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Terrorisme, complotisme, conspirationnisme, suite de l’entretien avec Jacques BAUD

-Jacques Baud, notre précédent entretien se terminait pas une remarque de votre part,  selon laquelle vos « détracteurs sont eux-mêmes des promoteurs de fausses informations et de conspirations » … Pourriez-vous nous en dire davantage à cet égard?

Jacques Baud: -Permettez-moi de vous répondre par un détour. Le point de départ de mon livre est le constat que notre lecture du terrorisme ne permet pas d’en venir à bout. En réalité, cette lecture est brouillée par toute une série de théories qui cherchent à offrir une image de la question, souvent à des fins politiques. On avance évidemment l’exemple du « 9/11 », dont les zones d’ombre ont permis à de nombreuses théories complotistes de fleurir. On combat – avec raison – celles qui impliquent un complot juif ou de la CIA, mais on accepte volontiers l’idée d’un « terrorisme mondialisé (…) où le djihadisme rongeant les bases de nos sociétés ouvertes et démocratiques, des assassins qui haïssent nos libertés et qui veut nous contraindre à changer notre manière de vivre et d’envisager l’avenir ».

Dans un « documentaire » intitulé « Complotisme, les alibis de la terreur », impliquant l’un des fondateurs de Conspiracy Watch et diffusé sur France 3 en 2017, Jacob Rogozinski va même plus loin en affirmant que les djihadistes cherchent à créer « un califat mondial, qui va s’emparer de Rome, qui va s’emparer de l’Europe, qui vaincra l’Amérique, qui établira un réseau mondial de vrais croyants, unis derrière un pouvoir souverain absolu ». Cette théorie, se base sur de nombreux écrits devenus très populaires en France ces dernières années, dont les plus fréquemment cités sont Eurabia de Bat Ye’or et   La Conquête de l’Occident  de Sylvain Besson, qui décrivent un projet des Frères Musulmans pour conquérir le monde chrétien, une idée reprise par le journaliste Mohammed Sifaoui dans son livre Taqiyya !

Or, que certains musulmans aient ou aient eu l’idée de conquérir le monde est très probable : on trouve exactement le phénomène symétrique en Occident. Mais en faire une doctrine relève purement et simplement du… complotisme. Le complotisme ou conspirationnisme est l’assemblage de faits (parfois vrais) et d’en occulter d’autres, afin de créer une cohérence artificielle au service d’un projet ou d’un objectif. C’est exactement ce que l’on fait avec la menace islamiste, que la forte présence musulmane en Europe alimente très opportunément.

Depuis des années, certains tentent d’associer des groupes palestiniens (comme le Hamas) au djihad global, afin de pouvoir lui appliquer la même intransigeance. Dans ce contexte, les Frères Musulmans sont devenus une cible commode : ils forment à peu près la seule structure islamique identifiable, que l’on pourrait associer à une action révolutionnaire. C’est pourquoi on lui attribue l’ambition de vouloir conquérir le monde.

Le problème est que cette idée de « conquête de l’Occident » alimente l’extrême-droite radicale et les conspirationnistes de tous bords. D’ailleurs, ironiquement, en 2014, Mattias Gardell, chercheur à l’Université d’Uppsala (Suède), publie un article dans la très sérieuse revue « Terrorism and Political Violence » où il constate qu’Anders Breivik (auteur du massacre d’Utoya en 2011), s’était inspiré « des travaux du théoricien du complot franco-suisse Sylvain Besson » (sic). Ennuyeux !…

En fait, cette apparente « conquête de l’Occident » ne résulte pas d’une machination islamique, mais de politiques d’immigration incohérentes, initiées dans les années 60-70 pour répondre à un besoin de main d’œuvre peu qualifiée. Mal gérée, souvent abandonnée, cette immigration s’est souvent réfugiée dans la petite criminalité et parfois dans le terrorisme.

