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Hélène Richard-Favre

Culture, Histoire, Information, Medias, Politique, Religions, société, Voix

Qui a volé qui et depuis quand?

Le 12 avril 1204, la quatrième croisade en manque de fonds pour rejoindre l’Egypte puis la Palestine et libérer Jérusalem des Musulmans, se dirige vers Constantinople.

Autant les marchands vénitiens -au service desquels se sont mis les Croisés- que ceux-ci, voient l’occasion de briser la puissance commerciale et religieuse de Byzance.

La rivalité entre Latins et Grecs, entre la Rome catholique et la Byzance orthodoxe -qui fut à l’origine du schisme d’Orient- se concrétise là de la manière la plus sinistre qui soit.

À chacune et à chacun d’en tirer les conclusions souhaitées. Le fait est que dans la mémoire grecque, ce passage occidental en leurs terres n’a pas été oublié. Car il a tant affaibli l’empire romain d’Orient qu’il a permis sa chute, en 1453.

La suite, on la connaît, quatre cents ans de domination ottomane et une guerre pour l’indépendance soutenue par les Puissances dont les intérêts ont été évoqués ici.

Dire que l’Histoire se répète est, pour certains, un euphémisme. Le fait est que le besoin de puissance ne lésine jamais sur les moyens.

Culture, Histoire, Voix

Dostoïevski

Invitée à parler de Dostoïevski dans le cadre de Journées qui lui sont consacrées chaque année à Saint-Pétersbourg, outre son bref séjour à Genève, j’ai évoqué comment ce qui a été appelé « haut mal »  ou « mal sacré » – je veux parler de l’épilepsie-  travaille et tisse son oeuvre.

Certains critiques ont mis en relation le déclenchement de l’épilepsie de l’écrivain avec l’assassinat de son père par ses serfs mais d’autres le font remonter à son enfance. Ce serait, en effet, à l’âge de 7 ans que Dostoïevski aurait été frappé par sa première crise.

Il n’est pas difficile d’imaginer la souffrance que ce mal a pu engendrer chez lui, sachant combien la violence de certaines crises peut terrasser et surtout, comment celles-ci peuvent aussi être perçues par l’entourage.

Plusieurs personnages de l’oeuvre de Dostoïevski sont épileptiques, dont le Prince Mychkine et Smerdjakov, fils bâtard de Fiodor Karamazov.

Cela dit, tout distingue ou presque ces deux personnages et c’est là une des raisons qui a motivé mon choix d’en parler.

Si Dostoïevski est mort à Saint-Pétersbourg peu de temps après avoir écrit « Les Frères Karamazov » sous la forme que nous lui connaissons alors qu’il la considérait inachevée, c’est à Genève que Dostoïevski a écrit en grande partie, « L’Idiot ».

Or, de passage à Bâle, l’écrivain s’est rendu au Musée des Beaux Arts où il s’est très longuement attardé devant le Le Christ au tombeau, de Hans Holbein le Jeune.

Il n’est pas impossible que la très forte émotion que Dostoïevski a ressentie à la vue de ce tableau ait pu constituer un des éléments déterminants de l’écriture de « L’Idiot ».

Culture, Politique

La haine, politique de croissance?

Les détracteurs de la Grèce y vont bon train pour juger un pays dont on se demande bien ce qu’ils en savent ou en ont compris.
Plusieurs sites se sont satisfaits de relayer le point de vue d’Edmond About, mishellène notoire et auteur d’un ouvrage intitulé La Grèce contemporaine. 
Paru en 1854, il sert de référence opportune à qui le veut bien pour montrer que la Grèce ne serait qu’un pays de profiteurs sinon de voleurs ou pis encore.
Boulevard Volaire, Le Monde, L’ObsRue89 en citent de larges extraits évidemment choisis. Car les passages décrivant le système mis en place par les puissances de l’époque pour profiter elles-mêmes des crédits alloués à la Grèce sont soigneusement omis par leurs émérites journalistes.
Le cadre ainsi posé, les commentateurs s’en donnent à coeur joie pour distiller leur venin et égrener leurs certitudes ainsi référencées.
En réaction à cette déferlante haineuse -qui ne date toutefois pas d’hier- Michel Bouillet avait publié, en 2012, un ouvrage intitulé Non! Les Grecs ne sont ni des voleurs ni des menteurs.
L’auteur y explique comment le levier de l’emprunt a toujours été utilisé pour infléchir la politique grecque à l’avantage des Puissances.
Le contribuable Bonnal de Boulevard Voltaire a dès lors et en effet de quoi s’inquiéter.
Car loin du romantisme de quelques philhellènes du XIXe siècle dont il conclut dans son article, qu’il coûte toujours cher au contribuable, les méthodes appliquées par leurs contemporains banquiers ont trouvé leurs émules aujourd’hui.

