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force

Politique, société, Voix

A vous, élu genevois, menotté, déshabillé, examiné jusqu’aux orifices et cavités,

Cher Monsieur,

C’est en tant que citoyenne genevoise que je m’adresse à vous. En effet, nous ne nous connaissons pas, en dépit du fait que, sur un réseau social bien connu, nous soyons en relation.

Et justement, c’est à suivre les diverses publications que vous partagez sur votre profil que j’ai eu envie de réagir et de vous écrire.

Je ne suis membre ni de votre parti, ni d’aucun autre d’ailleurs.

J’exerce mon sens critique sur ce blog, neuf ans durant accueilli sur le site de la Tribune de Genève et désormais hébergé à cette adresse-ci.

Dans le cadre de l’affaire qui vous concerne, j’ai découvert les propos tenus par d’éminents juristes, invités de Pascal Décaillet dans le cadre de l’émission Les yeux dans les yeux.

Et c’est avec plaisir que j’ai entendu rappeler Blaise Pascal que j’invitais, moi-même, à relire ici sous cet intitulé: « Pourquoi relire Pascal: la justice et la force » .

Or c’est bel et bien de la seule force dont vous paraissez avoir été victime tandis que l’on vous arrêtait sans doute au nom de la justice.

Elle reste à faire, vous vous en êtes expliqué.

Pour votre combat, Cher Monsieur, recevez tout mon soutien,

Hélène Richard-Favre

Politique, société

Les droits, l’espace et le temps d’un pouvoir?

J’entends ce qui s’énonce, ce qui se décide après débats dans le meilleur des cas. Mais ces paroles échouées au ban de sociétés qui les ignorent? Mais ces appels demeurés vains?
Nos droits sont de précieux leviers pour qui a les moyens de les actionner. Nos lois, sans cesse recommencées, témoignent de la relativité d’un monde, toujours en mouvement.
Héraclite, auquel une phrase est attribuée par Platon et dont on estime qu’elle ne serait qu’un résumé de sa pensée, aurait évoqué cet incessant changement duquel tout participe.
Aussi bien le besoin de fixer anime-t-il qui souhaite agir sur l’espace et sur le temps. Dans ce sens, s’exerce le pouvoir qui limite, décide et tranche.
A tous niveaux, la force s’applique et se confronte à ce qui la menace. A côté de cela, errent des vies sans plus de projets, sans plus aucun rêve, délestées de tout idéal et de toute foi.
A ces êtres-là, plus aucun droit, plus aucune loi ne parlent. Vidée de toute projection, leur existence s’écoule dans l’infinité de l’espace et du temps.

Culture, Histoire, Politique, société, Voix

Pourquoi relire Pascal? La justice et la force…

On dit la référence au passé, parfois, source d’erreur.

Mais un esprit qui a consacré le plus clair de son temps à élaborer une pensée, si celle-ci montre sa justesse d’analyse au fil du temps, en quoi devrait-il être, avec elle, jeté aux oubliettes?

Blaise Pascal, dans ses Pensées a, entre autre, traité de la justice et de la force.

Pour qui ne cesse de s’en prendre à l’une ou à l’autre, voici de quoi nourrir sa réflexion: « La justice sans la force est impuissante; la force sans la justice est tyrannique. (…) Et ainsi, ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste. »

Cette alliance de la justice et de la force en dérange plus d’une et d’un.

Et cependant, pour Pascal, la première, si elle veut être appliquée, nécessite la seconde. De même, la seconde a besoin de la première pour la contenir.

Aussi, justice et force sont-elles liées tandis que l’une et l’autre relèvent d’ordres opposés, symbolique pour la première, physique pour la seconde.

Cette manière d’envisager justice et force peut, bien sûr, ne pas convaincre et susciter la controverse. Et pourtant, on peut sans emphase la considérer comme l’expression d’une réalité.