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Hélène Richard-Favre

Economie

Aristocratie financière et prise de pouvoir

Dans l’interview qu’accorde l’économiste Marc Chesney à « Swissinfo » et dont j’indique le lien ci-dessous, Yanis Varoufakis ne manquerait sans doute pas de se reconnaître.
J’ai indiqué, dans un précédent sujet*, le lien au discours que l’ancien ministre grec de l’économie a tenu à Frangy-en-Bresse, dimanche 23 août dernier.
Dans ce sens, il apparaît que le point de vue du franco-suisse et du grec se rejoignent sur au moins un point, le déficit de démocratie qui domine tant de décisions prises par la troïka. 
A cela s’ajoutent les contradictions de Jean-Claude Juncker dont Marc Chesney se demande comment il peut intimer à la Grèce l’ordre de réduire son déficit, alors qu’il a dirigé pendant des années un pays – le Luxembourg -, qui a permis à des sociétés actives en Grèce de pratiquer l’évasion fiscale aux dépens de la République Hellénique?
Cela tourne à la farce, conclut-il. 
Oui, sauf que ladite farce est de très mauvais goût. Pis, elle s’impose au menu de toutes les négociations si elle en sont.
Que la toxicité des produits mijotés par la troïka s’avère nuisible à la démocratie n’est plus à démontrer.
Reste qu’à ce jour, aucun antidote n’a encore été trouvé pour neutraliser le poison.
http://www.swissinfo.ch/fre/marc-chesney–économiste-en-rupture_la-grèce–victime-parmi-d-autres-de-la–dictature-financière-/41624910 * http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/08/28/le-livre-des-psaumes-de-l-austerite-de-la-troika.html

Politique, société

Aux côtés d’Hani Ramadan ou quand l’amalgame excelle

Par un tour de passe-passe auquel s’est livré le rédacteur en chef adjoint du journal
« Le Temps », voici qu’il parvient à me placer aux côtés de Monsieur Hani Ramadan.
 
L’article que Michel Danthe a publié ce samedi 29 août met en cause le regard que j’ai porté sur les événements survenus dans le Thalys, le 21 août dernier.
 
Non seulement ma prise de position n’a rien à voir avec celle d’Hani Ramadan mais encore, le détournement de sens opéré par Michel Danthe révèle une pratique journalistique bien éloignée de l’éthique qui devrait l’accompagner.
 
La manière dont les médias se sont emparés de ce qui s’est passé à bord du Thalys le 21 août dernier a montré un défaut d’information caractérisé par la surabondance sinon la surenchère narrative. C’est ce que j’ai mis en cause dans mon sujet de blog incriminé par Monsieur Danthe. 
 
Il va de soi qu’entre confrères, on se ménage. Dès lors, pointer, comme je m’y suis employée, l’embrouillamini de la couverture médiatique des événements survenus à bord du Thalys, ne pouvait que déplaire à Michel Danthe.
 
De là à me voir en complotiste qui se défend de l’être comme il l’a précisé après ma réaction à sa première version mise en ligne d’hier, il y a un pas qu’il a cru bon de franchir mais qui ne l’affranchit pas pour autant.
 
Dans sa manière d’amalgamer deux visions d’un même fait, celle d’Hani Ramadan et la mienne, Michel Danthe a montré sa pitoyable excellence.
 
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/44b933b8-4e45-11e5-81d9-3af08ac280c8/Hani_Ramadan_à_propos_des_Légions_dhonneur_du_Thalys_De_qui_se_moque-t-on

Politique, Religions, société

« Le Temps » édition en ligne de ce 29 août, à Michel Danthe, journaliste

Monsieur Michel Danthe cite mon sujet de blog:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/08/23/legion-d-honneur-aux-sauveurs-du-thalys.html
dans un article mis en ligne sur le site du grand quotidien suisse « Le Temps » de ce 29  août 2015.
Sa lecture particulièrement orientée et tendancieuse de mes propos m’a obligée à y réagir. Ainsi lui ai-je écrit ce qui suit:
Monsieur,
Je vous remercie de me citer. La moindre des politesses eût été de m’en informer comme je m’y emploie moi-même lorsque je cite les propos d’une personnalité quelconque.
Quant à votre lecture de mon sujet, elle découle d’une grille qui vous arrange.
La nuance que j’apporte vous échappe à l’évidence mais lorsque l’on veut faire dire à autrui ce qu’il n’a pas dit, les moyens justifient la fin.
Bien à vous,
Hélène Richard-Favre
 