Politique

La Russie au-delà des clichés et du système: deux initiatives

L’initiative prise par Thierry Mariani, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, de se rendre en Crimée avec une délégation de parlementaires français n’a, bien sûr, pas l’heur de plaire à Laurent Fabius.
Pas davantage, non plus, n’est-elle du goût de Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale.
Rien d’étonnant à cela dès lors que celui-ci figure parmi les 89 personnalités européennes interdites de territoire russe suite aux sanctions européennes émises à l’encontre de la Russie.
Cependant, qu’à cela ne tienne, une autre initiative intitulée “Pour un nouveau dialogue avec la Russie” a été lancée, cette fois, par un groupe formé au Parlement Européen pour effectuer un voyage officiel à Moscou l’automne prochain.
Le magazine Le Point, outre la réaction offusquée de Bruno Le Roux, rend aussi compte d’un point de vue qui dénote un esprit d’ouverture plus marqué et qui tranche avec tout ce qui a pu être énoncé contre la Russie et son Président:
http://www.lepoint.fr/chroniques/tribune-renouer-avec-la-russie-un-imperatif-europeen-24-07-2015-1951169_2.php?M_BT=240458295683#xtor=EPR-6-%5BNewsletter-Mi-journee%5D-20150724
 
Sinon, une analyse plus poussée est proposée, ici:
http://www.dedefensa.org/article-une_br_che_dans_la_formidable_muraille_antirusse_du_syst_me_24_07_2015.html Son intérêt est loin d’être moindre et laisse envisager mieux qu’un simple coup de chaleur qui aurait saisi quelques parlementaires…

société

La vie, détail de l’Histoire

Alors que le feuilleton grec n’en finit pas de se dérouler, la guerre dans le Donbass n’a pas cessé pour autant.
Hier, 23 juillet à Donetsk, une manifestation a eu lieu devant l’hôtel des délégués de l’OSCE et du CICR:


Certes, toute la misère du monde ne peut être traitée. 
Mais quand cette misère est créée de toutes pièces?
Quand cette misère met en pièce des pays?
Quand on parle de réfugiés à accueillir alors que nombre d’habitants tentent encore de se battre sur place?
Quand nos gouvernements sont concernés par les options politiques qu’ils ont cru bon de privilégier?
Quand nos médias ne privilégient qu’un seul point de vue?
La vie n’a plus les mêmes contours pour tous.

Politique

Merci, Jacques Sapir!

Qu’un journal comme Le Le Temps dont on ose encore penser qu’il est de bon niveau, publie un article de la plus haute fantaisie, interpelle.
L’état du journal ou plutôt du cerveau de sa rédaction devrait inspirer Olivier Delamarche, lui qui a diagnostiqué celui d’Alexis Tsipras…
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/07/20/pas-de-testicules-pas-de-cerveau.html 
J’ai soumis à Jacques Sapir, économiste de renom, la réflexion que m’a inspirée l’article publié par Le Temps et les conclusions de son journaliste:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/07/22/poutine-meilleur-soutien-de-merkel-ou-comment-alimenter-le-feuilleton-grec.html
Sa réponse figure en capture d’écran ci-dessus.

Politique

Poutine, meilleur soutien de Merkel ou comment alimenter le feuilleton grec

Il ne serait pas étonnant que ce qui est présenté comme information au conditionnel ne vise qu’à créer une nouvelle rumeur.
Ce d’autant qu’elle est relayée par le grand quotidien suisse, Le Temps, peu connu pour sa russophilie…
L’article fait référence au journal grec To Vima, selon lequel Alexis Tsipras aurait demandé à la Russie un prêt de 10 milliards de dollars pour imprimer de nouvelles drachmes.
Néanmoins, le fait que Vladimir Poutine n’ait proposé qu’une avance de 5 milliards de dollars au Premier Ministre grec fait écrire le journaliste du Temps que:
Dans ces conditions, malgré l’appui du peuple grec, Alexis Tsipras n’aurait plus eu d’autre choix que d’accepter le plan d’austérité des créanciers.
Et l’auteur de l’article de se référer, cette fois à Zerohedge pour annoncer que ce serait «l’information la plus sous-estimée de l’année qui suggère que la perpétuation du rêve d’unité de la zone euro, cher à Angela Merkel, n’aurait été possible qu’avec l’aide de Vladimir Poutine».
Le journalisme doit-il vraiment se transformer en relai de rumeurs?
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/5127e0b8-3095-11e5-903f-511fc5349148/Alexis_Tsipras_aurait_sollicité_Vladimir_Poutine_pour_aider_la_Grèce_à_imprimer_des_drachmes

