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Politique, société

Un canard laqué de morale pour un duel Macron-Le Pen

capture d’écran de: www.alamy.com/stock-photo
Réseaux sociaux, émissions de radio, de télévision, articles, débats, enquêtes bruissent de l’affaire qui vise François Fillon.
Au nom de la morale, on y va, on commente quand on ne rivalise pas d’amabilités ou d’autres considérations de rigueur sinon d’usage pour dire tout le bien que l’on pense de tel ou tel fait ou autre comportement jugé et condamné par la vindicte.
Or c’est là que le bât blesse, précisément.
Car invoquer la morale quand on sait combien s’en jouent et s’en détournent, c’est mesurer le cynisme à l’oeuvre.
Sur l’image qui illustre ce sujet, on reconnaît un parangon de la morale, celui qui a longtemps été surnommé Dany le Rouge.
Affiché aux côtés du rédacteur en chef d’un canard enchaîné, lui aussi à la morale, il hante toujours les plateaux de médias pour partager ses analyses.
Dany le Rouge a dit trouver intéressante la candidature d’Emmanuel Macron. Il a aussi expliqué pourquoi il pourrait voter pour cet ancien ministre et banquier d’affaires. Présenté comme hors système, ce jeune premier réussit l’exploit de rassembler autour de lui toutes sortes de représentants dudit système. Admirable, tout de même tandis que son programme reste en attente…
Estimer de ce candidat qu’il a désormais toutes ses chances tandis que François Fillon est dans le broyeur médiatique relève de la tautologie.
Pour le reste qui concerne, entre autre, la source, la mare ou le marc du canard, quelle importance? Ce qui compte, n’est-ce pas ce qui est en voie d’être atteint?
Un duel Macron-Le Pen a toutes les chances d’être aisé à régler.

Politique, société, Voix

La justice du fiel et du venin

Il fallait entendre Franz-Olivier Giesbert, ce 1er février dans le cadre du 19:30 de la RTS. Interrogé par Darius Rochebin sur l’affaire Fillon, le journaliste français a été très clair.

Il n’est d’ailleurs pas le seul à dire que le dégât est avant tout et surtout d’ordre moral, pour François Fillon alors qu’il n’y aurait rien d’illégal à ce qui lui a été reproché.

Certes, la justice le dira.

En attendant, la nature humaine se révèle dans toute son ampleur. Déjà par le fait de révéler une information juste quand il faut alors que la pratique à laquelle se serait livré le candidat à la présidentielle du parti Les Républicains ne date de loin pas d’hier et devait sans doute être connue.

Ensuite par la nécessité que ladite information soit reprise en boucle pour atteindre le plus grand nombre de citoyennes et de citoyens.

Enfin et justement, par la déferlante de réactions à une affaire montée en épingle dans le seul but d’abattre un homme.

Car la justice que pensent exercer celles et ceux qui n’expriment que jalousie, aigreur et haine ne construit strictement rien mais leur permet de déverser fiel et venin.

Politique, société

Haute tenue

capture d’écran: France2
Débat de haute tenue, ce 25 janvier au soir entre les deux finalistes de la primaire de la gauche. A l’inverse de ce qui avait été annoncé ici ou là, le cadre qui a réuni Manuel Valls et Benoît Hamon n’a de loin pas ressemblé à un ring.
On a eu droit à un échange de points de vue, à des visions parfois divergentes, parfois convergentes et surtout, à du respect mutuel de la part des deux candidats.
On a compris, aussi, que l’avenir de leur parti était en jeu. Même si Manuel Valls l’a plus clairement fait ressentir, Benoît Hamon ne l’a pas perdu de vue.
Ensuite, sur le plateau de France2, Julian Bugier a eu beau enfoncer le clou face aux représentants des deux candidats de la primaire, aucun ne s’est laissé entraîner là où le journaliste l’aurait souhaité.
Dans un cas, c’était pour savoir si Manuel Valls vaincu se rallierait à Benoît Hamon, dans l’autre, si Benoìt Hamon devancé par le mutant s’effacerait en sa faveur. Aucune de ces deux questions n’aura reçu de réponse et c’est très bien ainsi.
Fort à propos, il a été rappelé qu’il appartenait aux électeurs de décider de l’avenir de ce second tour de la primaire et de ses suites pour la présidentielle plutôt que d’en anticiper les résultats par de pures projections.
* http://voix.blog.tdg.ch/archive/2017/01/17/quelle-france-voulons-nous.html