Monsieur Danthe m’a alors répondu qu’il ne voyait pas « ce que la politesse viendrait faire là-dedans ».
Outre une nouvelle incompréhension de sa part des démarches que je poursuis pour tout sujet qui évoque une personnalité que j’estime légitime d’informer des propos que je tiens sur elle, il ajoute ses propres déductions.
Le voici donc qui m’écrit que je prendrais peut-être « peur » de mes « propres idées » et de « l’écho qu’elles peuvent légitimement susciter dès lors elles sortent (sic! Je cite) du cercle sans doute plus confidentiel qui est le sien habituellement »
Et comme il ajoute que « c’est avec plaisir que je lirai sous votre plume l’explication de la nuance qui m’aurait échappé », je la lui ai indiquée. La voici:
Merci de votre réponse rapide, Monsieur.
Quand j’évoque la règle de politesse, je ne songe à rien d’autre qu’au fait que si je parle d’une personne, je l’en informe car j’estime juste de procéder ainsi.
Je ne vois donc en rien de quoi je devrais « prendre peur ». Je constate par contre fort bien que vous déformez le sens de mon propos. Car le fait d’avoir exposé une difficulté à « adhérer à ce qui a été raconté » n’a strictement rien à voir avec une perception complotiste de l’événement dont il est question.
Si vous n’établissez aucune nuance entre une difficulté à adhérer à un récit et son rejet pur et simple en tant qu’il serait « complotiste », j’en suis navrée pour vos compétences linguistiques.
Car si vous aviez lu mon sujet comme il se doit, vous auriez compris que cette difficulté que j’expose est conséquente à l’embrouillamini des versions livrées par les médias. Elle ne tombe dès lors pas d’un ciel duquel pleuvraient les complots comme vous voulez le laisser entendre au public qui vous lira.
Quant à votre manière de faire se rejoindre mon sujet et les commentaires qui le suivent, elle démontre bien dans quel esprit particulièrement orienté vous l’avez lu. 
Détourner son sens vous décrédibilise vous et ne saurait, dès lors, vous honorer.
Bien à vous,
Hélène Richard-Favre

Economie, Politique

« Le livre des psaumes de l’austérité de la Troïka »

La formule est de Yanis Varoufakis.*
 
Invité à participer à la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse par Arnaud Montebourg, l’ancien ministre grec de l’économie s’est adressé au public. 
 
Notre continent a commencé à se réunir avec de nombreuses langues et des cultures différentes, mais il est en train de finir divisé par une monnaie commune.
 
La Grèce a capitulé, mais c’est l’Europe qui a été défaite.

 
Selon Yanis Varoufakis, si l’eurogroupe avait vraiment voulu réformer le système de son pays, il aurait discuté les propositions qu’il avait apportées à cet effet.
 
Or tel ne fut pas le cas, a-t-il indiqué avant de conclure que ce n’était pas une réforme qui était voulue pour la Grèce mais sa reddition.
 
Son propos est fort mais ne vise pas à apitoyer sur le sort de la Grèce. Au contraire, il alerte la conscience démocratique, non seulement française mais européenne aussi.
 
La stratégie de l’eurogroupe a consisté, selon l’ancien ministre grec, à faire traîner les négociations, à en imputer le blâme à la Grèce dont les propositions ont été jugées non crédibles, puis à lui poser un ultimatum sous la menace de la fermeture immédiate de la banque. 
 
Ce ne fut rien d’autre qu’un coup d’Etat, a-t-il déclaré.
 
