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A propos … de beauté et de Dostoïevski

Dans l’émission « La Grande librairie » d’hier, 30 juin, il était question de poésie, de langue et de beauté.

On y découvrait un Sylvain Tesson plus inspiré que jamais, des jeunes lire de la poésie, oui, cela existe encore… Et ces jeunes ne sont pas des exceptions qui confirmeraient la règle selon laquelle ils ne liraient plus.

Quoi qu’il en soit, en cours d’émission,  lorsqu’il a été question de beauté, c’est à nouveau à ce sempiternel « la beauté sauvera le monde » qu’on a eu droit.

Or ce qu’a écrit Dostoïevski est bien plus subtile! Je l’avais rappelé ici, déjà.

Dans  son roman L’Idiot, il fait s’adresser Hippolyte Terentieff au prince Mychkine  et montre comment le premier fait de son interrogation une affirmation:

«  Est-ce vrai, prince, que vous avez dit, une fois: « c’est la beauté qui sauvera le monde? »  Et Hippolyte Terentieff de poursuivre: Messieurs, (…) le prince prétend que la beauté sauvera le monde! »

Ce qui apparaît donc bien, dans cet échange entre les deux personnages du roman, est l’absence de réponse du prince à la question qui lui est posée sur ce qu’il aurait dit de la beauté.

Mais Terentieff fait de sa question une affirmation.

Et c’est exactement ce qui se produit lorsqu’on prétend que Dostoïevski aurait écrit que « la beauté sauvera le monde ». C’est aussi faux que réducteur car ce qu’a montré l’écrivain est infiniment plus fin.

En l’occurrence, dans L’Idiot, ce qui est mis en avant par Dostoïevski est l’énigme que représente la beauté.

Culture, Economie, Politique, société, Voix

Beautés humaines

« Abandonner la petite et facile critique des défauts pour la grande et féconde critique des beautés ». C’est à François-René de Chateaubriand -dont la tombe figure en illustration de ce sujet- que l’on doit cette citation.

En ces temps de crise liée au coronavirus, pas un jour ne passe sans que ne fleurissent, sur les réseaux sociaux, autant de remarques émises par de (très) savantes personnes qui, elles, ne s’y laisseraient pas prendre.

A quoi?

Au piège dans lequel nos gouvernant(e)s voudraient nous entraîner si ce n’est déjà fait. Oui, parce que nous serions manipulé(e)s. Et pour qui ne l’aurait pas encore réalisé, il serait grand temps d’ouvrir les yeux.

Sur quoi, au juste?

L’abus, la prise en otage, le profit, la mise en place d’un monde on-ne-vous-dit-pas-lequel et j’en passe.

Pendant ce temps-là, des gestes admirables de grandeur entourent autant de maux causés par un virus contre lequel luttent en permanence des êtres au mieux et au plus profond d’elles-mêmes et d’eux-mêmes.

Qu’ils en soient honorés, qu’à jamais, leurs efforts soient gravés dans les mémoires!

Culture

Dostoïevski et la beauté

Il a souvent été énoncé, à tort, que Dostoïevski aurait écrit de la beauté qu’elle sauverait le monde.

Non, le grand écrivain russe a fait s’adresser un de ses personnages à un autre de manière interrogative. Hippolyte Terentieff, en effet, pose la question au prince Mychkine, dans le roman L’Idiot.

«  Est-ce vrai, prince, que vous avez dit, une fois: « c’est la beauté qui sauvera le monde? »  Et Hippolyte Terentieff de poursuivre: Messieurs, (…) le prince prétend que la beauté sauvera le monde! »

On le voit, dans le roman lui-même, la question posée passe à l’affirmation sans preuve énoncée par celui qui, d’abord, interroge.

En l’occurrence, dans L’Idiot, c’est avant tout l’énigme que représente la beauté qui est mise en avant. Le salut qu’elle serait susceptible d’offrir ou non est une des manières de l’envisager.

En cette veille de Noël, célébré au gré de traditions, de coutumes et de circonstances toutes relatives, rappeler cette beauté dont Dostoïevski a tenu à signifier la force du mystère, c’est rejeter ce qui la dénie.