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Hélène Richard-Favre

Culture

Dostoïevski et la beauté

Il a souvent été énoncé, à tort, que Dostoïevski aurait écrit de la beauté qu’elle sauverait le monde.

Non, le grand écrivain russe a fait s’adresser un de ses personnages à un autre de manière interrogative. Hippolyte Terentieff, en effet, pose la question au prince Mychkine, dans le roman L’Idiot.

«  Est-ce vrai, prince, que vous avez dit, une fois: « c’est la beauté qui sauvera le monde? »  Et Hippolyte Terentieff de poursuivre: Messieurs, (…) le prince prétend que la beauté sauvera le monde! »

On le voit, dans le roman lui-même, la question posée passe à l’affirmation sans preuve énoncée par celui qui, d’abord, interroge.

En l’occurrence, dans L’Idiot, c’est avant tout l’énigme que représente la beauté qui est mise en avant. Le salut qu’elle serait susceptible d’offrir ou non est une des manières de l’envisager.

En cette veille de Noël, célébré au gré de traditions, de coutumes et de circonstances toutes relatives, rappeler cette beauté dont Dostoïevski a tenu à signifier la force du mystère, c’est rejeter ce qui la dénie.

société

Incompressible humanité: plaidoyer.

En réaction à la misère qui plombe tant de vies partout dans le monde, les explications sinon les accusations ou autres dénonciations d’un camp ou d’un autre, s’enchaînent à l’envi.
Parfois suivies de promesses sinon de garanties d’avenir meilleur, elles mobilisent ou rebutent, c’est selon.
Car face au cynisme qui préside trop souvent à nombre d’agressions en tous genres, la réserve retient de trop d’optimisme.
Or quand, déçu ou revenu de tout, on se range à une raison ou une autre sans plus adhérer à aucune faction partisane quelconque, est-ce à dire que l’on demeure inactif?
Non à observer nombre de celles et ceux qui s’engagent et luttent aux côtés des plus démunis.
Qui pour une cause, qui pour telle autre, aussi diverses et variées soient-elles, toutes, à leur manière,  tentent d’apporter aide et soutien.
Alors?
Refuser de considérer l’humanité à travers sa seule noirceur, c’est lui accorder encore sa part incompressible de grandeur.
Elle existe.
L’entretenir, c’est au moins ne pas céder à ce qui la menace.

société

Beaucoup de bruit pour un absent

capture d’écran de: http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/dominique-de-villepin-face-a-jean-jacques-bourdin-en-direct-897299.html
Dominique de Villepin était l’invité, ce 22  décembre au matin, de Jean-Jacques Bourdin. L’émission a porté sur divers sujets de politique internationale et hexagonale.
S’agissant de la Syrie, outre le fait de rappeler pour la ixième fois qu’il faut privilégier le dialogue entre les puissances en conflit et, de fait, avec le Président Bachar el Assad, il ne le conçoit toutefois pas comme solution mais passage obligé.
Son point de vue le regarde et peut encore se modifier si l’on considère qu’en 2012, il était favorable aux frappes sur la Syrie pour, ensuite, rejoindre François Fillon qui, lui, au contraire, n’a jamais varié dans sa prise de position.
Cela avait été relevé ici-même:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2013/08/28/temp-d23a74c79050df03a7969d42f7ef4acd-246192.html       et  également ci-après: 
http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Les-contradictions-de-Villepin-sur-la-Syrie-626381
Dans ce cas, que Dominique de Villepin vienne reprocher à François Fillon d’être absent comme il s’y emploie vers la minute 17 de l’émission, interpelle.
D’abord parce qu’en évoquant les plusieurs campagnes électorales auxquelles il aurait participé qui, pour la plupart auraient été victorieuses (sic), la sienne, en l’occurrence a été empêchée:
http://fr.calameo.com/read/0002606185f56259a6f3e
De fait, parfois, le silence peut être à l’image de ce qu’en dit le proverbe, d’or.
Surtout pour s’exprimer sur des sujets aussi sensibles et les pimenter d’allusions au goût douteux, comme celle aux Chrétiens d’Orient dont on distingue mal la prononciation qui rend, en écho crétins d’Orient.

Culture, Histoire, Politique, société

Lettre ouverte à Raphaël Glucksmann

Monsieur,

Sur votre compte Twitter, vous avez appelé à un rassemblement, ce 19 décembre 2016, Place Igor Stravinsky à Paris.

