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Hélène Richard-Favre

Politique

Cluny pour Danielle Mitterrand

Danielle Mitterrand sera enterrée au cimetière de Cluny tandis que François Mitterrand, lui, repose à Jarnac. Ce choix marque l’enracinement de Danielle Mitterrand dans un lieu autant que dans l’histoire de sa famille qui a rejoint l’Histoire. Danielle Mitterrand, née Gouze en 1924 à Verdun, a certes rejoint la Résistance très jeune. Mais avant elle, son père. Directeur d’école, c’est à Cluny que celui-ci avait trouvé refuge en 1940. Pour avoir refusé de dénoncer les élèves juifs de son collège.   Les hommages se succèdent pour dire combien Danielle Mitterrand était une femme déterminée. Une personnalité mue d’une énergie exceptionnelle, telle est l’image que je conserve d’elle. Sa présence, son regard emplissaient la maison de famille de Cluny, ce jour de novembre où je l’y avais rencontrée. C’était aux obsèques de son frère.

société

Sans abri, s’abstenir

De quoi s’indignent les Indignés? Un jeune Indigné, très motivé, engagé et sincère dans ses idéaux, m’avait dit lors d’un long entretien que nous avions eu aux Bastions début novembre, que certains SDF perturbaient les assemblées. En quoi la réalité des Sans abri est-elle de trop au milieu des propos tenus et affichés par les Indignés? La misère ne se résout pas par des mots seulement. Lutter contre elle, c’est bien. Mais la rejeter hors de la scène qui en parle?

Politique, société

Armée du Salut

Il a 25 ans, il est SDF.
Il avait un travail, il l’a perdu. Il avait une amie, elle l’a quitté, leur logement commun, il a dû l’abandonner. Désormais à la rue, il  fait la manche pour s’offrir une chambre à l’Armée du Salut. Parce que dans un mois, il aura un emploi.
Il ne touche pas d’allocation de chômage parce qu’il est Français. Et en France, il n’a droit à rien parce qu’il a travaillé en Suisse. Ses parents? Ne semblent pas disposés à le soutenir. Telles sont les réponses qu’il a apportées à mes questions tout en voulant me rendre partie de ce que j’avais glissé dans sa main. Il était gêné de recevoir de quoi passer plus d’une nuit à l’Armée du Salut.
J’ai compris mais il faisait froid, ce soir-là, c’était dimanche, en ville et il y avait peu de monde dehors. De quoi y rester la nuit…
Avant de le quitter et après lui avoir suggéré différentes manières de subvenir à ses besoins peut-être de façon moins humiliante, je lui ai demandé s’il était allé aux Bastions, voir les « Indignés ».
Il m’a regardée, a réservé sa réponse et a souri.
L’expression de son visage était douce et son regard bienveillant. Il s’y était rendu, oui. Mais on lui avait répondu qu’on ne pouvait rien pour lui. Et puis, on a aussi ajouté qu’un ordinateur portable avait été volé. Dans le campement. Oui.
Alors il a compris.

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Corps dévastés

Le cinéma s’est emparé de l’histoire de Philippe Pozzo di Borgo, il le devrait aussi de celle de Dominique Strauss-Kahn. Mis à part tout ce qui se lit et se dit sur les deux hommes, tous deux partagent le mal qui dévaste le corps.   Par le besoin de fuite de l’un et l’accident qui a suivi, par la maladie inavouée de l’autre et la sanction qui l’a frappée. Leur vie à chacun, même sublimée pour l’un et encore en mêlée pour l’autre, reste à porter et supporter.

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Onex, justice en question

L’article qui figure parmi les plus lus du site de La Tribune de Genève: http://www.tdg.ch/geneve/actu/locataires-lancent-petition…, pose un vrai problème de société.
L’homme dont il est question, un certain Monsieur A., présente, en effet, un cas de figure complexe.
Ce que l’on consate, à la lecture de cet article, est la patience et la compréhension dont a fait preuve le voisinage jusqu’à présent et l’impuissance d’instances diverses à maîtriser la situation.
Dans d’autres pays, dont la France et l’Allemagne pour ne citer qu’eux, un Monsieur ou uneMadame X. se seraient fait interpeller par la police et remettre au soin d’établissements spécialisés, psychiatriques pour ne pas les nommer.
Chaque pays a sa propre législation en la matière et l’applique selon les cas.
Ici, il semble que nul ne soit autorisé à obliger quiconque à suivre de traitement sans son consentement.
Si les lois de Monsieur A. ne rejoignent plus celles de ses voisins, comment, alors, lui faire comprendre que les leurs valent autant que les siennes?
Par une pétition auprès des autorités, comme on le lit en tête de l’article? Manière insolite sinon étrange de procéder mais à suivre…

Politique, société

Tel-Aviv pour DSK et Anne Sinclair

Pour celles et ceux qui douteraient encore, cet article du JDD devrait peut-être leur remettre les idées en place: http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/DSK-et-Anne-Sinclair-a-Tel-Aviv-425989/ Mais on le sait, les idées fixes ont la dent dure. Pourquoi persister à parler ici de ce couple, je m’en suis expliquée dans de précédents sujets de mes deux blogs. Il s’agit de situations humaines avant d’être politiques au premier degré et people au dernier degré. N’importe quel couple peut être sujet à ce genre de problématique, exception faite de sa violente mise sous projecteurs du fait des personnalités concernées. Evoquer ou non « la maladie » de DSK ne semble plus rien changer au mal qui a frappé, décuplé par la stigmatisation qui en a été faite et qui a fini par inspirer le contraire de ce qu’elle visait.

société

« Intouchables », « Indignés », un signe?