Le terrorisme est une technique de combat qui cherche à atteindre un objectif stratégique par une action tactique. C’est un mode d’action – et non une doctrine – qui peut être utilisé aux fins les plus diverses (résistance à une occupation, mouvements révolutionnaires, libérations de prisonniers, etc.) Mais il y a toujours un objectif à atteindre, c’est pourquoi les terroristes revendiquent leur action : pour exposer cet objectif. Cela devrait nous servir pour comprendre ce qu’ils veulent et ajuster nos stratégies. Mais nous ne le faisons pas !

Le terrorisme djihadiste actuel est très simple : il s’agit de pousser les populations occidentales à exiger le retrait de leurs forces déployées au Proche- et Moyen-Orient. Je n’invente rien : l’Etat Islamique l’a expliqué à maintes reprises dans des vidéos et dans ses écrits doctrinaux, mais ces explications ne sont jamais présentées dans les médias. On préfère laisser croire l’idée d’un « califat mondial », même si c’est au prix de massacres comme à Christchurch ou à Utoya.

En fait, le modèle des djihadistes est l’attentat de Madrid en mars 2004, qui avait conduit au retrait des troupes espagnoles d’Irak. Mais cette stratégie ne peut avoir une chance de fonctionner que dans des pays où les gouvernements sont peu populaires ou dont les populations sont majoritairement opposées aux interventions, comme en Espagne en 2004, en Grande-Bretagne en 2005, en France en 2015-2017 et en Belgique en 2016. C’est pourquoi la France a été frappée en priorité, alors que son rôle en Irak et en Syrie est modeste (environ 6-9% des frappes de la Coalition).

Notre obsession à voir le terrorisme comme une tentative de détruire nos sociétés est absurde. Il en est ainsi des attentats de janvier 2015, dont le procès se déroule à Paris. On y voit une tentative de s’attaquer à nos libertés, etc. C’est un peu simple…

En 2006, en pleine crise des caricatures en Europe, des menaces d’attentats ont été diffusées dans la presse locale contre le personnel de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS). J’étais alors chef du renseignement (JMAC) et j’ai été chargé par le Représentant Spécial du Secrétaire-général d’évaluer la menace sur la mission et ses personnels. Une réunion discrète a donc été arrangée avec des représentants de groupes islamistes soudanais – proches de la mouvance djihadiste. A mon arrivée, le « chef » des islamistes fait une remarque ironique sur les Chrétiens. Je lui dis alors : « Fais attention, parce que toi et moi avons le même Dieu ! ». Il me répond par un grand sourire et me dit : « C’est vrai assieds-toi et parlons ! ». La réunion s’est déroulée dans une grande sérénité et notre interlocuteur nous confie alors : « Nous savons que vos pays sont démocratiques, et nous ne contestons pas votre droit de publier ce que vous voulez ; mais lorsque vous voyez que cela nous blesse, pourquoi ne le reconnaissez-vous pas ? » À aucun moment il n’évoque la liberté d’expression et de la presse : toute la discussion tourne autour du respect et du vivre ensemble. À la question de savoir si la MINUS devait s’attendre à des actes de violence – qui était l’objet de la réunion – notre interlocuteur nous répond : « Nous avons parlé, il n’y aura pas de violence ! » Ils tiendront parole : aucune violence, ni verbale, ni physique ne sera exercée contre la MINUS en relation avec les caricatures…

Le problème est que la publication de ces caricatures par Charlie Hebdo en février 2006 est intervenue après que des incidents dans le monde avaient déjà fait environ 150 morts. C’est pourquoi Jacques Chirac l’avait qualifiée de provocation. Charlie Hebdo avait en tête le maintien de la liberté de la presse et le droit au blasphème, mais ce n’était pas vraiment le problème : les violences n’ont concerné pratiquement que le Danemark, qui avait refusé tout dialogue sur la question, mais pas la Norvège. Celle-ci a présenté des excuses officielles, non pour la publication elle-même – la liberté de la presse est même soulignée – mais pour l’offense qu’elle aurait pu constituer pour certains. En substance, c’est exactement ce que cet islamiste m’avait dit dans la banlieue de Khartoum.

