Ils étaient entassés, pouvant à peine bouger dans la saleté, la puanteur et la vermine, et beaucoup mouraient avant d’atteindre le port.
Il ne s’agit là d’aucun migrant fuyant le régime ou la misère de son pays. Il s’agit de Chrétiens – de Juifs parfois aussi- que leurs maîtres musulmans avaient capturés et ramenaient avec eux: http://library.flawlesslogic.com/slavery_fr.htm
Si l’esclavagisme des Blancs fut maintes fois évoqué, il n’en va pas de même de celui dont ils furent, eux aussi, les victimes.
Trois siècles durant, des centaines de milliers d’Européens furent réduits à l’esclavage.
Pour en savoir d’avantage sur le sujet, la lecture de l’ouvrage du Professeur Robert C. Davis, Christians Slaves, Muslim Masters: White Slavery in te Mediterranean, the Barbary Coast and Italy, 1500-1800, est instructive.
On y apprend, par exemple, comment le prix d’un Chrétien avait chuté alors qu’après une expédition menée par les Algériens dans le Sud de l’Italie, on pouvait troquer un Chrétien pour un oignon.
De ces années sombres de l’Histoire, on a peu témoigné.
Les conditions dans lesquelles étaient détenus les Chrétiens sont bien décrites dans cette video qui évoque aussi les cinq ans de bagne de Miguel de Cervantes:
Culture
Qui a volé qui et depuis quand?
Le 12 avril 1204, la quatrième croisade en manque de fonds pour rejoindre l’Egypte puis la Palestine et libérer Jérusalem des Musulmans, se dirige vers Constantinople.
Autant les marchands vénitiens -au service desquels se sont mis les Croisés- que ceux-ci, voient l’occasion de briser la puissance commerciale et religieuse de Byzance.
La rivalité entre Latins et Grecs, entre la Rome catholique et la Byzance orthodoxe -qui fut à l’origine du schisme d’Orient- se concrétise là de la manière la plus sinistre qui soit.
À chacune et à chacun d’en tirer les conclusions souhaitées. Le fait est que dans la mémoire grecque, ce passage occidental en leurs terres n’a pas été oublié. Car il a tant affaibli l’empire romain d’Orient qu’il a permis sa chute, en 1453.
La suite, on la connaît, quatre cents ans de domination ottomane et une guerre pour l’indépendance soutenue par les Puissances dont les intérêts ont été évoqués ici.
Dire que l’Histoire se répète est, pour certains, un euphémisme. Le fait est que le besoin de puissance ne lésine jamais sur les moyens.
Invitée à parler de Dostoïevski dans le cadre de Journées qui lui sont consacrées chaque année à Saint-Pétersbourg, outre son bref séjour à Genève, j’ai évoqué comment ce qui a été appelé « haut mal » ou « mal sacré » – je veux parler de l’épilepsie- travaille et tisse son oeuvre.
Certains critiques ont mis en relation le déclenchement de l’épilepsie de l’écrivain avec l’assassinat de son père par ses serfs mais d’autres le font remonter à son enfance. Ce serait, en effet, à l’âge de 7 ans que Dostoïevski aurait été frappé par sa première crise.
Il n’est pas difficile d’imaginer la souffrance que ce mal a pu engendrer chez lui, sachant combien la violence de certaines crises peut terrasser et surtout, comment celles-ci peuvent aussi être perçues par l’entourage.
Plusieurs personnages de l’oeuvre de Dostoïevski sont épileptiques, dont le Prince Mychkine et Smerdjakov, fils bâtard de Fiodor Karamazov.
Cela dit, tout distingue ou presque ces deux personnages et c’est là une des raisons qui a motivé mon choix d’en parler.
Si Dostoïevski est mort à Saint-Pétersbourg peu de temps après avoir écrit « Les Frères Karamazov » sous la forme que nous lui connaissons alors qu’il la considérait inachevée, c’est à Genève que Dostoïevski a écrit en grande partie, « L’Idiot ».
Or, de passage à Bâle, l’écrivain s’est rendu au Musée des Beaux Arts où il s’est très longuement attardé devant le Le Christ au tombeau, de Hans Holbein le Jeune.
