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Entretiens avec Jacques BAUD, la guerre d’influence et la désinformation, 2e partie

-Jacques BAUD, en complément à notre précédent entretien, vous tenez à apporter encore quelques remarques relatives à ce qui s’énonce dans nos médias dits mainstream, du coronavirus et de la Chine.

Jacques BAUD:-Au début 2020, les Occidentaux reprochent à la Chine de cacher des informations sur l’origine et l’importance de l’épidémie. Boris Johnson évoque la Chine comme un « Etat-pariah ». En réalité, la Chine tente de comprendre l’épidémie. Entre le 15 janvier et le 3 mars 2020, en fonction de sa connaissance des symptômes et de la fiabilité des tests, la Chine ajuste 7 fois sa définition des cas, en augmentant à chaque fois leur nombre, démontrant qu’elle ne tente pas de dissimuler quoique ce soit.

A la mi-mars 2020, Robert Redfield, directeur du Center for Disease Control (CDC) américain, confesse devant une commission du Congrès que les Etats-Unis ne sont pas en mesure de distinguer les victimes de la grippe et celles du coronavirus, qui ont été enregistrées comme des victimes de la grippe. Ainsi, malgré les information disponibles sur le virus et l’épidémie, les Américains font moins bien que les Chinois ! Zhao Lijian, porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, saisit l’occasion pour répondre aux accusations américaines. Il ironise que le virus aurait dès lors tout aussi bien pu être importé à Wuhan en septembre 2019 lors des 7e JMME, par un participant américain. Il tweete:

Le CDC est pris la main dans le sac ! Quand le patient zéro est-il apparu aux États-Unis? Combien de personnes sont infectées? Quels sont les noms des hôpitaux? Ce pourrait être l’armée américaine qui a amené l’épidémie à Wuhan. Soyez transparent! Rendez vos données publiques! Les États-Unis nous doivent une explication!

Il n’en faut pas plus pour que les médias occidentaux et des journalistes peu scrupuleux décontextualisent le tweet et clament que la Chine diffuse des théories du complot. Pourtant, contrairement à ce qu’ils affirment, cela n’a jamais été la position officielle du gouvernement chinois, mais une simple « réponse du berger à la bergère » : le tweet est accompagné d’une séquence vidéo qui montre que les accusations américaines sont purement spéculatives.

Quant à l’hypothèse des JMME, elle n’a pas son origine en Chine, mais au Canada et bien que probablement fausse, elle n’est pas complètement incongrue. En mai 2020, en France, des athlètes militaires prétendent avoir eu des symptômes après les jeux, mais l’information est démentie par le ministère des Armées:

La délégation française a bénéficié d’un suivi médical, avant et pendant les jeux, avec une équipe médicale dédiée composée de près d’une vingtaine de personnels. Il n’y a pas eu, au sein de la délégation française des JMME, de cas déclarés auprès du Service de santé des armées (SSA) de grippes ou d’hospitalisation pendant et au retour des JMME, pouvant s’apparenter, a posteriori, à des cas de Covid-19.
À ce jour et à notre connaissance, aucun autre pays représenté au JMME de Wuhan n’a par ailleurs rapporté de tels cas.

Quant à l’idée que l’épidémie soit originaire des États-Unis, elle n’est pas complètement absurde, même si ce n’est probablement pas le cas. En marge de ces accusations contre la Chine, les laboratoires américains ont une solide réputation de laisser-aller et de négligence. En octobre 2001, l’attaque terroriste à l’Anthrax avait immédiatement été attribuée à l’Irak. Sur le plateau de la RTS, j’ai été opposé à un « expert » français qui affirmait la responsabilité irakienne, alors que l’on savait déjà que les responsables étaient aux Etats-Unis. De fait, l’attaque avait été perpétrée par un expert de l’US Army Medical Research Institute of Infectious Diseases (USAMRIID) à Fort Detrick. Après cet incident, la crainte d’une attaque terroriste a poussé les États-Unis à établir rapidement une dizaine de laboratoires de niveau BSL/P3 et 4. Au fil des années, des centaines d’incidents de sécurité y ont été observés : entre 2006 et 2013, pas moins de 1 500 incidents avec des agents pathogènes ont nécessité la prise en charge médicale de plus de 800 cas! L’US Government Accountability Office (GAO) – l’équivalent américain de la Cours des Comptes – a constaté des dizaines de défaillances avec des agents pathogènes. Le 2 août 2019, à la suite d’une série d’incidents de sécurité avec des agents pathogènes de nature imprécisée (« select agents »), mais qui incluent le SARS, l’USAMRIID est fermé. Il est réouvert en 2020 avec l’apparition de la CoViD-19.

Cela étant, l’idée d’une contagion importée en Chine n’est pas absurde, puisque certaines recherches indiquent que le virus aurait circulé en Occident bien avant que les Chinois ne le détectent : en Espagne en mars 2019, en France et en Italie en décembre 2019. En mai 2020, sur BFMTV, le Dr Yves Cohen déclare qu’un homme aurait été testé positif à Paris le 27 décembre 2019 ; pourtant, il n’a pas voyagé, et la seule personne ayant pu l’infecter est sa femme, qui est asymptotique.

-J’ai, en effet appris d’une de mes relations, qu’elle avait été atteinte, en décembre 2019, d’un virus dont aucun médecin n’a réussi à lui dire ni l’origine ni le nom car il a été déclaré « inconnu » .Cette personne a souffert de violentes poussées de fièvre alors que jamais elle n’avait connu de températures aussi élevées, a dû être hospitalisée d’urgence pour une pneumonie dont on ignorait tout de ce qui avait pu la déclencher.