société

L’information selon nos médias

Nos médias ne parlent plus beaucoup sinon plus du tout de la guerre qui se poursuit dans le Donbass.

Ils préfèrent, comme, par exemple, Le Matin de ce 14 janvier, consacrer leurs colonnes à des informations qu’ils estiment certainement de première importance.

Et ce d’autant que, pour illustrer un sujet relatif à la Russie, le nom qui s’affiche sur la photo du paquet de cigarettes est Kirghizstan.

Alors, pour qui aura la curiosité et le temps de découvrir ce reportage réalisé dans le Donbass par le journaliste indépendant Graham Philipps, voici! Ronald van Amerongen s’est installé à Perevalsk en 2010.

Il raconte comment il se situe par rapport à son pays, la Hollande et donne sa version des événements du Maïdan.

Son épouse, Zhenia, raconte les conséquences qu’a eues la guerre sur sa famille et comment certains des siens ont coupé toute relation avec elle, désormais.Elle évoque aussi ce président qui tire sur son propre peuple.

Combien de fois nos journalistes ne l’ont-ils pas dénoncé de Bachar-el-Assad? Mais l’auraient-ils une seule fois dit de Petro Porochenko?

Culture, Histoire, Politique, société, Voix

Staline, Dzerzhinski, une autre lecture de l’Histoire

Suite à la publication du précédent sujet de ce blog sur Twitter et aux réponses qui y ont été apportées, entre autre par Darius Rochebin que je remercie, au passage, de l’attention qu’il a portée à mon message, force est, malgré tout de constater que son sens a été détourné sinon ignoré.

En effet, tout de suite, il a été question du communisme et de ses conséquences alors que mon propos visait le choix rédactionnel opéré par la RTS pour évoquer le centenaire de la Révolution russe.

Car la résumer à des images de goulag, c’est orienter de facto le téléspectateur tandis que l’ensemble de ce qu’elle a généré mériterait mieux que ce seul rappel. Mais non, on préfère revenir sans cesse à ces images terribles sans autre références.

Or qu’on rappelle, par exemple, comment certains dont le très vénéré Jean d’Ormesson et la très charismatique Svetlana Alexievitch se sont exprimés sur Staline, pour le premier, sur Dzerzhinski pour la seconde.

Alors on comprendra d’autant comment l’une a si bien su tourner sa veste, et l’autre, eu le courage de reconnaître un choix.

On réalisera ainsi,  peut-être, que ces temps passés communistes et soviétiques ne peuvent être évoqués de manière aussi réductrice sinon orientée.

société

1917, rappel et rappels

capture d’écran de: https://www.cath.ch/newsf/centenaire-de-revolution-russe-cyrille-ier-refuse-terme-de-celebrations/
 
