Voici un article qui avait été mis en ligne le 31 janvier 2010 et qui a été repris par différents sites dont celui-ci:
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article497
Son auteur, Morgan Sportès, revient sur les événements de Mai 1968 et propose un éclairage qui, selon lui, aurait été masqué par les médias.
A la lecture de son propos, force est de constater que celles et ceux qui appellent de leurs voeux une France forte sinon souveraine, ont certes de nombreux adhérents mais autant de souci à se faire.
Car qui s’oppose à la volonté de toute puissance -ou peu s’en faut- s’expose à quelque déconvenue…
L’espoir fait vivre, dit le proverbe.
Certes!
Et l’art d’en user n’échappe pas à qui promet ce qui semble bel et bien s’être enlisé dans les sables de l’Histoire.
avril 2016
La visibilité des femmes, c’est le coeur de ce qu’est la France qui est une nation féminine dont l’emblème est Marianne, déclare Bruno Le Maire, ce 7 avril à Genève.
Invité au Club suisse de la presse, il s’est exprimé sur diverses thématiques d’importance dont l’une d’elle a été relevée dans le précédent sujet de ce blog:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/04/15/l-europe-et-les-nations.html
Il n’est pas inintéressant de revenir sur ce qu’a dit le candidat aux primaires du parti Les Républicains, du rôle qu’il entend donner au Chef de l’Etat. Il s’en explique à partir de la minute 18:
http://livestream.com/GvaPressClub/BrunoLeMaire2017
A l’instar de l’actuel Président et de son prédécesseur, on notera qu’il ne ménage pas son goût pour l’anaphore, cette figure de rhétorique qui a valu à François Hollande son appellation de Moi Président.
Si l’anaphore est souvent employée par les politiciens, ce qu’il est piquant de relever, ici, c’est comment Bruno Le Maire reprend et adapte celle dont avait usé Nicolas Sarkozy, le 18 décembre 2006.
Lors d’un discours tenu à Charleville-Mézières, en effet, voici comment s’exprimait l’actuel président du parti Les Républicains:
On a capitulé devant l’idéologie de mai 68.
On a capitulé devant la logique de l’assistance.
On a capitulé devant l’immigration non maîtrisée.
On a capitulé devant le communautarisme.
On a capitulé devant une conception formelle et dogmatique de l’égalité.
Bruno Le Maire en a-t-il le souvenir lorsqu’il évoque, lui aussi comment on a déjà capitulé?
A suivre à partir de la minute 19’50 de la video indiquée en lien ci-dessus.
Ce 7 avril, Bruno Le Maire a été l’invité du Club suisse de la presse à Genève:
http://livestream.com/GvaPressClub/BrunoLeMaire2017
Le candidat français à la primaire du parti Les Républicains n’a pas mâché ses mots.
Il s’est exprimé sur la France mais aussi sur l’Europe dont il a répété à plusieurs reprises le terme alors qu’il a plutôt semblé faire allusion à l’Union Européenne.
Mélange des genres voulu ou non, difficile de le savoir.
Le fait est qu’on a là un homme qui maîtrise bien le discours et que le choix des mots ne doit sans doute pas être opéré au hasard.
En tous les cas, lorsqu’il parle de l’Europe, il évoque sa défaite qu’il qualifie de culturelle. Il estime aussi que construire l’Europe sur la disparition des nations est une erreur.
Voilà de quoi méditer mais Bruno Le Maire ne compte pas en rester là. Il a la ferme intention de mettre en application ses idées.
Face à une telle détermination, on ne peut que constater que le candidat est dans le combat. Et il n’a pas caché qu’il entendait le gagner.
Ils vivent dans un autre monde, ils sont hors-sol décrète Frédéric Lordon qui se risque à la psychologie des puissants dans le cadre de l’émission Arrêts sur images du 19 février 2016:
Pour sa part, François Ruffin, réalisateur de Merci Patron, déclare dans une interview accordée à Telerama, que L’avantage, quand on est de gauche, c’est qu’on a l’habitude des défaites.
http://www.telerama.fr/monde/francois-ruffin-nuit-debout-n-est-un-mouvement-spontane-il-a-fallu-l-organiser,140743.php
Jusqu’à nouvel avis, en mai 2012, la gauche a porté son candidat à l’Elysée. Comme défaite qui lui aurait été infligée, difficile, en effet, de trouver mieux!