Jacques BAUD: -De fait, les éruptions épidémiques inexpliquées ne sont pas rares : en septembre 2018, 150 cas de pneumonie inexpliquée avaient été signalés à Brescia (Italie) et une pneumonie virale d’origine inconnue avait éclaté le 30 juin 2019 en Virginie (Etats-Unis). En 2020, malgré une information initiale considérablement plus élevée qu’en Chine, les pays occidentaux restent incapables d’identifier « leurs » propres « patients zéro ». Ainsi, en Italie, le 10 mars 2020, l’Institut Supérieur de la Santé avouait qu’il n’était pas possible de reconstruire la chaine de transmission de tous les patients. À la fin mars, un groupe de chercheurs italiens conclut que le SARS-CoV-2 était présent en Italie au 1er janvier 2020, et qu’il y circulait probablement déjà en décembre 2019 ; mais on est toujours incapable d’identifier le « patient zéro ».

A la fin avril 2020, les États-Unis ont 1,2 million de cas et 70 000 morts, et Donald Trump accentue sa pression sur la Chine en cherchant à convaincre le monde qu’elle est responsable. Alors que le gouvernement chinois y voit une question scientifique, les États-Unis – et les Occidentaux – cherchent à politiser l’origine du virus, essentiellement pour dissimuler leur négligence. Donald Trump va même jusqu’à prétendre que la Chine exploite la crise du coronavirus pour empêcher sa réélection ! Sur FOX News, le général Jack Keane affirme que:

Le président Xi Jinping a «militarisé» la propagation du coronavirus dans le monde pour détruire les économies occidentales et écraser sa concurrence.

Il évoque des mesures de rétorsion et des réparations. Une situation curieuse, car malgré un recul de plusieurs semaines et une meilleure connaissance de la CoViD-19, les pays occidentaux ont laissé le virus proliférer vers d’autres pays. Ainsi, Scott Morrison, premier ministre australien, affirme que la majorité des cas en Australie proviennent des États-Unis. Les premiers cas en Mongolie et au Sénégal sont venus de France; ceux du Nigéria et de la Jordanie sont venus d’Italie; et celui du Panama provient d’Espagne… En outre, les Américains ont la mémoire courte, car la pandémie de H1N1 en 2009, qui a fait entre 100 000 et 400 000 morts, était originaire… des États-Unis !

Alors qu’en décembre 2020, France 24 affirme que la Chine « cultive les zones d’ombre » sur l’origine de la pandémie, la célèbre revue Nature n’évoque pas de problèmes politiques, mais des difficultés d’ordre scientifique. La célèbre revue s’appuie sur une étude espagnole qui relève la présence du SARS-CoV-2 en Espagne en mars 2019 déjà, et affirme:

L’enquête initiale à Wuhan éclairera des études à plus long terme sur les origines de la pandémie, qui pourraient emmener les enquêteurs hors de Chine. (…)
Un nombre croissant d’experts pensent que les ancêtres immédiats ou proches du SRAS-CoV-2 sont plus susceptibles d’exister chez les chauves-souris en dehors de la Chine.

En fait, dès le 3 janvier, la Chine informe régulièrement Hong Kong, Macao et Taïwan (qu’elle considère comme des prolongements de son territoire), et invite des délégations à Wuhan. Le 4 janvier, le directeur du Center for Disease Control (CDC) chinois prend personnellement contact avec son homologue américain afin d’établir un canal d’échange d’informations avec les États-Unis. Mais nos médias n’en parleront pas. Contrairement aux pays asiatiques (y compris les plus grands ennemis de la Chine, comme la Corée du Sud, le Japon ou Taiwan) les Occidentaux n’ont pas voulu écouter les Chinois.

En fait, les médias – comme nous le verrons dans le cas du terrorisme – ont obscurci notre vision, ouvrant ainsi un espace au complotisme et aux fausses nouvelles, qui ont très largement contribué à la mauvaise compréhension du problème. Nous avons déjà évoqué les affirmations peu éclairées et mensongères du quotidien Le Temps (en français : désinformation), qui fustigeait la « gestion désastreuse » de la crise par le gouvernement du Belarus. Les chiffres qui apparaissent sur le graphique qui illustre ce sujet parlent d’eux-mêmes…

Histoire, Politique, société, Voix

LA GUERRE D’INFLUENCE ET LA DESINFORMATION, SUITE DES ENTRETIENS AVEC JACQUES BAUD

-Jacques BAUD, dans nos précédents entretiens sur la guerre d’influence, nous nous sommes arrêtés sur l’influence, sur les mesures actives, la propagande et la censure. Aujourd’hui nous abordons la désinformation. Comment la définissez-vous au regard de la propagande, par exemple?

Jacques BAUD: -Dans le langage courant, on tend à associer les termes « propagande » et « désinformation », voir à les confondre. Or, comme nous l’avons vu, la propagande a pour objet l’accentuation d’informations (souvent justes), alors que la désinformation implique la production et la diffusion délibérée de fausses informations pour induire en erreur. Dans la hiérarchie des termes, la désinformation se situe un peu au-dessus de la propagande. En d’autres termes, on peut utiliser la propagande à des fins de désinformation : en projetant plus de lumière sur événement on peut avoir l’objectif d’induire en erreur.