Et d’évoquer la maxime du Dr Schäuble d’après laquelle, les élections ne sont pas autorisées à changer quoi que ce soit en Europe.
 
CQFD
 
*  http://blogs.mediapart.fr/blog/monica-m/250815/yanis-varoufakis-frangy

Politique

Les enfants-soldats, le cinéaste et la guerre de l’information

Lorsque la Crimée, dont il est originaire, est envahie par les forces russes, Oleg Sentsov rejoint sa ville de Simferopol. *
Telle est la manière dont Stéphane Siohan pose le cadre de la situation en Crimée alors qu’il évoque l’arrestation et la condamnation d’un réalisateur ukrainien par la justice russe.
La Crimée envahie par les forces russes, on ne compte plus les journalistes qui l’ont vue ainsi.
Tandis qu’un referendum avait été organisé qui permettait aux citoyens de se prononcer sur le rattachement ou non de la Crimée à la Russie, inutile de rappeler comment celui-ci avait été commenté.
On en trouve encore l’écho dans l’article de Stéphane Siohan qui relaie les propos du cinéaste selon lequel la Crimée aurait été illégalement annexée avant d’ajouter qu’il n’y aurait pas de fascistes en Ukraine. 
Il serait intéressant de demander à l’auteur de cet article paru dans Le Temps,* ce qu’il en pense, lui qui a relayé sur son compte Twitter ce qui figure en illustration de ce sujet, à savoir l’ouverture, par la milice d’extrême droite du bataillon Azov, d’un camp d’entraînement pour enfants, camp géré par le ministère de l’Intérieur ukrainien.
Guerre d’informations ou non, tout cela se passe tout près de chez nous et ne semble pas prêt de s’arrêter à en croire le tweet adressé au cinéaste par Petro Poroshenko:
 «Tiens bon, Oleg, le temps viendra où ceux qui t’ont condamné se retrouveront sur le banc des accusés!» *
* http://www.letemps.ch/Page/Uuid/96f02566-4b60-11e5-81d9-3af08ac280c8/La_justice_russe_inflige_20ans_de_prison_à_un_réalisateur_ukrainien

Politique

Légion d’honneur aux sauveurs du Thalys

Ainsi donc les héros du Thalys seront-ils reçus, demain, à l’Elysée où le Président Hollande les décorera de la Légion d’honneur.
Ce serait sous la pression de nombreuses personnalités politiques et de citoyens que la décision aurait été prise.
Embrouillé dans sa narration, truffé d’heureuses coïncidences, le scénario du train reliant Amsterdam à Paris a été rejoué en diverses versions jusqu’à celle qui vaut décoration.
Avec tout le respect dû aux passagers du Thalys et à leurs sauveurs, il semble tout de même difficile d’adhérer à ce qui a été raconté.
Autant certains actes odieux ont-ils été relativisés que celui-ci aura été médiatisé, peut-être et pourquoi pas parce qu’il a été évité de justesse.
Cependant, à suivre les diverses réactions à cette affaire, elles oscillent entre scepticisme et admiration quant à son heureux dénouement.
Saura-t-on jamais ce que ce passager armé jusqu’aux dents, aura eu l’intention de faire dans le Thalys lorsqu’il y est monté à Bruxelles?
Le fait est que grâce à lui, la France décore, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne s’honorent et que le cinéma français n’a pas perdu Jean-Hugues Anglade.

Histoire, Politique

« Le mandat que j’ai reçu le 25 janvier a atteint ses limites »

Ainsi s’est exprimé Alexis Tsipras, ce 20 août.
Le peuple grec est fier et a de quoi. Son Histoire est loin d’être ordinaire et ferait bien d’intéresser toutes celles et ceux qui s’empressent de se pencher sur le sort de la Grèce quand ils ne délivrent pas leurs conseils sinon leurs jugements.
Aller sur place pour se rendre compte de ce que vivent les Grecs est ce qu’a fait Michael Wyler et bien lui en a pris. La description qu’il donne de la situation telle qu’elle lui est apparue ne manque pas d’intérêt.
C’est juste que l’appel à l’aide lancé en conclusion de son sujet laisse perplexe.
Le respect à apporter aux Grecs ne serait-il pas préférable à toute attention telle qu’elle est formulée par Monsieur Wyler?
Mais peut-être est-ce trop demander, dans ce cas, aux Grecs de disposer de tant de bienveillance.
https://www.hebdo.ch/les-blogs/wyler-michael-post-scriptum/athènes-jy-étais-jai-tout-vu

