Un agent de sécurité mandaté par une grande surface me fait signe que c’est l’heure de passer en caisse. Il est près de 19:00.
Je le remarque qui me regarde, puis disparaît derrière un rayon, réapparaît, me regarde à nouveau tandis que je saisis encore un ou deux produits à acheter.
Arrivée à l’une des caisses, je sors la marchandise que j’avais placée dans deux sacs en tissu et la dépose sur la bande roulante.
En main, je tiens un autre sac qui contient des documents.
J’observe alors la caissière faire un signe d’approbation à l’agent de sécurité que je savais dans mon dos.
Sitôt après leur échange de signes, la caissière me prie de vider mes sacs. Je m’exécute très volontiers et me retourne vers l’agent toujours posté dans mon dos.
Je fais un pas vers lui et le rassure, je ne suis pas une voleuse mais je conçois parfaitement qu’il fasse son travail. Courageux, il se défausse, tout juste pas sur la caissière.
La pauvre femme, gênée, s’est excusée, remerciant ma gentillesse. Elle n’y était pour rien, c’est le gars derrière moi qui lui avait signalé mon profil douteux.
J’engage alors avec elle un petit échange et souligne son courage de travailler du matin au soir dans cet immense espace souterrain baigné de lumière artificielle.
On évoque les petites surfaces de quartier d’autrefois qui, selon elle, seraient en train d’être à nouveau envisagées.
Bref, de fil en aiguille, j’apprends que ses journées débutent avant 06:00 du matin pour se terminer aux alentours de 21:00, compte tenu des trajets effectués dans un sens et dans l’autre.
– Heureusement, j’ai mes chats qui m’attendent chez moi! me dit-elle avec un sourire fatigué.
Ce sont des êtres comme elle qui ont inspiré nombre de mes « nouvelles » ou « short stories ». Des « anti-héros », comme l’avait relevé l’une de mes critiques.