Par exemple, la publicité est souvent une forme de propagande, en mettant en lumière les avantages d’un produit, mais n’a pas nécessairement pour but de tromper sur ce produit (ce qui serait illégal).

Menée au niveau politique ou stratégique, la désinformation n’est pas un geste gratuit, mais contribue à atteindre un objectif. Durant la guerre froide, nous avions deux systèmes politiques qui cherchaient à s’imposer à l’autre, par la guerre ou par la politique : l’un parce qu’il se considérait comme étant « dans le sens de l’Histoire » ; l’autre parce qu’il voyait le système communiste comme « contre nature ». C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on parlait de « guerre froide ». Aujourd’hui, la situation est très différente : les pays communistes sont devenus les chantres du capitalisme et n’ont plus comme objectif d’imposer leur « système ». Sans doute cherchent-ils à montrer leur meilleur côté, mais l’idée que la Chine cherche à « contrer et d’affaiblir le modèle des démocraties libérales et occidentales et d’imposer un modèle autoritaire et dictatorial partout », comme le prétend Isabelle Lassere du Figaro, dans « C Dans l’air », est tout simplement fantaisiste. Aujourd’hui, la Chine s’est dotée d’un outil de production à sa dimension, et cherche à l’utiliser au profit de sa croissance… exactement comme nous le faisons.

A la fin janvier 2020, le président Trump tweete :

La Chine s’est efforcée de contenir le coronavirus. Les États-Unis apprécient beaucoup leurs efforts et leur transparence. Tout ira bien. En particulier, au nom du peuple américain, je veux remercier le Président Xi !

La situation est alors rapportée par la presse de manière relativement objective.

Mais à la fin mars, le bilan des morts aux Etats-Unis et en France, rattrape celui de la Chine… Il faut trouver des explications au désastre qui s’annonce et disculper des autorités politiques et sanitaires négligentes.

Le discours officiel à l’égard de la Chine change alors totalement : la guerre est déclarée. On prétend que les autorités chinoises ont menti et minimisé l’importance de l’épidémie, notamment en arrêtant des donneurs d’alerte et en les réduisant au silence. C’est faux. On affirmera que les services de renseignement américains avaient détecté l’épidémie en novembre 2019 déjà, ce qui s’est avéré faux. Le parti Républicain élabore une discipline de langage qui affirme que « Le Parti communiste chinois a provoqué cette pandémie » et que la Chine a « prétendu que la maladie ne pouvait pas être transmise ». Le 30 mars, la très médiatique Karine Lacombe affirme que les premiers décès chinois sont survenus en décembre 2019 déjà : elle se base sur les « résiliations massives de dizaines de milliers de lignes [téléphoniques] » à Wuhan. Elle ment : le même jour, Associated Press démonte cette « fake news » dans un « fact checking », et explique qu’il s’agit de résiliations de services liés à l’arrêt de certaines activités lors du confinement. Cela n’empêchera pas d’autres « experts », comme Philippe Dessertine de répéter ce mensonge sur France 5 en novembre 2020. Le 14 avril, l’ « experte » Valérie Niquet, de la Fondation pour la Recherche Stratégique, affirme dans un article, que le virus serait apparu en Chine en octobre 2019 déjà. Pourtant le 30 mars, CNews annonçait que la « patiente zéro » aurait été identifiée et aurait eu ses premiers symptômes le 10 décembre 2019.

En fait, ces « experts » n’en savent rien, mais exploitent leur caution scientifique à des fins de désinformation. Car à la fin décembre 2019, la Chine fait face simultanément à une épidémie de grippe d’une ampleur inédite et à des cas de « pneumonie non-diagnostiquée ». Le 26 décembre, la Dr Zhang Jixian, spécialiste des maladies respiratoires, constate le phénomène, sans pouvoir l’expliquer, et donne l’alerte afin que des analyses plus poussées soient faites. Le 30 décembre, la commission médicale de Wuhan émet une alerte pour une « pneumonie non diagnostiquée » et déclenche des mesures d’urgence « de niveau 2 ». Cette alerte est relayée par le réseau américain ProMED. Ce n’est qu’après cela qu’intervient le « célèbre » Dr Li Wenliang, qui est ophtalmologue, qui transmet des extraits du dossier d’un malade et l’image de son scanner par WeChat à d’anciens collègues de sa faculté de médecine sur un forum privé, en affirmant qu’il s’agissait du SARS.

En fait, non seulement il viole le secret médical, mais ses informations sont fausses : le SARS est 20-100x plus mortel que le SARS-CoV-2, et la Chine ne compte pas encore un seul mort. Dans cette situation, les autorités chinoises ne veulent pas créer la panique : Li est interpellé (et non arrêté) et on lui fait promettre (par écrit) de ne plus diffuser de fausses nouvelles. Mais les médias occidentaux en feront une icône pour dénoncer la dictature chinoise. En revanche, la Dr Zhang – qui est la véritable donneuse d’alerte de l’épidémie – a été récompensée par les autorités chinoises.

Le 31 décembre, la Chine informe l’OMS officiellement, sans en connaitre le virus, ni ses mécanismes de transmission. Ce n’est que le 7 janvier qu’il sera identifié sous l’appellation 2019-nCov, modifiée plus tard pour celle de SARS-CoV-2. Le premier mort chinois sera enregistré le 9 janvier.

