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Syrie

Histoire, Politique, société, Voix

L’humanisme pris en otage

A lire, à entendre ces personnes qui disent s’être rendues en Grèce dans les centres appelés hot spots et dont elles dénoncent avec virulence les conditions d’accueil de migrants, on ne peut bien sûr pas rester indifférent.

Du moins si l’on a un coeur. Mais c’est la raison qui interroge, car elle souhaite comprendre. Ne serait-ce que ce qui a permis d’en arriver à pareille situation.

Or pour autant de ces pourfendeurs de « l’Europe », c’est avant tout l’Union Européenne qui est visée.

Sans compter, bien sûr et de manière explicite comme l’a énoncé Jean Ziegler, ce qui est souvent désigné comme « régime », à savoir celui de Damas et de son allié russe.

De fait et une fois les innocents et les coupables désignés, on y va et on ne ménage plus sa peine pour distribuer les bons et les mauvais points.

Mais qui a le droit de s’approprier ainsi la bonne conscience, celle qui lutte pour le bien des uns et blâme la faute d’autres?

Imaginez un peu, nos frontières suisse allègrement franchies et nos campagnes peuplées de migrants.

Y trouvera-t-on, à leur chevet, aussi longtemps que durera leur occupation des lieux, ces généreuses personnes pour les soutenir?

Comment vivraient-elles la quiétude de leur résidence, rurale ou urbaine, soudain voisine de cette misère qui les désole tant quand vingt-quatre heures sur vingt-quatre et des années durant, ces « persécutés » partageraient leur espace?

Les Grecs seraient des corrompus? Des monstres insensibles à autant de  familles parties à la hâte vers quelque horizon plus heureux que celui qui n’est de loin pas que celui de pays en guerre?

Non, l’humanisme n’est pas que du seul côté de qui dénonce.

L’humanisme est tout aussi bien de celui de tant d’insulaires grecs qui, livrés à ce que la politique leur sert chaque jour, vivent au quotidien et depuis des années avec des femmes, des enfants et des hommes qu’on encourage à venir s’échouer dans ces camps de la honte.

Culture, Economie, Histoire, Politique, société, Voix

Ni la Russie, ni la Grèce ne méritent d’être traitées ainsi

Non, Monsieur Ziegler, en dépit de toute la sympathie que l’on peut vous porter, ce que vous avez dit de la Russie, ce que vous avez dit de la Grèce lors de la présentation de votre récent ouvrage paru au Seuil est indigne de l’Universitaire que vous êtes.

Ce 6 mars chez PAYOT Rive-Gauche à Genève,  en effet, où vous avez été invité à parler de votre livre, « Lesbos, la honte de l’Europe », vous avez accusé Vladimir Poutine d’être un « génocidaire » et avez vu la Russie, responsable de la situation actuelle  en Syrie.

Mieux, il vous a suffi d’énumérer l’ensemble des dégâts qu’elle a causés pour avoir l’approbation d’un public présent en nombre. A cela seulement se mesure le succès d’un matraquage médiatique qui ose encore s’appeler information.

La Russie? Poutine? Coupables. Mieux, criminels. Pis, génocidaires.

Fortement ébranlé par ce que vous avez découvert des conditions dans lesquelles se retrouvent autant de « persécutés » -terme que vous avez souvent employé pour désigner celles et ceux qui ont fui leur pays- vous vous érigez en juge et censeur.

Monsieur Ziegler, la situation qui prévaut en Grèce est autrement plus complexe que celle que vous avez dessinée à grands coups d’accusations lancées ici et là avec, en dernier ressort et suprême coupable, le Président Poutine.

Je suis venue vous écouter, ce soir, par amour pour la Grèce. Oui, ce pays qui a une histoire dont peu mesurent l’ampleur des souffrances qu’il a connues.

Qui a une idée de ce que fut la guerre d’indépendance avec ses 200.000 morts?

Qui a une idée de ce que fut la guerre civile qui a sévi juste après la deuxième guerre mondiale et qui a fait 150.000 morts et une centaine de milliers de réfugiés?

Quant à la longue tradition d’accueil dont jouit la Grèce, elle n’est plus à prouver.

Alors parler de la corruption qui la gangrène, c’est un peu vite se dédouaner face à ce que représente un tel flux migratoire auquel elle doit faire face.

Monsieur Ziegler, est-ce votre humanisme au-dessus de tout soupçon qui vous confère pareille autorité à prononcer autant de sentences?

Voici une séquence à méditer, celle qui oppose Hubert Védrine à Eric Zemmour.

Autant dire qu’on est un peu ailleurs dans la réflexion et l’analyse et qu’y porter attention vaut autant que celle que je vous ai portée en venant vous écouter ce soir.

Politique, Religions

Des responsabilités en débat

L’article indiqué ci-après en bleu rend compte d’une rencontre avec un jeune Français emmené à l’âge de douze ans avec ses frères et soeurs et tout le reste de la famille maternelle et paternelle pour une destination qui, selon ses souvenirs, a été présentée comme celle de vacances.
En réalité, fin août 2014, le père avait décidé de rejoindre l’EI.
Arrivé à Baghouz, Mourad -prénom d’emprunt du jeune homme- raconte qu’il y a perdu ses deux petites soeurs et son père.  J’étais devenu le chef de famille. Alors il y a un pacte avec les Kurdes, pour sortir les femmes, les enfants. J’ai refusé que ma mère, mes frères, mes sœurs partent… Parfois ils disent qu’on va être jugés. Par qui ? Je sais pas… Ils ne savent pas…
Qui est ce « ils », rien ne le précise.
L’auteur de l’article relate ensuite les propos de Mourad selon lesquels il n’aurait jamais vu de représentant du gouvernement français. Et de commenter ainsi:
« Alors qu’il a été emmené en Syrie au sortir de l’enfance, Paris, qui dispose d’une présence dans le Nord-Est syrien, semble avoir choisi de le laisser disparaître dans l’oubli de sa geôle, comme d’autres mineurs dans les camps fermés, plutôt que de lui porter assistance. Est-ce parce qu’il est mineur qu’il n’a pas été transféré vers l’Irak, comme onze autres Français, condamnés depuis à la peine de mort ? » 
La manière de conclure l’article est aussi émotionnelle que factuelle: « Un garde attend. Il faut partir. Mourad va retourner dans l’ombre. C’est son anniversaire demain : Ma mère ne sait pas si je suis mort ou vivant… » Et le journaliste d’ajouter que « La France non plus. La dernière fois qu’elle l’a vu, il avait 12 ans. » 
La question se pose tout de même de savoir qui est responsable d’un départ volontaire de toute une famille vers l’EI sinon celui qui l’a décidé, à savoir le père! Certes, Mourad n’a rien eu à dire à ce moment-là. Et le voici désormais avec cinq ans d’une vie qui n’a plus rien à voir avec celle de ses congénères français restés, eux, au pays.
La responsabilité de la France face aux siens inclut-elle ce genre de cas de figure, si la réponse était connue, cela se serait sans doute déjà su …

Politique, Religions, société

Informer, partager et après?

A survoler les informations partagées sur les réseaux sociaux, il y a vraiment de quoi parfois désespérer, si trouver un écho du monde un peu réjouissant a motivé la visite sur ces plateformes.
Car tout y passe, du martyre vécu par telle ou telle victime individuelle ou collective, de la maltraitance infligée aux diverses espèces humaines, animales, végétales et minérales ou, plus près de nous, des dissensions et autres menaces de guerre civile, de la destruction ou de la vente des églises quand elles ne sont pas incendiées, du Brexit et de ce qu’en pense sa Majesté, sans compter et pour l’anecdote, de l’exécution plutôt laborieuse de l’hymne national russe lors d’une visite officielle de Vladimir Poutine à Riyad.
Autant d’échos échantillonnés du monde.
C’est cela, être tenu au courant de ce qui se passe aux quatre coins de la planète. Sauf qu’elle offre encore bien au-delà de ce que l’on en sait, en bien et en mal s’entend. Car la nature humaine, devrait-on le rappeler, ne cessera de nous surprendre. Mais dire sa grandeur aurait aussi de quoi redonner de l’espoir quand, journée faite, les critiques ou autres doléances s’enchaînent et s’étalent.
Est-ce qu’en être témoin indirect influence de quelque façon que ce soit notre regard, oui et non, selon le temps de réflexion et d’analyse qu’on leur accorde. Mais ensuite? Car tenir compte des informations reçues, les discuter, oui mais pour quel résultat quand, les oublier aussitôt que de nouvelles les ont remplacées dans le fil de l’actualité, semble souvent se produire?
A défaut d’être mobilisé par une cause bien précise, il semble que publier une info par ci par là, pour autant d’internautes qui se livrent à cette activité, n’ait d’autre raison que de répercuter, sans autre réflexion ajoutée. A elles et eux de contredire ou de confirmer ce constat qui ne saurait avoir valeur de « vérité », surtout pas!
Il est juste question d’esquisser une approche de comportements en réseaux…

Politique

France-Syrie, une analyse

Quand vous avez la possibilité de lire de tels articles, s’en priver serait regrettable. Caroline Galactéros signe, ici, une analyse qui se conclut ainsi:
Les politiciens qui, après le désastre libyen, ont de nouveau entraîné la France dans un soutien à la déstabilisation du pays et un appui à l’engeance islamiste qui s’est jetée sur lui après une révolte populaire initiale, portent une lourde responsabilité dans le martyre vécu par le peuple syrien depuis bientôt huit ans. Il faut sortir enfin de ce cynisme (dont le réalisme est l’exact opposé certes paradoxal) pour travailler sur le réel, avec l’humain au cœur. Cela nous honorerait et nous sauverait.
C’est un point de vue particulièrement pointu que nous propose cette bien connue Docteur en science politique et Colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées.
Quelle attention retiendra-t-il et de qui quand on sait, par ailleurs, quels grands spécialistes seraient toujours sollicités par le Président français pour donner leur avis sur telle ou telle situation?
A lire, en effet, ce qui a été rapporté par Mediapart, Emmanuel Macron consulte. 
Et pas n’importe qui!

Economie, Politique, Religions, société

Le menace russe, parlons-en!

Cet interview circule sur les réseaux sociaux, elle a été indiquée en commentaire sous un précédent sujet de ce blog par un intervenant qui se reconnaîtra et que je remercie.
Alexeï Pouchkov, personnalité russe à la trajectoire que je vous invite à découvrir ici, répond à toutes sortes de questions d’actualité qui lui sont posées de manière directe.
L’entretien dure environ une heure trente, nombre de points de vue qui y sont livrés rejoignent ceux qui ont été exposés ici et qui m’ont valu d’être perçue comme l’oeil de Moscou.
Vu sous un autre angle, on peut aussi estimer que ce que j’ai écrit et qui résultait d’analyses et d’observations menées à partir de références diverses se trouvent, pour bon nombre d’entres elles, confirmées par ce qu’énonce Alexeï Pouchkov.
Il va néanmoins de soi que je laisse mes chers détracteurs libres de visionner ou pas cet entretien. S’ils le veulent bien, ils apprendront encore bien au-delà de ce qui a été proposé sur ce blog.
Alexeï Pouchkov est, certes, habile, il répond parfois sans répondre ou détourne la question mais le plus souvent, ses propos sont nets et clairs.
Je pense que prendre le temps de suivre cette heure trente-cinq d’entretien vaut la peine même si, je le conçois, en cette veille de Noël, d’autres occupations vous retiennent.
Joyeux Noël à toutes et tous!

Politique

Caricaturer la caricature

La caricature, on le sait, est un art. 
Pratiquée avec plus ou moins de succès, elle peut faire mouche autant qu’elle est susceptible de s’attirer les foudres de qui elle vise.
Les exemple ne manquent pas à cet égard.
En l’occurrence et dans le dessin affiché ci-dessus en illustration de ce sujet, que comprendre sinon le relation qu’entretiendraient les Présidents américain et russe?
Il va de soi que pour un grand nombre de nos experts, elle a d’emblée été définie. Le second a manipulé les élections pour en rendre vainqueur le premier.
Dont acte.
Il découle de ce point de vue posé en quasi certitude par autant de chroniqueurs qu’il ne peut qu’être illustré et commenté comme s’y est employé ici Herrmann.
En d’autres termes, ce dernier ne fait que caricaturer la caricature d’une relation établie par un collectif d’experts.
Pour qui souhaiterait avoir un regard moins tautologique, voici cet interview de Roland Lombardi qui s’exprime sur le retrait de Syrie des troupes américaines.
Vous y découvrirez des réalités auxquelles le dessinateur Herrmann prêtera un jour, qui sait, son coup de crayon?
Ce sera peut-être pour l’An Nouveau que nous lui souhaitons dores et déjà heureux!

