Catégorie

Voix

Histoire, Politique, Voix

Tensions entre Etats-Unis et Russie, reprise de nos entretiens avec Jacques BAUD

-Nos médias se félicitent de la politique étrangère de Joe Biden et pourtant, les tensions entre les États-Unis et la Russie ne semblent pas sapaiser ?

Jacques BAUD: -En effet ! Il est cocasse de voir Pascal Boniface se faire le chantre de « Super Biden » entre ses larmoiements pour n’être pas suffisamment invité dans les médias ! En fait, comme me l’avait dit à l’époque un de mes instructeurs de la CIA, les Européens comprennent très mal le système politique américain : il y a des Démocrates plus à droite que des Républicains et des Républicains plus à gauche que des Démocrates. C’est particulièrement vrai en matière de politique étrangère, que les Démocrates mènent généralement de manière plus agressive. Trente ans plus tard, c’est toujours vrai ! La composition de l’équipe de Biden l’indiquait déjà en 2020, mais en France, on ne voit bien que ce que l’on veut voir ! (Ce qui explique d’ailleurs les petits désagréments juridiques de certains, plus dus à leur méthode de travail qu’au fond de leur pensée… Je me comprends !)

La politique étrangère de Joe Biden est analogue à celle de Donald Trump : sans en avoir le côté flamboyant, elle est tout aussi chaotique. Ainsi, le 13 avril, lorsque Joe Biden propose à Vladimir Poutine un sommet pour discuter « toute une série de problèmes », les Russes répondent avec prudence et veulent voir si cette initiative reflète un réel souhait d’apaisement. Manifestement, les Russes ont mieux compris que Pascal Boniface, car le 14 avril Joe Biden impose de nouvelles « sanctions dures » à la Russie… L’art de prendre des mouches avec du vinaigre ! 

Quant à la rationalité de ces sanctions, ce n’est pas beaucoup mieux ! Pour les justifier, Joe Biden évoque l’attaque informatique de décembre 2020 (affaire SolarWinds) et les primes offertes par la Russie aux Taliban pour tuer des militaires américains. Deux affaires pour lesquelles les Américains n’ont jamais apporté aucune preuve ! Pour l’affaire des primes, non seulement même leurs services de renseignement pensent que c’est une fausse information, mais l’année 2020 a été la première année de la guerre en Afghanistan où les Américains n’ont pas eu un seul mort ! Quant à l’affaire SolarWinds, il apparait qu’elle a son origine en Israël et n’a aucun rapport avec la Russie…

Il n’y avait donc aucune volonté d’apaisement du côté américain, ce qui explique la retenue russe.  

– Laffaire Navalny refait surface et saccompagne daccusations sur le sabotage de dépôts de munitions en Tchéquie. Vous avez été en poste à lOTAN à l’époque des faits. Quen est-il ?

Jacques BAUD: -En fait, il faut revenir au 17 avril, lorsque les autorités russes annoncent avoir arrêté des individus qui préparaient un coup contre le président Lukashenko du Belarus. Vrai ou faux ? Dans cette ambiance de guerre des mots, on n’en sait rien. Toujours est-il que dans son discours à l’Assemblée Fédérale du 21 avril, Vladimir Poutine déclare :

[…] vous pouvez penser ce que vous voulez, disons, du président ukrainien Ianoukovytch ou de  Maduro au Venezuela. Je le répète, vous pouvez les aimer ou ne pas les aimer […]. Vous pouvez avoir votre propre opinion sur la politique du président du Belarus Alexandre Loukachenko. Mais la pratique consistant à organiser des coups d’État et à planifier des assassinats politiques, y compris ceux de hauts fonctionnaires – eh bien, cela va trop loin. C’est au-delà de toutes limites.

Naturellement, aucun média occidental n’a relevé ce passage (ce qui semble indiquer que les accusations de Poutine sont bien réelles). Le point intéressant ici est que dans les heures qui ont suivi l’annonce de ce démantèlement, la Tchéquie a subitement accusé la Russie d’être responsable de l’explosion du dépôt de munition de Vrbětice en 2014 et annoncé l’expulsion de 18 diplomates russes… Pour ajouter au ridicule, l’accusation tchèque désigne comme responsables du sabotage les deux mêmes « agents » du GRU que Bellingcat avait « identifié » dans l’affaire Skripal.