Le 1er décembre 2020, CNN publie des documents prétendument confidentiels démontrant les mensonges chinois. Le même jour, dans son journal de 12h30 la RTS affirme que « Le 10 février, la Chine annonce 2478 nouveaux cas confirmés de CoViD mais le dossier obtenu par CNN et authentifié par 6 experts indépendants révèle 5918 nouveaux cas effectivement enregistrés à cette date là ». Le 2 décembre, dans l’émission « C dans l’air », Caroline Roux présente un reportage qui reprend l’information de CNN en affichant « 2478 cas déclarés » et « 5918 cas recensés ». La RTS, et France 5 mentent : c’est de la manipulation. En fait, les documents de CNN décomposent le nombre de 5918 : 2 345 « cas confirmés », 1 772 « cas diagnostiqués cliniquement » et 1 796 « cas suspects ». Donc en annonçant 2478 « cas confirmés » (comme on le fait internationalement), la Chine n’a pas menti ! Ceci étant, à cette date (10 février) les critères pour définir un « cas » (notamment en regard des cas asymptomatiques) sont peu clairs, c’est pourquoi le 12 février le gouvernement chinois ajuste ses critères et annonce 14 000 cas de plus, démontrant qu’il n’y avait pas de volonté de cacher l’ampleur de l’épidémie.

Sur la foi des documents de CNN,  la RTS,  « C dans l’air » affirment que « la Chine aurait dissimulé des informations dès le début (…) début décembre, lorsque toute l’attention est portée sur Wuhan alors que deux ville du Hubei comptabilisent plus de malades ». C’est à nouveau un mensonge destiné à faire croire que la Chine avait déjà une épidémie de CoViD bien développée en décembre. En fait les documents de CNN ne parlent pas de CoViD, mais de l’épidémie de grippe dans les villes de Yichang et Xianning!

Ces journalistes ne sont que des propagandistes, dignes de ceux des grandes heures de la guerre froide et qui s’abreuvent des « fake news » propagées par Trump ! Car en réalité, les documents de CNN sont plus nuancés :  Au moment où le virus serait apparu pour la première fois, les documents montrent qu’une autre crise sanitaire  se déroulait: le Hubei faisait face à une importante épidémie de grippe. Selon les documents, cela a entraîné une augmentation du nombre de cas jusqu’à 20 fois le niveau enregistré l’année précédente, plaçant d’énormes pressions supplémentaires sur un système de santé déjà sollicité.

Mais évidemment, ni la RTS, ni France 24, ni France 5 ne mentionnent ce passage !… Et ce n’est qu’un échantillon des innombrables falsifications faites par nos médias, afin de suggérer que le désastre de la CoViD est le résultat d’une machination venant de Chine… ce qui – selon le prestigieux journal Lancet est loin d’être démontré à ce stade !

D’ailleurs, en avril 2020, des scientifiques honnêtes, comme Anne-Claude Crémieux, professeure à l’hôpital St Louis (Paris) et Yves Gaudin, virologue et directeur de recherche au CNRS, rappellent que la Chine n’a pas fait de rétention d’information au début de l’épidémie.

Comme on le constate, la désinformation est l’usage combiné de fausses informations (inventées), de suppression d’informations (réelles) et de la création artificielle d’intentions (complotisme)… C’est la raison pour laquelle les citoyens n’ont plus confiance dans leurs médias, ouvrant ainsi la porte à toutes sortes de théories fumeuses (complotistes) à leur tour !…

Dans un prochain entretien, nous examinerons les cas de la Russie et de l’Iran, qui sont tout aussi édifiants !

Histoire, Politique, société, Voix

La guerre d’influence et la censure, suite des entretiens avec Jacques BAUD

-Notre dernier entretien avec vous, Jacques BAUD a porté sur la propagande. Dans celui de ce jour, il est question de censure. Si, selon vous, cette dernière vient en complément de la première, leur usage à toutes les deux diffère selon les régimes politiques qui y recourent. Merci de nous en dire davantage à cet égard…

Jacques BAUD: -Alors que la propagande est le fait de diffuser l’information « digne d’être propagée », la censure est le fait de bannir l’information que l’on ne souhaite pas diffuser. Elle complète la propagande et contribue ainsi à la maîtrise du contenu de l’information. Elle peut être imposée par la force ou la persuasion.

Durant la guerre froide, les pays communistes ont été de grands utilisateurs de la censure. Toutefois, contrairement à ce que l’on pense généralement, leur enjeu était moins la conservation du pouvoir (qui était assuré par tout un arsenal de mesures, dont le système du parti unique), mais plutôt au maintien de l’image du système communiste. Les partis communistes se voyaient comme allant dans le sens de l’Histoire, et étaient engagés dans une sorte de compétition (politique) avec le monde occidental libéral. La censure visait alors à gommer les aspects négatifs du système.

