L’avant-dernier sujet posté par Anne Sinclair sur son blog, Deux ou trois choses vues d’Amérique, date du 11 mai 2011. Son titre, « Et maintenant… » évoque la mort d’Oussama Ben Laden Dix jours après les soupirs de soulagement des Américains, l’heure est désormais à l’analyse. Au premier abord, tous semblent converger vers la même conclusion : certes, la mort d’Oussama Ben Laden est une étape historique, qui permet aux Américains de tourner la page des attentats du 11 Septembre, mais elle est loin de mettre fin à la lutte contre le terrorisme. Et quand on s’éloigne de la facilité du constat pour poser la question des conséquences sur le futur de la politique étrangère américaine et de la redéfinition des objectifs et priorités, peu de choses semblent avoir changé. » Et Anne Sinclair de conclure: « Loin de vouloir définir ce que tous appellent désormais l’ »après-Ben Laden », la Maison Blanche cherche, elle aussi, à engranger des points et profiter de cet apaisement dans les sondages pour revenir à un dossier des plus sensibles, celui de l’immigration. (…) Autrement dit, il a vite compris que seule la situation intérieure économique et sociale, voire sociétale, fera l’élection et qu’il s’agit de profiter de l’embellie – relative – pour avancer. Mais Dieu que les victoires sont fragiles! http://annesinclair.typepad.fr/journal/2011/05/et-maintenant.html Trois jours plus tard, le 14 mai à l’aéroport JFK de New York, son mari est arrêté, placé en garde à vue, inculpé, menotté et emprisonné. Tisser des liens entre Ben Laden et DSK n’est pas la raison de ce sujet. Il est question, ici, d’évoquer une femme. Anne Sinclair n’est de loin pas la seule qui ait donné d’elle-même à un homme. De nombreuses inconnues, illustres ou non, ont agi dans ce sens. Soumises, dépendantes, ambitieuses, passionnées, est-ce si important de les définir? Et pourquoi le faudrait-il plutôt que de noter leur présence aux côtés d’un homme pour l’accompagner dans une épreuve? Certes, DSK est coupable, certes il a fait du mal et beaucoup de mal mais à qui aussi, sinon à Anne Sinclair elle-même? Qu’on aime ou non ce couple, la question n’est pas là. L’important à retenir de cette affaire est le cas de figure qu’il représente. Unique, non, sans doute pas. Mais exemplaire à bien des égards. Car il ne s’agit pas de réduire deux personnalités à leur comportement. Il s’agit de comprendre comment s’articulent intelligence, réussite, fortune et sentiments. Anne Sinclair est une femme brillante, qu’on l’apprécie ou non. Anne Sinclair est riche, on l’a lu et entendu partout dans les medias. Anne Sinclair est une mère, Anne Sinclair est une épouse, Anne Sinclair est sous les feux de tous les projecteurs. Anne Sinclair est une femme qu’on peut admirer pour le courage et la force de caractère dont elle fait montre chaque jour qui passe depuis que son blog s’est arrêté juste après cet avant-dernier sujet, « Et maintenant… » qu’elle termine ainsi: Mais Dieu que les victoires sont fragiles!
Hélène Richard-Favre
Lire que l’affaire DSK ne préoccupe que « des curieux dont la culture est au niveau du caniveau », oblige à réagir. Limiter le regard sur l’être humain à des considérations sélectives pour évaluer sa souffrance n’est pas un signe de santé pour une société. Ce que traverse Dominique Strauss-Kahn et son couple comme épreuve est loin d’être anodin. L’étalage d’un mal en public n’est pas un cadeau mais une stigmatisation de piètre acabit.
Le maladie qui affecte DSK est commune. Mais le fait que cet homme soit une personnalité, le rend abject par les éclairages intempestifs des projecteurs qui le pilonnent. Dans ce sens, il incombe à toute personne que les dimensions de l’être humain n’effraient pas, de pointer l’ampleur des dégâts qui entourent le traitement d’un mal que l’on porte en soi. En prendre conscience est douloureux, le voir livré en pâture parce qu’on est célèbre, encore plus.