En 2014, j’étais responsable de la lutte contre la prolifération des armes légères à l’OTAN. Ce dossier comprenait également la sécurité physique et la gestion des dépôts d’armes et de munitions (PSSM) des pays de l’OTAN. Or, l’accident de Vrbětice avait clairement été identifié comme un problème technique de défaut de maintenance, et strictement rien n’indiquait une action de sabotage. Clairement, la Tchéquie ment.

Cette désinformation, favorisée par la corruption endémique en Tchéquie participe aux efforts américains pour culpabiliser l’Allemagne de persévérer dans son projet Nord Stream 2 avec la Russie. Accessoirement, elle a permis d’influencer négativement la décision tchèque d’acquérir le vaccin Spoutnik V, qui divisait la classe politique (en provoquant la démission du ministre de la santé Jan Blatný au début avril parce qu’il s’opposait à l’acquisition du vaccin russe !), et d’exclure la firme russe ROSATOM de la compétition pour la construction d’une centrale nucléaire en Tchéquie !.. Navalny devrait exercer ses talents contre la corruption en Tchéquie (qui dispute, par ailleurs, à la Hongrie la première place mondiale du nombre de morts CoViD par habitants, avec un taux quatre fois supérieur à celui de la Russie) ! Ce qui donne une image assez précise de la qualité et de l’intégrité du leadership tchèque ! 

Donc, malgré sa conférence sur le climat, Joe Biden conserve les principales caractéristiques de la politique étrangère de Trump : le parjure (avec le non-respect de l’accord sur le retrait d’Afghanistan), le mensonge (avec le remplacement des militaires américains en Afghanistan par des mercenaires, qui ne tombent pas sous le coup de l’accord signé), la sottise (voir plus haut) et l’incohérence (ditto)… « Super Biden » !

Merci de vos éclairages, Jacques Baud.

Histoire, Politique, société, Voix

Les guerres invisibles… et le contrôle des cerveaux

D’un article publié par Le Monde, ce 16 avril 2021 et intitulé Fini les illusions de l’après-guerre froide : le retour de « l’ennemi », nouvelle réalité pour la France, je vous propose de méditer ces deux extraits. Il s’agit de propos tenus par Thomas Gomart, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI):

« nous assistons à un enchevêtrement des affaires civiles et militaires. (…)un pays peut, par exemple, simultanément envoyer un signal stratégique avec des manœuvres nucléaires, faire des exercices conventionnels, infiltrer des forces spéciales, tout en agitant les réseaux sociaux et en conduisant des actions via les médias traditionnels. Et tout ça entremêlé ».

« A la différence des guerres de masse du XXe siècle, les guerres invisibles ne visent pas à détruire ou contraindre les corps, mais plutôt à prendre le contrôle des cerveaux et des flux d’information. Elles sont fluctuantes, parce qu’elles visent à la maîtrise des nœuds névralgiques, ce qui n’exclut pas qu’il puisse y avoir un affrontement militaire direct. L’agilité réside dans la capacité à passer d’un champ à un autre, de l’antagonisme direct à la coopération ou du moins à la non-confrontation ».

Il semble bien que tout soit énoncé, ici, de manière assez claire, non?

Culture, Histoire, Politique, société, Voix

La russophobie, oui, de toutes mes forces je la rejette.

Vous doutiez de la pression exercée sur la Russie? En voici un témoignage, celui de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie. Elle s’exprime le jour même du crash d’un avion type Tupolev 154, survenu le 25 décembre 2016.

L’avion s’écrasait en mer Noire, à son bord, 92 passagers parmi lesquels la charismatique Doctoresse Elizaveta Glinka, Docteur Lisa comme on l’appelait, et 60 membres des Choeurs de l’Armée rouge. Si ce n’était pas éprouver la Russie au plus profond d’elle-même, qu’est-ce que c’était, sinon?

Un accident… ah oui, évidemment. Cela arrive, ma foi.

Que nos élites -ou dites telles- continuent à entretenir la russophobie comme elles s’y emploient et vous en apprécierez les conséquences tant s’observe la crédulité face aux « infos ». Il ne s’agit pas de vénérer le Président russe ou de l’exécrer, il s’agit juste de se montrer un tantinet critique.