Aveuglé par son idéologie, Charlie Hebdo n’a pu ou pas cherché à comprendre la vraie nature de l’enjeu. Comme toujours, nous parlons volontiers de société multiculturelle, mais nous refusons de comprendre les sensibilités des cultures auxquelles nous voulons nous associer. En février 2006, il ne s’agissait pas de renoncer à la liberté de presse ou d’expression, mais simplement d’expliquer et « d’emballer » cette publication… et non de jeter nos principes à la figure des musulmans.

En janvier 2015, les attentats n’avaient qu’un rapport indirect avec cette publication. En fait, pour répondre aux frappes françaises en Irak, les djihadistes n’ont pas voulu frapper de manière aveugle dans un lieu public ; au lieu de cela, ils ont « minutieusement choisi » (selon leurs termes) ceux qui – à leurs yeux – étaient les « plus coupables » : Charlie Hebdo et un magasin juif (à cause de la situation en Palestine). Tout cela n’est pas inventé : les djihadistes nous l’on expliqué en long en large et en travers dans leurs publications. Il suffit de lire pour comprendre. Le problème est que ces textes sont considérés comme de la propagande et, en France, leur simple détention pouvait être punie pénalement ! Il devient donc difficile de comprendre la logique terroriste. Avec un groupe de travail de l’OTAN en 2005-2006, nous avions fait une étude de la personnalité des terroristes et avons découvert que leur niveau d’intelligence moyen surpassait celui des forces de sécurité. Une étude qui a été confirmée récemment par les services britanniques. Donc imaginer que les terroristes pensent « détruire nos valeurs » et nos « libertés » avec quelques attentats est presque puéril.

La mesure la plus efficace pour lutter contre le terrorisme est de cesser d’aller bombarder des pays qui nous rien demandé…

Le terrorisme ne résulte donc ni d’un complot juif, ni de complots de la CIA, ni d’une volonté de conquête islamiste, ni d’obscurs projets des Frères Musulmans. Le terrorisme est tout simplement le résultat d’une asymétrie entre la détermination (des terroristes) et la sottise (des Occidentaux). Mon livre vise simplement à « démonter » des théories fallacieuses qui obscurcissent notre vision, limitent notre champ d’action à l’emploi de la force et nous empêchent de traiter efficacement la question du terrorisme. Je suis donc forcé de constater que ceux qui me dénigrent sont exactement les mêmes que ceux qui professent des théories très incertaines construites comme du… complotisme, dont le principal effet est de nous empêcher de comprendre le problème et de le résoudre…

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Quand les médias ignorent les faits et falsifient, suite de l’entretien avec Jacques BAUD, auteur de « Gouverner par les FAKE NEWS »

Jacques BAUD, dans le précédent entretien paru ici-même hier, vous avez relevé combien ce que vous observiez sur le terrain en tant qu’agent du renseignement différait de ce que vous découvriez ensuite dans les médias qui en rendaient compte. Mieux encore, voici votre livre sous les feux de projecteurs médiatiques falsificateurs alors que votre travail vise, au contraire, à alerter contre la distorsion de faits avérés. Vous le savez, ce blog a souvent pointé la désinformation et c’est précisément parce que votre livre en fait désormais les frais que je tiens à ce que vous nous parliez de votre manière de travailler.

Jacques BAUD– Le problème des crises actuelles est qu’elles sont traitées de manière totalement émotionnelles, et qu’on écarte systématiquement des faits pour donner plus de résonnance à l’événement. Il en a été ainsi du terrorisme après le « 9/11 » et les attentats de 2015 en France, ainsi que du CoViD-19 : les médecins se muent stratèges, les policiers deviennent des experts en islamisme, les « indics » deviennent des « agents » des services de renseignement, etc. Comme personne ne comprend et ne cherche à comprendre la véritable nature des problèmes, on ouvre la porte à toutes les interprétations, y compris les plus fantaisistes.