Un mal, un destin
Il est des destins qu’un mal-être détruit ou exalte. Banal. Et pourtant à vivre. Quand tout s’offre, gloire, réussite et éclat et que le mal sévit à l’intérieur de soi, rien ne s’y oppose. Pauvre, riche, digne ou indigne, il frappe à l’aveugle. Alors, se battre pour des conditions existentielles meilleures, bien sûr qu’il le faut. Mais oublier que la lutte contre soi est la plus risquée à mener, cela jamais. Car le mal de l’être n’intéresse personne. Pis, ne résiste le plus souvent à personne.
C’est chose faite, Anne Sinclair et DSK portent plainte. La première vise Le Figaro.
http://www.gala.fr/l_actu/on_ne_parle_que_de_ca/dsk_et_an…
Suivront tous les medias qui ont fanstasmé sur l’avenir du couple.
http://www.gala.fr/l_actu/on_ne_parle_que_de_ca/dsk_et_an…
DSK a évoqué sa maladie. Qu’il l’ait niée ou déniée, l’oblige-t-il à affronter un tel déferlement de réactions, non.
Arguer de son comportement à l’égard de ses « victimes » pour écrire et dire tout et n’importe quoi est sans fondement. La justice fait et a déjà fait son travail dans ce sens, la presse et les autres medias n’ont pas à en rajouter.
Mais si la destruction programmée d’un homme et d’un couple a pu satisfaire celles et ceux qui s’y sont consacrés jusqu’à présent, dans ce cas, il était grand temps de réagir. Anne Sinclair et DSK s’y emploient désormais et ils ont bien raison. Car rien ne justifie que l’on parle d’eux avec une telle liberté désinvolte.
Sur ce point, voir aussi mon blog http://voix.blog.tdg.ch/, Pourquoi parler (encore) de DSK.
Il ne s’agit certes pas d’un couple ordinaire vu leur situation et les fonctions qu’ils ont occupées.
Il est question de deux personnalités de grande notoriété qui soudain sont plongées dans une tourmente médiatique.
Justifiée ou non, elle a eu lieu et se poursuit.
On pensera ce qu’on veut de ce qui arrive à ce couple.
Il n’en demeure pas moins que ce qu’il vit mérite qu’on s’y arrête de manière un peu moins caricaturale que tout ce qu’on a pu trouver sur le sujet.
DSK malade, Anne Sinclair fidèle, c’est ce que révèlent ces deux articles du JDD et qui valent d’être lus.
http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Plus-isole-que-jama…
http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Anne-Sinclair-les…
Un autre
Las de lui-même, il était devenu autre. Retiré dans le rêve, il a été démasqué. Pendu à l’espoir, sans discernement. Et sans vie.
Un monde où le sens n’a de cesse d’être défini, ajusté, précisé, se construit et se défait au gré de critères qui se rejoignent, s’égarent quand ils ne s’éloignent pas de manière irréversible les uns des autres. Alors naissent les conflits. La guerre des sens n’est pas le seul fait de corps en mal de jouissance. Elle est aussi celle qui se mène au nom de valeurs à établir, au pis comme absolus.
Drôles d’histoires
C’est le titre d’une émission de la Radio suisse romande, La Première. C’est aussi un peu celle qui arrive lorsqu’on ne s’y attend pas. Il y a 8 jours j’en témoignais, aujourd’hui j’ai été prévenue, Carine Delfini renouvellerait l’expérience. Ce soir. http://www.rsr.ch/#/la-1ere/programmes/droles-d-histoires/?date=10-11-2011
Il était sans âge et portait un vêtement usé, peut-être imperméable. Les propos sur sa condition, il les entendait. Mais son esprit était ailleurs. Quelque part entre ce ciel qui ne lui indiquait rien et cette terre qui le portait encore. Son attitude venait de dépasser l’indignation et toute quête de salut.
Face au Mur des Réformateurs, dimanche aux Bastions, entre Réformés rassemblés et Indignés déplaçant leur camp, un homme était assis sur un banc. Il avait les yeux fermés. Ses deux mains étaient posées sur le banc, de chaque côté de son corps. Entre Indignés et Réformés, il était là avec sa vie et ses limites. Avec surtout, la conscience de discours qui en parlaient.