Il n’est pas impossible que la très forte émotion que Dostoïevski a ressentie à la vue de ce tableau ait pu constituer un des éléments déterminants de l’écriture de « L’Idiot ».
Les détracteurs de la Grèce y vont bon train pour juger un pays dont on se demande bien ce qu’ils en savent ou en ont compris.
Plusieurs sites se sont satisfaits de relayer le point de vue d’Edmond About, mishellène notoire et auteur d’un ouvrage intitulé La Grèce contemporaine.
Paru en 1854, il sert de référence opportune à qui le veut bien pour montrer que la Grèce ne serait qu’un pays de profiteurs sinon de voleurs ou pis encore.
Boulevard Volaire, Le Monde, L’ObsRue89 en citent de larges extraits évidemment choisis. Car les passages décrivant le système mis en place par les puissances de l’époque pour profiter elles-mêmes des crédits alloués à la Grèce sont soigneusement omis par leurs émérites journalistes.
Le cadre ainsi posé, les commentateurs s’en donnent à coeur joie pour distiller leur venin et égrener leurs certitudes ainsi référencées.
En réaction à cette déferlante haineuse -qui ne date toutefois pas d’hier- Michel Bouillet avait publié, en 2012, un ouvrage intitulé Non! Les Grecs ne sont ni des voleurs ni des menteurs.
L’auteur y explique comment le levier de l’emprunt a toujours été utilisé pour infléchir la politique grecque à l’avantage des Puissances.
Le contribuable Bonnal de Boulevard Voltaire a dès lors et en effet de quoi s’inquiéter.
Car loin du romantisme de quelques philhellènes du XIXe siècle dont il conclut dans son article, qu’il coûte toujours cher au contribuable, les méthodes appliquées par leurs contemporains banquiers ont trouvé leurs émules aujourd’hui.
« Pas de testicules, pas de cerveau »
« Pas de testicules, pas de cerveau », tels sont les propos d’Olivier Delamarche au sujet de ce pauvre Tsipras. Michel Onfray, lui, résume Tsipras, « à de la com' ». Mieux, il parle de l’existence, en Grèce, d’un foyer fasciste et s’ébahit qu’en Europe, cela existe encore…
À se demander s’il a suivi l’actualité de l’Ukraine! Sait-il seulement qui a été élu Premier Ministre?
A l’aune de telles appréciations diffusées sur un media de grande audience, on mesure son orientation et les limites de son horizon.
En 1832, la Grèce est transformée en royaume par les grandes puissances qui ont oeuvré à son indépendance. C’est un roi bavarois qui est placé à la tête du pays à peine sorti de quatre siècles de tutelle ottomane. Après le roi de Bavière, c’est un roi du Danemark qui lui succède.
Ensuite, quelques dictatures plus tard, la Grèce devient une démocratie.
Qui a une idée de ce que fut la guerre d’indépendance avec ses 200.000 morts? Qui a une idée de ce que fut la guerre civile qui sévit juste après la deuxième guerre mondiale et qui fit 150.000 morts et une centaine de milliers de réfugiés?
Ceci n’est pas une excuse, diront en choeur les financiers et leurs alliés. Non, c’est de l’Histoire.
Sujet paru en page 19 de l’édition papier de la Tribune de Genève du 23 juillet 2015 sous le titre « Grèce: le poids de l’histoire »
Grec, Prix Nobel de littérature en 1979, Odysséas Elytis s’était un jour exprimé sur l’avenir de l’Union Européenne.
C’était au début des années 1980, à Rome:
Nous savons que l’idéal européen ne pourra pas se réaliser s’il ne prend pas appui, clairement, sur son socle spirituel, sur les bases des civilisations grecque et romaine, c’est-à-dire la Démocratie et le Droit, à quoi il faut ajouter l’esprit apporté par le christianisme.
Décédé en 1996 à Athènes, le poète aura sans doute déjà pu mesurer le peu d’écho que ses mots rencontraient auprès des instances de l’Union Européenne.
La voix d’Odysséas Elytis, comme celle de tant d’autres humains, a été étouffée. Il appartient désormais à ses compatriotes d’affronter l’idéal européen qui leur est proposé.
A lire cet article, on peut conjecturer de diverses manières. Il n’en demeure pas moins vrai que le peuple grec n’a pas encore capitulé.