Il en découle un autre problème : les interprétations qui ont le plus de traction, deviennent des vérités. Les suppositions, les extrapolations, les hypothèses deviennent des certitudes. Dans ce contexte, où les « vérités » ne sont étayées que par des convictions, on observe un comportement très protecteur des « vérités officielles ». Ce qui en déroge devient ipso facto « complotiste »,

Une partie de l’explication se trouve dans le manque de rigueur intellectuelle des journalistes et des médias. Pourtant toute l’information est là, disponible ; mais on l’ignore. Par exemple, en décembre 2019, Le Temps évoque la présence d’une unité secrète des services de renseignements militaires russes (GRU) dans les environs de Genève : l’unité « 29155 ». Elle serait composée de « vrais tueurs, spécialistes des opérations clandestines, du sabotage et, donc, des assassinats ». En réalité, le journal affabule : « 29155 » se réfère au numéro d’acheminement du courrier postal d’une unité dont l’existence se trouve depuis de nombreuses années sur un site russe consacré à l’histoire militaire du pays ; il s’agit du 161e Centre de formation du Renseignement du GRU spécialisé dans l’étude et la formation sur la technologie des armes étrangères. Ses chefs apparaissent également sur internet.

De même, lorsque le même quotidien affirme, en décembre 2018, que la Russie est derrière les manifestations des Gilets Jaunes en France afin d’y « amplifier les divisions », quels sont les faits ou éléments concrets qui permettent de l’affirmer ? Rien. On est dans des conjectures, mais qui, à force d’être répétées, tendent à devenir des faits. On ne se pose même pas la question du « pourquoi ? » : la Russie est un « méchant ». Pourtant, la Russie a-t-elle vraiment besoin de s’exposer politiquement pour amplifier les divisions en France, où l’immigration est si mal gérée, où les décisions politiques apparaissent parfois surréalistes, où l’insécurité reflète des réalités sociétales qu’on a presque délibérément ignorées durant des décennies et où la voix du peuple ne semble avoir, pour seul recours, que la manifestation pour être entendue? On pourrait voir dans ces accusations du « complotisme », car techniquement elles en ont exactement l’architecture : un assemblage de faits, en fonction d’une logique extérieure à l’événement (voire arbitraire), et que l’on voit guidé par une intelligence supérieure.

Il y a peut-être une partie de « complotisme », mais il s’agit plus probablement d’un mélange d’ignorance, d’opportunisme et de manque de déontologie. En fait, très peu de journalistes – voire pratiquement aucun en Europe – n’ont une connaissance et une compréhension de la manière dont la désinformation est pratiquée par la Russie. Et c’est le problème, les contraintes qui s’exercent sur les médias les ont poussés vers une superficialité qui ne permet plus d’aborder la complexité des crises modernes.

Afin d’éviter de tomber dans le piège facile de trouver des informations qui contredisent le discours officiel, le choix des sources de mon ouvrages s’est effectué avec une grande rigueur. Ainsi, j’ai pris des sources qui répondent au critère de « factualité » et ai systématiquement écarté celles qui étaient trop marquées politiquement à gauche ou à droite. De plus, je me suis très largement appuyé sur des rapports officiels de services de renseignement, d’organisations internationales ou de la presse traditionnelle. Evidemment, il m’a fallu prendre des exemples.. Ainsi, un journaliste de France Inter m’a reproché de me référer à « voltaire.net » et à Thierry Meyssan : en réalité il n’a lu que les notes de bas de page, mais n’a pas lu le texte, car j’ai cité ces deux sources dans des cas où je contestais leur point de vue, précisément parce qu’il n’était pas factuel !… C’est d’ailleurs exactement le même phénomène avec ConspiracyWatch, qui critique le livre sans l’avoir lu, et les journalistes qui l’approuvent… C’est la disparition d’une certaine déontologie professionnelle, qui favorise les discours complotistes.