Depuis des années, des personnalités sont mises en lumière au nom de soi-disantes valeurs qu’elles défendraient et nos médias relaient en boucle leur tout aussi soi-disant combat.  Plusieurs d’entre elles ont été citées et nommées, ici. Un cinéaste, une journaliste, un blogueur pour le plus récent.

Qu’à cela ne tienne, faute de temps, faute de curiosité intellectuelle ou de confiance à accorder à d’autres sources que celles, très sélectives d’agences de presse, on relaie leur communication ciblée et ainsi se propagent les mensonges.

Ce blog n’a rien de « politique » comme on veut le présenter. Je sais qu’on le déconseille pour la proximité qu’il afficherait avec le Kremlin. Je le sais d’autant mieux que j’ai eu les honneurs d’un ouvrage qui met en cause mes activités littéraires et interroge leur lien au pouvoir russe.

Quand se présente le seul discrédit à jeter sur un être et son oeuvre pour imposer le mensonge, on est dans une société qui corrompt. Fière de l’absence de tout soutien financier que je percevrais de quiconque, je maintiendrai ma ligne, celle du coeur et de l’amour que je porte à la Russie.

Politique, société, Voix

27 ministres européens des Affaires étrangères au chevet d’un gréviste de la faim…

La lecture de cet article de la Tribune de Genève -en réalité, une dépêche de l’AFP- en laisse plus d’un pantois, en témoignent les commentaires déposés à sa suite.

Il y est question du sort de celui qu’on a désormais fait comprendre au public occidental qui tente de s’informer, qu’il était « le principal opposant de Vladimir Poutine ». Certains journalistes l’ont appelé Alexandre, d’autres, Sergueï, en réalité, son prénom est Alexeï et son nom de famille, Navalny et c’est donc de lui que traite ladite dépêche reprise par le grand quotidien genevois.

De cet homme, il a été à plusieurs reprises question ici, vous le savez. Dans le cadre de l’un des nombreux entretiens que nous avons eus avec Jacques BAUD sur la désinformation, il a été expliqué ce qu’il en était de cet « empoisonnement », je vous invite vivement à le relire ici.

Ce qu’on découvre dans la dépêche de l’AFP a, heureusement fait réagir quelques commentateurs. Sinon, j’aurais cru rêver.

Imaginez, en effet, que, je cite, « Le sort d’Alexeï Navalny a été au programme lundi d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27, consacrée plus largement aux rapports avec la Russie, avec notamment le déploiement de troupes russes aux abords de l’Ukraine et les expulsions croisées de dizaines de diplomates russes et tchèques.

Le jour où le sort de n’importe quel innocent mort de faim et non celui d’un homme condamné pour corruption et qui se met volontairement en « grève de la faim » inquiétera « les 27 », alors on risque bien de passer dans « le monde d’après ».

Pour l’heure, nous sommes non seulement dans le même monde d’avant mais surtout, de plus en plus russophobe.

Merci aux trois commentateurs de l’article qui, chacun à leur manière, ont relevé l’aberration de pareille mobilisation européenne, interrogé à juste titre la responsabilité du Kremlin dans la décision du prisonnier d’entamer une grève de la faim et conclu à quel point était épuisante, la permanence de la propagande russophobe.

Culture, Histoire, Politique, Voix

À nos portes, la guerre

Ce matin, un ami qui se reconnaîtra, m’envoie par courriel un article d’un grand quotidien suisse français en ligne, qu’il accompagne d’un commentaire dont je le remercie tant il témoigne qu’écrire en réaction à ce qui se publie sur les médias mainstream n’est pas vain.

Car il faut bien le dire, le matraquage partisan de cesdits médias est, hélas, une réalité.

Et s’agissant de la guerre qui sévit depuis 7 ans dans le Sud-Est de l’Ukraine, les journalistes ne ménagent plus leurs efforts pour influencer l’opinion publique. Les victimes sont identifiées d’un côté, surtout pas de l’autre.

Un exemple flagrant l’avait démontré, lorsqu’à Odessa, la Maison des Syndicats avait été incendiée. C’était le 2 mai 2014, la rhétorique dont avait entre autre usé la Radio Télévision Suisse (RTS) pour témoigner de ce massacre avait été particulièrement éloquente.

Dans l’article du journal en ligne Le Matin de ce 17 avril que m’a fait parvenir cet ami, les morts ne sont qu’ukrainiens, au-delà de la ligne de front, ils ne se comptent pas. Mieux encore, l’usage de mines anti-personnel est attribué à la seule Russie alors que l’Ukraine y recourt tout autant. La preuve ici-même.

