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Hélène Richard-Favre

Politique

JOJ à Lausanne en 2020, « parler aux jeunes »…

La joie est de mise et il y a de quoi. Lausanne vient d’être choisie, ce vendredi 31 juillet, pour organiser les Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) en 2020.
L’idée de créer des JO pour la jeunesse remonte à 1998 mais n’a pu être validée qu’en 2007. 
Il est heureux de constater le souci de Jacques Rogge de parler aux jeunes alors que c’est certainement dans ce sens que le président russe avait prononcé cette phrase qui, selon un tweet adressé à Darius Rochebin, aurait fait le buzz mondial.
Si certains ont carrément ridiculisé le président russe alors qu’il déclarait que ce serait à des gens comme Sepp Blatter que le Prix Nobel devrait être remis, c’est dire leur aptitude à vouloir comprendre le rapport qu’entretient Vladimir Poutine au sport.
Mais quand l’aveuglement commande, quand on ne veut plus voir, de cette discipline, que ses dérives financières et non pas ce qu’elle apporte de positif et de constructif à maints égards, il va de soi que la cible était toute trouvée. 
Voici, à lire, pour qui ne s’en souviendrait plus:
http://www.purepeople.com/article/vladimir-poutine-tres-emu-aux-obseques-de-son-ex-prof-de-judo_a126127/1

Culture, Histoire, Politique, Religions

Cervantes, esclave à Alger.

Ils étaient entassés, pouvant à peine bouger dans la saleté, la puanteur et la vermine, et beaucoup mouraient avant d’atteindre le port.
Il ne s’agit là d’aucun migrant fuyant le régime ou la misère de son pays. Il s’agit de Chrétiens – de Juifs parfois aussi- que leurs maîtres musulmans avaient capturés et ramenaient avec eux:  http://library.flawlesslogic.com/slavery_fr.htm
Si l’esclavagisme des Blancs fut maintes fois évoqué, il n’en va pas de même de celui dont ils furent, eux aussi, les victimes.
Trois siècles durant, des centaines de milliers d’Européens furent réduits à l’esclavage.
Pour en savoir d’avantage sur le sujet, la lecture de l’ouvrage du Professeur Robert C. Davis, Christians Slaves, Muslim Masters: White Slavery in te Mediterranean, the Barbary Coast and Italy, 1500-1800, est instructive.
On y apprend, par exemple, comment le prix d’un Chrétien avait chuté alors qu’après une expédition menée par les Algériens dans le Sud de l’Italie, on pouvait troquer un Chrétien pour un oignon.
De ces années sombres de l’Histoire, on a peu témoigné.
Les conditions dans lesquelles étaient détenus les Chrétiens sont bien décrites dans cette video qui évoque aussi les cinq ans de bagne de Miguel de Cervantes:

Politique

Rochebin-Poutine, et après?

L’interview que Vladimir Poutine a accordée au journaliste de la RTS, Darius Rochebin, constitue, à l’évidence, un nouveau temps fort du journalisme: 
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2014/10/02/un-temps-fort-du-journalisme.html
Le journaliste suisse est connu pour son audace, relevée par nombre de commentateurs alors qu’il s’adresse ainsi au Président russe:
Il y a ceux qui disent, après tant d’années de pouvoir, Monsieur Poutine est devenu fou.
Et Vladimir Poutine de rétorquer: Et vous, au terme de notre interview, je vous parais fou? Réponse du journaliste: En tout cas, vous souriez.
S’il est judicieux, en effet, de relever ce fait, il l’eût été tout autant de constater la liberté de ton qu’a laissée le Président russe au journaliste suisse.
Alors que tant de ses confrères ne savent plus qu’inventer pour stigmatiser Vladimir Poutine, Darius Rochebin a néanmoins eu le mérite de dépasser les a priori et d’aller jusqu’au bout de sa volonté d’interviewer le Président russe.
Il s’est exprimé à cet égard dans Le Matin* et dans Bilan*.

Puisse son initiative ne pas en rester à un seul coup médiatique ou autre scoop mais contribuer à dessiller certains regards encore trop lourds de préjugés sur la politique du Kremlin.
* http://www.lematin.ch/monde/L-Elysee-etait-plus-enquiquinant/story/17063914 * http://www.bilan.ch/entreprises-plus-de-redaction/darius-rochebin-lart-exclus-mondiales

Histoire, Religions

Qui a volé qui et depuis quand?

