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La brigade et l’église

Genève à son grand quotidien qui, certes, réserve encore un espace à des points de vue qui divergent de sa ligne éditoriale mais relaie la célébration des dix ans d’une « brigade », il en a été question ici.

Genève a son « église russe » -comme on l’appelle ici- mais qui, en réalité, réunit des fidèles originaires de pays qui ont été ou sont en guerre avec la Fédération de Russie.

Que l’on soit croyant ou pas, rejeter la haine affichée envers un peuple est essentiel et pourtant semble devenir périlleux. Qu’à cela ne tienne, écoutez ce que j’ai cueilli au passage, tout à l’heure, à deux pas de la Vieille Ville de Genève.

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Un bataillon si populaire se fête!

La Tribune de Genève publie un article et l’intitule, « La brigade Azov a dix ans et reste plus populaire que jamais. »

Pour qui connaît un peu l’histoire et les hauts faits de ce bataillon soudain devenu « brigade », nul doute que le grand quotidien genevois ne rencontre aucun problème de conscience à évoquer la célébration de son dixième anniversaire.

Normal quand on s’arrange pour considérer comme fantasme ou propagande russe, le passé nazi de ce bataillon, si soigneusement ignoré sinon dans l’allusion au refus du congrès américain que « les autorités ukrainiennes délivrent des armes américaines à la brigade en raison de son trouble passé. »

Et un jeune homme interviewé dans l’article d’être cité: «Marioupol a montré nos aptitudes au combat. Peut-être qu’aux États-Unis des gens pensent qu’on est nazis, mais ce n’est pas vrai».

Et pour que l’on mesure bien la force morale de ce vaillant guerrier, la journaliste qui signe l’article conclut à son sujet qu’il « prie ou écoute des chansons d’un groupe de rap ukrainien. Sa favorite: «La guerre n’en finit pas».

Dans un précédent sujet de ce blog, j’ai déjà eu l’occasion de dire que ce monde m’échappait. Là, il ne m’échappe plus, il me sidère.

 

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Rappeler la mémoire de 25 millions de morts soviétiques, de la propagande selon notre valeureux Occident

Qui a sacrifié vint-cinq millions de vies humaines pour sauver l’Europe du Führer?

Qui entretient la mémoire fasciste en rebaptisant l’une des principales artères de Kiev du nom de Stepan Bandera dont on s’ingénie à nous montrer qu’il n’y est pas lié ou si peu, à cette glorieuse mémoire?

Deux questions essentielles qui ont toutes les chances de se heurter à celle qui revient sans cesse, « qui a envahi l’Ukraine? ».

C’est plus simple d’éluder ainsi les huit ans de guerre dans le Donbass qui ont précédé le 24 février 2022 et fauché des milliers de vies d’enfants, d’adultes et de personnes âgées.

Autant de victimes que nos médias, quand ils daignaient en parler, qualifiaient de rebelles quand elles n’étaient pas terroristes.

C’est plus simple aussi de faire l’impasse sur le massacre de la maison des syndicats d’Odessa du 2 mai 2014. Merci à Jack Dion d’en avoir traité dans Marianne.

Et cela met en avant un Occident si moral qui n’a évidement agressé aucun peuple ni jamais bafoué le droit international.

Nos gouvernements et leurs médias affiliés flirtent en zone dangereuse à négliger l’importance que revêt toujours aux yeux des Russes la victoire sur le nazisme.

Dans les familles, les mémoires sont encore vives et à vif. Mais nos spécialistes accrédités nous assènent que cultiver le souvenir d’êtres chers tombés pour nous libérer du nazisme relève de la propagande.

Inutile d’être « pro-russe » pour retenir quelques leçons d’Histoire que nos élites seraient bien inspirées de ne pas escamoter.

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La Suisse et ses brillants émissaires

« La Suisse est-elle dans le viseur de Poutine? » intitule de façon accrocheuse la Tribune de Genève. Poser la question c’est y répondre, dit la proverbiale locution-phrase.

En l’occurrence, c’est un ancien Conseiller Fédéral, Kaspar Villiger, qui soulève la problématique de la neutralité de la Suisse, neutralité dont on sait comment elle se réduit à peau de chagrin.