Aujourd’hui, la censure a gagné les pays démocratiques, mais cette fois-ci, il ne s’agit pas de « l’image du système », mais bien de la conservation du pouvoir ou d’une autorité. Car les dirigeants des pays démocratiques sont sensibles aux mouvements d’opinion et au verdict des urnes. Paradoxalement, les démocraties sont souvent plus vulnérables à l’information que ne le sont les dictatures ! Ceci ne signifie pas que des pays totalitaires, comme la Chine ou la Corée du Nord n’utilisent pas la censure ! Au contraire ! Ils le font, mais avec une finalité différente qu’en Occident : il s’agit surtout de maintenir l’image de stabilité du système, particulièrement dans un contexte de compétition économique internationale. La conservation du pouvoir ne venant ici que de manière marginale. Ainsi, Xi Jinping, à qui la Constitution chinoise – récemment modifiée – accorde un statut illimité n’a pas besoin de craindre un verdict populaire !…

Dans le même esprit, les gouvernements occidentaux tendent à déléguer l’exercice d’une forme de censure à des acteurs privés, comme les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Tweeter, Youtube, etc.). Par exemple, le fournisseur de service Slack, en Grande-Bretagne, a tout simplement fermé les comptes de clients qui avaient visité des pays sous sanctions américaines. GitHub a adopté des mesures analogues. Alors que l’internet devait être « neutre », il devient une des courroies de transmissions de la politique américaine. Il en est ainsi de PayPal, qui refuse de transmettre les paiements à des organes de presse alternatifs qui soutiennent l’Iran.

Ainsi, Google, Facebook, Le Monde, Libération, l’Union européenne ou l’Otan, proposent des « fact-checkers » (vérificateurs de faits). Mais en l’absence de critères précis et d’une méthodologie rigoureuse, ces outils deviennent une manière de stigmatiser les pensées déviantes. Le fact-checker de l’Union européenne est devenu un véritable site de désinformation dirigé contre la Russie. La méthode est assez simple : à partir d’une information glanée sur un site pro-russe, il formule une « réfutation » basée sur un autre fait, qui – souvent – n’infirme pas l’information originale, mais une information très similaire. Par exemple, le 2 août 2019, euvsdisinfo.eu épingle la version espagnole de Sputnik pour avoir affirmé que
Le président américain Donald Trump a menacé de libérer des milliers de membres du groupe terroriste État islamique capturés en Syrie, si les pays européens ne les reprenaient pas.

Euvsdisinfo.eu accuse Sputnik de déformer un tweet de Trump datant du 16 février évoquant le sort de 800 combattants de l’État islamique. Ce tweet est bien réel, mais le site européen ment, car ce n’est pas ce qui est évoqué par Sputnik : en fait, le 2 août, dans un « point-presse », Trump a bien affirmé presque mot pour mot ce que prétend Sputnik.

Ce « fact-checking » devient ainsi une forme de censure, qui génère une forme de manipulation : on définit une « vérité » de référence, souvent fondée sur des convictions plus que sur des faits, afin d’écarter les informations « non-conformes ». Paradoxalement, les « censeurs » modernes se réfugient derrière les droits de l’Homme, l’Etat de Droit ou la démocratie pour réduire la diversité politique. Car la démocratie appartient également à ceux qui sont contre elle : c’est ce qui fait sa force. Tenter d’éliminer les informations discordantes en les qualifiant de « conspirationnistes » et autres (en perdant de vue au passage la nature même du complotisme) est la preuve d’un manque de confiance en la démocratie.

Quant aux « vérificateurs de faits » automatiques des réseaux sociaux, ils ne sont pas capables de juger la substance d’une information. Ils en « décident » en fonction d’algorithmes alimentés par le comportement des utilisateurs, avec des effets pervers. Ainsi, en septembre 2016, Facebook avait censuré la Première ministre norvégienne Erna Solberg, qui avait publié la photo d’une fillette qui courait nue pour échapper à un bombardement au napalm durant la guerre du Vietnam en 1972. Le réseau social a également censuré le tableau L’Origine du Monde de Gustave Courbet, puis, en 2018, une série de peintures de Rubens. En novembre 2020, le média Bloomberg rapporte que les algorithmes de Facebook ont bloqué « par erreur » des milliers de publicités, causant même des licenciements pour certaines entreprises.

Le concours des acteurs privés à la censure étatique est renforcé par la concentration croissante des médias autour de groupes financiers proches du pouvoir. La visite de Vladimir Poutine à Emmanuel Macron au Fort de Brégançon, en 2019, nous donne un exemple frappant de censure, qui témoigne de la servilité des médias et des journalistes privés…

-Merci, Jacques Baud, d’avoir cité cette rencontre des présidents russe et français de l’été dernier qui constituera partie du propos de notre prochain entretien!

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Suite des entretiens avec Jacques BAUD sur ce terme très en vogue de « conspirationnisme » …

Jacques BAUD: -On associe souvent le conspirationnisme au populisme ou à l’extrême-droite. C’est souvent vrai, mais notre perspective est généralement faussée par l’absence de rigueur pour définir le « conspirationnisme » : la soi-disante lutte contre le conspirationnisme devient donc un instrument d’influence. Ainsi, en 2017 et 2019, la Fondation Jean-Jaurès (en collaboration avec l’IFOP et Conspiracy Watch) a publié deux enquêtes sur l’adhésion aux théories du complot dans la population française. La particularité de ces enquêtes est d’associer des questions d’importance mineure – comme la mort de Lady Di, la platitude de la terre ou le fait que les Américains ne seraient pas allés sur la lune – avec « l’importance accordée au fait de vivre en démocratie ».