Pour le reste, vous aurait-on une fois expliqué comment le nationalisme ukrainien est mobilisé contre la Russie? Nationalisme ukrainien dont les liens avec le nazisme sont sus, nazisme sans cesse décrié lorsqu’on évoque l’holocauste mais soudain tu lorsqu’il sévit en Ukraine?

Et oui, à Kiev en juillet 2016, une grande avenue autrefois appelée avenue de Moscou, a été rebaptisée au nom de Bandera, un fidèle parmi les fidèles nazis.

Qu’à cela ne tienne, l’Ukraine a tous les risques d’être envahie par cette Russie dont on martèle journée faite le mal qu’elle inspire.

Et on informe, bien sûr. A tel point que j’ai pu lire, au gré de commentaires déposés sur des réseaux sociaux, que le Donbass était « occupé » par les Russes.

De cette région sinistrée de l’Europe où la guerre que se livrent les forces de Kiev et celles de dénommés « Pro-Russes » quand ils ne sont pas appelés « rebelles », il en a été question dans plus de 350 sujets de ce blog.

Et puis, y a été évoqué à deux reprises un ouvrage que je vous recommande, celui de Jean Géronimo paru aux éditions SIGEST.

Mais qui en a entendu parler, nos médias mainstream, depuis le début de ce qui n’était encore qu’une crise avant de se transformer en guerre fratricide, nos médias ayant de facto désigné l’ennemi russe aux portes de l’Ukraine?

Si cela s’appelle objectivité de l’information, alors il va falloir réviser le sens de ces termes dans l’ensemble des dictionnaires. Car non, on n’informe pas le public en Occident sur ce qui se passe en Ukraine.

On lui ment.

Culture, Politique, société, Voix

On sait les horreurs de la guerre, on découvre les sinistres trésors d’inventivité qu’elle inspire.

Des horreurs on sait toute guerre en compter plus qu’il n’en faut. Mais de là à s’en inspirer pour la création d’un parc d’attraction où se rendre en famille? Oui, vous avez bien lu et je n’invente rien.

C’est à l’Azerbaïdjan que l’on doit ce sinistre trésor d’inventivité.

Et si vous rechignez à le croire, rendez-vous à cette adresse qui vous donnera la preuve par l’image de l’inhumanité des promoteurs de ce site.

Le lieu rassemble mannequins de soldats arméniens en position humiliante, casques et armes récupérées et j’en passe, je vous laisse le soin d’apprécier ce qu’on présente comme modèle éducatif.

Les enfants azerbaïdjanais, emmenés par des adultes convaincus de former ainsi leurs progéniture, intègrent une belle vision d’avenir de paix et de respect à admirer autant de trophées de guerre!

On guette les réactions médiatiques, on attend les manifestations droits-de-l’hommistes, si promptes à se déployer pour dénoncer telle ou telle agression.

N’en est-ce pas une criante contre le peuple arménien? Que faut-il donc pour convenir aux standards de droits dits humains?

Politique, société, Voix

Voici qui fait plaisir!

Le 22 février 2021, une émission de la Radio suisse romande (RSR) a eu le mérite de mettre face à face deux points de vue sur  la Russie pour les confronter et laisser ainsi le choix aux auditrices et aux auditeurs de se faire leur propre idée dans la mesure du possible.

Isabelle Mandraud, l’interlocutrice française invitée de la RSR, est journaliste au grand quotidien Le Monde et a co-écrit avec Julien Théron, un ouvrage intitulé  » Poutine, la stratégie du désordre ».

On l’a entendue s’exprimer récemment sur la Crimée, il en a été question ici.

Piotr Tolstoï, l’interlocuteur russe, autre invité de la RSR, est l’arrière-arrière-petit-fils de l’écrivain du même nom. Actuel vice-président de la Douma, il a été longtemps journaliste avant d’intégrer le parlement en 2016.

Il est plaisant de constater que la RSR n’a pas encore perdu le sens de l’objectivité, à vous d’en juger ici.

J’ai eu, pour ma part l’honneur d’être invitée à participer à l’émission de débat qu’animait Piotr Tolstoï sur la première chaîne de télévision russe, Pervyj Kanal et j’en garde un souvenir prégnant.

