La Suisse s’apprête à élire une nouvelle ou un nouveau des sept sages qui constituent son Conseil Fédéral.
Le départ de Didier Burkhalter, en son temps Président de la Confédération suisse lorsque celle-ci, au plus fort de la guerre en Ukraine, présidait l’OSCE, suscite la convoitise de trois candidats.
De ces trois personnalités, Pascal Décaillet, grand connaisseur de la politique suisse, a très bien rendu compte sur son blog.
Pour ma part, au-delà de ce qu’il y aurait à dire de chacune de ces candidatures, je songe à la récente élection française qui a porté au pouvoir son Jupiter.
S’il a été élu au suffrage universel, se rappeler comment s’est déroulée la récente campagne présidentielle française laisse très perplexe quant aux réels pouvoirs conférés à la population, de porter son élu(e) à la fonction suprême.
Cela dit, c’est enfoncer une porte grande ouverte que de mentionner au passage combien les deux systèmes politiques suisse et français diffèrent et combien d’envieux compte celui de la Suisse.
S’il n’est sans doute pas parfait -la perfection n’étant pas de ce monde- et qu’il n’échappe pas non plus à toutes sortes de pressions qui s’exercent sur ses représentants, il demeure pour grand nombre d’observateurs, un exemple de démocratie.
Bon vent à Isabelle Moret, Ignazio Cassis et Pierre Maudet!
Hélène Richard-Favre
Gaza vu le 31 juillet 2014 et revu le 11 août 2017 par l’auteur d’une lettre ouverte adressée à Dominique de Villepin
La guerre moderne signe le retour à l’archaïsme de la violence.
C’était dans un article du Figaro consacré à l’historien René Girard que figuraient ces propos.
Or voici qu’une tribune, parue sur ce même site du Figaro et qu’avait signée Dominique de Villepin le 31 juillet 2014 fait réagir… trois ans plus tard.
Publiée, en effet, ce 11 août 2017 sur le site JSSNews, une lettre ouverte est adressée à l’Ancien Premier Ministre français par une personnalité, présentée comme reporter, écrivain et réalisateur de documentaires mais aussi, selon Wikipedia, spécialisé dans le conflit isarélo-arabe et la psychopathologie terroriste.
Soit et bien lui en prenne.
Cependant, à lire sa prose et certaines des contributions qui la commentent, on comprend que la violence et la haine ont encore de beaux jours devant elles.
Et que le poète, en pareil cas, avait toutes les raisons d’être éclipsé sinon de s’éclipser …
L’image qui illustre ce sujet est la capture d’écran d’une video qui circule sur les réseaux sociaux. Elle a été diffusée sur le compte Twitter de mediapress24.fr.
Face à une telle scène, se montrer perplexe vaut la peine.
En effet, selon 20 minutes, le commentaire qui accompagne la séquence que l’on voit est inadéquat.
Dans le contexte actuel, demeurer critique face à ce qui se répand de manière dite virale serait sans doute préférable et le terme est choisi.
Mais certains esprits échauffés ne semblent pas l’entendre ainsi.
Dommage alors que le monde se passerait bien d’autant d’ardeurs à monter à l’assaut.
En vain, qui plus est.
capture d’écran du site de La Forêt des livres
On a déjà eu l’occasion de découvrir la qualité de jugement de la rédaction de BibliObs tandis qu’elle commentait le discours tenu par Alexeï Makine sous la coupole de l’Académie française.
C’était le 15 décembre 2016, l’écrivain y était reçu et de son discours n’a été retenu en titre que ce néologisme s’il en est de poutinien.
Et puis, plus récemment, lors des festivités du 14 juillet à Paris, voici qu’un nouvelle manifestation de grande culture nous était offerte par le même BibliObs.
Il en a aussi été question ici.
