Dire qu’il est toujours bon de vérifier ses sources est un euphémisme.
Hier, une information circulait sur différents sites et réseaux sociaux selon laquelle le Premier ministre grec, Alexis Tsipras aurait été Juif sépharade, fils d’un milliardaire esclavagiste ami du multimilliardaire Georges Soros.
Aujourd’hui, un site évoque le sujet de manière controversée sinon prudente, indiquant sources et rectifications de ladite « information »:
http://mai68.org/spip/spip.php?article9013
Le fait est que le besoin de contre-informer quand il ne s’agit carrément pas de diffamer ne date pas de nos jours ni même d’hier.
Quant aux réseaux sociaux, ils ne sont que le relai de ce qui fait la part belle à la rumeur.
Cela dit, cette fois en Italie, l’info circule selon laquelle l’ex-ministre des finances, Yanis Varoufakis aurait été associé à un plan de sortie du Grexit élaboré par Georges Soros.
http://www.giornalettismo.com/archives/1859981/tspiras-piano-varoufakis-per-grexit-quegli-agganci-finanza-mondiale/
Vrai ou faux, le fait est qu’une conférence a été donnée à Paris par l’ancien ministre grec des finances dans le cadre d’un forum du think tank Institute for New Economic Thinking, fondé par Geroges Soros:
http://www.euractiv.fr/sections/euro-finances/varoufakis-le-ministre-des-finances-star-de-lanalyse-economique-313667
Hélène Richard-Favre
Hier, lors de la traditionnelle interview du 14 juillet, François Hollande s’est félicité du compromis trouvé entre la Grèce et ses créanciers.
Aurait-il donc vaincu son adversaire?
Son véritable adversaire?
Qui n’a pas de nom?
Pas de visage?
Pas de parti?
Qui ne sera pas élu et qui, pourtant, gouverne?
Cet adversaire, c’est le monde de la finance, déclarait le candidat Hollande le 22 janvier 2012 au Bourget.
Si le Président qu’il est devenu estime avoir mené ce combat qu’il annonçait pour être élu, cet adversaire peut le remercier.
Au peuple grec de savourer.
Grec, Prix Nobel de littérature en 1979, Odysséas Elytis s’était un jour exprimé sur l’avenir de l’Union Européenne.
C’était au début des années 1980, à Rome:
Nous savons que l’idéal européen ne pourra pas se réaliser s’il ne prend pas appui, clairement, sur son socle spirituel, sur les bases des civilisations grecque et romaine, c’est-à-dire la Démocratie et le Droit, à quoi il faut ajouter l’esprit apporté par le christianisme.
Décédé en 1996 à Athènes, le poète aura sans doute déjà pu mesurer le peu d’écho que ses mots rencontraient auprès des instances de l’Union Européenne.
La voix d’Odysséas Elytis, comme celle de tant d’autres humains, a été étouffée. Il appartient désormais à ses compatriotes d’affronter l’idéal européen qui leur est proposé.
A lire cet article, on peut conjecturer de diverses manières. Il n’en demeure pas moins vrai que le peuple grec n’a pas encore capitulé.
On a tout lu, tout entendu, tout vu ou sans doute pas.
L’essentiel est qu’on nous l’ait fait croire.
Car ce qui devait arriver semble bel et bien arrivé, la Grèce restera dans l’Union Européenne.
Avoir rendu le monde témoin, des semaines durant, de prises de têtes médiactico-lobbyistes, est-ce cela, la transparence de l’information?
Les avoir complétées d’interviews au sein de la population grecque, est-ce cela, la démocratie?
Le fait est que ce qui a été communiqué ce 13 juillet comme issue à la crise grecque ne libérera, au mieux, qu’un espace médiatique.
Et encore, rien ne l’assure.
A Delphes, la Pythie livrerait-elle déjà quelques bribes de réponses?
A suivre…
« Le président de la République française est le Président de tous les Français, y compris des djihadistes. »
Difficile de donner tort à Boualel Sansal, écrivain algérien dont l’interview est à lire ici:
http://www.leprogres.fr/lyon/2015/01/29/la-france-doit-se-reveiller-face-a-la-propagation-de-l-islamisme
C’est au coeur même de nos démocraties qu’oeuvrent ces apôtres de la terreur.
Partout, ils appliquent leurs principes et leurs lois si elles en sont.
Bien sûr qu’on peut toujours dire qu’à eux seuls, ils ne représentent pas « le mal ».
Bien sûr que « le mal » est incarné par de nombreuses autres pratiques, nul n’est assez naïf pour croire que quelque régime que ce soit incarne le bien à lui seul.
Il s’agit toutefois de savoir quelles valeurs nous souhaitons.
Si celles portées par les djihadistes vous enchantent, dans ce cas, rien à dire.
Et ce ne sont pas les « larmes » de Bertrand Cazeneuve qui y changeront quoique ce soit.
Ce ministre a beau avoir été ému à l’enterrement d’Hervé Cornara, décapité le 26 juin dernier sur sol français, il n’en a pas moins déclaré que prôner le djihad n’était pas un délit.
