…ce qui inquiète particulièrement les gens, c’est que la coalition [en place à Kiev] refuse d’enquêter sur ces épisodes.
On devient de plus en plus conscient que ce n’était pas Ianoukovitch qui se trouvait derrière ces tireurs, mais quelqu’un qui fait actuellement partie de la nouvelle coalition*
Tels sont les propos confiés à Mme Ashton par M. Paet, ministre estonien.
Et que l’on ne vienne pas une nouvelle fois affirmer qu’il s’agit-là de propagande russe comme certains se gargarisent de le répéter en boucle.
Ces propos ont été authentifiés par l’Estonie.
Quand donc ouvrira-t-on les yeux?
Quand donc se penchera-t-on enfin sur le rôle joué par l’Union Européenne dans cette crise qui frappe l’Ukraine?
Il serait opportun que cesse cette pression occidentale sur la Russie, réduite qui plus est à son seul Président!
Croire de manière aussi obstinée qu’absurde qu’il n’agit que pour lui seul relève soit de la mauvaise foi, soit d’une carence de jugement.
C’est la Russie que représente Vladimir Poutine et non lui seul!
Ce sont les intérêts de son pays qu’il défend comme n’importe quel régime s’y emploierait, Eric Hoesli l’a rappelé dans une de ses récentes interventions sur la RTS.
Mais qui l’a entendu dans ce vacarme russophobe qui assourdit toute perception de bon sens?
* http://fr.ria.ru/world/20140305/200651842.html
Hélène Richard-Favre
A lire tout ce qui s’écrit et se propose comme analyses ou autres solutions à envisager pour apaiser les tensions en Ukraine, force est de constater que la situation mobilise sensibilités et consciences de tous bords.
Tables rondes, débats et conférences s’organisent pour tenter de trouver du sens sinon de donner un sens aux événements qui secouent l’Ukraine.
Convoquer l’Histoire pour expliquer les liens complexes qui unissent ou divisent Russie et Ukraine, certes mais occulter le rôle de l’ensemble des forces actuelles en présence, non.
Les références au passé ont bon dos pour contribuer à faire l’impasse sur les enjeux géostratégiques qui mettent aux prises les grandes puissances.
A observer ce qui s’énonce dans les medias occidentaux, le rôle des Etats-Unis et de l’Union Européenne paraît bien moins souvent mis en cause que celui de la Russie.
Aussi est-il aisé de renvoyer sans cesse à l’Histoire pour y trouver même de quoi établir des parallèles entre certains dirigeants du passé russe avec ceux d’aujourd’hui.
Instrumentaliser l’Histoire est si aisé pour cet Occident incapable d’avouer son implication et sa responsabilité dans la crise ukrainienne actuelle.
Mais la Russie en a vu d’autres!
Et les gesticulations de Bruxelles, de Washington ou d’ailleurs sauront trouver, elles aussi, leur place dans l’Histoire.
Que de venin anti-russe distillé par certains journalistes pour évoquer la situation en Ukraine!
A croire que livrer leur information les érige en justiciers.
A croire que leur science et leur conscience leur octroie de facto droit et blanc-seing.
Mais que savent-ils de la Russie sinon répéter en boucle et en choeur de quoi la clouer au pilori?
La bien pensance affichée de ces scribes omniscients n’a rien de constructif.
Et l’Ukraine en crise mériterait mieux que pareille cristallisation haineuse sur la Russie.
http://www.marianne.net/Ceux-qui-voient-l-Ukraine-avec-les-lunettes-de-la-guerre-froide_a235802.html
A vous, lecteurs, si seulement vous aviez 90 minutes à disposition pour suivre l’émission dont j’indique le lien au bas de ce sujet!
Au-delà des points de vue qui s’y échangent, c’est un appel qui surgit. Un appel qui concerne l’Ukraine.
Qu’en faire?
L’entendre pour devenir plus critique face à ce qui se répand dans bien des medias occidentaux.
Les invités de l’émission sont d’horizons divers.
Certains tiennent des postures, d’autres les contestent, rien de plus normal.
Mais chacune et chacun apporte un éclairage sur une situation dont les enjeux sont aussi complexes que conflictuels.
Les positions des unes ou des uns laissent toutefois assez vite apparaître la crédibilité de leurs fondements.
A voir ici:
http://www.france2.fr/emissions/ce-soir-ou-jamais/diffusions/21-02-2014_214315
Une Union Européenne qui ne manque pas une occasion de rappeler à des pays tiers le respect d’accords signés tandis qu’en Ukraine elle balaie ses propres engagements* ne semble pas vraiment heurter ses principes si elle en a.
Une Union Européenne qui se félicite de la victoire d’un peuple assoiffé de justice et de respect alors que ledit peuple a été emmené dans sa lutte par des néo nazis, ne semble pas non plus heurter ses dirigeants si elle en a.
Et elle en a, on ne le sait que trop!
Hier, sur France 2, le ministre délégué aux Affaires européennes, Thierry Repentin, a été l’un des invités d’Yves Calvi dans le cadre de son émission Mots Croisés.