S’agissant de Gonzague Saint Bris, personnalité singulière et généreuse à laquelle il a été rendu hommage ici tandis que sa mort brutale est survenue dans la nuit du 7 au 8 août, voici comment ce même BibliObs évoquait, en 2012 le festival littéraire créé par l’écrivain en 1995.
Y voir du fiel sinon une orientation politique à peine manifeste est peu dire tandis que l’on sait comment sont attribuées tant de reconnaissances dites officielles à toutes sortes de personnalités.
Et dans ce sens de résistance qu’a été celui de nombre d’actions menées par Gonzague Saint Bris, écoutez-le raconter comment a été créé le Festival de Cannes.
Dénigrer comme s’y emploie si bien BibliObs ne révèle que condescendance, inculture et mépris.
Le Romantisme absolu est un ouvrage qui a marqué son temps.
Son auteur, Gonzague Saint Bris n’est plus. Tué cette nuit du 7au 8 août dans un accident de la route, il laisse derrière lui une oeuvre, un livre à paraître à la fin de ce mois mais bien davantage encore.
Voici un homme au parcours peu banal auquel, certes, il n’est pas interdit de demeurer insensible en ces temps troublés par une actualité qui n’a pas de quoi réjouir les foules.
Mais enfin, serait-ce là une raison de ne pas saluer la mémoire d’un homme inventif et créatif comme le fut Gonzague Saint Bris, certainement pas.
Car évoquer cette personnalité, c’est relever l’originalité d’un destin, sa singularité et sa dimension combative aussi. Gonzague Saint Bris a été inventif et créatif.
Saluer sa mémoire, c’est rendre hommage à une personnalité qui a mêlé sa sensibilité à celle d’autant d’autres qui ont marqué la culture et l’Histoire, tel Frédéric Chopin, pour ne citer que lui tandis qu’il est évoqué dans Le Romantisme absolu.
Pendant que l’actualité de tel et tel pays se nourrit de polémiques autour de tel ou tel propos, tel ou tel statut à obtenir, la guerre poursuit son sale travail dans nombre de pays.
Avec la décision de Carla del Ponte, de démissionner de la Commission d’enquête des Nations Unies pour la Syrie, c’est un violent rappel de ce que subissent autant de populations meurtries au nom de la démocratie qui leur était promise par la communauté internationale rangée aux côtés de rebelles modérés.
Il faut lire comment l’annonce faite par la magistrate suisse est relayée dans les différents médias pour saisir la manière dont certains se complaisent à rappeler que tant de Syriens ont à subir leur Président alors que la Suissesse montre qui est du côté du mal et qui, du bien: aucune des parties qui s’affrontent, tous sont du côté du mal, dit-elle.
Et c’est de longue date qu’elle s’exprime dans ce sens. En témoigne cet entretien qui date de septembre 2013. A bien écouter tant on peut observer comment elle résiste à la doxa du bien et du mal réparti selon les standards en vigueur.
Une guerre n’est qu’un théâtre d’horreurs, on le sait bien et c’est la force des propos de Carla del Ponte qui devrait faire effet au lieu de quoi on va continuer à nous bercer des mêmes rengaines, pis, à nous forcer à poursuivre ce distinguo entre bons et méchants.
Et il y aura encore et toujours de bonnes âmes pour porter crédit à une telle vision réductrice…
L’humour est un bon antidote à certaines situations en lieu et place de colères qui semblent toutes aussi vaines que tant d’imprécations lancées à la tête de tel(le) ou tel(le).
Or à suivre ces quelques minutes au cours desquels s’expriment, trois anciens Présidents, le désormais actuel locataire de l’Elysée et son épouse, un bref Garde des Sceaux et autres anciens candidat(e)s à l’élection présidentielle pour ne citer que quelques unes des principales figures en compagnie d’Yves Calvi, on se prend à s’interroger.
En effet, maintenant que la France a son Jupiter au sommet de l’Etat, il semble qu’elle n’ait désormais plus qu’à bien se tenir. Dans ce cas, pareille séquence radiophonique a-t-elle encore une chance de survivre sans risque?