En réalité, mes détracteurs sont eux-mêmes des promoteurs de fausses informations et de conspirations, comme nous le verrons…

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Le monde politique, la belle affaire!

Le feuilleton Navalny se poursuit, qui se soucie de sa vie? On commente, on affirme, pendant ce temps-là, un homme est dans le coma.

Comme nul ne sait exactement ce qui lui est arrivé, on reste dans un flou qui n’a rien d’artistique.

Alors que l’on ignore ce qui a favorisé le transfert du blogueur et activiste russe en Allemagne pour y être soigné, on y va de son appréciation personnelle.

En d’autres termes, on est en pleine interprétation de faits qui, peu à peu, deviennent des « vérités ».

Car à défaut de connaître le fond de l’affaire, nombre de personnes se contentent d’entonner les sempiternels refrains qui dressent « pro-russes » contre « russophobes ».

Alors que le monde politique est d’une telle opacité! Tissé de passions et d’intérêts, il fascine, exaspère ou indiffère.

Car sous couvert d’arguments sont véhiculés toutes sortes de propos qui devraient nous convaincre d’une cause ou d’une autre.

Or ce ne sont toujours que des points de vue que chacune et chacun est libre de partager ou non.

En l’occurrence et sans éprouver de sympathie particulière pour Navalny, je pense à lui, pris qu’il est au coeur de tensions qui vont bien au-delà de son seul engagement d’activiste.

Politique, société, Voix

Navalny, au-delà de la politique, l’homme

Et si Alexeï Navalny -dont on sait le sort adverse qui l’a visé- était, en réalité, une victime de règlements de compte qui le dépasseraient?

Face à des tensions qui s’éternisent, se présentent parfois des opportunités qui changent la donne, peu importe leur coût humain!

De quoi penser autant à Alexeï Navalny et à ses proches qu’à tant d’autres que la politique traite avec les égards de circonstances.

Cet article du Figaro, dans ce sens, est instructif .

Il y est fait mention, par exemple, de la pression exercées par les Etats-Unis sur l’Allemagne dans le cadre de sa politique envers la Russie et des intérêts que la première aurait au gazoduc Nord Stream 2.

Là, avec l’affaire Navalny, la Chancelière semble avoir été remise à l’ordre. Celui d’une réalité qui doit absolument être prêtée au Kremlin.

D’ailleurs, le Figaro, nous explique, dans ce même article, comment la surveillance policière mise en place à l’hôpital d’Omsk était aux ordres du Maître tandis que celle, tout aussi présente qui entoure le « patient russe » à Berlin, n’est là que pour sa seule sécurité.

Ouf, nous voici informés!

Politique, société, Voix

Le feuilleton Navalny se poursuit, en alternance avec celui du virus

Nos médias suivent avec la plus grande attention le sort adverse réservé à ce citoyen russe présenté comme « adversaire numéro un de Vladimir Poutine », variante au « principal opposant » du même.

Après avoir commenté, dans le sens où je me suis exprimée ici, un article publié sur le site du journal Le Monde, l’évidence du constat a été incontournable.

Rappeler d’Alexeï Navalny qu’il n’est pas le « principal opposant » du Kremlin? Re-belotte, me voici suspectée d’être « en service commandé ».

En rire reste bien sûr possible plutôt qu’en pleurer.

Pourtant, tout cela est d’un triste!Triste comme l’est un jour de pluie sans fin. Triste comme le sont ces visages fermés, ces regards braqués sur tout et rien, pis, vides.

Car c’est bien de cela dont il s’agit ici.