Un signe, c’est certain, l’emploi de ces adjectifs pour exprimer une réalité humaine et sociale.
Divergentes quant aux raisons qui les motivent, ces manières de dire la condition existentielle ne sont-elles pas préférables au silence et à la passivité?
Certes, il s’agit là d’un mouvement discutable et d’une fiction qui l’est peut-être aussi, même inspirée par un fait réel.
Il n’en demeure pas moins que le film Les Intouchables, d’Olivier Nakache et Éric Toledano et le mouvement inspiré par l’ouvrage de Stéphane Hessel Indignez-vous, témoignent de prises de conscience.
Elles ne sont pas de même nature. On le sait. Et il est bon de le rappeler.
Dans ce sens, l’article paru dans le JDD rend bien compte de ces deux problématiques.
http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Portrait-de-Philippe-Pozzo-di-Borgo-qui-a-inspire-le-film-Intouchables-422203
Sinon, pour celles et ceux qui seraient intéressés, Stéphane Hessel sera demain sur le plateau de la rtbf:

Politique, société

Anne Sinclair, une femme

L’avant-dernier sujet posté par Anne Sinclair sur son blog,  Deux ou trois choses vues d’Amérique, date du 11 mai 2011. Son titre, « Et maintenant… » évoque la mort d’Oussama Ben Laden  Dix jours après les soupirs de soulagement des Américains, l’heure est désormais à l’analyse. Au premier abord, tous semblent converger vers la même conclusion : certes, la mort d’Oussama Ben Laden est une étape historique, qui permet aux Américains de tourner la page des attentats du 11 Septembre, mais elle est loin de mettre fin à la lutte contre le terrorisme. Et quand on s’éloigne de la facilité du constat pour poser la question des conséquences sur le futur de la politique étrangère américaine et de la redéfinition des objectifs et priorités, peu de choses semblent avoir changé. » Et Anne Sinclair de conclure: « Loin de vouloir définir ce que tous appellent désormais l’ »après-Ben Laden », la Maison Blanche cherche, elle aussi, à engranger des points et profiter de cet apaisement dans les sondages pour revenir à un dossier des plus sensibles, celui de l’immigration. (…) Autrement dit, il a vite compris que seule la situation intérieure économique et sociale, voire sociétale, fera l’élection et qu’il s’agit de profiter de l’embellie – relative – pour avancer. Mais Dieu que les victoires sont fragiles!    http://annesinclair.typepad.fr/journal/2011/05/et-maintenant.html Trois jours plus tard, le 14 mai à l’aéroport JFK de New York, son mari est arrêté, placé en garde à vue, inculpé, menotté et emprisonné. Tisser des liens entre Ben Laden et DSK n’est pas la raison de ce sujet. Il est question, ici, d’évoquer une femme. Anne Sinclair n’est de loin pas la seule qui ait donné d’elle-même à un homme. De nombreuses inconnues, illustres ou non, ont agi dans ce sens. Soumises, dépendantes, ambitieuses, passionnées, est-ce si important de les définir? Et pourquoi le faudrait-il plutôt que de noter leur présence aux côtés d’un homme pour l’accompagner dans une épreuve? Certes, DSK est coupable, certes il a fait du mal et beaucoup de mal mais à qui aussi, sinon à Anne Sinclair elle-même? Qu’on aime ou non ce couple, la question n’est pas là. L’important à retenir de cette affaire est le cas de figure qu’il représente. Unique, non, sans doute pas. Mais exemplaire à bien des égards. Car il ne s’agit pas de réduire deux personnalités à leur comportement. Il s’agit de comprendre comment s’articulent intelligence, réussite, fortune et sentiments. Anne Sinclair est une femme brillante, qu’on l’apprécie ou non. Anne Sinclair est riche, on l’a lu et entendu partout dans les medias.  Anne Sinclair est une mère, Anne Sinclair est une épouse, Anne Sinclair est sous les feux de tous les projecteurs. Anne Sinclair est une femme qu’on peut admirer pour le courage et la force de caractère dont elle fait montre chaque jour qui passe depuis que son blog s’est arrêté juste après cet avant-dernier sujet, « Et maintenant… » qu’elle termine ainsi: Mais Dieu que les victoires sont fragiles!

société

Pourquoi parler (encore) de DSK

Lire que l’affaire DSK ne préoccupe que « des curieux dont la culture est au niveau du caniveau », oblige à réagir. Limiter le regard sur l’être humain à des considérations sélectives pour évaluer sa souffrance n’est pas un signe de santé pour une société. Ce que traverse Dominique Strauss-Kahn et son couple comme épreuve est loin d’être anodin. L’étalage d’un mal en public n’est pas un cadeau mais une stigmatisation de piètre acabit. 

Le maladie qui affecte DSK est commune. Mais le fait que cet homme soit une personnalité, le rend abject par les éclairages intempestifs des projecteurs qui le pilonnent. Dans ce sens, il incombe à toute personne que les dimensions de l’être humain n’effraient pas, de pointer l’ampleur des dégâts qui entourent le traitement d’un mal que l’on porte en soi. En prendre conscience est douloureux, le voir livré en pâture parce qu’on est célèbre, encore plus.

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Un mal, un destin

Il est des destins qu’un mal-être détruit ou exalte. Banal. Et pourtant à vivre. Quand tout s’offre, gloire, réussite et éclat et que le mal sévit à l’intérieur de soi, rien ne s’y oppose. Pauvre, riche, digne ou indigne, il frappe à l’aveugle. Alors, se battre pour des conditions existentielles meilleures, bien sûr qu’il le faut. Mais oublier que la lutte contre soi est la plus risquée à mener, cela jamais. Car le mal de l’être n’intéresse personne. Pis, ne résiste le plus souvent à personne.