Le 12 avril 1204, la quatrième croisade, en manque de fonds pour rejoindre l’Egypte et la Palestine pour libérer Jerusalem des Musulmans, se dirige vers Constantinople.
Autant les marchands vénitiens -au service desquels se sont mis les Croisés- que ceux-ci, voient l’occasion de briser la puissance commerciale et religieuse de Byzance.
La rivalité entre Latins et Grecs, entre la Rome catholique et la Byzance orthodoxe -qui fut à l’origine du schisme d’Orient- se concrétise là de la manière la plus sinistre qui soit.
http://www.guillaume-villeneuve-traducteur.fr/spip.php?article49 
 A chacune et à chacun d’en tirer les conclusions souhaitées. Le fait est que dans la mémoire grecque, ce passage occidental en leurs terres n’a pas été oublié.
Car il a tant affaibli l’empire romain d’Orient qu’il a permis sa chute, en 1453.
La suite, on la connaît, quatre cents ans de domination ottomane et une guerre pour l’indépendance soutenue par les Puissances dont les intérêts ont été évoqués ici:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/07/20/pas-de-testicules-pas-de-cerveau.html
Dire que l’Histoire se répète est, pour certains, un euphémisme. Le fait est que le besoin de puissance ne lésine jamais sur les moyens.

Culture, Histoire, Voix

Dostoïevski

Invitée à parler de Dostoïevski dans le cadre de Journées qui lui sont consacrées chaque année à Saint-Pétersbourg, outre son bref séjour à Genève, j’ai évoqué comment ce qui a été appelé « haut mal »  ou « mal sacré » – je veux parler de l’épilepsie-  travaille et tisse son oeuvre.

Certains critiques ont mis en relation le déclenchement de l’épilepsie de l’écrivain avec l’assassinat de son père par ses serfs mais d’autres le font remonter à son enfance. Ce serait, en effet, à l’âge de 7 ans que Dostoïevski aurait été frappé par sa première crise.

Il n’est pas difficile d’imaginer la souffrance que ce mal a pu engendrer chez lui, sachant combien la violence de certaines crises peut terrasser et surtout, comment celles-ci peuvent aussi être perçues par l’entourage.

Plusieurs personnages de l’oeuvre de Dostoïevski sont épileptiques, dont le Prince Mychkine et Smerdjakov, fils bâtard de Fiodor Karamazov.

Cela dit, tout distingue ou presque ces deux personnages et c’est là une des raisons qui a motivé mon choix d’en parler.

Si Dostoïevski est mort à Saint-Pétersbourg peu de temps après avoir écrit « Les Frères Karamazov » sous la forme que nous lui connaissons alors qu’il la considérait inachevée, c’est à Genève que Dostoïevski a écrit en grande partie, « L’Idiot ».

Or, de passage à Bâle, l’écrivain s’est rendu au Musée des Beaux Arts où il s’est très longuement attardé devant le Le Christ au tombeau, de Hans Holbein le Jeune.

Il n’est pas impossible que la très forte émotion que Dostoïevski a ressentie à la vue de ce tableau ait pu constituer un des éléments déterminants de l’écriture de « L’Idiot ».

Culture, Politique

La haine, politique de croissance?

Les détracteurs de la Grèce y vont bon train pour juger un pays dont on se demande bien ce qu’ils en savent ou en ont compris.
Plusieurs sites se sont satisfaits de relayer le point de vue d’Edmond About, mishellène notoire et auteur d’un ouvrage intitulé La Grèce contemporaine. 
Paru en 1854, il sert de référence opportune à qui le veut bien pour montrer que la Grèce ne serait qu’un pays de profiteurs sinon de voleurs ou pis encore.
Boulevard Volaire, Le Monde, L’ObsRue89 en citent de larges extraits évidemment choisis. Car les passages décrivant le système mis en place par les puissances de l’époque pour profiter elles-mêmes des crédits alloués à la Grèce sont soigneusement omis par leurs émérites journalistes.
Le cadre ainsi posé, les commentateurs s’en donnent à coeur joie pour distiller leur venin et égrener leurs certitudes ainsi référencées.
En réaction à cette déferlante haineuse -qui ne date toutefois pas d’hier- Michel Bouillet avait publié, en 2012, un ouvrage intitulé Non! Les Grecs ne sont ni des voleurs ni des menteurs.
L’auteur y explique comment le levier de l’emprunt a toujours été utilisé pour infléchir la politique grecque à l’avantage des Puissances.
Le contribuable Bonnal de Boulevard Voltaire a dès lors et en effet de quoi s’inquiéter.
Car loin du romantisme de quelques philhellènes du XIXe siècle dont il conclut dans son article, qu’il coûte toujours cher au contribuable, les méthodes appliquées par leurs contemporains banquiers ont trouvé leurs émules aujourd’hui.

