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Hélène Richard-Favre

Economie, Histoire, Information, Medias, Politique, Voix

À la guerre comme à la guerre, vive la Suisse!

  photo@archive personnelle: abbatiale de Payerne, ville où l’on fabrique de quoi frapper la Russie

La neutralité de la Suisse équivaut-elle à laisser au moins deux de ses ressortissants sous sanctions et à accueillir un « ex-Russe » (sic) qui fabrique des drones destinés à tuer les siens?

Poser la question semble y répondre.

La Tribune de Genève nous apprend, en effet, comment le président de la promotion économique vaudoise se réjouit d’avoir pu offrir à cet cet « ex-Russe », tout ce qu’il recherchait: la sécurité, un bassin d’ingénieurs hautement qualifiés, un site où tester ses produits.

En d’autres termes, la neutralité de la Confédération helvétique consisterait à accueillir cet homme sympathique à la voix douce dont les activités sont destinées à frapper des cibles au cœur même de la Russie.

Et cette même neutralité de la Confédération helvétique sur le sol de laquelle se développent des activités guerrières laisse livrés à leur sort deux des siens.

Je veux parler ici de Nathalie Yamb et de Jacques Baud sous le coup de sanctions émises par le Conseil de l’Union européenne, sanctions que la Suisse n’a pourtant pas reprises mais qui s’appliquent à deux de ses ressortissants.

Expliquez-moi! Hélas, l’article de la Tribune de Genève est réservé aux abonnés. Mais le début annonce la couleur.

L’homme est présenté comme sympathique à la voix douce. Ouf, un gentil, quoi! Qui va soutenir l’Ukraine aux prises avec le pays qui l’a néanmoins vu naître, grandir et bénéficier d’une formation qui l’a amené à en faire profiter la Suisse.

Car il est bien mentionné dans l’article que selon les experts financiers, la start-up fondée en Suisse par cet « ex-Russe » vaudrait bien plus de 1 milliard de francs. Et qu’elle joue un rôle clé dans la construction du mur de drones sur le flanc est de l’OTAN, destiné à protéger l’Europe des attaques russes.

Nous y voilà donc. Ce monsieur nous protège! Bienvenue à lui et fi de notre légendaire neutralité face à la très vilaine et très méchante Russie!

Information, Medias, Politique, société, Voix

« LCI »… on croit avoir tout vu mais non!

Réunies autour d’une table et d’une animatrice qui leur donne la parole, cinq personnes s’expriment, convaincues de traiter d’un sujet essentiel à l’information.

Regardez! Le titre de l’émission parle de lui-même! 

Donc elles se lancent, allèguent et en même temps, admettent n’avoir aucune preuve de ce qu’elles avancent. Dans ce cas, à quoi bon parler puisqu’elles ne sont pas certaines de ce qu’elles disent?

Peu importe, elles le disent. Parce que ce qui compte n’est pas là. Ce qui compte est de mêler la Russie à l’affaire « Epstin » comme con dit.

Le Kremlin associé au nom d’Epstin, ça c’est un scoop! Pour les détails, on n’en sait pas plus que cela mais qu’est-ce que ça peut faire?

Le contexte ne serait pas aussi sordide, on en rirait.

Bon, si le public fait preuve d’un minimum d’esprit critique, il constatera peut-être que là, franchement, on se moque de lui. Mais sait-on toujours ce qui se passe dans la tête des gens?

 

Histoire, Politique, société, Voix

Jirnov-Baud?

Bravo, la RTS!

Deux journalistes interrogent l’ancien espion soviétique Sergueï Jirnov. L’échange a lieu à la radio à une heure de forte audience. Et même, avec internet, vous pouvez le suivre à l’heure qui vous convient.

Plutôt que de commenter, je vous soumets tout simplement ce que se disent ces trois hommes. Il vous suffit de cliquer sur le lien indiqué en bleu dans la phrase précédente.

L’échange dure une dizaine de minutes. Jacques Baud y est évoqué par Sergueï Jirnov de façon particulièrement viciée.

