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Quand certains sujets sont devenus impossibles à aborder

Il y a des échanges avec des personnes plus ou moins connues qui devraient être considérés pour ce qu’ils sont: nuls. Celui que j’ai eu hier soir en est. Je cède à l’envie de le partager ici car il me semble révélateur de la façon avec laquelle des opinions se forment et se cristallisent.

Je rencontre assez régulièrement les mêmes gens attablés à la terrasse d’un bar de mon quartier, discute avec eux ou pas et hier, Genève en veille de manifestation contre le G7 oblige, je me suis arrêtée pour bavarder un peu. J’avais lu que le nombre de commandes de cagoules avait soudain augmenté, voilà que j’apprends qu’il en va de même de celui de boules de pétanque.

-Pourvu qu’il n’y ait pas de morts! Et surtout pas d’enfants comme en Ukraine, lance une femme.

Mal m’en a pris de vouloir poursuivre ce qui n’a plus ressemblé à un échange dès lors que cette personne décrétait bien savoir ce qui se passait là-bas depuis que la Crimée avait été « prise » par la Russie.

J’ai tenté de lui expliquer ce qu’il en avait été, comment même l’opposant notoire de Vladimir Poutine que fut Édouard Limonov avait soutenu ce retour de la Crimée dans le giron russe mais je l’observais me regarder du coin de l’œil.

C’est qu’elle « savait » ce qu’il en était. Elle avait une « amie ukrainienne qui lui avait tout raconté ».

Ouf! Elle détenait là, en effet, une source sûre, officielle et fiable! Au point de balayer tout ce que je lui disais jusqu’à me prier de cesser de lui gâcher son plaisir de boire son verre de vin blanc.

Dans ces conditions, autant ne pas poursuivre avec quelqu’un qui venait de déplorer les fanatismes au nom desquels se mènent les guerres et campait soudain sur ses positions, totalement fermée au dialogue que je lui proposais.

J’ai eu le malheur de lui faire remarquer cette contradiction, c’en était trop.

Le plaisir du verre de blanc que j’avais déjà gâché menaçait de tourner au vinaigre! J’ai donc pris congé de ce cette femme, preuve vivante de discussions devenues impossibles à mener sur l’Ukraine.

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1 Comment

  • Reply Robert Roudet 14 juin 2026 at 14h37

    C’est le problème de tout un tas de gens: une fois qu’ils se sont fait une « opinion », c’est à dire lorsqu’ils ont enregistré ce que leur dit une autorité (télévision, journaliste, homme politique d’un parti qu’ils apprécient ou autre), ils sont totalement incapables d’en changer, même si on leur met des preuves de leurs erreurs sous les yeux. Sans parler de ceux qui ont des arguments du style: « Moi, je sais de quoi je parle. C’est le cousin du petit ami de ma nièce, qui est chauffeur au ministère de l’intérieur, qui l’a dit, alors c’est des renseignement sûrs, hein! » Apparemment, c’est le style de cette dame au café.

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