La RTS, ce 9 janvier dans son édition du 19:30, évoque le centenaire de la Révolution russe. Au hasard et pour illustrer le propos, on y évoque… le goulag:
http://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/vorkuta-une-tache-dans-lhistoire-de-lhumanite?id=8295139
Certes, il a existé, certes, il ne reflète rien d’enviable. Mais résume-t-il ce qu’a représenté la révolution de 1917?
Sans doute et de loin pas tant elle a été suivie de périodes différentes. 
Il ne s’agit pas, ici, de contester l’intérêt du documentaire présenté. Il est juste question de regretter qu’il soit introduit par ce rappel du centenaire de la Révolution de 1917.
Car sa commémoration fait débat en Russie, comme le rappelle l’article cité en lien sous la photo qui illustre ce sujet.
Et puis, le communisme n’a pas apporté que le goulag.
Il a, par exemple, permis à des millions de citoyens de sortir de l’analphabétisme, il a contribué à dispenser éducation et enseignement de très haut niveau, il a offert des soins gratuits et une médecine de pointe mondialement reconnue.
Mais le propos n’est pas de dresser ici un bilan de ce que fut le communisme ou pas.
Il est de regretter cette manière de la RTS d’évoquer le centenaire de la révolution d’octobre. Car un tel moment complexe et chargé de l’Histoire mériterait un documentaire un peu moins réducteur.

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Russie-Orient, une approche

capture d’écran de: http://theconversation.com/lempire-russe-en-palestine-1847-1917-aux-origines-de-la-politique-russe-au-proche-orient-55542
Comme il semble qu’on se passionne pour ce qui se passe dans la tête de Vladimir Poutine sinon en Russie puisque, pour d’aucuns, il serait le pays à lui seul*, voici un point de vue qui propose une approche autrement moins restrictive que nombre d’autres: 
http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/de-par-le-monde/item/2941-poutine-la-russie-et-l-orient
Dans l’article de ce Général français de corps d’armée, y est évoquée une Russie considérée dans sa perspective historique et non pas selon les schèmes habituels de certains experts en tout ce qu’on veut ou presque.
Analyser sinon comprendre la Russie ne se résume pas à publier livre après livre avec, pour sujet principal, un président dont on s’escrime à vouloir éclairer la personnalité sinon le comportement.
S’intéresser à un homme, à son parcours, à ses propos, pour commenter une situation dont on veut que le sens soit saisi comme il convient, ne répond qu’à des intérêts bien précis qu’on s’attache à draper d’une morale qui ne convainc que celles et ceux qui la dispensent à leurs fidèles ouailles.
Quand on voudra bien, enfin, considérer la Russie dans la profondeur de son Histoire et de sa culture, alors on épargnera temps et énergie au public qui tente encore de s’y retrouver dans ce qu’on lui sert chaque jour comme information.
Seulement voilà, ladite information étant diffusée plus vite que son ombre sinon en même temps, le recul indispensable à prendre pour considérer une situation avec l’ampleur d’un regard qui ne soit pas limité par les oeillères qui sans cesse l’orientent, alors on pourra envisager de dépasser autant de points de vue ressassés à l’envi jusqu’à leur donner valeur de vérité.
* http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/12/14/vladimir-poutine-autant-en-emporte-les-journalistes.html

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Grâce soit rendue à François Hollande?

capture d’écran de: http://www.la-croix.com/France/Legitime-defense-policiers-Urvoas-contre-modification-2016-10-26-1300798899
Ce 6 janvier au soir, Jacqueline Sauvage a été l’invitée du journal de 20 heures de France2. Accompagnée de ses deux avocates, elle a répondu aux questions de Laurent Delahousse:
http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/justice-proces/affaire-jacqueline-sauvage/temoignage-je-ne-suis-pas-du-tout-coupable-declare-jacqueline-sauvage_2004993.html
Il va de soi que le cas de cette femme a été abondamment discuté, qui plus est, depuis que le Président d’encore tous les Français lui a accordé sa grâce totale.
Voir Jacqueline Sauvage s’exprimer ne peut laisser indifférent, preuve en sont les multiples articles qui commentent son intervention.
Se mettre à sa place, tenter d’imaginer ce qu’elle a vécu avant, pendant et après son séjour en prison, est un exercice qui a été tenté par nombre de personnalités du monde politique, artistique et par autant de citoyennes et de citoyens.
Une question, toutefois, se pose. Celle de savoir en quoi cette femme serait susceptible d’incarner la violence conjugale quand elle l’a réglée de la manière la plus radicale.
En tirant sur son mari, Jacqueline Sauvage s’est fait justice elle-même.
Au regard de la loi, elle s’est rendue coupable. D’ailleurs, une de ses avocates rappelle bien que la grâce présidentielle dont a bénéficié sa cliente ne remet pas en cause sa culpabilité.
Soit.
Le fait est que la concernée, elle, déclare ne pas se sentir du tout coupable. 
Dire de la violence conjugale qu’elle frappe une femme tous les trois jours, comme l’a rappelé l’autre de ses avocates, est une chose. Justifier le crime en réponse à ce constat, une autre qui ne fait pas l’unanimité.
Dès lors, accorder sa grâce à une femme qui déclare ne pas se sentir du tout coupable, ne serait-ce pas là admettre une vision subjective de la légitime défense qui ne semble néanmoins pas être accordée à tous, en témoignent les revendications de policiers?

