photo@archives personnelles: Palais d’Hiver, Saint-Pétersbourg 2014
Le 20 août 2014, dans le cadre du bicentenaire des relations diplomatiques entre la Suisse et la Russie, je publiais un sujet intitulé SI LE TSAR… et que je reproduis ci-après:
Dans la légende du « Grand Inquisiteur », célèbre chapitre du non moins célèbre roman de Dostoievski, Les frères Karamazov, Ivan Karamazov lit à son frère Aliocha un poème qu’il a imaginé.
Celui-ci met en scène le retour du Christ sur Terre au plus fort du temps de l’Inquisition en Espagne.
Aucun roman, à ma connaissance, n’évoque le tsar Alexandre Ier revenir parmi nous deux siècles après avoir signé, à Vienne, le traité par lequel il s’est porté garant de la souveraineté de la Suisse.
Dans la légende du « Grand Inquisiteur », l’apparition du Christ est décrite par Ivan Karamazov comme douce et discrète mais précise-t-il « chose étrange, tous le reconnaissent ».
Certes et de manière diverse car sa présence n’est pas du goût de chacun et encore moins de celui de l’Inquisiteur, cela se conçoit. Dans le même sens, la réapparition en Suisse du tsar Alexandre Ier susciterait-elle la controverse?
Entre respect ou indifférence au statut qu’il a accordé à la Suisse, celle-ci lui renverrait-elle l’image d’un pays dont les intérêts ont su -sinon dû- s’accommoder de ceux d’un entourage pressant?
La Suisse résiste à sa manière au courant russophobe qui traverse l’Occident mais non sans mal, il faut le dire.
Pour preuve, les dernières marques d’estime que la Suisse a portées envers la Russie par l’annulation de rencontres prévues dans le cadre du bicentenaire de leurs relations diplomatiques.
C’était donc il y a douze ans à 10 jours près.
La guerre sévissait dans le Donbass, notre RTS parlait de « personnes » mortes à Odessa sans plus de précision. Quelle importance, des « pro-Russes » avaient juste été brûlés vifs dans la maison des Syndicats d’Odessa le 2 mai 2014?
Le parti pris par nos médias ne date ni d’hier ni même d’avant-hier.
Quant au tsar Alexandre Ier, personne ne l’a imaginé revenir parmi nous et tant mieux pour lui! À nous de nous occuper de notre neutralité et de ce qu’en fait, entre autres, un politicien qui détourne l’image d’un baiser tandis que celui-ci a une histoire.
Saper les liens séculaires entre la Suisse et la Russie, bien du monde s’y emploie mais bien du monde s’y refuse et heureusement.


2 Comments
Actuellement, sous nos yeux, la suisse se rend complice de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en participant à la coalition qui mène une guerre économique et financière totale contre la Russie. –
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Des citoyens suisses participent comme mercenaires aux côtés des ukronazis.
https://multipolarra.com/suisse-enquetes-mercenariat-ukraine/
• Tant que les principales puissances européennes nieront l’évidence d’un rapprochement salutaire avec la Russie – qui est plus européenne qu’asiatique, craint l’étreinte fatale chinoise et demeure l’ultime marche de défense de l’UE face à Pékin dont les nouvelles Routes de la Soie sont le gigantesque tentacule projeté vers elles -, tant qu’elles se laisseront diviser et intoxiquer par une russophobie anachronique, elles demeureront prisonnières d’une vision du monde rétrograde, à contretemps et contre-emploi de leurs intérêts économiques et sécuritaires propres (Caroline Galactéros, Vers un nouveau Yalta, 2019)