De personnes qui ne se donnent plus la peine de lire, de personnes à l’horizon balisé et défini une fois pour toutes et à jamais.

Félicitations à qui matraque à coup d’informations sélectives et orientées qui font que se risquer à les nuancer revient de plus en plus  à jouer les kamikazes.

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Affaire Navalny, une professeure nous explique…

Dans le cadre de l’affaire Navalny, Cécile Vaissié, auteure, entre autre, d’un ouvrage intitulé « Les Réseaux du Kremlin en France », s’est exprimée dans plusieurs médias occidentaux.

Il est vrai que la France ne compte que très peu de spécialistes de son envergure. Heureusement d’ailleurs car d’un tel talent d’approximation, on se passe volontiers.

En l’occurrence, cette « professeure en études russes, soviétiques et post-soviétiques à l’Université Rennes 2 » nous explique que  « les médecins faisaient ce qu’on leur disait de faire au Kremlin ».

Qui est « on »?

Peu importe, c’est le ton qui fait la chanson, comme dit le proverbe. Ici, tout réside dans le choix des termes de l’énonciation. « On », rien de plus précis que « on », rien de plus percutant sans doute aussi.

A l’Académie d’apprécier pareil flou dans les assertions si pour leur part, public et médias s’en satisfont!

Pour le reste, un procès en appel nous attend, Cécile Vaissié, son éditrice et nous autres cinq des six plaignants que nous étions contre la décision rendue par le Tribunal de Grande instance.

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Ce Kremlin qui tremblerait face à Navalny…

Vous le savez, ce blog a été de manière chronique et répétitive, perçu comme antenne du Kremlin ou presque. Enfin, il y a aussi eu -et je les en remercie- des lecteurs et des lectrices capables de faire la part des choses mais surtout, de savoir lire la teneur d’un propos.

Il semble que cela doive de plus en plus être relevé tant on observe comment et pour toutes sortes de raisons, on préfère tordre un énoncé dans le sens qu’on veut lui donner et qu’il n’a pas. Ainsi en est-il aussi de celui dont tant de nos médias nous racontent le sort adverse, je veux parler ici d’Alexeï Navalny.

Si je lui souhaite, ici, un très prompt rétablissement dans les meilleures conditions qui soient, je tiens tout autant à rappeler que ce Monsieur sans cesse présenté par nos élites politico-médiatiques comme « le principal opposant » du Président russe, ne l’est tout simplement que par leur seule lecture.

Navalny ne pèse pas très lourd comme « adversaire » de Vladimir Poutine.

Ses supporters ne représentent pas même, en pourcentage, un chiffre qui dépasserait celui des cinq doigts d’une main. Qu’à cela ne tienne, nos médias alimentent le mythe du « principal opposant » qui ferait trembler le Kremlin. A tel point que s’en débarrasser serait devenu un objectif prioritaire.

Est-ce qu’au moment où la Biélorussie et son Président à la légitimité contestée sont en ligne de mire, empoisonner Alexeï Navalny aurait un intérêt? Celui de la stratégie de diversion? Les divers expert(e)s invité(e)s de nos médias auront sans doute une réponse qui nous rappellera, souhaitons-le, à la raison.

Car enfin, il semble bien que cette formule consacrée et répétitive à souhait de « principal opposant » à Vladimir Poutine doive entrer dans les cerveaux occidentaux pour bien leur faire comprendre que cet homme, à défaut d’être une figure marquante de la vie politique russe, en est surtout sa cible par l’acharnement dont il serait victime.

Alexeï Navalny a désormais été transféré en Allemagne pour y être soigné.

C’est une bonne chose pour lui, pour les siens et pour toutes celles et ceux qui auraient suspecté la médecine russe d’être à la botte du Maître. Puisse son « principal opposant » se rétablir dans les meilleures conditions qui soient, c’est le voeux que j’émets ici. Mais aussi, qu’un jour enfin, l’information délivrée sur ce vaste pays qu’est la Russie soit moins orientée.