Le débat portait sur l’Ukraine.
Entre l’angélisme d’une Marielle de Sarnez qui évoquait la victoire d’un peuple et le rire du Docteur Kouchner** qui surabondait dans ce sens, l’Union Européenne est assurée d’avoir trouvé là ses porte-voix.
* http://www.liberation.fr/monde/2014/02/21/kiev-l-accord-apres-le-carnage_982180
* *http://voix.blog.tdg.ch/archive/2013/08/18/l-eclat-de-rire-du-french-doctor-et-la-maison-jaune1-253437.html
La résidence présidentielle ukrainienne reprise par les opposants, tel est le titre d’un reportage de la RTS. *
Quelle est donc la conscience qui diffuse ce genre d’informations sur l’Ukraine alors que le pays entier risque la misère?
La Tribune de Genève, quant à elle, titre L’Ukraine menacée de faillite sans perfusion financière.
http://www.tdg.ch/monde/europe/L-Ukraine-menacee-de-faillite-sans-perfusion-financiere/story/31240238
On se réjouit de voir Fabius, BHL et autres Ashton ou Merkel voler au secours des Ukrainiens.
Combien sont-ils, les medias qui ont informé des véritables enjeux de la situation alors que la plupart sinon tous ont passé en boucle les images de victimes d’un régime à abattre.
Or c’est le peuple ukrainien lui-même qui va être en première ligne des conséquences de ces cris de victoire sinon de joie lancés après de tels reportages que celui que diffuse la RTS.
Le cynisme des agitateurs qui ont mené ces opérations est sans limites. Et c’est peu dire de celui de journalistes qui s’en font le relais. Ou alors, ils ne savent ce qu’ils font?
* http://www.rts.ch/video/info/journal-19h30/5636770-la-residence-presidentielle-ukrainienne-reprise-par-les-opposants.html
Rappelez-vous, c’était le 17 juillet 2012:
Ce 21 février 2014, c’est le président ukrainien qui est jugé.
Au nom du sang versé et par le même ministre.
C’est vrai qu’il s’y connaît en la matière.
La vie a un prix, qui oserait en douter?
Mais quel est celui que réserve l’Union Européenne à qui lui résiste?
Au nom de ce prix Nobel reçu en 2012, se sentirait-elle en odeur de sainteté?
Fuck the UE, sont pourtant les lettres de noblesse que lui a adressées Victoria Nuland.
Les medias occidentaux distillent leurs informations quotidiennes sur la situation en Ukraine. *
On compte les morts, on brandit les droits humains et on accuse.
Inutile de dire qui, bien entendu.
L’Union Européenne, on le sait, n’est là que pour le bien des peuples.
La Suisse qui a voté le 9 février le sait et l’apprend chaque jour aussi.
Soit.
Mais en Ukraine, que fait l’Union Européenne?
Elle cherche la paix? Elle vole au secours d’un pays qui n’attend qu’elle pour (re)vivre?
http://french.ruvr.ru/2014_02_19/Ukraine-Berlin-chef-des-operations-sanglantes-0394/
* Voir mon précédent sujet réactualisé par de nombreux articles postés en commentaires:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2013/12/17/temp-b16032c7502d3770332869d44002b62a-251052.html
Le 28 janvier 2014, l’Assemblée nationale française a adopté la proposition de loi constitutionnelle autorisant la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.
A lire les diverses prises de position émises à cet égard, force est de constater combien cette décision divise déjà l’opinion française!
Rien de plus normal face à l’ambiguïté de la formulation de cette Charte.
Mettre sur le même plan des langues régionales et des langues minoritaires est un non-sens sinon un piège comme certains voudraient le voir.
Une langue dite régionale n’a en effet rien de commun avec une langue dite minoritaire.
Le statut de la première n’est pas celui de la seconde quand bien même connaîtrait-on celui-ci.
Ainsi serait-on bien inspiré de s’interroger sur le sens et les raisons de cette reconnaissance accordée.
De même, serait-il bienvenu de connaître les critères selon lesquels sera définie une langue minoritaire.
Et d’ailleurs, qui les fixera, ces critères et en fonction de quels paramètres?
http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/les-dangers-de-la-charte-des-147438
http://www.ndf.fr/poing-de-vue/18-02-2014/une-charte-europeenne-des-langues-regionales-et-minoritaires-une-menace-pour-la-france#.UwNWWPl5No4
Tandis qu’une Suisse ne compte plus les moutons pour s’endormir sur sa victoire du 9 février dernier, l’autre peine à se réveiller.
En réalité, la Suisse qui a voté « oui » à la limitation de l’immigration de masse, a tenu à défendre le principe d’indépendance qui fonde la Confédération helvétique.
Ce principe reste d’actualité face à l’Europe dont les dirigeants se comportent tels des souverains peu enclins à ce qu’on leur résiste.
Que la Suisse qui a voté « oui » le 9 février 2014 ait tenu à réactualiser son statut de pays indépendant, se conçoit.
Que l’Europe tance et menace un pays souverain, en dit long sur sa conception de la démocratie.
