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art

Culture, Politique, société

Etre humain

Et si l’on s’entendait sur ce qui est conçu comme création culturelle?
Car l’arbitraire agit partout. Et ce qui est estimé relever de l’art l’est souvent par qui a le pouvoir de le décréter et de l’imposer tel.
Et c’est alors que ce qui a pu être porté au pinacle un temps, est descendu en flèche dans un autre temps.
On est là au coeur des liens établis entre art, idéologie et politique. Ce qui doit être montré l’est, le reste, aux oubliettes pour autant que la censure ne s’en mêle.
Quand l’oeuvre rend de l’être humain, ce mélange de grâce et de brutalité, de bonté et de cruauté, de grandeur et de petitesse qui le constitue, oui, cela peut déplaire, déranger, heurter. 
Mais qui, de celles et ceux qui se drapent de la vertu qu’accorde, par exemple leur fonction, ne recèle au fond d’elles et d’eux-mêmes, l’une des dimensions de l’être que dévoile l’oeuvre jetée au rebut?
S’en détourner n’est que mieux sauter un obstacle et condamner qui l’a placé sur un chemin qui ne doit mener que là où le panneau de la fausse morale l’indique.

Culture, Histoire, Politique, société

Totalitarisme et culture

Au prétexte que l’être serait condamnable au plan d’une morale qui veut s’instituer, toute autre qualité qui l’honore est de facto exécutée.
Aussi bien et quels que soient les dons avérés d’une personne, a-t-elle à subir le verdict prononcé par un aréopage de censeurs.
Pire encore et toujours au nom d’une morale qui ne concerne que certains intérêts avancés comme valeurs, on jette des oeuvres d’art en disgrâce quand on ne les retouche pas selon le consensus en vigueur. 
Exclure un talent, une oeuvre ou toute autre personnalité au nom d’une idéologie imposée, c’est se livrer à une pratique totalitaire.
C’est surtout confondre l’être et la sublimation.
Et abolir ce qui les différencie, c’est projeter le premier avec l’éthique qui le régit sur la seconde et l’esthétique qui l’organise.

Culture, Histoire

Juteuse, habile ou ingénieuse exploitation de la mémoire, celle d’Anne Frank n’a pas fini de stimuler.

L’article que Telerama consacre à la démarche de l’artiste anglais Simon Fujiwara ne manque pas d’intérêt tant il met en évidence les multiples rapports qu’il est possible d’entretenir avec le passé.
Qu’il s’agisse de celui de chacune et de chacun d’entre nous ou de celui relevant d’une patrimoine -matrimoine pour rappeler la proposition émise par cette députée EELV?- la relation que nous avons avec tel ou tel fait, telle ou telle histoire, telle ou telle personnalité dépend de toutes sortes de facteurs.
Ce que propose l’exposition qui se tient depuis le 2 septembre dernier jusqu’à ce 2 décembre prochain à Tel-Aviv et qui sera bientôt montée en Allemagne, oblige la réflexion pour qui le souhaite, évidemment.
Car au-delà de réserves à émettre quant à la manière de reconsidérer sinon de revisiter un lieu tel que celui dans lequel a été écrit le Journal d’Anne Frank, on peut voir là, comme le titre retenu par l’artiste l’indique, un espoir.
Celui d’une vie qu’on souhaiterait projeter en d’autres temps, contemporains en l’occurrence. par les allusions qui y sont faites aux figures de la scène médiatique actuelle. 
Enjeu réussi ou pas, au public d’en juger comme il se doit de tout regard porté sur l’Histoire, la société ou tout autre domaine qui le convoque.