La conception même des enquêtes fait que l’interprétation des résultats est problématique. Ainsi, le fait d’approuver l’affirmation « Les Illuminati sont une organisation secrète qui cherche à manipuler la population » n’implique pas nécessairement que l’on croie qu’ils le fassent effectivement. Pourtant le magazine Le Point – et… Le Temps ! – n’hésite pas à en tirer la conclusion qu’ « un Français sur quatre pense que les Illuminati nous manipulent ». C’est évidemment un mensonge : « chercher à » ne signifie pas qu’on le fait et le « nous » est une précision que la question initiale n’évoquait pas du tout. En l’occurrence, Le Point serait plutôt « complotiste » ! Par ailleurs, les questions elles-mêmes induisent en erreur. Par exemple, on demande de se prononcer sur la proposition « Seule une poignée d’initiés est capable de décrypter les signes de complot qui ont été inscrits sur les billets de banque, les logos de marques célèbres ou dans des clips musicaux ». Ainsi, on affirme que des « signes de complot […] ont été inscrits » sur les billets de banque ; il est dès lors logique de penser que seuls les initiés peuvent les comprendre. Pour avoir une réponse pertinente, il aurait fallu demander si l’ « on croit que des signes ont été inscrits… ».

Les auteurs de ces études jouent sur les ambiguïtés pour faire apparaitre des « théories complotistes », dans le but d’établir une corrélation entre l’adhésion à une « théorie du complot » et le doute sur la démocratie. Ainsi, l’affirmation « Le trafic de drogue international est en réalité contrôlé par la CIA » est très probablement fausse exprimée de cette manière ; mais elle n’est pas sans lien avec la réalité. Déjà en 1993, le New York Times affirmait que les liens entre la CIA et le trafic de drogue remontaient à la création de l’agence. Car la CIA a effectivement été – et reste – impliquée dans de nombreux trafics de drogue. À la fin des années 40, en échange de la lutte contre les syndicats communistes à Marseille, la CIA avait permis aux mafias italienne et corse de poursuivre leurs trafics de drogue : c’est la célèbre « French connection ». Plus tard, en Indochine, s’inspirant de la stratégie du SDECE français, qui avait financé la production et la distribution de drogue pour obtenir le soutien des tribus Hmong (Opération X), la CIA a effectivement soutenu les producteurs d’opium du « Triangle d’Or » dans les années 1960 – 1970 (Opération PAPER), afin de créer un rempart contre la progression du communisme dans le Sud-Est asiatique et organisé les transports de drogue. En Amérique latine, la CIA a appliqué la même stratégie en soutenant les producteurs de coca afin de contrer l’implantation de maquis marxistes… avant de se retourner contre eux après l’échec des guérillas communistes En Afghanistan, sous le gouvernement des Talibans, la production d’opium avait été réduite un minimum historique de  74 tonnes en octobre 2001, mais 17 ans après le début de l’intervention occidentale à la fin 2018, elle atteignait 6 400 tonnes, soit 82% de la production mondiale. Malgré que l’éradication de la production de drogue ait été l’un des objectifs de leur intervention en Afghanistan , les Occidentaux ont été incapables de lui trouver une alternative. En fait, les Américains et l’OTAN ont fermé les yeux et même protégé cette culture illicite afin d’éviter que les seigneurs de la guerre locaux ne s’allient avec les Taliban. En 2010, l’OTAN a même refusé une offre russe pour éradiquer les plantations d’opium.

Ainsi, affirmer que le trafic de drogue international est « contrôlé par la CIA », est certainement une affirmation fausse, mais douter de l’éthique des États-Unis et d’institutions internationales à ce propos est loin d’être irrationnel !

De même, l’affirmation « certaines traînées blanches créées par le passage des avions dans le ciel sont composées de produits chimiques délibérément répandus pour des raisons tenues secrètes » est très certainement fausse aujourd’hui, mais les craintes qu’elle reflète est aussi basée sur des faits réels. Les 26-27 septembre 1950, la marine américaine a disséminé secrètement des agents biologiques au-dessus de la baie de San Francisco (Opération SEA SPRAY) afin de tester la vulnérabilité d’une zone urbaine. L’opération ne sera dévoilée qu’en 1976, mais elle a été reproduite dans d’autres pays, notamment en Grande-Bretagne au début des années 1970 . En 1977, l’armée américaine confessera avoir mené 239 expériences de dissémination d’agents biologiques sur des populations entre 1949 et 1969 . A l’évidence, les trainées que l’on peut voir aujourd’hui dans le ciel derrière les avions (« contrails ») sont un phénomène physique qui n’a aucun lien avec des armes chimiques, et il est très improbable que de telles expériences soient encore menées de nos jours; mais, les craindre n’est donc pas totalement irrationnel non plus. Le problème ici est que ceux qui cherchent à « débunker » ces théories complotistes le font mal : au lieu d’expliquer l’origine de cette crainte et rationnaliser la question, il y répondent de manière dogmatique, notamment, comme le fait Le Temps, en accusant ceux qui y croient de « défiance envers la démocratie ». Or c’est précisément cette opacité dans le « débunkage » qui contribue au développement de théories complotistes.

Les outils mis en place par certains médias sont eux-mêmes devenus des outils d’influence… et de désinformation. Car finalement, le terme « conspirationnisme » ou « complotisme » ne finit par être utilisé seulement pour discréditer une opinion divergente. En mars 2013, la passe d’arme entre Patrick Cohen et Fréderic Taddeï sur France 5 illustre la tendance actuelle d’exploiter le « complotisme » pour y adosser une forme de censure et imposer un discours officiel. Patrick Cohen défend l’approche de filtrer les opinions venant de « cerveaux malades » dans les médias publics, car on n’a pas le droit de penser ce que l’on veut.

