Beria serait le surnom de Daniel Devaud tandis que Shérif serait celui de Stéphane Geiger. Ce sont Fabiano Citroni et Fedele Mendicino qui évoquent ces détails dans un article paru dans La Tribune de Genève de ce jour.
Illustrer de cette manière la personnalité de deux magistrats pour caractériser leur force n’est pas anodin, sachant l’impact que ces figures ont sur l’imaginaire.
Du juge Devaud, il a souvent été énoncé qu’il était à l’extrême de la gauche et que ses agissements récents n’étaient que politiques.
Pour ce qui se passait à la Cour des Comptes, on a réduit cela à quelques conflits de personnes alors que le juge Devaud visait au contraire à pointer un dysfonctionnement qui affectait ladite Cour.
On a refusé d’entrer en matière.
Le bénéfice de cette attitude, on a pu l’évaluer hier.
Daniel Devaud est un homme dont l’intégrité et l’engagement au service de ses fonctions a peut-être inquiété.
Si être loyal doit se solder de cette manière, autant dire que Genève n’a plus que son jet d’eau pour pleurer.
Sur le sujet, http://voix.blog.tdg.ch/archive/2012/10/23/cour-des-comptes-pour-rappel.html
société
A l’heure où la République se retrouve soudain face à une Cour qui ne tient rien de la récréation encore moins du miracle, ce petit rappel de sujets n’est peut-être pas vain.
Qui se souvient par exemple de certaines controverses qui ont entouré l’élection du Juge Devaud?
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2011/09/02/avec-ou-sans-g-o-s.html
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2011/09/01/soutien-a-daniel-devaud.html
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2011/09/06/qui-est-daniel-devaud.html
Quant aux deux derniers sujets que j’ai consacrés à la Cour des Comptes pour attirer l’attention sur ce qui risquait de se produire et qui est arrivé ce jour, ils datent d’il y a quelques jours déjà:
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2012/09/19/geneve-et-ses-jets-d-eaux-troubles.html
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2012/10/17/cour-des-comptes-marche-a-l-ombre.html
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2012/10/19/bcge-ou-l-ombre-sur-la-cour-des-comptes.html
Sans dresser l’apologie du régime iranien ni de la peine de mort, il n’est pas interdit de s’interroger sur cette pénalité qui touche les trafiquants de drogue.
Ce d’autant qu’une interview parue dans les colonnes de la TdG du 11 octobre dernier titre,
Drogue, Maudet veut pourrir la vie des consommateurs.
En Iran, selon Amnesty International, 344 trafiquants de drogue ont déjà été condamnés à mort au 9 octobre 2012.
Ces peines sont appliquées en vertu d’une sévère loi anti-narcotique.
Les mesures envisagées par Monsieur Pierre Maudet en vue de pourrir la vie des consommateurs font pâle figure à côté de cela.
La cocaïne se consomme dans tous les milieux sociaux, se vend à tous les coins de rue et pourrit la vie de tous les citoyens.
Pour rappel, la Suisse bat le record de consommation de cocaïne.
http://voix.blog.tdg.ch/archive/2012/08/07/cocaine-la-suisse-en-tete.html
Dans ce cas, pourrir la vie des trafiquants, est-ce inconcevable?
Ainsi donc Pierre Maudet voudrait-il accroître la répression des consommateurs de drogue.
Dans son édition des 17-18 octobre, le GHI consacre une pleine page à la toxicomanie.
Il y est entre autre question du Quai 9, bâtiment vert pomme situé juste derrière la gare Cornavin et qui accueille les toxicomanes.
Dans des locaux réservés à leur usage, ils ont des conditions d’hygiène optimales pour s’injecter leurs doses de cocaïne ou d’héroïne.
Ce lieu, m’a-il été dit par une personne qui y travaille et aussi par un jeune homme qui s’y rend, n’accorde pas d’interview aux journalistes.
Les mesures annoncées par le nouveau chef de la police genevoise auraient-elle permis à Sarah Zeines du GHI, d’y avoir accès pour parler de ce qui s’y vit et s’y pratique?
Il va de soi que le problème de la drogue à Genève est grave.
Ce même jeune homme qui m’a parlé du Quai 9 m’a raconté la facilité avec laquelle il trouve à se fournir en toutes sortes de substances. Dans les 5 minutes, j’ai quelqu’un à qui je peux acheter ce que je veux, m’a-t-il avoué.
Ce jeune homme, en quelques mois, est devenu l’ombre de lui-même. Il n’a plus de logement et fait la manche. J’ignore si le montant qu’il accumule en une journée équivaut à ceux qu’articule une des personnes interrogées par Sarah Zeines et qui varierait entre 200 et 400 CHF par jour.
Quoiqu’il en soit, vouloir augmenter la répression contre les toxicomanes alors que les vendeurs de substances aussi diverses que dangereuses pullulent à Genève et semblent ne pas vraiment craindre d’être appréhendés, reste un mystère.
Toutes les tactiques sont bonnes pour vendre leur poudre et pis. Lire qu’une des mesures envisagées par Monsieur Maudet serait, par exemple, de retirer le permis de conduire des consommateurs qui viennent s’approvisionner en voiture laisse songeur.
Le travail qui s’effectue au Quai 9 revendique l’anonymat pour les consommateurs qui s’y rendent, par respect envers eux. Ainsi chacun se sent-il ou se croit-il préservé à ce niveau-là.