A moins que les grands groupes tels LVMH dont Bernard Arnault est l’une des figures cible de François Ruffin, n’aient eux-mêmes contribué à ladite défaite.
Pour autant, auraient-ils dû voter Hollande.
Se faire élire sur la haine vouée à un autre n’offre que bien peu de garantie. La gauche et sa défaite est celle d’une France prise à ses rêves devenus cauchemars ou nuits à passer debout.
On peut fonder des empires glorieux sur le crime, et de nobles religions sur l’imposture.
(…)
Les brigands seuls sont convaincus -de quoi?- qu’il leur faut réussir. Aussi, ils réussissent.
Charles Baudelaire, Mon coeur mis à nu
Publié à titre posthume en 1887, ce livre inachevé a été assimilé à des brouillons, voire à un journal intime, ce qui reste discutable.
Alors que notre monde se bat en quête de sens, la réflexion du poète interroge.
On sait la propension qu’ont certains individus à rejeter toute forme de pouvoir religieux ou politique au prétexte qu’ils seraient tous pourris.
Le sont-ils ou pas, le fait est qu’ils sont là.
Fondés sur des valeurs et des principes à défendre, tous clament leur légitimité. Et pour qui la menacerait, le recours à la force devient leur justification.
Dans nos démocraties, on dit le débat privilégié.
Il l’est sans doute encore pour la forme. Mais un pouvoir qui se veut tel, jusqu’où peut-il privilégier l’échange?
Hier, 11 avril, a eu lieu à Moscou une rencontre entre les ministres des Affaires Etrangères de la Suisse et de la Russie.
Si le Département Fédéral des Affaires Etrangères de la Suisse se veut constructif, il n’en va pas de même de la chaîne publique d’information de ce même pays.
Il est donc important, ici encore, de relever l’approche des uns et des autres.
Le rôle que jouent certains journalistes dans la manière de rendre compte d’événements et autres actualités a souvent été discuté ici. On a vu comment l’usage de la rhétorique s’appliquait à commenter.
Ci-après, voici encore un exemple qui montre comment le petit mot glissé ici ou là vient discréditer une approche diplomatique.
Les deux femmes journalistes qui commentent la visite rendue par Didier Burkhalter à son homologue russe, Sergueï Lavrov, ne peuvent s’empêcher d’y ajouter leur appréciation.
Le public qui soutient une chaîne d’information est-il en droit d’obtenir qu’elle respecte le contrat de confiance qui le lie à elle ou bien doit-il sans cesse réagir pour le lui rappeler?
« Le Temps » se démarque
Tout arrive!
Voici que Le Temps , anciennement appelé quotidien suisse de référence, publie deux articles faisant montre de sens critique face à la déferlante papers qui a suivi la reprise de Palmyre par l’armée syrienne.
Car à la grande réserve observée par nombre de nos médias sur la perle du désert arrachée aux djihadistes, a suivi le vacarme de Panama et de ses papiers dévoilés en feuilleton quotidien.
Il est donc important de relever que Le Temps publie des articles tels que ceux mentionnés ci-dessous.
Car par rapport à la Russie, citée dans le deuxième article indiqué en référence, on a connu ce journal dans de moins bonnes dispositions.
Encore une fois, libre à chacune et à chacun de suivre sa ligne éditoriale et ce d’autant qu’elle n’est pas financée par les deniers publics.
Mais justement, que ce journal affiche des points de vue moins orientés que certaines de nos chaînes d’information publique est à signaler.
Tandis que la cruauté de certains groupes armés n’est plus à démontrer, s’obstiner à refuser de saluer l’effort consenti par la Russie pour les combattre est se rendre complice de crimes contre l’humanité.
https://www.letemps.ch/opinions/2016/04/08/panama-papers-vraies-questions-restent-reponse
http://www.letemps.ch/opinions/2016/04/10/vive-assad
Est-il possible de négocier avec un partenaire qui utilise systématiquement le mensonge et la fausseté et dont toute l’entreprise consiste à dissimuler le réel, interroge un journaliste.
La réponse est non. La preuve en a été démontrée, par exemple, en 2003.
A quoi a été due la guerre en Irak sinon à un mensonge? Comment ont procédé les Etats-Unis pour dissimuler le réel au monde entier?
