de la tragédie syrienne, s’il a été aussi souligné le lien qui a existé entre elle et le début des événements qui ont mis l’Ukraine à feu et à sang, l’article ci-après va plus loin.
Parmi tout ce qu’on trouve et/ou ne trouve pas pour tenter de saisir le sens de certains graves événements qui secouent le monde actuel, il va de soi qu’il appartient à chacune et à chacun de trier.
C’est pourquoi je soumets ce point de vue qui date de mars 2015 mais qui n’est pas sans intérêt en dépit de son intitulé un peu catégorique:
http://arretsurinfo.ch/pourquoi-loccident-hait-il-poutine-la-raison-secrete/
Et voici qu’on a à nouveau droit au relai des doléances relatives aux impossibles dépôts de « candidatures d’opposition anti-Kremlin ».
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/russie-moscou-barre-la-route-de-l-opposition-aux-elections-locales_1706131.html
Il serait grand temps de comprendre que le principal et premier parti d’opposition en Russie est le Parti Communiste.
Mais l’admettre empêcherait de répandre tous azimuts combien Vladimir Poutine regrette l’ex Union Soviétique.
Dans un précédent sujet de ce blog, j’ai cité la phrase qu’il a énoncée et dont on tronque à dessein la deuxième partie. La revoici tant il ne sera jamais vain de la rappeler dans son intégralité:
Celui qui ne regrette pas l’URSS n’as pas de coeur, celui qui souhaite sa restauration n’a pas de tête.
Quand est-ce que l’Union Européenne comprendra à quel point sa politique vis-à-vis de la Russie la prétérite elle-même?
Quand réalisera-t-elle que le volume des échanges commerciaux entre les Etats-Unis et la Russie ont augmenté l’an dernier alors que les sanctions prises à l’encontre de la Russie -sans aucune base juridique reconnue par le droit international- divisent de plus en plus ses pays membres?
Quant à prétendre que la Russie serait une menace, il serait temps de s’intéresser à ce sondage lancé par les Etats-Unis eux-mêmes dans 65 pays du monde et auprès de 64.000 personnes.
Le résultat est sans appel.
Et vu ses commanditaires, il sera bien difficile de dire qu’il aurait été falsifié par le Kremlin…
http://www.lepoint.fr/insolite/le-pays-qui-menace-le-plus-la-paix-est-les-etats-unis-24-03-2015-1915284_48.php
Entre les relations qu’entretient l’Occident avec certaines parties de monde et celles qu’il ne partage bientôt plus avec la Russie, force est de constater que d’autres enjeux dominent.
Qu’a de commun l’Europe avec, par exemple, les monarchies ou autres émirats du Golf?
Le mariage gay? La libération de la femme? La laïcité?
Alors que l’on ne cesse de dénoncer une Russie homophobe, une Russie où toute atteinte à la liberté d’expression serait étouffée tandis que la propagande y battrait son plein, ce ne sont pas moins de 145 millions d’habitants que l’on réduit à des ahuris incapables de discernement.
Respecter des univers culturels étrangers aux nôtres et blâmer celui d’un pays qui dispose d’un héritage commun avec l’Occident, est-ce cela, le multiculturalisme?
Défendre les droits de minorités et fermer les yeux sur le sort de celles qui sont persécutées dans ces pays amis, est-ce cela, la défense des droits humains?
De qui se moque-t-on?
On connaît la formule surtout depuis que l’Etat Islamique ou Daesch ou Isis ou tout autre groupement terroriste frappent au nom de l’Islam.
Mais pasdamalgame aurait-il soudain vocation à se limiter au seul Islam à ne pas confondre avec un autre?
Non, bien sûr, dans ce cas, merci aux amateurs du pasdamalgame de prendre conscience que la Russie actuelle n’est pas l’Union Soviétique.
Or combien de fois ne cherche-t-on à faire comprendre à qui le veut bien que l’une est l’équivalent de l’autre?
Preuve à l’appui, on se fend d’une citation dont on omet, bien sûr, de préciser qu’elle a été amputée de moitié.
Puisque tout le monde croit savoir combien le Président de l’actuelle Fédération de Russie regretterait l’URSS, voici ce qu’il en a dit:
Celui qui ne regrette pas l’URSS n’as pas de coeur, celui qui souhaite sa restauration n’a pas de tête.
Frédéric Pons, dans son ouvrage en photo ci-dessus, dresse un portrait du président russe que les amateurs du pasdamalgame seraient bien inspirés de lire pour rester fidèles à leur credo.
