…ce qui inquiète particulièrement les gens, c’est que la coalition [en place à Kiev] refuse d’enquêter sur ces épisodes.
On devient de plus en plus conscient que ce n’était pas Ianoukovitch qui se trouvait derrière ces tireurs, mais quelqu’un qui fait actuellement partie de la nouvelle coalition*
Tels sont les propos confiés à Mme Ashton par M. Paet, ministre estonien.
Et que l’on ne vienne pas une nouvelle fois affirmer qu’il s’agit-là de propagande russe comme certains se gargarisent de le répéter en boucle.
Ces propos ont été authentifiés par l’Estonie.
Quand donc ouvrira-t-on les yeux?
Quand donc se penchera-t-on enfin sur le rôle joué par l’Union Européenne dans cette crise qui frappe l’Ukraine?
Il serait opportun que cesse cette pression occidentale sur la Russie, réduite qui plus est à son seul Président!
Croire de manière aussi obstinée qu’absurde qu’il n’agit que pour lui seul relève soit de la mauvaise foi, soit d’une carence de jugement.
C’est la Russie que représente Vladimir Poutine et non lui seul!
Ce sont les intérêts de son pays qu’il défend comme n’importe quel régime s’y emploierait, Eric Hoesli l’a rappelé dans une de ses récentes interventions sur la RTS.
Mais qui l’a entendu dans ce vacarme russophobe qui assourdit toute perception de bon sens?
* http://fr.ria.ru/world/20140305/200651842.html
Russie
C’est dans une des salles de la Bibliothèque Majakovskaja de Saint Pétersbourg, en présence du Consul Général de Suisse, que j’ai été invitée à parler de la perception de la Russie en Occident et plus particulièrement au travers de ses medias.
En aucun cas, il n’a été question de généraliser une approche qui ne saurait se résumer à ce qu’on lit, entend ou voit dans le monde médiatique occidental.
Force est toutefois de constater combien certains journalistes se plaisent à décrire la Russie de manière caricaturale sinon hostile.
Réduire un pays de 143 millions d’habitants qui s’étale sur 9 fuseaux horaires à quelques clichés et autres projections, n’illustre bien souvent qu’une approche sommaire sinon orientée.
Comment comprendre ce sentiment de russophobie, on en a discuté à Moscou aussi lors de cette table ronde télévisée à laquelle j’avais été invitée en septembre dernier:
http://french.ruvr.ru/2013_09_19/D-ou-vient-la-russophobie-en-Europe-2420/
Nul n’ignore plus le nombre de combats qui se livrent au nom des droits humains.
Pas plus tard qu’aujourd’hui encore, Didier Burkhalter les a rappelés avec son homologue belge et vingt-trois autres ministres des affaires étrangères dans le cadre de la crise syrienne.C’est important, capital même et nul ne le nierait.
Il n’est toutefois pas interdit de se demander comment la défense de ces droits s’opère et comment elle se revendique. Madame Salerno, pour sa part, recourt à une variante.
Ainsi, le 8 septembre dernier devant la Mission de Russie, la Maire de Genève a-t-elle martelé l’importance de la lutte pour la défense des droits fondamentaux.
A cet égard, il serait intéressant de connaître les clés de lecture de Madame Salerno. Car on le sait, la passion est susceptible d’aveugler. Et de désorienter.
Aussi, dans une prise de parole publique, Madame La Maire condamne-t-elle une loi votée par un parlement.
Non seulement Madame Salerno n’a pas su lire les termes de cette loi mais encore se permet-elle de la juger et de la blâmer en tant que représentante de l’autorité administrative de la Ville de Genève.
Que Madame Salerno le veuille ou non, cette loi a été édictée en vue de protéger les mineurs de toute propagande homosexuelle.
A chacun d’en penser ce qu’il veut. Mais à chacun, au moins, d’en rendre compte de manière correcte et non falsifiée sinon fallacieuse. Cette forme de prise de pouvoir de la part de La Maire actuelle de Genève apparaît bien singulière sinon abusive et méritait qu’on en parle.