Une fois encore, notre chaîne publique d’information se distingue à inviter des « spécialistes » aussi pointus pour parler d’un sujet qui touche la Russie.

Cela ne date pas d’hier, hélas.

Et je me suis souvent employée à l’écrire ici et à en faire part ensuite à la RTS. Évidemment, comme « écrivain russophile », mes deux passages sur ses ondes ont suffi à ce qu’il soit décidé d’en rester là.

L’explication du titre que j’ai donné à ce sujet de blog vous sera plus claire lorsque vous aurez entendu l’ancien espion parler de notre compatriote sanctionné par la démocratique Union européenne.

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Optimisme et discours convenu

La Tribune de Genève informe d’une exposition qui apprendrait aux jeunes « à débusquer le faux » selon le titre donné à l’article qui en traite et qui est réservé aux abonnés.

Suit un sous-titre « À Genève, une exposition questionne notre rapport à la vérité ».

L’exposition dont l’intitulé est « À la recherche de la vérité: le journalisme et nous » est destinée aux jeunes, invités à « plonger dans les coulisses du métier de journaliste ».

Fort bien.

Cela dit, je soumets à votre appréciation non seulement la démarche initiée par l’association Journalistory mais aussi et surtout le commentaire de la responsable du Département de l’instruction publique et de la formation de la jeunesse (DIP) de Genève.

Selon elle, l’esprit critique n’est pas un héritage, c’est une compétence qui se construit.

Pas certaine de lui donner raison à force d’avoir observé comment réagissent les gens aux informations. Leur attitude varie de la crédulité au rejet systématique, en passant par la prudence, la réserve ou la méfiance.

Parce que très souvent l’opinion et nombre d’a priori l’emportent sur l’esprit critique qui me semble véritablement être un trait de caractère à défaut d’être conquis au prix d’efforts auxquels tout le monde n’est pas prêt ou apte à consentir.

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Espoir

Ce 31 décembre dernier au soir, dans mes vœux de Nouvel An, j’enjoignais au rêve et à l’imaginaire pour ne pas renoncer à l’optimisme. Telle a toujours été mon attitude pour contrer une situation adverse.

Risqué, l’espoir porte ou emporte.

L’instant précis où l’ambivalence cesse n’annule pas son effet. Il le circonscrit. L’avoir entretenu n’a donc pas mené à une impasse. L’avoir entretenu a retardé l’apparition d’une réalité.

En ce début d’année furieux et tourmenté, traquer les rais de lumière s’offre en contre-jour au sordide.

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Impasse

Parmi l’ensemble des réactions que soulève ce qui semble désormais s’appeler « l’affaire Jacques Baud », il y a celles d’ordre humain et celles d’ordre médiatique, diplomatique et politique.

Les premières sont spontanées et proviennent de multiples horizons. Les autres, émises en fonction d’intérêts, sont frileuses, opportunistes ou à charge.

Le contexte dans lequel sont tombées les sanctions à l’encontre de notre compatriote est d’ordre politique. Tout le monde doué d’un peu de bon sens l’a compris.

Est-ce à dire que le combat à mener contre des mesures prises par un aréopage de ministres d’affaires étrangères réunis en « conseil » doive obligatoirement être politique?

Poser la question n’est pas y répondre.

Poser la question, c’est se demander comment défendre encore notre liberté d’expression alors que l’on ne cesse de nous vanter les « valeurs » sur lesquelles reposeraient les fondations de nos pays.

S’entendre sur le sens des termes serait déjà un bon début.

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Rêvons beaucoup et imaginons 2026!

Passer le cap d’une année à l’autre, on le sait bien, ne va pas fondamentalement modifier le cours de nos vies. Et pourtant, on se souhaite le meilleur pour l’an nouveau.

On s’adresse des vœux.

On y exprime des espoirs, on y formule des désirs, on y glisse même des attentes. Que le meilleur se réalise reste toujours préférable au contraire!

Dans ce cas, rêvons beaucoup et imaginons 2026 illuminer cœurs et esprits! On en a tellement besoin!

