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Hélène Richard-Favre

Culture, Religions, société

Pauvre diable…

Qui n’a un jour entendu s’exprimer ainsi une personne au sujet d’une autre? La diable est-il pauvre, allez savoir… Le diable a en tout cas le plus souvent du fil à retordre avec qui se mêle de le confronter. Diable, entend-on aussi s’exclamer qui manifeste sa surprise, son étonnement. Dieu que c’est beau, bon et réconfortant de savoir que le diable est responsable de (tous) nos maux et de ceux de la Terre sinon encore de ceux du Ciel si l’on en croit ceux qui s’en plaignent parfois. Le diable sévit-il que Dieu est invoqué pour qui croit à l’opposition qui les caractérise. Mais qu’en est-il de laïcs ou d’athées, d’agnostiques ou de tout autre qui doute de ces entités? Certains se posent des questions, en posent et cherchent, des solutions, des moyens de régler un mal qui anéantit la vie et le courage de l’affronter encore. La destruction de l’être n’égale pas celle d’avoirs. Est-il nécessaire de les distinguer? La question reste ouverte. Que Dieu soit présent ou absent, que le diable ait une existence ou non, les moyens de savoir comment s’accommoder d’un mal qui saccage le désir de vivre, reste un problème réel constant. Nul n’est à l’abri de ce qui anéantit ou élève. Les exemples ne manquent pas, il serait bon de se les rappeler. Stigmatiser le coupable ou se poser en victime n’est pas résoudre le problème que pose le mal. C’est décider que les bons sont d’un côté et les mauvais de l’autre.

Histoire, Information, Medias, Politique, société, Voix

Violence (conjugale)

Un homme violent témoigne. Il a écrit un livre où il raconte sa violence vue de l’intérieur, le sien. Et lorsqu’il ne se rappelle pas tous les détails qu’elle a engendrés, il sollicite la mémoire de sa femme.

C’est fort, c’est sans doute émouvant. Quel impact aura cet ouvrage, aux lecteurs de le dire quand ils l’auront lu.

Rousseau est l’un des premiers à avoir voulu parler de lui sans fard pour se justifier. Les conséquences, on les connaît, on a souvent discuté de la valeur de ses Confessions, de ce genre d’écrit et de sa véracité, sachant que l’histoire racontée par soi peut être celle qu’on a voulue qu’elle soit et non celle qui a été.

Ainsi faut-il toujours compter avec le regard de cet autre dont Sartre disait qu’il constituait l’enfer. Il constitue en tout cas une identité qui risque d’être différente de celle qu’on perçoit de soi-même. On peut, dès lors, admirer ou douter de la valeur de témoignages personnels mais saluer le courage de qui s’y expose pour livrer une part peu louable de soi.

Politique

Tristane Banon. En une.

Qu’est-ce qui pousse cette jeune femme à se mettre à nouveau en scène pour apparaître en couverture d’un magazine hebdomadaire français?
Une telle exposition médiatique est-elle vraiment nécessaire alors que la justice a rendu son verdict dans l’affaire qui l’opposait à DSK?
Mais ce n’est pas cela dont il est question. Il s’agit pour elle désormais de pointer l’énorme part de responsabilité d’Anne Sinclair.
Tristane Banon est une femme blessée, on l’a compris. Son histoire a été souvent racontée ici et là. On sait aussi qu’un jugement rendu ne règle pas tout. Alors, à quoi songe-t-elle?
A accuser Anne Sinclair.
Pour ce faire, est-il bien nécessaire de s’afficher sourire au lèvres et en gros plan, le visage entre les deux mains, l’une sur le front, l’autre sous le menton?
http://www.ozap.com/actu/tristane-banon-anne-sinclair-a-u…

Politique

Cluny pour Danielle Mitterrand

Danielle Mitterrand sera enterrée au cimetière de Cluny tandis que François Mitterrand, lui, repose à Jarnac. Ce choix marque l’enracinement de Danielle Mitterrand dans un lieu autant que dans l’histoire de sa famille qui a rejoint l’Histoire. Danielle Mitterrand, née Gouze en 1924 à Verdun, a certes rejoint la Résistance très jeune. Mais avant elle, son père. Directeur d’école, c’est à Cluny que celui-ci avait trouvé refuge en 1940. Pour avoir refusé de dénoncer les élèves juifs de son collège.   Les hommages se succèdent pour dire combien Danielle Mitterrand était une femme déterminée. Une personnalité mue d’une énergie exceptionnelle, telle est l’image que je conserve d’elle. Sa présence, son regard emplissaient la maison de famille de Cluny, ce jour de novembre où je l’y avais rencontrée. C’était aux obsèques de son frère.

société

Sans abri, s’abstenir

De quoi s’indignent les Indignés? Un jeune Indigné, très motivé, engagé et sincère dans ses idéaux, m’avait dit lors d’un long entretien que nous avions eu aux Bastions début novembre, que certains SDF perturbaient les assemblées. En quoi la réalité des Sans abri est-elle de trop au milieu des propos tenus et affichés par les Indignés? La misère ne se résout pas par des mots seulement. Lutter contre elle, c’est bien. Mais la rejeter hors de la scène qui en parle?