Economie, Politique

Alexis Tsipras, une démission qui en dit long

Bien des politiciens pourraient s’inspirer de cette leçon de politique. Mais on préfère, ici et là, y voir un nouveau coup de théâtre.
D’ailleurs, c’est déjà le cas en France où la décision d’Alexis Tsipras n’a pas manqué d’être commentée.
Si certaines personnalités y voient honnêteté et intégrité, d’autres l’inscrivent à la suite de ce qu’ils considèrent comme trahison du référendum tenu en Grèce le 5 juillet dernier.
Ainsi, Florian Philippot estime-t-il que le Premier Ministre grec doit être balayé en septembre. En fait de ménage à faire, le FN semble plutôt mal placé pour se prononcer.
Bien des Grecs ont exprimé leur déception quand d’autres avaient dores et déjà prévu le scénario.
La pression exercée sur Alexis Tsipras a été telle qu’elle ne visait qu’à réduire à peau de chagrin sa marge de manoeuvre.
A-t-il dit son dernier mot, rien n’est moins sûr. Ni Syriza non plus et encore moins la Grèce dont il sied à tant de monde de mépriser l’Histoire.

Non classé

Khaled al Assaad, décapité

Nombreux sont les médias qui informent sans langue de bois du sort subi par l’incarnation même de Palmyre qu’était Khaled al Assaad.
L’ancien directeur du Musée des antiquités de Palmyre a été décapité en public puis pendu par les pieds et abandonné ainsi mutilé.
Selon Le Temps, la raison de son exécution aurait été due à son soutien au régime de Bachar el-Assad.
Le fait est que la RTS a informé de manière bien étrange de cette décapitation.
Evoquée au conditionnel, l’annonce s’intègre dans un sujet sur la Syrie, accompagné d’un portrait du Président Assaad. Puis est interviewée l’auteure d’un ouvrage sur la Syrie.
Aucun accent particulier n’est mis sur la décapitation de Khaled al Assaad sinon que la rédaction a choisi de ne pas en montrer les images.
Hommage soit ici rendu à la mémoire de Khaled al Assaad et condoléances à toutes celles et ceux que la cruauté de son exécution a endeuillés.
http://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/syrie-le-regime-de-bachar-el-assad-semble-affaibli?id=7014262

Voix

La France, entre premier décapité sur son sol et premiers chômeurs de l’affaire Mistral

Le 26 juin 2015 aura marqué le retour de la décapitation en France.

On se rappelle dans quelles conditions Hervé Cornara a été exécuté puis comment son bourreau a posté sur les réseaux sociaux un selfie où il s’affichait avec la tête de sa victime.

Ce retour de la décapitation en France a pu être considéré par d’aucuns comme cas isolé. Comment parer autrement à un tel acte qu’en en limitant la portée?

Le fait est qu’il a marqué les consciences et n’a pas arrangé l’état de la France.

Avec l’échec cuisant de l’affaire des Mistral dont il est ici rendu compte*, la France a dévoilé ses préférences.

A minimiser l’impact du djihad sur son sol et à maximaliser la menace russe loin de ses frontières, le compte est bon.

Car c’est bel et bien depuis la crise ukrainienne dont tout le mal a été attribué à Moscou que Paris joue à perte.

Pendant ce temps-là, une nouvelle convocation en justice a ravivé le funeste souvenir du premier nouveau décapité de France:

http://www.ledauphine.com/france-monde/2015/08/14/condamne-pour-avoir-diffuse-une-photo-de-la-tete-decapitee-d-herve-cornara

*  http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Les-premiers-chomeurs-de-l-affaire-Mistral-809991