Ces oiseaux ont leurs passionnés.
Et leurs poètes.
Cette chanson, russe, date de la seconde guerre mondiale.
Elle évoque les grues ramenant les âmes des soldats morts.
Mikhaïl Gorbatchev, de passage à Genève dans le cadre de ses fonctions au sein du conseil d’administration de son ONG, Green Cross International, accorde un entretien exclusif au Temps du 4 septembre 2012.
L’interview occupe une pleine page du journal, certes avec le portrait de l’ancien président russe.
Or, de l’ensemble des sujets traités, seuls deux d’entre eux sont relevés en caractères gras.
L’un figure dans un encart en une du journal, l’autre en haut de la page où se trouve l’entretien.
A l’évidence, ce traitement sélectif des propos de Mikhaïl Gorbatchev opéré par Le Temps, vise à décrédibiliser Vladimir Poutine.
Car sur le dossier syrien, la position de Mikhaïl Gorbatchev est en total accord avec celle de Vladimir Poutine. Mais ce sujet-là a sans doute dû résister aux caractères gras des intitulés.
Voici quelques lignes à relever des déclarations de l’ancien président russe à propos de la Syrie:
Dans le cas syrien, il semble que le Conseil de sécurité pourrait entraîner le monde dans une solution militaire.
J’apprécie la résistance de la Chine et de la Russie à une telle décision.
Des intérêts géopolitiques sont en jeu, ils sont ignorés par les medias.
Si durant l’époque soviétique, les questions de nationalité et de religion ne se posaient pas, après 1990, le retour de l’islam a vu émerger de nombreux courants incontrôlés.
En 2001, selon une enquête réalisée au Tatarstan auprès de 1.500 jeunes de moins de 30 ans, 80 pour cent d’entre eux se déclaraient musulmans mais très peu se disaient pratiquants tout en admettant connaître les règles de l’islam.
Pour combler l’absence de cadres religieux autochtones, écrit Chris Kutchera en 2002*, les musulmans tatars ont fait venir des mollahs et des professeurs arabes et turcs qui ont importé avec eux les diverses tendances qui traversent le monde musulman: le Tabligh, les Noursi, les Qadiri et Naqshbandi, l’Ahmadia… et des courants plus extrémistes, prônant le Djihad…
La diffusion par certaines madrassas, comme la madrassa “Youldouz”, et des mosquées comme la “mosquée bulgare”, d’un enseignement jugé “fondamentaliste”, et la capture en Tchétchénie de combattants passés par les madrassas de Kazan ont alarmé les autorités du Tatarstan qui ont réagi en expulsant un certain nombre de religieux arabes et décidé de superviser de très près la formation des cadres religieux musulmans.
Et -toujours en 2002- pour ce qui est de savoir si l’apparition d’un courant radical était envisageable, il citait Raphael Khakimov, alors conseiller du président pour les affaires politiques: » il n’y a pas de problème de fondamentalisme au Tatarstan (…) Ici, nous produisons des avions, des hélicoptères, du matériel électronique très perfectionné; nous avons des écoles et des instituts technologiques, alors que les pays arabes se bornent à extraire le pétrole; nous avons un héritage théologique très riche; l’autorité de nos théologiens est telle que la pensée arabe nous semble très primitive… Quel intérêt pourrions-nous avoir pour cette culture? Ici, on ne peut pas être de simples musulmans, parce que si l’ouvrier qui va à l’usine prie 5 fois par jour, on perdra face à la concurrence… Notre leitmotiv, c’est d’être plus proches de l’Europe. Nous n’avons pas peur de l’apparition du radicalisme musulman… mais nous le surveillons. »
Le 20 juillet dernier, avec l’attentat perpétré contre le muphti Ildous Faïzov et contre Valioulla Iakoupov, haut responsable de la Direction spirituelle des musulmans du Tatarstan tué par balles, la situation semble bel et bien avoir changé. Ces deux personnalités religieuses étaient opposées à l’extrémisme de l’islam * http://www.chris-kutschera.com/Russie,%20Renaissance.htm