Certes, la méthode appliquée en ce lieu a été expérimentée ailleurs mais comment être certain que se projeter vers la mort en tout anonymat soit la meilleure manière de lutter contre un mal?
Pour qui s’inquiéterait du sort réservé à certains prisonniers, petit tour d’horizon des prisons du monde.
La France ne compte certes aucun goulag ni autres camp de travail.
Elle dispose au contraire dans le XIVe arrondissement de sa capitale, d’une prison de la santé.
C’est très certainement plus profitable.
Et pourtant, la dénommée prison de la santé figure en sixième position du top 9 des pires prisons du monde.
« En 1999, une vague de suicides atteint 124 détenus, la faute à une ingestion inopinée de mort-aux-rats… » http://www.topito.com/top-pires-prisons-du-monde
Pour qui souhaiterait s’instruire sur les conditions de détention d’autres prisonniers de France et de Navarre, c’est ici:
http://www.rue89.com/2012/01/31/la-prison-de-la-sante-condamnee-pour-atteinte-la-dignite-humaine-228928?sort_by=thread&sort_order=ASC&items_per_page=50&page=1
Quel raout pour Raoult!
Eric Raoult est accusé de violence conjugale pour avoir dit à sa femme qu’elle s’habillait comme une salope.
Sa femme aurait-elle participé à la Slutwalk en français Marche des salopes pour manifester et dire au public qu’elle ne voulait plus être la salope de personne et surtout plus celle de son époux?
Jusqu’où iront ces déballages d’intimités?
Au prétexte qu’Eric Raoult serait un homme politique, doit-on à ce point médiatiser son couple?
Les commentaires des réseaux sociaux sont édifiants et plus violents encore que le fait dont ils traitent. Qu’on apprécie ou non Eric Raoult n’est pas le propos ici.
Mais le rôle des medias qui fabriquent les destins.
http://www.huffingtonpost.fr/2012/10/11/eric-raoult-violences-conjugales-epouse-salope-habilles_n_1956779.html?utm_hp_ref=france
A quoi jouent les medias à s’acharner sur l’intimité de DSK et à louer des orgies de Pussy Riot organisées et filmées avec femme enceinte sur un lieu public?
DSK est un homme politique dont la vie privée a surgi sur le devant de la scène médiatique alors qu’elle avait jusque là bénéficié de l’omerta la plus totale.
Les Pussy Riot sont de jeunes punks restées inconnues du milieu musical russe avant d’occuper la une de tous les medias pour avoir ajouté à leur action de la Cathédrale de Moscou, une dimension politique absente de la scène filmée.
DSK est un homme politique, il est traqué, les Pussy Riot sont des chattes en révolte, elles sont idolâtrées.
Quand la politique se perd en voyeurisme et exalte l’abus, l’information est menacée.
http://lci.tf1.fr/france/justice/dsk-face-a-la-chasse-a-l-homme-7575034.html?xtor=EPR-1-1358945[–4346–%209h00%20L’info%20-%20TF1%20News%2086144]-20121010-146285935@1-20121010090000
http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20121010.AFP1594/russie-les-pussy-riot-s-excusent-et-reclament-la-liberte-a-la-reprise-de-leur-proces-en-appel.html
Invitée à participer à l’émission En ligne directe de ce lundi 8 octobre pour m’exprimer dans le cadre des Pussy Riot, je tiens ici à partager ce moment.
J’ai beaucoup apprécié la teneur du débat et la manière de le mener.
Parmi les points de vue exprimés, certains ont tenu à rappeler le rôle que devraient tenir idéalement un Etat et une Eglise.
A cet égard et en complément à l’émission, j’indique cet article qui permet de mettre en perspective un des point de vue émis et d’y réfléchir.
Lien à l’article: http://french.ruvr.ru/2012_10_08/Eglise/
Lien à l’émission: http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/en-ligne-directe/4313680-les-pussy-riots-grandes-heroines-ou-petites-delinquantes-08-10-2012.html?f=player/popup&
La violence subie, la violence dénoncée n’est pas niée ici.
Seule la manière de la mettre en perspective interroge.
Mesurer le profit de telles actions publiques et médiatiques pour la cause féminine est prématuré car trop lié à la sensation immédiate que renvoient les images.
Aussi, seul l’avenir dira le bien fondé de ces manifestations de femmes à moitié dénudées, seins à l’air, exhibant tatouages ou autres slogans inscrits sur leur chair pour clamer leur blessure, leur colère, leur révolte.
Ce que l’Histoire retiendra de leur combat sera peut-être une mention.
Pour l’heure, le spectaculaire paraît l’emporter.
Avec tout le respect que j’ai pour la femme, pour la mère, pour la prostituée, pour la violée, la streap-teaseuse, la religieuse, l’artiste ou pour tout autre destin de femme, je reste perplexe quant à la manifestation qui a animé les rues et les medias de Genève en ce samedi 6 octobre.
S’emparer d’une parole et la convertir en action de revendication est une manière de la fixer et de la stigmatiser.Celle du policier à l’origine du mouvement des salopes en est ici l’exemple
Un narcissisme blessé n’est ni à contester ni à nier. Mais la manière d’y réagir force le débat.
Par leur mode d’action, les manifestantes sont loin de la confidence. Car c’est la rue qui est convoquée.
L’avenir seul en rendra l’écho.