Culture, Histoire, Information, Medias, Politique, Religions, société, Voix

« Pas de testicules, pas de cerveau »

« Pas de testicules, pas de cerveau », tels sont les propos d’Olivier Delamarche au sujet de ce pauvre Tsipras. Michel Onfray, lui, résume Tsipras, « à de la com' ». Mieux, il parle de l’existence, en Grèce, d’un foyer fasciste et s’ébahit qu’en Europe, cela existe encore…

À se demander s’il a suivi l’actualité de l’Ukraine! Sait-il seulement qui a été élu Premier Ministre?

A l’aune de telles appréciations diffusées sur un media de grande audience, on mesure son orientation et les limites de son horizon.

En 1832, la Grèce est transformée en royaume par les grandes puissances qui ont oeuvré à son indépendance. C’est un roi bavarois qui est placé à la tête du pays à peine sorti de quatre siècles de tutelle ottomane. Après le roi de Bavière, c’est un roi du Danemark qui lui succède.

Ensuite, quelques dictatures plus tard, la Grèce devient une démocratie.

Qui a une idée de ce que fut la guerre d’indépendance avec ses 200.000 morts? Qui a une idée de ce que fut la guerre civile qui sévit juste après la deuxième guerre mondiale et qui fit 150.000 morts et une centaine de milliers de réfugiés?

Ceci n’est pas une excuse, diront en choeur les financiers et leurs alliés. Non, c’est de l’Histoire.

Sujet paru en page 19 de l’édition papier de la Tribune de Genève du 23 juillet 2015 sous le titre « Grèce: le poids de l’histoire »

Politique, Religions, société

Islam, faux débat

Il a été énoncé ici ou là que la pauvreté matérielle et -ou- le besoin de spiritualité favorisaient conversions et autres radicalisations.
A cet égard, les explications et les commentaires apportés par tel ou tel philosophe, connaisseur ou spécialiste, se suivent et ne se ressemblent pas forcément.
Pendant ce temps-là, des têtes continuent d’être tranchées, des vies et des pays, d’être saccagés.
Or si le débat sur l’islam occupe les esprits quand il ne les échauffe pas, son instrumentalisation serait tout autant à prendre en considération.
A lire Georges Corm, en effet, tout laisse à penser que les discussions sur l’islam ne seraient que leurre. 
Selon lui, elles ne serviraient qu’à masquer la véritable géopolitique du déploiement impérial américain dans le monde. 
A lire ici, dans le cadre d’un entretien publié sur le site Les clés du Moyen-Orient: 
 http://www.lesclesdumoyenorient.com/Entretien-avec-Georges-Corm-Le-1951.html

Politique

Nucléaire iranien, douze ans de négociations

Le Figaro publie un article qui ne manque pas d’intérêt.
Son auteur est l’ancien ambassadeur de France en Hongrie et en Iran, François Nicoullaud.
Celui-ci relève le rôle majeur joué par trois personnalités dans le cadre des négociation conclues autour du nucléaire iranien.
Les trois hommes qui, selon lui, ont permis qu’un accord soit trouvé, sont Dominique de Villepin, Barack Obama et Hassan Rohani.
Il rappelle comment les discussions avec l’Iran ont été entamées, leurs aléas et leur conclusion.
La lecture de cet article met bien l’accord trouvé en perspective. François Nicoullaud montre, en tous les cas, que rien ne se réalise sans endurance ni volonté.
Certes, celles-ci ne suffisent pas non plus pour aboutir. Et bien des obstacles se sont dressés qui auraient pu ne jamais être surmontés.
Les circonstances ont permis qu’ils le soient, du moins, est-ce ainsi que le récit de l’ambassadeur nous est présenté:
http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2015/07/16/31002-20150716ARTFIG00215-iran-trois-figures-de-la-negociation-nucleaire.php