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Plus grave que l’insulte, la malhonnêteté intellectuelle

Et hop, rebelote, me voici maintenant affiliée à l’extrême droite pour le soutien inconditionnel que je manifesterais envers le président d’un pays dont j’ai pourtant et à maintes reprises écrit ici que je l’aimais en tant que tel et à travers son Histoire, sa culture, son peuple surtout, je veux bien sûr parler ici de la Russie.

Mais non, qu’à cela ne tienne, ce serait son seul président dont je me ferais la défenderesse sur ce blog comme s’il en avait besoin.

D’extrême droite donc je serais, mieux encore, « dans le milieu des études sur la Russie contemporaine, apparemment considérée comme une fasciste alignée sur ce régime ultra-nationaliste de fous-furieux. », je vous passe le reste de ce qui m’a été rapporté par un jeune homme de ma connaissance dont l’une des relations lui a donc fait part de ce que je serais.

En tous les cas, moi qui peinais à me situer sur l’échiquier politique, me voici désormais éclairée!

Il est toujours intéressant de découvrir la manière avec laquelle est perçu un propos aussi nuancé soit-il. En l’occurrence, ici, l’aptitude de ce détracteur à lire ce que j’écris se double de références de choix dont on mesure l’impact. D’une part, le site  d’un courageux anonyme dont j’ai eu à plusieurs reprises les honneurs, d’autre part et surtout l’ ouvrage contre l’auteure et l’éditrice duquel,  avec cinq autres personnes, j’ai porté plainte pour diffamation.

Le jugement rendu a relevé que Cécile VAISSIE et son éditrice étaient inculpées d’au moins l’un des nombreux chefs d’accusation qui ont été portés contre elles. Les deux ont fait appel du jugement tout comme cinq des six plaignants que nous étions. Le procès se déroulera en mai prochain à la Cour d’Appel de Paris.

Autant, lorsque je considère déformée la réalité de faits par nos journalistes j’y réagis, autant j’estime que laisser passer ces considérations aussi dénuées de bon sens que dégradantes revient à cautionner une évidente malhonnêteté intellectuelle. Car j’ai eu beau répéter je ne sais combien de fois que je n’étais ni militante ni politicienne, qu’à cela ne tienne, on se gargarise de termes abusifs plutôt que de comprendre le sens d’une démarche.

Qu’on apprécie ou pas la politique russe est une chose. Qu’on invective qui dit aimer la Russie et rejeter sa diabolisation, une autre qui paraît impossible à faire passer. Combien de fois n’ai-je dit que rien n’était parfait en Russie mais loin du tableau qu’on en dressait? Mais non, rien n’y fait, je serais une femme inféodée aux milieux d’extrême droite, je serais animée de  » haine »  envers un homme au courage exemplaire, Alexeï Navalny pour ne pas le nommer que je couvrirais de  » boue » quand mon « coup de maître » serait d’avoir remis en cause son empoisonnement et j’en passe et des meilleures sur ce que j’aurais écrit de cet homme dont, pour rappel, voici ce qu’il en est.

Bien sûr que tout cela ne vaudrait pas même qu’on s’y arrête. Pourtant si, car ce genre de considérations agressives -et je pèse mes mots- ne sont de loin pas les premières que je reçois en partage. Au plus fort de la guerre dans le Donbass, alors que je manifestais mon soutien à sa population, j’ai eu droit à des courriels chargés de haine de la part d’un défenseur de la cause ukrainienne.

J’ai également eu à lire les très viles considérations de la part d’un journaliste de France2 par messagerie privée sur Twitter.

Voilà ce qui est réservé à la parole prise sans la moindre revendication politique mais qui ne vise qu’à refuser de voir salis un pays, son peuple, son Histoire, et sa culture. Car c’est à cela que je m’en prends, à ce qui déforme, à ce qui discrédite, à ce qui nuit de manière gratuite.  Or en retour, plutôt que d’arguments qui inviteraient au débat, ce sont les invectives et les insultes qui sont privilégiées.

