Nier l’évidence que trop de nos journalistes semblent ne pas même savoir de quoi, en l’occurrence, de qui ils parlent tandis qu’ils reprennent en boucle, sans même les vérifier, ce qu’ils estiment être des « informations », la preuve peut en être donnée à ce détail. En effet, comment Christophe PASSER pour Le Matin Dimanche en Suisse, et Caroline ROUX pour C dans l’air en France peuvent-ils ignorer le véritable prénom de celui dont ils ne manquent pas d’insister sur le sort adverse, je veux parler ici d’Alexeï Navalny?
Le premier l’a appelé Alexandre, il en a été question ici, la seconde quant à elle, lui a préféré le prénom de Sergueï. Franchement, est-ce bien sérieux? Quand un homme serait aussi connu et reconnu tel le « principal opposant » de Vladimir Poutine qu’il n’est en réalité pas, comment peut-on se méprendre sur son prénom? Serait-ce qu’ils se valent tous? Alexandre, Sergueï, Alexeï, et pourquoi pas Boris, Nicolaï et tant d’autres encore?
Alexandre, Sergueï ou Alexeï ne changent rien au fait que l’homme soit emprisonné, nous sommes d’accord. Mais cela change beaucoup au fait que, si des journalistes de référence commettent des erreurs d’identité, on ait des raisons de s’inquiéter de la qualité des informations qu’ils délivrent. Donc que Monsieur PASSER et Madame ROUX se montrent à la hauteur leur très large audience qui suppose de leur part une maîtrise de leurs sujets! Au lieu de quoi, c’est leur crédibilité qu’ils engagent.
Même si, on l’a compris de longue date, nos médias dits mainstream sont acquis à la cause qui consiste à traiter avec mépris, arrogance et ignorance tout un pays, la Russie en l’occurrence, au prétexte que celle-ci serait tenue par un homme, empoisonneur de son « principal opposant » et réduisant à néant toute opposition d’ailleurs après qu’il a réussi à « s’offrir le Kremlin jusqu’en 2036 » comme l’indiquait le titre de C dans l’air, même si on a bien compris tout cela, le laisser dire sans broncher? Non.
Et les réactions qui ont accompagné celle que j’ai exposée ici après avoir vu l’émission diffusée ce 6 avril sur France 5 ont montré que, très nombreuses sont les personnes qui se sont forgé une vision de la Russie autre que celle qui nous est imposée par tant de journalistes, tout simplement parce que lesdites personnes y ont travaillé, parce qu’elles y ont vécu, parce qu’elles ont pris le temps de s’y intéresser. Elles sont donc à même d’exercer leur sens critique tandis que les correspondant(e)s sur place ont surtout pour mission de suivre la ligne fixée par leur rédaction. Et qu’on ne vienne pas me traiter de complotiste, je le sais de source sûre pour avoir échangé avec des journalistes, entre autre au sujet de la Crimée où je me suis rendue en 2014.
Oui, je suis partie de Genève le 17 juillet au soir alors que venait d’être abattu, l’après-midi même dans le sud-est de l’Ukraine, le boeing de la Malaysia Airlines MH17 qui ne laissait aucun survivant des 283 passagers et des 15 membres de l’équipage embarqués à bord. Je ne me rendais pas en Crimée pour des raisons politiques ou quelque motif en lien avec les activités que d’aucuns me soupçonnent déployer au service du Kremlin, non, je me portais au secours d’un proche. Agressé à plusieurs reprises et spolié d’à peu près tous ses biens par des Ukrainiens, il lui était impossible de quitter l’hôpital où il avait été admis et de rentrer seul à Moscou. Sa famille étant dans l’incapacité absolue de lui venir en aide, je me suis proposée.
Voilà comment j’ai découvert à quel point les Criméens étaient heureux d’avoir réintégré la Russie, j’en avais rendu compte sur mon blog d’ailleurs. Mais bon, il faut surtout parler, en Occident,d ‘ « annexion » de la péninsule par les Russes, il faut surtout parler de la menace qu’ils font peser le long de leur frontière avec l’Ukraine, il faut surtout rappeler comme s’y est employée l’une des invitées de C dans l’air, les « petite hommes verts » qui auraient oeuvré à ce que la Crimée réintègre le giron russe, bref, il faut en priorité dénigrer, salir et noircir la Russie qu’on se contorsionne à présenter comme celle « de Poutine ».