Ce serait dans l’intérêt général mais qui s’en soucie encore est une autre question…

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COVID-19, Essai de 10e synthèse, interview

Le 4 avril dernier avait été proposée sur ce blog l’interview du créateur d’un site internet en relation avec ce virus qui tient le monde en alerte ou en otage, à choix.

Pour cet essai de 10e synthèse, je vous propose un nouvel entretien avec Olivier JUNOD dont le site s’est, depuis lors, enrichi de diverses réflexions, opinions émises en relation avec toutes sortes d’articles indiqués en lien.

Olivier JUNOD bonjour! Quel est votre sentiment sur l’évolution de cette crise générée par l’apparition du coronavirus qui n’en finit pas de faire des vagues à défaut de nous confronter à la deuxième qui nous est annoncée depuis quelque temps déjà?

Olivier JUNOD:  Bonjour Hélène, j’ai l’impression que cela continue comme cela a commencé. Impossible de trouver une vraie logique dans les décisions prises, cacophonie générale… par exemple, comment comprendre que si ce Covid est réellement dangereux, les lieux de rassemblement ne pouvant garantir une distance sociale comme les discothèques aient ouvert à nouveau? Que les plages soient bondées? Que des rassemblements en dessous de mille personnes soient autorisés?

Il y a eu un énorme effort collectif lorsqu’on a fermé les commerces et mis l’industrie en veilleuse, d’une manière générale, afin d’endiguer le virus. Personnellement, je n’ai jamais pensé que cela ait été nécessaire mais passons, on l’a quand même fait, mettant au passage des milliers de gens dans des situations précaires: au niveau financier (les dégâts sont encore inconnus), moral, social. Puis, dès l’ouverture des commerces, on oublie presque tout, comme si le virus n’avait jamais existé.

Bien sûr, je comprends ce désir de vivre, qui a été en berne durant deux mois. Mais pourquoi reprendre sans précautions? Est-ce un aveu, qui montre que le Covid n’était finalement pas grand-chose et que l’on a fait beaucoup de bruit pour rien? Pour moi, c’est un mystère. En fait, tout est question de logique: soit le virus est dangereux, et il faut continuer avec des gestes barrières partout et pour tous, c’est le minimum qui me paraît sensé; ou alors tout cela est fantaisiste, et on peut arrêter ces simagrées.

– Comment vous situez-vous par rapport aux diverses prises de position qui s’affichent ici et là?

– Je n’adhère pas aux diverses thèses complotistes, mais il faut avouer que je comprends parfaitement ceux qui pourraient y croire. Je dois dire que tant de choses paraissent nébuleuses que, malgré tout, j’ai perdu toute confiance en l’appareil étatique.

– Quel avenir souhaitez-vous à votre site?

– Mon site n’est pas important. Par contre, si l’on veut être prêt pour la prochaine pandémie, il faut revoir beaucoup de choses. Je pense que l’armée a un rôle à jouer. Et, évidemment, si l’une ou l’autre des solutions que je propose pouvaient voir le jour, cela m’enchanterait… Ceci dit, je continuerai à développer mon site si certaines informations me paraissent pertinentes. Et je pense qu’il y aura encore fort à faire… Dernièrement, je m’en suis pris aux fonctionnaires, qui semblent plus fragiles que les (autres) travailleurs, puisqu’ils ont bénéficié de conditions que n’ont pas eu les autres. Je pense que cela doit être mentionné.

– Pensez-vous que le sens critique a encore une chance d’être pris en compte?