Une video que je citais dans ce sujet:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/11/21/de-l-imposture-a-l-arrogance.html l’explique de manière parfaitement claire.
Cependant voilà, ce ne sont pas les Etats-Unis que vise l’auteur des propos cités plus haut.
Non, au hasard…
Il s’agit de la Russie de Poutine:
http://www.sudouest.fr/2016/02/17/pourquoi-il-ne-faut-pas-negocier-avec-la-russie-de-poutine-2276312-6037.php
Tout cela serait comique si autant de conflits ne ravageaient le monde pour y laisser morts, chez eux ou sur de sinistres champs de batailles, femmes, enfants, vieillards et tant d’autres victimes encore.
Mais quoi, face aux guerres, ne reste-t-il que les yeux pour pleurer, faute de mains encore à même d’arracher à la mort ses victimes?
Le Haut-Karabagh, appelé aussi Nagorno-Karabagh, connaît un regain de violence depuis le début de ce mois d’avril.
L’image ci-dessus en témoigne et d’autres encore, prises par Hakob Poghosyan dans le village de Talyche où les forces armées de l’Azerbaïdjan n’ont pas ménagé leurs efforts, encore moins, leur cruauté:
https://civilwarineurope.com/2016/04/04/haut-karabagh-les-crimes-de-guerre-des-soldats-azerbaidjanais-en-images/
Nombre d’observateurs s’accordent à voir la Turquie attiser les tensions demeurées latentes dans le Caucase du Sud quand d’autres, au contraire, y verraient plutôt la Russie.
La situation est analysée au regard des derniers événements qui ont vu se dégrader de manière notoire, les relations entre Turquie et Russie.
Quelles que soient les revendications et autres prétentions des uns et des autres, leur coût est élevé.
Il se chiffre, certes, en millions ou milliards de dollars mais en autant de tragédies humaines.
Les commentateurs n’y changeront rien, la sauvagerie a pignon sur Terre.
https://www.opinion-internationale.com/2016/04/07/harold-a-la-carte-conflit-au-nagorno-karabakh_42601.html
J’ai publié, ici et là, deux interviews de victimes de guerre.
Comme cela a été mentionné, le CICR est au courant de ce que subissent nombre de civils dans le Donbass. Cependant, leur devoir de réserve, sans doute, les réduit au silence.
Ainsi, ne lira-t-on jamais en une d’aucun journal ce qu’ont vécu Vitali ou Natacha pour ne parler que d’eux.
Cependant, voici les précisions apportées par Laurent Brayard en relation avec le témoignage qu’il a recueilli de Natacha:
–Bonjour, je suis l’auteur de l’article d’origine, pourquoi je ne filme pas Natacha et pourquoi ai-je changé son nom ? Mais parce qu’elle a de la famille en zone occupée par les Ukrainiens… Pourquoi sait-elle qu’il s’agissait de Pravy Sektor ? Parce ce qu’une unité de ce parti occupait son village et que les bourreaux lui ont dit. Pourquoi sait-elle qu’il s’agissait de vitamines ? C’est ce que les bourreaux lui ont dit, mais ce que je n’ai pas dis dans l’article c’est qu’elle avait l’impression qu’il s’agissait d’une drogue car elle indique qu’elle s’est trouvée indisposée et dans un brouillard à plusieurs reprises. Cette femme a été présentée à la délégation française et à l’avocat Jean-Josy Bousquet lorsqu’il est venu dans le Donbass, son témoignage est confirmé par « MOscou », il a été officiellement mis en page par la commission des crimes de guerre de la République populaire de Donetsk. Pourquoi ai-je choisi Natacha ? Par hasard, il fallait changer son nom. Encore une fois, elle a de la famille encore dans la zone occupée. Mais bien sûr, ceux qui ne veulent pas croire le peuvent et penser que je ne suis qu’un menteur, j’en ai l’habitude et j’accepte ces insultes, cela fait partie de ma mission dans le Donbass, avaler des témoignages terrifiants et être pris pour un dingue ou un menteur par des gens à l’autre bout du monde, c’est ainsi, mais je continuerai tant que je trouverai les forces.
Pendant ce temps-là, la fouille des papiers de Panama suit son cours…Il y a tant à chercher encore que le Donbass et ses crimes de guerre attendront!
