Depardieu aurait dit vouloir interpréter le rôle de DSK parce qu’il ne l’aimait pas. Il est possible qu’il nuance désormais sa position.
Après le lynchage médiatique dont il a été et continue d’être l’objet, l’acteur franco-russe risque bien de pouvoir d’autant mieux incarner le personnage de DSK!
Ni Dominique Strauss-Kahn ni Gérard Depardieu n’ont jusque là été mes personnalités préférées.
Mais avoir assisté à tant de haine déchaînée contre eux oblige à la réflexion.
Non, DSK n’est ni un saint ni un ange.
Pas davantage Depardieu.
Mais qui peut se targuer de l’être pour oser porter son mépris et sa détestation jusqu’à se réjouir de voir à terre des êtres qui ont été au sommet?
Culture
En Mordovie, région de la Russie, qui sait pourquoi Gérard Depardieu s’y est rendu?
Thierry de Cabarrus, chroniqueur politique au NouvelObs a la réponse.
Selon lui, l’acteur français se croyait persécuté par les autorités françaises et Vladimir Poutine n’a d’autre but que de l’instrumentaliser.
Poutine l’envoie à 640 km de Moscou, dans la capitale de la petite république de Mordovie, qui n’est pas particulièrement touristique.
En fait, je pense (et j’espère) qu’il l’ignorait bel et bien quand il est monté dans l’avion pour Saransk, mais cette région conquise par Ivan le Terrible au XVIe siècle possède un camp de prisonniers dans lequel se trouve l’une des deux chanteuses membres du groupe Pussy Riot. (…) en devenant le voisin de la chanteuse contestataire aujourd’hui prisonnière, il cautionne, qu’il le veuille ou non, cette décision digne d’une dictature.
N’en déplaise à Monsieur de Cabarrus, en se rendant en Mordovie, Gérard Depardieu allait rejoindre son ami de longue date, le directeur des Archives du cinéma.
Or il se trouve que cet ami, directeur des Archives du cinéma s’appelle Nicolaï Borodatchev, qu’il est originaire de Mordovie et qu’il s’y trouvait pour fêter Noël orthodoxe qui se célèbre le 7 janvier.
En toute logique, c’est donc là, chez lui à Saransk que Nicolaï Borodatchev a invité son ami Gérard Depardieu.
Voilà ce que Monsieur de Cabarrus ignore ou tait.
Quant à savoir qui a instrumentalisé qui, la question vaut pour les Pussy Riot. On ne peut faire l’impasse d’un tel soutien mondial apporté à trois illustres inconnues du milieu punk russe. Car oui, personne ne les connaissait avant que toutes les fées du showbiz et des medias réunis ne se penchent sur leur sort.
Mais là encore, Monsieur de Cabarrus a la réponse: Poutine, le dictateur qui invente mille façons de demeurer au pouvoir, qui enferme les jeunes filles dans des geôles malgré la désapprobation mondiale, qui soutient Bachar El Assad, le monstre sanguinaire de la Syrie, utilise Gérard Depardieu comme un vulgaire pantin.
La liberté d’expression équivaut-elle à s’ériger en juge et à désinformer dans le seul but de dresser le procès en règle du président d’un pays étranger?
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/754521-depardieu-voisin-d-une-pussy-riot-l-acteur-est-devenu-la-marionnette-de-poutine.html
Dans un article publié par « Le Figaro » au sujet du coup de fil passé entre François Hollande et Gérard Depardieu, celui-ci expose à un de ses amis, une des raisons de son amertume:
Mon père ne savait ni lire ni écrire, et moi, par moi seul, je suis devenu celui qui peut défendre les grands écrivains de mon pays! Est-ce que je mérite que l’on me traite comme cela?
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/01/04/01016-20130104ARTFIG00603-depardieu-hollande-les-dessous-d-un-coup-de-fil.php
Pour qui s’interroge sur le sens d’un patrimoine culturel, ces propos de Gérard Depardieu ne peuvent laisser indifférent.
Car ce cri du coeur pointe une tout autre manière d’envisager la vie. Celle qui donne encore son sens et sa valeur à une culture et à ses symboles..
Partir en guerre contre eux fut l’objectif des Pussy Riot qui n’ont eu de cesse de le déclarer. La suite, on la connaît. Deux ans de prison pour actes de vandalisme.
D’autres jeunes gens ont été condamnés pour avoir saccagé le mur d’une synagogue à Orenburg en 2009. La justice russe leur a infligé des peines de 5 et 6 ans d’emprisonnement.
Qu’attendent les écologistes parisiens pour demander de les élever au rang de citoyens d’honneur?
http://www.newsru.com/crime/05jun2009/bonssina6ysentural.html
La classe, Daniel Cohn-Bendit!
Jean-Marc Ayrault fait figure de minable à côté de lui.
Ecoutez, c’est ici:
http://www.huffingtonpost.fr/2013/01/04/daniel-cohn-bendit-reaction-virulente-russie-depardieu-bardot_n_2411004.html?1357329281&just_reloaded=1
Pendant ce temps-là, ses amis écolos de Paris veulent rendre les Pussy Riot citoyennes d’honneur de leur ville.