Selon le politicien, rien n’assure que la neutralité ne protège la Suisse qui, au contraire, pourrait devenir « une cible militaire pour les attaques russes ».

Et d’ajouter que « Si la Russie gagnait la guerre, cela « donnerait des ailes à Poutine ».

« En outre, des « massacres russes en Ukraine » pourraient entraîner « un énorme flux de réfugiés avec un effet déstabilisateur pour les pays occidentaux. » »

Moralité de l’affaire, l’Ukraine doit gagner la guerre sans quoi l’Europe entière serait envahie par un Poutine ailé voguant sur des flots de réfugiés.

De quoi animer le grand raout organisé à la mi-juin en Suisse et où il devrait être question de paix qu’on discutera entre soi et sans la Russie dans un « Resort » qui surplombe le lac des Quatre-Cantons.

Entre vue imprenable, beauté d’un cadre à couper le souffle, délicatesses et réjouissances, c’est vrai que l’évocation de sanglants champs de batailles et de victoire à y remporter à n’importe quel prix sur la Russie coule de source.

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« Désoviétisation »: inculture ou propagande?

La Tribune de Genève de ce 1er mai publie le petit encart qui illustre ce sujet. Communiqué de l‘AFP  – acronyme de l’Agence France Presse – il évoque le démantèlement d’un « monument soviétique sur fond de l’invasion russe de l’Ukraine. »

Ce monument est une composition érigée en mémoire du traité de Pereïslav dont l’ex-URSS a célébré le tricentenaire en 1954. L’événement n’a donc rien de « soviétique » puisque le traité date de janvier 1654.

Il est scellé lorsque la Rada est convoquée par Bogdan Khmelnitski. Dans sa lutte contre la Pologne, l’assemblée parlementaire ukrainienne décide alors de prêter serment au tsar Alexis Ier, père de Pierre le Grand.

Quant au monument en question, il n’est pas précisé dans ce communiqué de l’AFP repris par la Tribune de Genève, qu’il sera transféré dans un musée de Kiev comme l’indique, en revanche, cet article-ci.

C’est dans le cadre de ce tricentenaire de l’union de l’Ukraine à la Russie qu’en février 1954, l’oblast de la Crimée est transféré de la République Socialiste Fédérative soviétique de Russie (RSFSR) à la République Socialiste Soviétique d’Ukraine (RSSU) par Nikita Khroutchev.

Un peu d’histoire sur la complexité des relations entre Ukraine et Russie aurait été bienvenu plutôt que ces quelques lignes qui mêlent allègrement la Russie soviétique à la Fédération de Russie. Ce mélange de temps et de genres est souvent cultivé par nos journalistes.

En donner la raison n’a pas lieu d’être ici, le constat suffit déjà à y réfléchir.

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Regrettable « problème technique »

Expliqué par un « problème technique », lors de la cérémonie de remise des médailles du championnat d’Europe de boxe, l’hymne national russe saluant la victoire de Yulia Chumgalakova, s’interrompt brusquement.

Quoi qu’il en soit, l’athlète russe continue de chanter, soutenue par ses fans.

Regrettable « problème technique » vu le contexte qui prête à toutes sortes d’interprétations dès lors que se mêlent déjà trop souvent politique, sport et culture.

Alors rétablissons l’erreur en hommage à cette jeune fille qui, en dépit de son émotion, ne s’est pas répandue en doléances.

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Entre nous

« Entre nous », oui, car ce blog ne compte pas de millions et encore moins de centaines de milliers ni même de milliers de « followers » comme on dit aujourd’hui mais un public auquel je m’adresse avec reconnaissance.

Les réactions à ce que je publie, exprimées ou non en commentaires postés directement ici ou sur les réseaux sociaux où je partage les sujets, ces réactions ne me sont jamais  indifférentes.

Les échanges de points de vue, même parfois tendus, obligent à la réflexion. Mais des revers, ce blog en a connus. Surtout lorsqu’il a été fermé par la médiation de la plateforme qui l’avait hébergé neuf ans durant.

C’est du passé. Et de ce passé, me sont restés quelques fidèles parmi les fidèles, ils se reconnaîtront.