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En ce jour gris de décembre 2025

Ce 28 décembre, Brigitte Bardot est morte et moi, au petit matin, j’ai terminé la lecture de La maison vide de Laurent Mauvignier.

Il n’y a strictement rien à voir entre ces deux annonces. L’une a déjà fait le tour du monde quand l’autre n’atteindra que les personnes qui la liront ici ou sur un réseau social bien connu.

Rien de commun donc à ces deux faits sinon leur date.

Brigitte Bardot a marqué mon enfance, la lecture aussi. De manière évidemment très différente, inutile de le préciser. L’actrice française était un modèle pour nombre de jeunes filles et de jeunes femmes des années 1960. La lecture, non.

C’est son plaisir et plus encore que j’ai retrouvé dans le roman de Laurent Mauvignier.

La maison vide est de la grande littérature. Le talent du lauréat du Prix Goncourt de cette année 2025 est inouï. À son style singulier, on s’habitue. Et sa manière de décrire, de créer une ambiance, force l’admiration.

Tel est mon point de vue et le partager ici relève de la nécessité. Oui, carrément. Ce qui ne m’empêche pas, bien sûr, de saluer la mémoire de « la plus belle femme du monde ».

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Quelques remarques en attendant un prochain entretien avec Jacques Baud

Il y a exactement quinze jours, le 12 décembre, on lisait sur le site de RadiofreeEurope le sort qui attendait plusieurs personnalités parmi lesquelles, vous le savez, notre compatriote suisse Jacques Baud.

Pour qui aurait suivi les désormais nombreuses interviews qu’il a accordées ici ou là, il l’a dit et redit et répété, il n’a aucun lien ni de près ni de loin avec la Russie. Dans ses ouvrages ou ses diverses interventions, il livre des analyses, cite tel ou telle, se réfère à des sources ukrainiennes, états-uniennes ou de médias d’opposition russe mais cela semble suffire à le taxer de propagandiste du Kremlin.

Aussi, ce 15 décembre dernier, les sanctions prises contre lui ont-elles été confirmées de manière officielle par le Conseil de l’Union européenne appelé de manière informelle « le Conseil ». Pour qui aurait besoin d’éclaircissements sur ces entités, voici comment est expliquée la différence entre le Conseil européen et le Conseil de l’Union européenne.

Les réactions aux sanctions qui visent Jacques Baud sont si nombreuses, viennent de tant de pays de par le monde qu’à l’évidence, son cas alerte l’opinion publique, pas encore complètement inféodée aux credo qu’on lui sert et que relaient avec assiduité tant de nos journalistes et leurs personnalités expertes en un peu tout.

Ces sanctions sont semble-t-il réexaminées tous les six mois.

Notre Conseil fédéral sera-t-il en mesure d’intervenir, ne serait-ce que pour les alléger à défaut de les faire tomber? Car nous sommes dans un contexte de négociations entre la Confédération helvétique et l’Union européenne au sujet de ce qui est appelé « Paquet Suisse-UE » et dont les résultats de la consultation du 5 décembre dernier ont été publiés.

En pareil contexte, on peut se demander si le « cas Jacques Baud » peut avoir de l’influence. Quoi qu’il en soit, on lui souhaite force et courage, ce dont il ne doit pas manquer mais quand même, on lui en espère un « paquet », pour reprendre le terme officialisé par nos autorités.

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Noël

Ce 24 au soir, veille de Noël, j’aimerais vous le souhaiter joyeux.

Qu’il le soit, ne le soit pas, ce ne sera ni le premier ni le dernier à être célébré entre chaos et tristesse pour les uns, harmonie et bonheur pour les autres ou pourquoi pas même, indifférence.

Je songe à tant d’êtres que le froid, la faim, la désolation agresse. Mais je songe aussi aux yeux émerveillés des enfants.

Noël, fête à la charge symbolique et sociale si lourde, reste un incontournable moment de partage. Pour le meilleur et pour le pire aussi, on le sait bien.

Quoi qu’il en soit, joyeux Noël à vous et aux vôtres!