Politique

La Russie au-delà des clichés et du système: deux initiatives

L’initiative prise par Thierry Mariani, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, de se rendre en Crimée avec une délégation de parlementaires français n’a, bien sûr, pas l’heur de plaire à Laurent Fabius.
Pas davantage, non plus, n’est-elle du goût de Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale.
Rien d’étonnant à cela dès lors que celui-ci figure parmi les 89 personnalités européennes interdites de territoire russe suite aux sanctions européennes émises à l’encontre de la Russie.
Cependant, qu’à cela ne tienne, une autre initiative intitulée “Pour un nouveau dialogue avec la Russie” a été lancée, cette fois, par un groupe formé au Parlement Européen pour effectuer un voyage officiel à Moscou l’automne prochain.
Le magazine Le Point, outre la réaction offusquée de Bruno Le Roux, rend aussi compte d’un point de vue qui dénote un esprit d’ouverture plus marqué et qui tranche avec tout ce qui a pu être énoncé contre la Russie et son Président:
http://www.lepoint.fr/chroniques/tribune-renouer-avec-la-russie-un-imperatif-europeen-24-07-2015-1951169_2.php?M_BT=240458295683#xtor=EPR-6-%5BNewsletter-Mi-journee%5D-20150724
 
Sinon, une analyse plus poussée est proposée, ici:
http://www.dedefensa.org/article-une_br_che_dans_la_formidable_muraille_antirusse_du_syst_me_24_07_2015.html Son intérêt est loin d’être moindre et laisse envisager mieux qu’un simple coup de chaleur qui aurait saisi quelques parlementaires…

société

La vie, détail de l’Histoire

Alors que le feuilleton grec n’en finit pas de se dérouler, la guerre dans le Donbass n’a pas cessé pour autant.
Hier, 23 juillet à Donetsk, une manifestation a eu lieu devant l’hôtel des délégués de l’OSCE et du CICR:


Certes, toute la misère du monde ne peut être traitée. 
Mais quand cette misère est créée de toutes pièces?
Quand cette misère met en pièce des pays?
Quand on parle de réfugiés à accueillir alors que nombre d’habitants tentent encore de se battre sur place?
Quand nos gouvernements sont concernés par les options politiques qu’ils ont cru bon de privilégier?
Quand nos médias ne privilégient qu’un seul point de vue?
La vie n’a plus les mêmes contours pour tous.

Politique

Merci, Jacques Sapir!

Qu’un journal comme Le Le Temps dont on ose encore penser qu’il est de bon niveau, publie un article de la plus haute fantaisie, interpelle.
L’état du journal ou plutôt du cerveau de sa rédaction devrait inspirer Olivier Delamarche, lui qui a diagnostiqué celui d’Alexis Tsipras…
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/07/20/pas-de-testicules-pas-de-cerveau.html 
J’ai soumis à Jacques Sapir, économiste de renom, la réflexion que m’a inspirée l’article publié par Le Temps et les conclusions de son journaliste:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/07/22/poutine-meilleur-soutien-de-merkel-ou-comment-alimenter-le-feuilleton-grec.html
Sa réponse figure en capture d’écran ci-dessus.

Politique

Poutine, meilleur soutien de Merkel ou comment alimenter le feuilleton grec

Il ne serait pas étonnant que ce qui est présenté comme information au conditionnel ne vise qu’à créer une nouvelle rumeur.
Ce d’autant qu’elle est relayée par le grand quotidien suisse, Le Temps, peu connu pour sa russophilie…
L’article fait référence au journal grec To Vima, selon lequel Alexis Tsipras aurait demandé à la Russie un prêt de 10 milliards de dollars pour imprimer de nouvelles drachmes.
Néanmoins, le fait que Vladimir Poutine n’ait proposé qu’une avance de 5 milliards de dollars au Premier Ministre grec fait écrire le journaliste du Temps que:
Dans ces conditions, malgré l’appui du peuple grec, Alexis Tsipras n’aurait plus eu d’autre choix que d’accepter le plan d’austérité des créanciers.
Et l’auteur de l’article de se référer, cette fois à Zerohedge pour annoncer que ce serait «l’information la plus sous-estimée de l’année qui suggère que la perpétuation du rêve d’unité de la zone euro, cher à Angela Merkel, n’aurait été possible qu’avec l’aide de Vladimir Poutine».
Le journalisme doit-il vraiment se transformer en relai de rumeurs?
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/5127e0b8-3095-11e5-903f-511fc5349148/Alexis_Tsipras_aurait_sollicité_Vladimir_Poutine_pour_aider_la_Grèce_à_imprimer_des_drachmes