Il est devenu presque impossible de parler de la Russie sans que cela ne déclenche de réactions clivées tant nos médias et leurs invité(e)s, spécialistes, expert(e)s sélectionné(e)s ont réussi à faire de ce pays celui « de Poutine ». Animé(e)s d’une rare détermination à convaincre qu’elle ne se résume plus qu’à lui, les émissaires de la bonne parole partent en croisade contre tout ce qui s’opposerait à elle.

Eh bien non, je refuse de me joindre à cette cohorte savante et je vous remercie, vous toutes et tous qui savez lire ce qui est publié ici.

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2 Commentaires

  • Reply Daniel 24 février 2021 at 00h13

    « La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe. »

    Pardon pour les crapauds, les vrais, adorables créatures qui mangent tant d’ennemis du jardin.

    Je dois avouer que j’ai failli m’étrangler de rire en lisant que des « commentateurs » avaient eu le « courage » de classer Madame Richard-Favre à l’extrême-droite! Ces gens en fait ne jugent qu’eux-mêmes. Mais quelle belle inversion de toutes les valeurs!

    Le tueur de cafards (pour rappel: les cafards sont les Caucasiens et la solution [finale?] se trouve au bout du pistolet!) est le type même de l’extrémiste de droite, même pas patriote, mais prêt à vendre son pays et ses ressources au plus offrant. Bref en langage normal, on appelle cela un individu corrompu jusqu’à l’os, un traître. Bref, un tueur de cafards et un traître.

    Bien sûr qu’il n’a pas été empoisonné. Ce fut de la pure comédie. Le scénario est tellement débile qu’aucun réalisateur ne voudrait mettre en scène un pareil navet. A propos de navet, la vidéo propagande sur le « palais de Poutine », c’est de la grande classe dans cette catégorie. Impossible de faire plus ridicule et plus mensonger. Et plus stupide en fin de compte.

    Le soutien au Donbass reproché à Mme Richard-Favre. Le monde à l’envers quand ce sont les Ukronazis qui font la pluie et le beau temps à Kiev, quand des opposants sont torturés ou massacrés. Alors que les dirigeants du Donbass ont le soutien massif de leur population. Ce n’est ni à Donetsk, ni à Lugansk qu’un coup d’Etat s’est déroulé, mais à Kiev avec le soutien des USA et de l’UE. Bref de l’impérialisme qui ne supporte pas les Etats souverains qui lui résistent et qui défendent leur peuple et ses intérêts.

    Les Républiques du Donbass n’agressent personne, elles réclament leur auto-détermination et leur indépendance. Les nazis et autres extrémistes de droite sont ceux qui bombardent les populations civiles et commettent des attentats terroristes.

    Pour éviter la baisse du taux de profit, les capitalistes et les impérialistes ont besoin de nouvelles proies, de nouveaux pays à soumettre au pillage de leurs ressources. Or la Russie résiste. Voilà le crime de la Russie.

    La résistance est de gauche et l’impérialisme est d’extrême-droite. La haine de la Russie est aussi d’extrême-droite.

    Conclusion: les détracteurs dont il est question ici non seulement sont malhonnêtes intellectuellement, mais ils sont surtout intellectuellement déficients avec la QI d’une huître (pardon pour les huîtres !). Ou alors ils sont payés pour, ce qui ne vaut pas mieux.

    • Reply Hélène Richard-Favre 24 février 2021 at 00h37

      Merci de cette remise à l’endroit des uns et de l’autre, Daniel.

      Et quand vous écrivez « intellectuellement déficients » à propos de ces détracteurs, j’ai pour ma part hésité, à propos de leurs perception, à la définir comme résultant de déficience intellectuelle ou de malhonnêteté intellectuelle. J’ai préféré la seconde mais il arrive aux deux de s’associer sans s’exclure.

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