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Russie, droits de regards

C’est assez amusant -ou pathétique?- de constater comment et de plus en plus souvent, sitôt qu’il est question de la Russie dans une interview, un débat ou un forum quelconque, celle ou celui qui tente un point de vue autre que celui qui doit faire foi, est de facto considéré comme ami de Poutine.
Cette formulation, d’une exceptionnelle ingéniosité, dénote à quel point toute pensée est formatée, pis, comment toute réflexion est verrouillée.
Dans ce sens, on a beau jeu de se poser en juge et arbitre de ce qui se passe dans un pays quand on le présente selon un prisme sélectionné.
Comment, dans nos démocraties qui disent privilégier la liberté d’expression et le droit à la différence, un tel état de fait est-il possible sinon par l’imposition de standards en dehors desquels tout autre discours ne peut être tenu sans être disqualifié?
Quand la défense d’intérêts bien précis crée la rhétorique adaptée à ses besoins, ce n’est plus dans une démocratie que l’on évolue, c’est dans son simulacre.

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Ces très actifs journalistes qui informent

capture d’écran de: https://www.letemps.ch/monde/2016/12/28/cet-activiste-russe-traque-enseignants-homosexuels
Comme nos chers journalistes semblent particulièrement intéressés par ce qui se passe en Russie pour informer, on a donc le privilège de découvrir, bientôt chaque jour, sous quel joug vivent les citoyens de ce pays et surtout, comment certaines minorités sont condamnées alors que nous autres avons bien de chance de vivre à l’abri de lois autrement plus réjouissantes pour la démocratie.
Voici donc le grand quotidien suisse, autrefois de référence  -il n’est jamais vain de le rappeler-  Le Temps, consacrer une quasi pleine plage de son édition du 28 décembre 2016 à cet activiste russe qui traque les enseignants homosexuels.
Le sujet a dû marquer les esprits pour qu’on retrouve cité cet article dans un blog de La Tribune de Genève qui, au passage, mêle un peu tout et son contraire mais bref, on a là le résultat de l’information livrée par nos médias.
Et quand elle est reprise par Madame -en son temps- Maire de la Ville de Genève de manière déformée et publique, on mesure d’emblée tout l’intérêt que présente pareilles démarches:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2013/09/23/temp-72eaa4c2e4ff9178f7a2646953d3dcbd-247488.html
Cette loi est très précise. Elle concerne la propagande homosexuelle qui serait menée auprès de mineurs. 
Si vouloir éviter à ses enfants d’être entraînés sinon soumis à des orientations qu’ils n’ont pas choisies de manière délibérée est considéré comme violant les lois de la démocratie, soit!
Il va de soi que cette lecture déformée d’une loi qui ne vise pas les homosexuels en tant que tels, n’a de sens, ici, que d’afficher une désinformation de plus sur la Russie. 
Quant au cas que représente ce Timour Boulatov, il est vrai que sur les 146 millions d’habitants que compte la Russie, son comportement est tout particulièrement représentatif et déterminant!