C’est vrai que des performances telles que l’organisation d’une orgie dans un musée ou l’ntroduction d’un poulet dans un vagin telles que les ont réalisées les punks russes, valent bien d’être élevée au rang d’une Aung San Suu Kyi déjà auréolée du titre.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/01/04/97001-20130104FILWWW00468-eelv-propose-la-citoyennete-aux-pussy-riot.php
Que la France accueille Inna Shevchenko sur son territoire pour son soutien aux Pussy Riot est un acte démocratique.
Que la Russie accueille Gérard Depardieu, non.
Normal dans un Hexagone au Président qui s’est autodécrété tel.
Jean-Claude Mailly a donc choisi son camp.
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2013/01/04/97002-20130104FILWWW00328-depardieu-mailly-prefere-les-pussy-riot.php
Il est vrai que la carrière de ces jeunnes femmes a de quoi faire pâlir Gérard Depardieu!
La comparaison était inévitable, qu’on le veuille ou non. L’est-elle vraiment?
Pour quiconque veut orienter le débat, elle se doit de l’être.
Pour qui cherche à s’interroger sur les valeurs que véhiculent les uns et les autres, on se hâtera peut-être moins de lancer des jugements à bras le corps et à tout va.
La liberté, il n’en a pas écrit que le nom.
Son enterrement au cimetière a été interdit par le clergé.
Inhumé dans les remparts de la ville d’Heraklion, sur sa tombe, Nikos Kazantzakis a pour épitaphe:
Δεν ελπίζω τίποτα, δεν φοβαμαι τίποτα, είμαι ελευθεροσ
Je n’espère rien, je ne crains rien, je suis libre
Ces oiseaux ont leurs passionnés.
Et leurs poètes.
Cette chanson, russe, date de la seconde guerre mondiale.
Elle évoque les grues ramenant les âmes des soldats morts.
L’histoire des manuscrits de Kafka aurait dû ne pas ressembler à celle qui leur arrive.
Car l’écrivain avait indiqué à son ami Max Brod -auquel il avait remis ses dispositions testamentaires- qu’il souhaitait que l’ensemble de son oeuvre soit brûlée.
Or Brod n’a pas suivi la volonté de Kafka.
Ainsi a-t-il à son tour et à sa mort, légué cet héritage à sa secrétaire.
Avant de mourir en 2007, celle-ci avait vendu quelques pièces dont le manuscrit du Procès que l’Allemagne avait racheté chez Sotheby’s en 1988 pour près de 2 millions de dollars.
Comme le testament de Max Brod précisait que les oeuvres étaient destinées à être confiées gratuitement à des archives publiques, l’Allemagne pourrait bien se voir contrainte de remettre ses acquisitions à la Bibliothèque Nationale d’Israël.
Car ce dimanche, un tribunal israélien a exigé que les archives détenues par la fille de la secrétaire défunte de Max Brod soient remises à la Bibliothèque Nationale d’Israël.
Kafkaïenne, l’histoire de ces manuscrits ne l’est pas encore. Mais pourrait être en passe de le devenir selon que les parties concernées s’accorderont ou non.
Par la volonté de Max Brod contre celle de Franz Kafka, le manuscrit de son Procès a échappé au feu. Par la lutte juridique susceptible d’opposer Israël à l’Allemagne, c’est le tribunal qui risque de s’enflammer.
http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20121015.OBS5756/affaire-kafka-l-allemagne-va-t-elle-rendre-a-israel-le-manuscrit-du-proces.html
Dans son édition de mars 2012, La Vie Protestante avait consacré un dossier au blasphème. Parmi les différentes personnalités qui s’exprimaient, Pierre Gisel précisait qu’ Il existe dans le code pénal suisse un article qui punit toute personne ayant publiquement offensé ou bafoué les convictions d’autrui en matière de croyance (art.261) mais il n’a pas été appliqué depuis des décennies.(…)
Dans une résolution sur la liberté d’expression et le respect des croyances datant de 2006, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe s’est d’ailleurs montrée très réticente à l’idée d’instaurer le blasphème comme infraction pénale (mais plus favorable à) œuvrer activement à la prévention du discours de haine dirigé contre différents groupes religieux ou ethniques.
On vient d’assister au déchaînement médiatique qui a fait suite à la peine retenue contre les Pussy Riot à Moscou. Compte tenu du contexte politique international tendu dans lequel cette sentence est tombée, chacun y va de son argumentaire pour la vilipender, la justifier ou l’estimer excessive ou trop modérée.
Quand l’art s’intéresse à la religion et que la politique s’en mêle, la justice s’emmêle-t-elle aussi?
http://www.vieprotestantegeneve.ch/
Tout, vous trouverez tout à Genève. Misère, richesse, masquées ou non, elles se côtoyent. Et puis ici aussi, on boit, on se pique, on se poignarde. Au nom de quoi, allez le savoir, le résultat est là. Mais l’avenir, où se lit-il? A Genève, on se tue et on tue. La mort ordinaire, c’est au coin de la rue. Sans l’odeur du souffre de la guerre mais dans l’anonymat d’une Cité accueillante.