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/06/27/ce-n-est-pas-un-delit-de-proner-le-djihad.html
Le Consulat d’Italie au Caire, victime d’une explosion, ce matin, la réaction n’a pas tardé.
Calquée sur toutes les précédentes, elle a de quoi terroriser les terroristes.
Le ministre italien des affaires étrangères réagit sur Twitter par la formule habituelle ou une de ses variantes, « L’Italie ne se laisse pas intimider ».
A l’évidence, de telles déclarations vont limiter les risques de prochaines agressions.
Quant à la France du Quai d’Orsay qui se tient « aux côtés de l’Egypte et de l’Italie », il est certain qu’elle offre par là un très puissant secours.
Combien de victimes, encore, pour que ces mouvances extrémistes agissent en toute impunité?
http://www.leparisien.fr/international/video-egypte-le-consulat-d-italie-au-caire-touche-par-une-explosion-un-mort-11-07-2015-4936799.php
NB: A l’instant, on apprend que l’Etat islamique revendique l’attentat:
http://www.francetvinfo.fr/monde/attentat-au-caire/egypte-le-groupe-etat-islamique-revendique-l-attentat-contre-le-consulat-italien-au-caire_994163.html
Il suffit d’écrire quelques lignes où apparaissent les termes d' »islam » ou de « ramadan » pour constater combien les réactions fusent quand elles ne sont pas orientées.
Alors que plusieurs sujets que j’ai traités évoquaient le principe de laïcité, voici que se dressent d’ardents défenseurs de je ne sais trop quelle cause pour accuser et agresser.
On comprend mieux comment des plans d’Etat se confectionnent, soudain, pour protéger certaines communautés au détriment d’autres.
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/04/18/christianophobie-grande-absente-du-plan-d-etat-francais.html
Depuis que la loi de 1905 a séparé le pouvoirs des Eglises de celui de l’Etat, force est de constater, en effet, que certaines confessions religieuses parviennent mieux que d’autres à s’emparer de l’Etat pour faire valoir leurs droits.
Ainsi observe-t-on une religion se muer en « race » pour, ensuite et selon les besoins, en voir certaines pratiques relever du « patrimoine culturel français ».
Non!
La langue est une institution sociale. En bafouer les fondements, c’est mépriser ses garants.
Oeuvrer à la paix inter-religieuse, c’est considérer islam, judaïsme et christianisme comme des confessions et non comme des « races » dont les pratiques relèveraient de quelconques « patrimoines cultuels ».
Les mots ont un sens.
Depuis ce 8 juillet, le ramadan serait une fête.
C’est Anne Hidalgo, Maire de Paris, qui l’a déclaré, hier, au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV.
Elle balaie donc toute polémique relative à cette célébration offerte avec les deniers publics.
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/07/06/hotel-de-ville-de-paris-a-21h56-la-rupture-du-jeune-sera-celebree-autour-d.html
Et pour expliquer la générosité de la Mairie de Paris, elle ajoute que ladite fête ferait partie du patrimoine culturel français, tout comme Noël et Hanoucca.
Glisser du cultuel au culturel, ne cause ainsi aucun problème à Madame la Maire.
La différence entre cultuel et culturel est pourtant essentielle.
Mais il est vrai que le seul ajout d’un « r » à cultuel suffit à justifier une politique.
Avec un tel usage de la langue, c’est la culture qu’on détruit.
Et son patrimoine.
Hôtel de Ville de Paris: « A 21h56, la rupture du jeûne sera célébrée autour d’un cocktail d’amandes et de lait ».
Ladite rupture du jeûne est donc celle du Ramadan.
Car c’est bien elle que la Mairie de Paris a décidé d’honorer.
Mettre des lieux et des fonds publics à disposition d’une manifestation de type religieux signe néanmoins une autre rupture.
Celle d’un principe édicté et confirmé par la loi du 9 décembre 1905 instaurant la laïcité de l’Etat.
Décidément, Paris vaut bien une nuit…
Et 450 invités.
http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75004/nuit-du-ramadan-a-l-hotel-de-ville-05-07-2015-4920735.php
On a bien compris qu’il existerait un islam modéré.
Dans ce sens et de la même manière, nous explique-t-on, il importe de ne pas faire d’amalgame.
Mais dans le même temps, nous apprend-on encore, voici que des salafistes exercent des pressions sur des musulmans modérés pour prendre le contrôle de leurs salles de prière.
La situation ainsi décrite se passe en France et c’est un article du Figaro qui l’évoque.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/02/20/01016-20150220ARTFIG00038-poussee-radicale-dans-les-mosquees-francaises.php
Quand on connaît les méthodes tout en nuances des pratiquants de l’islam rigoriste, on comprend l’embarras des musulmans modérés.
Comment, en effet, se protéger de frères qui ne l’entendent pas ainsi sans pour autant les renier car ils ne l’entendraient pas non plus ainsi?