Politique, société

Armée du Salut

Il a 25 ans, il est SDF.
Il avait un travail, il l’a perdu. Il avait une amie, elle l’a quitté, leur logement commun, il a dû l’abandonner. Désormais à la rue, il  fait la manche pour s’offrir une chambre à l’Armée du Salut. Parce que dans un mois, il aura un emploi.
Il ne touche pas d’allocation de chômage parce qu’il est Français. Et en France, il n’a droit à rien parce qu’il a travaillé en Suisse. Ses parents? Ne semblent pas disposés à le soutenir. Telles sont les réponses qu’il a apportées à mes questions tout en voulant me rendre partie de ce que j’avais glissé dans sa main. Il était gêné de recevoir de quoi passer plus d’une nuit à l’Armée du Salut.
J’ai compris mais il faisait froid, ce soir-là, c’était dimanche, en ville et il y avait peu de monde dehors. De quoi y rester la nuit…
Avant de le quitter et après lui avoir suggéré différentes manières de subvenir à ses besoins peut-être de façon moins humiliante, je lui ai demandé s’il était allé aux Bastions, voir les « Indignés ».
Il m’a regardée, a réservé sa réponse et a souri.
L’expression de son visage était douce et son regard bienveillant. Il s’y était rendu, oui. Mais on lui avait répondu qu’on ne pouvait rien pour lui. Et puis, on a aussi ajouté qu’un ordinateur portable avait été volé. Dans le campement. Oui.
Alors il a compris.

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Corps dévastés

Le cinéma s’est emparé de l’histoire de Philippe Pozzo di Borgo, il le devrait aussi de celle de Dominique Strauss-Kahn. Mis à part tout ce qui se lit et se dit sur les deux hommes, tous deux partagent le mal qui dévaste le corps.   Par le besoin de fuite de l’un et l’accident qui a suivi, par la maladie inavouée de l’autre et la sanction qui l’a frappée. Leur vie à chacun, même sublimée pour l’un et encore en mêlée pour l’autre, reste à porter et supporter.

Non classé

Onex, justice en question

L’article qui figure parmi les plus lus du site de La Tribune de Genève: http://www.tdg.ch/geneve/actu/locataires-lancent-petition…, pose un vrai problème de société.
L’homme dont il est question, un certain Monsieur A., présente, en effet, un cas de figure complexe.
Ce que l’on consate, à la lecture de cet article, est la patience et la compréhension dont a fait preuve le voisinage jusqu’à présent et l’impuissance d’instances diverses à maîtriser la situation.
Dans d’autres pays, dont la France et l’Allemagne pour ne citer qu’eux, un Monsieur ou uneMadame X. se seraient fait interpeller par la police et remettre au soin d’établissements spécialisés, psychiatriques pour ne pas les nommer.
Chaque pays a sa propre législation en la matière et l’applique selon les cas.
Ici, il semble que nul ne soit autorisé à obliger quiconque à suivre de traitement sans son consentement.
Si les lois de Monsieur A. ne rejoignent plus celles de ses voisins, comment, alors, lui faire comprendre que les leurs valent autant que les siennes?
Par une pétition auprès des autorités, comme on le lit en tête de l’article? Manière insolite sinon étrange de procéder mais à suivre…

Politique, société

Tel-Aviv pour DSK et Anne Sinclair

Pour celles et ceux qui douteraient encore, cet article du JDD devrait peut-être leur remettre les idées en place: http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/DSK-et-Anne-Sinclair-a-Tel-Aviv-425989/ Mais on le sait, les idées fixes ont la dent dure. Pourquoi persister à parler ici de ce couple, je m’en suis expliquée dans de précédents sujets de mes deux blogs. Il s’agit de situations humaines avant d’être politiques au premier degré et people au dernier degré. N’importe quel couple peut être sujet à ce genre de problématique, exception faite de sa violente mise sous projecteurs du fait des personnalités concernées. Evoquer ou non « la maladie » de DSK ne semble plus rien changer au mal qui a frappé, décuplé par la stigmatisation qui en a été faite et qui a fini par inspirer le contraire de ce qu’elle visait.

société

« Intouchables », « Indignés », un signe?

Un signe, c’est certain, l’emploi de ces adjectifs pour exprimer une réalité humaine et sociale.
Divergentes quant aux raisons qui les motivent, ces manières de dire la condition existentielle ne sont-elles pas préférables au silence et à la passivité?
Certes, il s’agit là d’un mouvement discutable et d’une fiction qui l’est peut-être aussi, même inspirée par un fait réel.
Il n’en demeure pas moins que le film Les Intouchables, d’Olivier Nakache et Éric Toledano et le mouvement inspiré par l’ouvrage de Stéphane Hessel Indignez-vous, témoignent de prises de conscience.
Elles ne sont pas de même nature. On le sait. Et il est bon de le rappeler.
Dans ce sens, l’article paru dans le JDD rend bien compte de ces deux problématiques.
http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Portrait-de-Philippe-Pozzo-di-Borgo-qui-a-inspire-le-film-Intouchables-422203
Sinon, pour celles et ceux qui seraient intéressés, Stéphane Hessel sera demain sur le plateau de la rtbf: