photo @archives personnelles: Moscou
Ce 26 mars, quand France 2 donne la parole à Sergueï Lavrov dans le cadre de son 20 heures, on crie au scandale. Heureusement, ce même 26 mars, la Radio Télévision Suisse (RTS) rappelle tout le bien qu’il faut penser de cette Russie sur laquelle elle crache depuis des années.
Certes, Léa Salamé avec son interview de jeudi dernier a nettement plus fait parler d’elle qu’Elisabeth Logean et son équipe de Temps présent qui nous explique à coup de conditionnels et de « supposons » que la Russie menace la Suisse de manière directe et que le pays dit neutre n’est pas à l’abri.
Que la Russie clive à ce point l’opinion ne date ni d’hier ni d’avant-hier.
La récente période de son histoire qui a été saluée est l’une des plus critiques aussi pour les Russes qui l’ont vécue sur place et pas par médias interposés. Je veux parler des années Eltsine où tant de personnes ont connu la faim quand d’autres bâtissaient leur fortune.
Qui s’en soucie quand le but essentiel d’un Occident vindicatif a été de rendre ce pays ennemi même bien avant 2022? Rappelez-vous ces quelques minutes si éclairantes que l’on devrait sans cesse les mentionner pour ne jamais oublier ce que représente la Russie aux yeux de « nos amis américains ».
Cette vidéo date d’il y a plus de 11 ans. Les propos tenus par Georges Friedman sont d’un cynisme absolu mais c’est la Russie qui incarne le mal, vous le savez bien! Et à force de le répéter au nom de « l’information », on ne s’interroge surtout pas sur ce qui tient juste lieu de propagande.
Parce que la propagande et la désinformation sont laissées à celle qui est résolument devenue notre ennemie.
Oui, ça me rend triste. Et pas parce que cela m’énerverait qu’on présente Vladimir Poutine en « dictateur » comme le pensait ce journaliste de la RTS. C’était le 2 février 2014. Depuis lors, je n’ai plus été la bienvenue. Ni sur cette chaîne, ni ailleurs.
Parce que le seul fait de refuser de diaboliser la Russie est de trop.
Quand des instances dites démocratiques en arrivent à sanctionner des individus au prétexte qu’ils relaient la propagande russe, on n’est plus en démocratie. On est en guerre. Donc celle ou celui qui tente encore une parole nuancée s’apparente tout simplement à un traître.
En arriver là est plus que triste. En arriver là est grave.



4 Comments
Je ne peux absolument plus écouter nos journalistes occidentaux, leur hypocrisie s’ajoutant à leur bêtise m’écœurent au delà de toute mesure. J’aime encore mieux Friedman et son cynisme totalement amoral, comme il le dit lui-même: au moins ce n’est pas idiot. Les « supposons que la Russie attaque etc. » me pousseraient à répondre; « supposons que l’Occident ait utilisé les problèmes internes à l’URSS puis à la Russie et les anciennes républiques soviétiques pour mettre en place le programme du Grand Echiquier de Brzezinski: et si tous les problèmes venaient de là? » La supposition ne me semble pas absurde, contrairement à celle de la journaliste Suisse. Si je suis aussi indigné par l’attitude des puissances occidentales, ce n’est pas tant par amour de la Russie (j’aime la Russie, certes, mais enfin, je ne suis pas aveuglé par cette sympathie) que par le fait que j’ai l’impression d’une monstrueuse injustice faite à ce pays par des gens qui ne valent pas cher.
Robert Roudet, « l’impression d’une monstrueuse injustice faite à ce pays par des gens qui ne valent pas cher ». Oui et que leur bêtise, eux, aveugle et nous entraîne on ne sait pas encore où.
Si on demandait à ceux qui parlent sans casse de « menace russe » pourquoi sérieusement la Russie nous attaquerait, ils ne sauraient que répondre! Car, en effet, il n’y a aucune raison pour qu’elle le fasse! En revanche, notre « grand ami » américain nous a bel et bien attaqués, avec ses droits de douane! Alors, qui est le méchant?
Amusant lapsus, Jacques Davier! Je présume que vous vouliez écrire « sans cesse » et ça donne « sans casse » 😉