Avoir des opinions, nourrir des convictions, rien de plus légitime mais les défendre de manière aveugle, c’est prendre le parti d’intérêts et cautionner les non-dits qui les accompagnent.

C’est, dès lors, faire la part belle à la propagande.

Aussi, Monsieur Glucksmann, les criminels que vous dénoncez sont-il vraiment ceux qu’il vous plaît de mettre en avant tandis que de longue date, la menace a plané sur la Syrie?

Près de 400.000 morts plus tard et autant d’actes terroristes et d’assassinats, on préfère persister et signer des actes d’accusation contre ceux que l’Occident bien-pensant a décrétés coupables.

La Russie de Poutine ou de quiconque n’est pas à l’origine de l’horreur qui frappe la Syrie, pas davantage ne l’a-t-elle été de la guerre en Ukraine.

L’installation d’un gazoduc auquel le gouvernement syrien s’est opposé et l’exploitation de gaz de schiste contre lequel s’est levé le Donbass ont eu, en grande partie pour conséquences, les guerres fratricides que l’on sait.

Dénoncées par nombre de personnalités ou autres organisations humanitaires du monde occidental, elles ont été le plus souvent commentées de manière partiale et partielle pour privilégier l’émotion sélective.

Alors, quand prévaut la désinformation relayée au-delà des médias, sur un lieu chargé de mémoire comme l’est la Place Igor Stravinsky à Paris, c’est non seulement l’humanité et l’humanisme que l’on prend en otage mais la culture et l’Histoire.

Merci de votre attention,
Hélène Richard-Favre

société

La honte?

capture d’écran de https://francais.rt.com/international/30921-depute-ukrainien-qualifie-heros-assassin-ambassadeur-russe-turquie
 
Gloire au héros, ici, au martyre, ailleurs, honneur est rendu à l’assassin de l’Ambassadeur de Russie en Turquie.
Normal, pour qui la vengeance est un plat qui se mange à chaud.
Alors, quand nos médias se penchent sur le sort de victimes et s’épanchent en considérations aussi humanistes que le sont les actes revendiqués tels, comme le mentionne un passage de l’article indiqué en lien ci-dessus, on a encore de quoi méditer sinon agir.
Comment?
Telle est bien la question et elle a été posée sur un réseau social sinon plusieurs. Autant de réponses que de sensibilités lui ont été apportées.
L’être humain, entre ange et monstre… Mais l’ange fait-il le poids et le monstre le vaut-il?

société

Ankara, Berlin, nouveaux actes terroristes, nouvel engrenage guerrier ou diplomatique?

capture d’écran de: https://francais.rt.com/international/30839-ambassadeur-russe-turquie-grievement-blesse-attaque-armee-ankara
Tandis que la communauté internationale présente ses condoléances à la Russie qui vient de perdre son ambassadeur en Turquie, Berlin compte ses morts et ses blessés.
Même schéma opératoire qu’à Nice le 14 juillet dernier, un camion a foncé sur la foule: 
http://www.dw.com/fr/attentat-à-berlin/a-36838353
Noël avec, pour qui se rend encore à l’église, ses paroles et ses actions de grâce, ses prières et ses chants pour la paix, pour l’entente entre les peuples tandis que le sang coule à flot pour une cause, pour une révolution ou pour quelque intérêt ou enjeu stratégique.
C’est le monde comme il va, avec ou sans honte.
C’est selon.

Culture, Histoire, Politique

BibliObs:le batracien de La Fontaine

capture d’écran: BibliObs
Un nouvel adjectif est né, à l’Académie française de le valider tandis qu’elle vient d’admettre en son sein, l’écrivain Andreï Makine.
Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour découvrir une nouvelle fois la qualité de propos émis à l’égard de qui ose parler de la Russie en termes que le très bien-pensant Occident ne se satisfait pas de ne pas goûter mais qu’il se hâte de juger sinon de condamner.
Voici qu’en effet, ce natif de Russie, désormais Immortel, s’est exprimé sur divers sujets qui ont heurté quelques sensibilités hexagonales.
De fait, l’auteur de cet article a trouvé comment rendre au mieux compte du moment académique et historique qui a vu Andreï Makine  être reçu à l’Académie française.
Ce suffisant journaliste s’est fendu du néologisme de poutinien pour signifier toute la finesse de son approche sinon la subtilité de son intelligence.
A l’évidence, son génie créateur rivalise d’excellence face à la culture, à l’humanisme et à l’immense et réel talent d’Andreï Makine.
http://www.academie-francaise.fr/discours-de-reception-de-m-andrei-makine
http://www.academie-francaise.fr/reponse-au-discours-de-reception-de-m-andrei-makine