Culture, Histoire, Politique

« Propagande onirique » versus « calembours orduriers de Le Pen »

Dans le précédent sujet que j’ai consacré au projet de film d’Emir Kusturica, j’ai évoqué la polémique qu’avait suscitée, en 1995, une tribune publiée par le philosophe pas encore élu de l’Académie française, Alain Finkielkraut.
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/01/30/kusturica-iourchenko-et-le-donbass-a-suivre.html
Ce défenseur exalté -comme d’aucuns le qualifient- de l’identité française avait, entre autre attaqué le cinéaste sur le fait qu’il avait capitalisé la souffrance de Sarajevo.
La réponse ne s’était pas fait attendre, dans Le Monde du 9 juin 1995, Serge Regourd n’hésitait pas à voir dans le comportement de Finkiekraut, celui de Jdanov, « une sorte de philosophe en chef, le garant de l’idéologie, son interprète le plus autorisé ».
C’était sans compter sur l’insistance du désormais élu de l’Académie française à incendier le lauréat de la Palme d’Or pour Underground.
On se rappelle en quels termes a été évoquée l’élection controversée de l’homme de lettres à l’Académie française.
Tandis que l’on commentait son entrée sous la coupole, en effet, certains n’ont pas hésité à la considérer comme celle du Front National.
A lire, dans l’article ci-dessous, comment Alain Finkielkraut s’emparait des calembours orduriers de Le Pen pour appuyer sa mise au pilori d’Emir Kusturica, force est de constater que ce parti tient vraiment lieu d’épouvantail passe-partout:
http://www.liberation.fr/tribune/1995/10/30/la-propagande-onirique-d-emir-kusturica_145707

Culture, société

Tree,des goûts et des couleurs…

Au coeur de Paris, trône un objet d’art depuis le 16 octobre.
En soi, rien à dire.
Sauf que si, justement, on en parle un peu partout dans la presse internationale.
Intitulé Tree par son créateur, il est vert et il a été érigé Place Vendôme.
Quand on sait que, lors d’une interview qu’il avait accordée en 1972, Dali avait dit de Van Gogh qu’il était « la honte de la peinture française et de la peinture universelle »* , on comprend bien que des goûts et des couleurs, il est vain de discuter.
La question ne semble toutefois pas là.C’est l’identification de l’objet qui est source de polémique.
 
Car Tree -l’arbre- ne cacherait pas la forêt mais un sex toy.
 
* http://www.ina.fr/video/I00008651/salvador-dali-les-portes-de-metro-guimard-video.html

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Abandon(s)

Etonnante juxtaposition d’oeuvres au Musée Rath.
Dans le cadre de RATHANIA’S ARS SIMILUS CASUS, Fabrice GYGI, commisssaire de l’exposition, a mis à disposition des 296 artistes genevois, un module en métal galvanisé de 1 x 1 x 0,8 m.
Ce qui laisse au hasard, la proximité des oeuvres des participants inscrits par ordre d’arrivée.
On y découvre ainsi, accrochées l’une au-dessus de l’autre, deux conceptions paradoxales de l’être humain et de son corps.
En haut, un buste de femme, offert sur une roche en pleine lumière*, en bas, ce qui reste de Somaliens représentés telles des hosties dans la farine**.
 
*  65A Véronique MANTERO « Abandon », 2011
**65B  Géraldine PLAZENET KIREZ « Transsubstantiation » 2011
 
Nota Bene: A la demande de l’une des artistes, la photo illustrant cet assemblage, autorisée jusque là par elles, n’a plus été souhaitée.

Politique

Issues

L’approche artistique de questions existentielles a-t-elle quelque chance d’atteindre son objectif mieux, sinon de la même manière que le traitement idéologique? Certes la question risque de générer autant de réponses qu’aucune, tant les composantes à l’oeuvre sont multiples. Et pourtant, on est en droit de s’interroger, lorsque l’on compare le travail de l’artiste américain Jason Mecier qui, avec des milliers de pilules antidouleurs, a reconstitué le portrait de la chanteuse dont les Jeunes UDC n’ont retenu que les affres d’une Voix sans issue.   Voir aussi http://billets.blog.tdg.ch/archive/2011/08/17/hommage.html