J’y ai, en effet eu un aperçu de ce qu’était la liberté d’expression dont on aime à dire, chez nous, qu’elle serait étouffée.

Eh bien ce n’est pas tout à fait ce qui m’a semblé dans le cadre de cette émission fort animée et à laquelle avait été conviée, entre autre, une journaliste ukrainienne pour parler de ce qui continue de mettre son pays aux prises avec la Russie.

Ce que j’ai découvert comme qualité de débat entre toutes sortes de protagonistes n’a rien à envier à nos émissions télévisées françaises ou suisses. C’était le 22 octobre 2015,  Vremja pokozhet qu’animait encore Piotr Tolstoï à l’époque, a eu lieu en direct, vous pourrez vous en faire une idée en la regardant ici.

Politique, société, Voix

Sputnik V, quand l’omniscience s’en mêle…

Une de mes relations issue d’une Républiques de l’ex URSS, de retour au bureau après avoir séjourné quelques semaines dans son pays d’origine, me raconte…

Dans la discussion qu’elle a avec une collègue de travail, il est question, à un moment donné, de vaccins. Cette personne de ma connaissance parle de ce qui se passe dans son pays et dit, entre autre, qu’un membre de sa famille s’est fait vacciner.

Et la collègue de rétorquer, sourire narquois aux lèvres, « avec Spoutnik V »?

La personne de ma connaissance m’a dit avoir ressenti cette question de manière offensante. Comme si, au fond, n’étaient réservés à certains pays que le plus bas du bas de gamme.

Alors qu’elle sait l’excellence de la médecine russe. Et l’admettre n’est certainement pas parce qu’elle serait « pro-Russe », comme on aime à dire, non, en tout cas pas!

C’est juste une question de discernement. Mais dans cet Occident omniscient, on préfère railler..

En réalité, la réaction de cette collègue de travail ne révèle que l’efficacité de la propagande russophobe distillée par nos médias dits mainstream. Sinon, comment cette femme saurait ce que vaut le vaccin Sputnik V?

Et ce n’est certainement pas cet article qui lui donnerait tort, arguerait-elle, forte de ses certitudes…

Culture, Politique, société, Voix

Après Alexandre Navalny, voici Sergueï, du même nom!

Nier l’évidence que trop de nos journalistes semblent ne pas même savoir de quoi, en l’occurrence, de qui ils parlent tandis qu’ils reprennent en boucle, sans même les vérifier, ce qu’ils estiment être des « informations », la preuve peut en être donnée à ce détail. En effet, comment Christophe PASSER pour Le Matin Dimanche en Suisse, et Caroline ROUX pour C dans l’air en France peuvent-ils ignorer le véritable prénom de celui dont ils ne manquent pas d’insister sur le sort adverse, je veux parler ici d’Alexeï Navalny?

Le premier l’a appelé Alexandre, il en a été question ici, la seconde quant à elle, lui a préféré le prénom de Sergueï. Franchement, est-ce bien sérieux? Quand un homme serait aussi connu et reconnu tel le « principal opposant » de Vladimir Poutine qu’il n’est en réalité pas, comment peut-on se méprendre sur son prénom? Serait-ce qu’ils se valent tous? Alexandre, Sergueï, Alexeï, et pourquoi pas Boris, Nicolaï et tant d’autres encore?

Alexandre, Sergueï ou Alexeï ne changent rien au fait que l’homme soit emprisonné, nous sommes d’accord. Mais cela change beaucoup au fait que, si des journalistes de référence commettent des erreurs d’identité, on ait des raisons de s’inquiéter de la qualité des informations qu’ils délivrent. Donc que Monsieur PASSER et Madame ROUX se montrent à la hauteur leur très large audience qui suppose de leur part une maîtrise de leurs sujets! Au lieu de quoi, c’est leur crédibilité qu’ils engagent.

Même si, on l’a compris de longue date, nos médias dits mainstream sont acquis à la cause qui consiste à traiter avec mépris, arrogance et ignorance tout un pays, la Russie en l’occurrence, au prétexte que celle-ci serait tenue par un homme, empoisonneur de son « principal opposant » et réduisant à néant toute opposition d’ailleurs après qu’il a réussi à « s’offrir le Kremlin jusqu’en 2036 » comme l’indiquait le titre de C dans l’air, même si on a bien compris tout cela, le laisser dire sans broncher? Non.