Merci à eux, merci à vous qui, comme moi, tentez de suivre une actualité dont des séquences sont souvent sélectionnées au détriment d’autres, de préférence occultées.

Ce procédé n’a rien de très nouveau et longtemps, j’ai refusé le fatalisme incitant à se résigner.

Je pensais possible une lutte même inégale contre les mammouths de l’information. Étais-je naïve, non je gardais espoir. Espoir que le souci d’impartialité l’emporte sur le parti pris.

Je me suis leurrée.

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Ce monde? Une vaste plaisanterie

Intéressantes, les réactions à cet article libre d’accès paru dans la Tribune de Genève. À leur lecture, on constate que les personnes qui commentent savent faire la part des choses entre ce qui est reproché par la Russie à la Suisse plutôt que de s’en prendre à la première seulement.

Depuis des années et bien avant le 24 février 2022, la Russie est mise au pilori. Elle semble seule à compter des espions, seule à compter des journalistes ou autres élites « disparaître », seule à maltraiter ses opposants politiques, seule à ne pas respecter les sacro-saints droits humains.

Depuis des années et bien avant le 24 février 2022, la Russie a fait tout faux. Dans le Donbass, les milliers de morts de tous âges, les centaines de milliers de blessés et le plus d’un million d’exilés, la seule Russie en est responsable. Le gouvernement ukrainien n’a voulu que la démocratie.

Depuis des années et des années et bien avant le 24 février 2022, on devait comprendre que la Russie était un pays peu fréquentable car gouvernée par un homme dont on a tout dit, lu et entendu mais surtout qu’il fallait le distinguer de son peuple qui n’avait que le choix de se soumettre à sa férule.

La Suisse politique et médiatique a désormais rejoint le camp du bien et de fait, perdu ce qui la fondait, sa neutralité. Parce que le mal n’est que du côté russe, on s’aligne sur la politique de pays dont on reconnaît les valeurs. Extraordinaire vision du monde dont on débattra dans le « joyau du Qatar« , le Bürgenstock.

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Sommet ou cabinet?

Donc les autorités suisses, qu’on avait autrefois coutume d’appeler « les sept sages » et qui constituent le Conseil Fédéral, organisent un « sommet pour la paix en Ukraine ».

Sept sages qui s’estiment si bien l’être qu’ils agissent au nom d’une population dont ils jugent inutile de connaître l’avis.

Cette même population, par sa participation financière non négligeable, soutient ainsi de facto un « sommet » qui a toutes les chances de s’apparenter à une coquille vide.

Car vous le savez, la Russie est exclue de cette rencontre alors que le Département Fédéral des Affaires Étrangères dirigé par l’ancien médecin cantonal du Tessin admet que rien ne pouvait être décidé sans elle.

« Un vrai cabinet de curiosités », commente le Président de la Fédération de Russie. Critique que la Suisse ne commente pas, nous apprend la Tribune de Genève.

Les cabinets de curiosités recèlent parfois de véritables merveilles, en témoigne cette vidéo que je vous invite à découvrir en cliquant sur ce lien.  

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Ce monde m’échappe

La Tribune de Genève informe qu’en juin prochain, « Le sommet pour la paix en Ukraine aura lieu au Bürgenstock ». L’article est réservé aux abonnés, les commentaires sont, je crois accessibles et valent qu’on s’y arrête.

Le journal gratuit 20 minutes, quant à lui, vous ouvre les portes du « mythique palace alémanique que les Romands ne connaissent pas ».

On nous montre un complexe de luxe dont on retrace l’histoire, on nous explique pourquoi « le sommet » y est organisé et pas, par exemple à Genève. Bref, on constate comment travaillent nos autorités.

Dépenser des millions pour parler de paix en Ukraine sans que la Russie n’ait son moindre mot à dire, c’est à se demander ce que signifie le mot « paix »!

Qui plus est, en parler dans le luxe d’un « resort » avec vue imprenable sur un cadre idyllique tandis que jour après jour depuis dix ans dans le Donbass,  la misère côtoie la mort, c’est à se demander comment s’opère le choix de lieux destinés à ces discussions.

Ce monde m’échappe.