– Je vois que les gens ne sont pas dupes. Beaucoup comprennent le manque de logique, les décisions qui sont ensuite contredites, des tas de points non élucidés. Le sens critique est donc intact, après la période de peur qu’il y a eu, et qui a été très bien entretenue par les médias, qui répétaient en boucle les mêmes informations sans intérêt. Par exemple, on parle aujourd’hui de remontée des cas, mais quel média pointerait le fait que cela est dû au nombre de tests bien supérieur qu’auparavant? Il vaut mieux regarder le nombre de décès, qui reste très faible à l’échelle du pays. Mais les médias en parlent beaucoup moins. Donc, les gens ont compris le jeu des médias, et il y a beaucoup de déception – je pense que les gens se sentent bernés, voire manipulés.

Je m’autorise à ajouter que mon site permet à tous d’y trouver des liens intéressants, que l’on soit persuadé que tout cela n’est que conspiration, ou que l’on ait un esprit, disons, plus terre-à-terre. J’apprécie beaucoup que l’on me fasse connaître des liens que je ne connaissais pas, ou tout ce qui peut faire avancer le site.

– Merci, Olivier! Et je rappelle, ici encore, le lien à votre site.

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Pays cobayes, la Fondation Gates à l’oeuvre

Ce qu’on voit défiler sur les réseaux sociaux peut, parfois, laisser perplexe. Mais quand c’est un journal tel que Le Monde qui publie un article  relatif au carnet de vaccination sous-cutané, là, on n’est plus dans le propos classé « complotiste » .

On est bel et bien dans une réalité qui concerne, pour l’instant trois pays. En effet, au Kenya, au Malawi et au Bangladesh sont menées, dans un premier temps, des enquêtes d’opinion sur le sujet.

L’invention de nanoparticules injectables sous la peau et détectables ensuite avec un smarphone modifié, on la doit à des ingénieurs du Massachusetts Institute of technology (MIT).

Or, selon Le Monde, aussi bien l’invention que l’enquête sont financées par la Fondation Gates.

Les commentaires qui suivent l’article témoignent du sens critique de lecteurs qui, pour l’un, s’étonne que des chefs de gouvernement aimant leurs peuples respectifs acceptent de les voir soumis à pareilles enquêtes ou, pour un autre, s’interroge sur le fait qu’elles n’aient pas lieu aux Etats-Unis, par exemple.

On n’est plus dans la politique ici, et encore moins dans celle qui se soucierait de santé. Sauf à admettre qu’une fortune amassée par un individu lui dicte sa feuille de route et l’avenir des populations de la Terre entière.

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Aventures covidiennes

En fin de semaine dernière, je rejoignais un ami dans un café-restaurant du canton de Genève.

A peine avais-je quitté la rue pour pénétrer sur la terrasse du lieu qu’une femme, serveuse, gérante ou les deux à la fois, rien ne permettait de le savoir, me dit « Le masque, Madame, il est obligatoire! » .

Et des clients de l’établissement de renchérir, « c’est écrit! »

Merci, je savais lire, j’avais juste pensé que les deux pas qui me séparaient de la table où je m’installerais pouvaient s’effectuer sans masque à ôter aussitôt mis.

Or non.

Cet après-midi, mieux encore. Je rejoignais, cette fois, une amie sur la terrasse d’un hôtel de Genève. A l’entrée, deux jeunes femmes se tenaient debout, immobiles. Je cherche du regard mon amie, voici les vigiles se diriger vers moi.

D’un ton courtois, toutefois, elles me prient de me soumettre à une prise de température. Je leur explique que je ne vais pas à l’intérieur mais resterai dehors. C’est pareil, me disent-elles en choeur.

Très bien, nous irions ailleurs.

Il devait tout de même bien exister des terrasses où notre température ne serait pas mesurée et où le masque ne serait pas exigé pour s’asseoir à une table, ou bien?

En effet, est-ce parce qu’un trottoir la traverse, cette terrasse, rien ne nous a été demandé. Ni masque, ni prise de température.

Une de mes relations est décédée des suites de ce virus, j’ai donc conscience de sa dangerosité. Mais tout autant de celle qui menace nos sociétés par l’incohérence et l’abus de mesures qui leur sont imposées.