Economie, Politique, société

Le cynisme à l’oeuvre

Dans le précédent sujet de ce blog, un intervenant qui se reconnaîtra et que je remercie au passage, a déposé en commentaire le lien à une video.
Et cette video avait, en son temps, fait l’objet d’un article publié sur le site d’Agoravox. C’était en 2014. Lisez-le bien et demandez-vous si, en quatre ans, vous avez le sentiment que les déclarations d’Aaron Russo aient exercé la moindre influence.
Si oui, merci de dire laquelle.
A part cela, pour ce qui est du cynisme auquel on a droit, on se rappellera celui d’un Georges Friedman duquel il avait été question ici.
Mais heureusement, on sait le danger que représente la Russie avec ses espions, ses faux touristes empoisonneurs, ses oligarques qui amassent les milliards et, bien sûr, son Président.
Plus un jour ne passe sans que cela ne soit rappelé en boucle.
Les pays voyous sont ainsi désignés, les dictateurs, dénoncés, la bonne parole distillée. On a beau savoir ce qu’il en est, en réalité, le discours  qui doit dominer a tous les moyens de s’imposer. 
A quel prix et avec quel risque, le présent le dit, inutile de se tourner vers l’avenir pour guetter la réponse.

Politique

Idlib et partis pris

capture d’écran Le Figaro.fr
Il se joue, ces temps-ci, ce qui peut se concevoir comme ultime bataille en Syrie ou comme déclenchement du pire.
La situation est telle qu’il paraît difficile de s’y retrouver sauf à prendre parti pour telle ou telle faction en présence.
En l’occurrence et s’agissant de ce qui se passe dans cette partie du globe, nos médias ne manquent jamais d’en traiter. Pour le reste du monde et ce qu’il endure, cela semble, pour la plus grande partie d’entre eux, une affaire secondaire.
Comme quoi, s’appesantir sur la guerre que mènent certaines puissances entre elles pour toutes sortes d’intérêts, le plus souvent loin d’être humanistes, doit sans doute répondre à des critères sélectifs autorisés.
Oui, la Syrie est ravagée par la guerre et on a bien compris que son Président et ses alliés sont à diaboliser. On l’observe journée faite. 
Cette façon de nous tenir au courant serait de l’information à l’inverse de toute autre qui, elle, relèverait de la propagande.
Disqualifier l’autre pour imposer son point de vue est une stratégie bien connue.
Que cela soit dit et alors, on considérera comme logique le parti parti. Mais qu’on cesse de nous parler de bons et de méchants, cela commence vraiment à bien faire.
Qui a envie de cautionner les horreurs qu’entraîne toute guerre? Qui ose se réjouir de la mort de ses adversaires sinon les esprits vengeurs?
Il en existe, bien sûr, que la débâcle de leurs ennemis ravit. Il en est d’autres qui tentent encore et toujours la conciliation. Même si elle semble relever de l’utopie.

Politique

L’Elysée malmené

Une nouvelle affaire met en cause un très proche du Président français, Alexis Kohler pour ne pas le nommer.
Déjà visé par une première plainte dont il avait été question ici, en voici encore une qui interroge quand on sait que les agissements de ce fidèle parmi les fidèles d’Emmanuel Macron relevaient de longue date déjà de ce qui s’apparenterait à un conflit d’intérêts.
Mais ni l’ancien Maire alors Les Républicains du Havre, cité dans cet article publié par le HuffPost et désormais Premier Ministre En Marche, ni le non moins désormais Président de la République n’ont semblé y voir quoi que ce soit à redire.
Il va de soi que le Secrétaire Général de l’Elysée se défend de tout conflit d’intérêt et la justice tranchera. Il n’en demeure pas moins toujours aussi surprenant que ces deux affaires soient révélées par un média qui a plutôt affiché son soutien à Emmanuel Macron.
Certes, on dira que les journalistes font leur travail et c’est tant mieux.
Le fait est que chacune de ces affaires, l’une dite Benalla, l’autre pas encore appelée Kohler, éclatent alors que, lors de la première, on apprenait que des secours communs franco-russes avaient été acheminés en Syrie et qu’au moment de la seconde, on lit que les deux présidents français et russe se sont entretenus au téléphone.
Pour aborder, entre autres la situation en Syrie, a annoncé le Kremlin.