Il suffit d’écrire quelques lignes où apparaissent les termes d' »islam » ou de « ramadan » pour constater combien les réactions fusent quand elles ne sont pas orientées.
Alors que plusieurs sujets que j’ai traités évoquaient le principe de laïcité, voici que se dressent d’ardents défenseurs de je ne sais trop quelle cause pour accuser et agresser.
On comprend mieux comment des plans d’Etat se confectionnent, soudain, pour protéger certaines communautés au détriment d’autres.
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/04/18/christianophobie-grande-absente-du-plan-d-etat-francais.html
Depuis que la loi de 1905 a séparé le pouvoirs des Eglises de celui de l’Etat, force est de constater, en effet, que certaines confessions religieuses parviennent mieux que d’autres à s’emparer de l’Etat pour faire valoir leurs droits.
Ainsi observe-t-on une religion se muer en « race » pour, ensuite et selon les besoins, en voir certaines pratiques relever du « patrimoine culturel français ».
Non!
La langue est une institution sociale. En bafouer les fondements, c’est mépriser ses garants.
Oeuvrer à la paix inter-religieuse, c’est considérer islam, judaïsme et christianisme comme des confessions et non comme des « races » dont les pratiques relèveraient de quelconques « patrimoines cultuels ».
Les mots ont un sens.
Depuis ce 8 juillet, le ramadan serait une fête.
C’est Anne Hidalgo, Maire de Paris, qui l’a déclaré, hier, au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV.
Elle balaie donc toute polémique relative à cette célébration offerte avec les deniers publics.
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/07/06/hotel-de-ville-de-paris-a-21h56-la-rupture-du-jeune-sera-celebree-autour-d.html
Et pour expliquer la générosité de la Mairie de Paris, elle ajoute que ladite fête ferait partie du patrimoine culturel français, tout comme Noël et Hanoucca.
Glisser du cultuel au culturel, ne cause ainsi aucun problème à Madame la Maire.
La différence entre cultuel et culturel est pourtant essentielle.
Mais il est vrai que le seul ajout d’un « r » à cultuel suffit à justifier une politique.
Avec un tel usage de la langue, c’est la culture qu’on détruit.
Et son patrimoine.
Hôtel de Ville de Paris: « A 21h56, la rupture du jeûne sera célébrée autour d’un cocktail d’amandes et de lait ».
Ladite rupture du jeûne est donc celle du Ramadan.
Car c’est bien elle que la Mairie de Paris a décidé d’honorer.
Mettre des lieux et des fonds publics à disposition d’une manifestation de type religieux signe néanmoins une autre rupture.
Celle d’un principe édicté et confirmé par la loi du 9 décembre 1905 instaurant la laïcité de l’Etat.
Décidément, Paris vaut bien une nuit…
Et 450 invités.
http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75004/nuit-du-ramadan-a-l-hotel-de-ville-05-07-2015-4920735.php
«Et je rappelle et je rappellerai toujours que les premières victimes de ce terrorisme sont les musulmans».
Monsieur le Premier Ministre,
Ces propos sont les vôtres et ont été cités dans un article paru sur le site du Dauphiné.com.*
Au risque de vous contredire, non, les premières victimes de ce terrorisme ne sont pas les musulmans.
Les premières victimes de ce terrorisme sont celles qui meurent, de fait.
Les premières victimes sont celles dont ce terrorisme prend la vie.
Les premières victimes sont celles dont la tête est tranchée.
Les premières victimes sont celles dont la tête tranchée a été fichée sur une grille.
Quant aux prochaines victimes, elles sont partout.
Monsieur le Premier Ministre, vous n’êtes certes et comme nul autre, tenu à l’impossible.
Mais nul, non plus, n’est tenu à déconsidérer la vie d’un innocent décapité.
Avec respect,
Hélène Richard-Favre
http://www.ledauphine.com/isere-nord/2015/06/28/attentat-a-saintquentin-fallavier-transfert-attendu-du-suspect Lettre parue en page 13 de l’édition papier de La Tribune de Genève du 30 juin 2015 et adaptée aux critères de la rubrique « Courrier » qui ne publie pas de Lettre ouverte.