François Asselineau, candidat à la présidentielle de 2017, dérange : sa connaissance des dossiers, la solide argumentation qu’il a développée contre l’UE, l’Euro et l’OTAN en ont fait un adversaire redouté au plan politique et sur les plateaux de télévision, même si son audience reste modeste. N’hésitant pas à mettre le doigt sur les détails qui dérangent nos préjugés, il est souvent qualifié de « complotiste » par la presse. Il affirme, entre autres, que la construction de l’Europe était initialement un projet américain et que le Dalaï Lama était un agent de la CIA. Or, bien que le mot « agent » est impropre, (car techniquement, le Dalaï Lama n’a jamais été un « employé » de la CIA, mais plutôt une « ressource » (en anglais : asset), le Dalaï Lama et son mouvement ont bel et bien été soutenus par l’ «Agence » dès l’annexion du Tibet par la Chine, en 1950 . La CIA l’exfiltre de Chine en mars 1959, arme et finance les mouvements de résistance qui lui sont fidèles aux confins du Népal et de l’Inde jusqu’au début des années 70 (avec le rapprochement entre le gouvernement Nixon et la Chine). Mais le soutien aux mouvements tibétains s’est poursuivi dans le cadre des « révolutions de couleur » à travers des institutions et fondations financées par le gouvernement américain. Évidemment, l’association entre un guide spirituel respecté et une agence d’espionnage nous choque et nous tendons à la qualifier de « complotiste ». Mais c’est ignorer que le Dalaï-Lama est une des clés de la légitimité de l’autorité de la Chine dans cette province turbulente et qu’elle a tenté d’imposer « son propre » dalaï-lama : l’enjeu est ici stratégique, plus que spirituel.

De même, les Européens n’aiment pas beaucoup l’idée que « leur » Europe ait été façonnée par les États-Unis et la CIA. C’est pourtant vrai ! En 1945, l’Union soviétique fait face à une Europe exsangue et très affaiblie sur tous les plans. Les États-Unis comprennent que les rivalités qui avaient conduit aux deux guerres mondiales pourraient faire le jeu de l’URSS dans un nouveau conflit. Ce risque est d’autant plus grand que la libération de l’Europe s’est largement appuyée sur les maquis communistes (comme en France et en Italie), qui entretiennent des liens étroits avec Moscou. Les Américains cherchent donc à favoriser en Europe un paysage politique resserré sur le centre, et débarrassé des extrêmes de droite comme de gauche. C’est la raison pour laquelle la CIA financera le syndicat Force Ouvrière en France dès 1948 (pour « casser » l’influence soviétique dans le mouvement syndical ) et la Démocratie Chrétienne en Italie, afin de contrer le puissant parti communiste aux élections de 1948. Entre 1947 et 1953, la CIA aurait versé plus d’un million de dollar au Mouvement Européen britannique . En 1975, lors du référendum pour le maintien (ou non) de la Grande-Bretagne dans la Communauté Economique Européenne (CEE), la CIA soutien financièrement le mouvement en faveur du « oui » . Une ingérence bien avant la Russie… mais avérée, celle-là !

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Covid-19, « vagues » bien vagues

Vous l’aurez constaté, il est souvent question de « deuxième vague » à propos de la Covid-19.

Après avoir sollicité le point de vue d’un médecin ORL, il en est ressorti que de « deuxième vague », il n’y avait pas. Nous étions toujours dans la première, même en Chine où l’on parle de nouveaux cas d’infection.

L’ avis de ce médecin se trouve d’ailleurs confirmé par celui d’Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale à l’Université de Genève interviewé par le journal  Le Temps 

Tout est dans la manière donc, celle de communiquer, comme on dit.

On serait néanmoins content de parvenir, un jour, à y voir clair, dans cette crise, épidémie ou pandémie, à choix. Car on y a goûté au flou et à ce sentiment diffus de peur qu’il engendre.

Que ce virus soit une réalité es indéniable. Que les citoyen(ne)s lambda soit considérés aptes à recevoir des informations dignes de ce nom contribuerait d’autant à s’en protéger et à lutter contre lui.

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Un monde de prisonniers

Nous vivrions dans des démocraties.

Enfin, c’est ce qui nous est répété tandis que sont pointés du doigt autant de « régimes » qualifiés au mieux d’autoritaires, sinon, de dictatoriaux.

Parmi eux figurent souvent en bonne place, des pays dont on dit que la censure y sévirait.

Et de citer ces personnalités qui, pour avoir osé s’exprimer, se retrouvent aussitôt derrière des barreaux quand leur vie ne leur est pas soudain prise par telle ou telle mort (in)expliquée.

Tout cela est bien connu, sans cesse rappelé à longueur de colonnes de journaux, d’ondes radiophoniques ou de plateaux de télévisions par les incontournables chantres des « droits humains ».

Mais en quoi consiste donc notre liberté à nous, chérie et tant défendue? D’avoir tout simplement droit à une parole ailleurs interdite?

Non, bien davantage! A vivre comme on l’entend, est-il souvent rétorqué.

En effet, crise du Covid-19 oblige, jamais la dépendance à un pays qualifié de « dictature » n’aura si bien été révélée.

Avec ses carences en matériel apte à permettre de surmonter ce fléau qui a paralysé ce que d’aucuns s’ingénient à appeler « le monde d’avant », c’est un monde de prisonniers qui aura été découvert.

Un univers concentrationnaire dans lequel chacune et chacun était convaincu(e)d’être libre…

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Covid-19, l’OMS en ligne de mire

L’OMS serait sous le feu des critiques, nous apprend cet article du journal « Le Monde ». Accusée de s’être soumise aux pressions qu’aurait exercée sur elle la Chine, la voici en ligne de mire.

