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Une rencontre

Nous avions fait connaissance lors d’une soirée caritative qui avait été organisée à Genève en faveur des enfants du Donbass et à laquelle il avait assisté. Il devait sans doute être le seul de sa profession, journaliste pour ne pas la nommer.

La chaîne Léman Bleu avait consacré quelques minutes de son journal à l’événement. C’était en janvier 2016, j’en avais rendu compte dans différents sujets de ce blog.

Dans celui-ci, figure une vidéo de 4’55. Je vous invite à la visionner. Vous y découvrirez nombre d’enfants morts sous les frappes du gouvernement de leur propre pays, l’Ukraine. Vous y verrez aussi les visages de ceux qui reçoivent l’aide apportée pour lutter contre ce que toute guerre engendre comme fléau.

Mais qui a su les souffrance endurées par ces populations du Donbass appelées « rebelles » par nos médias?

Ne pas les oublier, c’est se rappeler que ces victimes l’ont été de la politique de leur propre pays. Ne pas les oublier, c’est refuser la vison unilatérale qui nous est rendue d’une guerre qui, comme n’importe laquelle, inspire dégoût et infinie amertume. Ne pas les oublier, c’est rejeter ce discours dominant qui criminalise un seul pouvoir alors que tant d’autres ont contribué à ce que coule le sang en Ukraine.

Et ce journaliste, retrouvé ce soir au hasard de rues genevoises, m’a touchée par la remarque qu’il m’a adressée relative à mes prises de position. Il m’a dit ne pas les partager mais se sentir solidaire du fait qu’elles soient rejetées alors que je lui précisais le sens dans lequel je les tenais.

Merci à lui qui a su faire la part des choses plutôt que de hurler aux loups comme tant d’autres.

Décréter des centaines de sujets de ce blog que j’ai dédiés à la guerre dans le Donbass qu’ils signaient mon appartenance à un « régime » dont je relayais la « propagande » ne révèle que l’impéritie qui afflige tant de ces juges et censeurs improvisés, incapables de se soumettre à de véritables débats contradictoires.

Aucune autre raison ne m’anime que celle du coeur et de l’esprit, critique.

Serait-ce à ce point inconcevable? Ou devenu inconcevable et désormais bien davantage encore au regard du contexte guerrier? Mais qui peut se réjouir d’une Ukraine dévastée? Qui peut demeurer insensible à ce qui aurait pu être évité par la diplomatie? Seulement voilà, quand on s’évertue à la réduire au silence, les armes parlent.

Et toujours trop fort.

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