Politique

Mensonges et propagande, armes de guerre multilatérales

capture d’écran:http://www.lepoint.fr/politique/quand-poutine-mettait-nicolas-sarkozy-k-o-debout-15-12-2016-2090829_20.php#xtmc=sarkozy&xtnp=1&xtcr=6
Pour qui aura suivi les diverses émissions et autres documentaires consacrés au Président de la Fédération de Russie, un épisode aura peut-être retenu leur attention parce qu’il a été relayé par certains non sans plaisir.
Il s’agit d’un échange entre Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine dont il a été donné une version contestable et contestée.
Le Point publie, en effet, un article qui dément ce qui a été décrété par un de ces spécialistes aussi expert et habile que celui qui n’hésite pas à se substituer au Président russe en se plaçant directement dans sa tête.*
http://www.lepoint.fr/monde/sarkozy-poutine-jean-david-levitte-remet-les-pendules-a-l-heure-17-12-2016-2091173_24.php
On sait que la guerre engendre mensonges et propagande, cela a été dit et rappelé dans nombre de ces émissions. La preuve en est donnée là comme elle a pu l’être à de nombreuses reprises.
* http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/01/27/bhl-bis.html

Politique

De la Poutinomania à la chasse aux sorcières

capture d’écran de: http://pluzz.francetv.fr/videos/c_dans_lair.html
 
Que d’heures d’antenne accordées au portrait ou -à ce qu’on en dresse- de Vladimir Poutine, ces derniers jours!
Tous médias confondus, les voici qui multiplient les débats entre experts et autre spécialistes qui tous, nous livrent leur version du président russe.
Il est ceci, il veut cela, il agit ainsi, il pense que, etc etc…
Le sommet, on croit sans cesse l’avoir atteint mais non, voici qu’une nouvelle émission et ses intervenants nous entraînent à un niveau encore plus élevé.
Avec ça, si le public n’est pas enfin au top de ses connaissances en matière de Russie de Poutine sinon de Poutine tout seul, puisque selon Alain Duhamel, il serait un pays*, alors vraiment, il a dû manquer un épisode.
Mais les échanges contradictoires s’ils en sont, ne constituent pas l’unique activité du quotidien médiatique. C’est bien au-delà qu’on est entraîné dans l’extrait ci-après:
https://www.youtube.com/watch?v=s53YJSlhKgo
* http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/12/14/vladimir-poutine-autant-en-emporte-les-journalistes.html

Culture, Histoire, Politique

La Russie du poète, au-delà de celle de tant d’experts et grands spécialistes…

A suivre, si faire se peut, tout ce qui s’énonce sur Vladimir Poutine, il en ressort autant de curiosité, d’intérêt que de nausée ou d’indigestion.

Parce que parler d’un seul homme tandis qu’il préside un pays de plus de 146 millions d’habitants qui s’étale sur autrefois 11 fuseaux horaires désormais ramenés à 9, c’est passer à côté dudit pays, de son Histoire et de sa Culture.

C’est tout simplement évoquer la Russie avec un regard occidental tandis qu’elle ne s’y résume de loin pas. Et occulter ce qui la distingue, c’est passer à côté de ce qui la fonde.

Alors, avant qu’il ne soit trop tard et au-delà des paroles d’experts et autres grands connaisseurs de la Russie, écoutons la voix du poète déjà mentionné ici, Alexandre Blok:

La Russie est un Sphynx, heureuse et attristée à la fois,
Et couverte de son sang noir
Elle regarde, regarde à toi
Avec haine et avec amour
(…)
Nous aimons tout – et l’ardeur des froides mathématiques,
Et l’inspiration des visions divines.
Nous comprenons tout – et la subtile raison gauloise
Et le sombre génie germain.
(…)
Venez à nous! Sortez des horreurs de la guerre
Pour tomber dans nos bras!
Tant qu’il est temps encore – remettez la vieille épée au fourreau,
Camarades, nous serons frères!

Mais si vous refusez, nous n’aurons rien à perdre.
(…)

Poème déjà cité sur ce blog, ici, entre autre.