Ce ne serait pas la première fois, explique tel ou telle collaborateur ou collaboratrice.

Le fait est que l’Organisation Mondiale de la Santé n’a aucun pouvoir coercitif sur les gouvernements auxquels incombe la gestion de la santé de leurs pays respectifs.

Raison pour laquelle chacun d’entre eux a administré ses propres mesures et s’est aussi rappelé qu’il avait des frontières.

Or -et cela n’a jamais manqué d’être rappelé- les virus, en l’occurrence celui du COVID-19, n’ont pas attendu que des barrières se dressent entre pays pour les franchir allègrement.

Ce qui confère sa dimension politique et nationale à la gestion de la crise qui frappe la planète mais à de très diverses manières, la carte illustrant ce sujet nous le démontre.

Car si les frontières ont été rétablies entre les pays, c’est bien parce que leur gestion de la crise a différé. On ne voulait donc pas subir les effets des unes ou des autres chez soi.

Comme quoi, la mondialisation ne se conçoit que pour le profit à en tirer. Pour le reste, chacun pour soi et tous pour accuser l’autre de ses méfaits.

Mieux, rendre responsable une organisation internationale qui n’a aucun pouvoir autre que coordinateur est se défausser de manière aussi aisée que malvenue.

Sauf à considérer que coordination équivaut à coercition.

Or jusqu’à nouvel avis, les mots devraient encore avoir un sens, même si, on le sait de longue date, celui-ci est sans cesse mis à mal.

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Covid-19, faites vos choix!

Ce n’est pas une guerre contre un virus que nous menons, c’est d’une guerre économique entre puissances que nous sommes les otages!

Accompagnée comme de juste d’une guerre d’’information, tout y est pour qu’on n’ait plus qu’à se débattre là au milieu et tenter de survivre

J’admire celles et ceux qui nous expliquent par A + B que le virus a été créé en laboratoire, que le virus vient de Chine, que le virus vient d’Italie, que le virus vient des Etats-Unis.

Et puis que non, le virus n’a pas été créé par l’homme, que le virus vient de tel animal, de tel marché, de telle manipulation, bref, toute explication que vous rechercheriez, vous le trouverez.

Et le plus souvent présentée de manière si convaincante que vous pourrez adhérer à autant de thèses défendues avec force conviction et arguments à l’appui.

Qu’est-ce que cela change lorsque l’on n’a plus qu’à lutter pour sa survie comme le doivent déjà tant de personnes, qu’elles soient hospitalisées ou pas?

Le nombre d’entreprises qui seront condamnées à court, moyen ou long terme par cette guerre de puissants, c’est à elles que je songe tout autant qu’aux familles endeuillées.

Le reste relève de jugements qui désignent les coupables et tranchent entre parole contre parole comme il se doit le plus souvent en pareil cas.

Classique qui nous rappelle que, décidément, une guerre se gagne par la force.

Politique, société

Un intitulé et quelques remarques…

Cet intitulé du journal « Le Monde » est plutôt piquant en dépit des ravages causés par la situation liée au coronavirus. 
Il est vrai qu’il n’y a que la Chine pour agir ainsi.
Nulle part ailleurs, en France par exemple, on ne songerait à arrêter qui dénonce un problème. On le traite et on remercie celles et ceux qui l’ont signalé!
Trêve d’ironie, on sait bien qu’il est toujours plus facile de pointer les failles d’un pays tiers que celles du sien.
On l’a vu combien de fois, ne serait-ce qu’avec la Russie, responsable de tant de maux!
Alors que dire de la Chine! Sinon qu’elle est tenue de main de fer et si possible sans gant de velours.
Ce fait du deux poids deux mesures est tellement récurent que l’on serait tenté, parfois, de le négliger. Or renoncer à le signaler revient à le cautionner.
Il est, toutefois, si présent que l’on ne peut, évidemment, pas y réagir chaque fois. Mais jamais, non. Et il en est entre autre un qui a été porté, ici, à votre connaissance.
Celui de réaliser comment ce journaliste qui avait constitué un dossier sur des réseaux pédo-criminels, s’est retrouvé, lui, derrière les barreaux.
On ne touche pas aux grands de ce monde. Sachant ce que leur grandeur cache de misère, autant méditer sur les valeurs dominantes…

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La lutte contre l’excision n’aura donc pas été récompensée par le Prix Sakharov 2019

Comme chaque année, le Prix Sakharov a été décerné.

Si, en 2018, il avait été remis au cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, cette année, c’est à l’économiste ouïgour que cette prestigieuse récompense a été accordée.

Parmi les candidatures soumises, figuraient, entre autre, celles de jeunes Kenyanes qui ont créé une application pour combattre l’excision.

Chaque année, plus de trois millions de filles dans le monde risquent de subir des mutilations sexuelles, soit sept filles par minute, et ce souvent avant l’âge de 15 ans, pour beaucoup dès la naissance.

Alors que la violence exercée contre les femmes mobilise tant et fait les unes de nombre de nos médias, il aurait été judicieux de récompenser ces jeunes Kenyanes.

Mais il en aura été décidé autrement.

Il est évident que croupir dans une prison chinoise ne doit pas être une partie de plaisir. Mais être mutilée à vie comme autant de ces jeunes filles qui ont à subir l’excision?

D’autres éditions de ce Prix existent qui honoreront peut-être le combat de ces courageuses jeunes filles.