Et les réactions qui ont accompagné celle que j’ai exposée ici après avoir vu l’émission diffusée ce 6 avril sur France 5  ont montré que, très nombreuses sont les personnes qui se sont forgé une vision de la Russie autre que celle qui nous est imposée par tant de journalistes, tout simplement parce que lesdites personnes y ont travaillé, parce qu’elles y ont vécu, parce qu’elles ont pris le temps de s’y intéresser. Elles sont donc à même d’exercer leur sens critique tandis que les correspondant(e)s sur place ont surtout pour mission de suivre la ligne fixée par leur rédaction. Et qu’on ne vienne pas me traiter de complotiste, je le sais de source sûre pour avoir échangé avec des journalistes, entre autre au sujet de la Crimée où je me suis rendue en 2014.

Oui, je suis partie de Genève le 17 juillet au soir alors que venait d’être abattu, l’après-midi même dans le sud-est de l’Ukraine, le boeing de la Malaysia Airlines MH17 qui ne laissait aucun survivant des 283 passagers et des 15 membres de l’équipage embarqués à bord. Je ne me rendais pas en Crimée pour des raisons politiques ou quelque motif en lien avec les activités que d’aucuns me soupçonnent déployer au service du Kremlin, non, je me portais au secours d’un proche. Agressé à plusieurs reprises et spolié d’à peu près tous ses biens par des Ukrainiens, il lui était impossible de quitter l’hôpital où il avait été admis et de rentrer seul à Moscou. Sa famille étant dans l’incapacité absolue de lui venir en aide, je me suis proposée.

Voilà comment j’ai découvert à quel point les Criméens étaient heureux d’avoir réintégré la Russie, j’en avais rendu compte sur mon blog d’ailleurs. Mais bon, il faut surtout parler, en Occident,d ‘ « annexion » de la péninsule par les Russes, il faut surtout parler de la menace qu’ils font peser le long de leur frontière avec l’Ukraine, il faut surtout rappeler comme s’y est employée l’une des invitées de C dans l’air, les « petite hommes verts » qui auraient oeuvré à ce que la Crimée réintègre le giron russe, bref, il faut en priorité dénigrer, salir et noircir la Russie qu’on se contorsionne à présenter comme celle « de Poutine ».

Histoire, Politique, Voix

C dans l’air s’offre « Poutine » à satiété

Bon, je me suis infligé l’une des émissions phare de France 5, C dans l’air.

Je me suis imposé la suffisance de la modératrice Caroline Roux, qui introduit l’émission en parlant d’un homme qui préside un pays dont on se demande ce qu’elle sait de l’Histoire, de la culture et du peuple.

L’homme, au hasard, Vladimir Poutine, le pays, donc, la vaste Russie qui s’étale sur, autrefois 11 fuseaux horaires désormais ramenés à 9 et qui compte près de 146 millions d’habitants.

On assiste, une fois encore, à un « débat » entre invitées et invités  qui font autorité pour parler du Président russe vu leurs publications et leurs fonctions.

Or qu’apprend-on à suivre cette émission? Pas grand chose d’autre que les habituels clichés, répétés en boucle.

Le pompon, c’est une jeune politologue qui le détient avec son  « Poutine vieillissant » qui a en face de lui un « Navalny hyper viril, hyper sportif, qui est une force de la nature qui survit au poison ».

C dans l’air, l’émission phare de France 5, pourrait nous amuser si elle n’était aussi suivie.

On parle, on parle, on tire des plans sur la comète, on donne telle ou telle intention aux pays de l’OTAN et à celui qu’on nomme tout simplement « Poutine » mais songe-t-on un seul instant à ce que vivent les populations du Donbass?

Dans le document diffusé à cet égard, on a osé relayer le doute quant à la mort du petit Vladik, l’enfant tué lors de l’explosion de mutinions larguées depuis un drone par le régime de Kiev. Il en a été question ici-même hier.

Une brochette d’invitées et d’invités qui nous débitent leurs analyses, sur la Russie et sur « Poutine » alors qu’à quelques heures de vol de Paris, la vie s’enfonce et se perd dans la boue d’une guerre qui n’en finit pas, voilà ce que nous sert cette émission.

Non, je ne soutiens pas « Poutine ». Je réagis à l’arrogance, je réagis à la propagande qui ne dit pas son nom et qui va jusqu’à relayer le déni de la mort d’un enfant.