Car Jupiter n’y est pas ménagé, pas davantage sa Junon si elle en est.
Mais le couple présidentiel qui sait ce que mise en scène signifie, apprécie peut-être et sans doute cette forme décalée de restituer une actualité.
Cependant, tandis que chute de manière drastique la cote de popularité du Président, en rajouter ne sera peut-être pas bienvenu?
A suivre…
Coïncidence de préoccupation ou pas, voici là sans doute deux sujets sensibles d’importance pour avoir été retenus en manchette de ces deux grands titres de presse que sont Le Matin et La Tribune de Genève.
A-t-on envie d’en savoir davantage qu’il suffit de se plonger dans la lecture des articles qui nous expliquent, pour l’un, en quoi une révolution menstruelle est appelée des voeux de l’auteure d’un ouvrage dont l’intitulé reprend, en partie, la formule consacrée au rite de la Cène, Ceci est mon sang.
Deux pleines pages et couverture du journal avec photos sont consacrées à cette information en une.
Pour l’autre, c’est également une pleine page de la rubrique EVENEMENT et un éditorial en une qui développe le sujet dont il est écrit, en imposants caractères gras qu’il alarme l’Occident.
De quoi occuper les esprits au cas où d’autres soucis les auraient saisis en ces temps troublés par quelques petites tensions mondiales…
Les absents ont toujours tort dit le proverbe.
Mais les morts? Et les mots qu’ils ont laissés, mieux, l’oeuvre qu’ils ont constituée? La manière de s’y référer n’est, parfois, que récupération selon l’intérêt qui se présente et l’opportunité de l’évoquer pour lui conférer les contours souhaités.
En l’occurrence, ces derniers temps, plusieurs articles renvoient à Stefan Zweig dont il est appelé à lire ou à relire un écrit ou un autre. Le plus souvent, ces invitations à la (re)lecture sont en relation avec le besoin de défendre telle ou telle cause, issue, cependant, de milieux socio-politiques très divers.
À considérer comment ce tout grand écrivain peut toucher des sensibilités aussi variées que celles d’Européens convaincus de leur Union ou de royalistes fidèles à autant de valeurs partagées qu’ils trouvent en lui, c’est dire si l’éventail est large!
Or si les premiers ne cessent de citer Zweig pour lutter contre les nationalismes et leurs méfaits, les seconds, pour leur part, rappellent comment il a décrit le traitement infligé à autant des leurs par les révolutionnaires comme dans la nouvelle qui a donné son nom au recueil Un mariage à Lyon.
Aussi, est-ce bien du triomphe de la brutalité dont Zweig a fait part dans son ouvrage intitulé en français, Le Monde d’hier. Souvenirs d’un Européen quand il l’associe à la défaite de la raison. Il n’y a là aucun regard d’ordre politique particulier.
Dans ce cas, considérons l’humanisme de l’écrivain avant tout et alors le citer aura tout son sens!
Si LA Suisse n’existe pas pour cette élue socialiste helvète qui semble avoir maille à partir avec quelques esprits réactifs sinon récalcitrants, pour le Président français alors candidat à l’Elysée, il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France, elle est diverse, elle est multiple…
Autant dire que ces deux personnalités politiques entretiennent un rapport à leur pays respectif qui tient à les démarquer de tout autre qui serait qualifié d’identitaire sinon de nationaliste.
La différence entre les termes d’identitaire et de nationaliste existe, elle et la culture que tous deux génèrent, existe tout autant.
Reconnaître aux pays des caractéristiques spécifiques n’implique toutefois pas de se réclamer de culture identitaire ou nationaliste.
C’est tout simplement admettre des réalités que l’usage de formules politiciennes tente de gommer.
Aussi, qu’il s’agisse d’une parlementaire suisse ou d’un désormais Président français, le fait de tenir des propos qui heurtent certaines sensibilités n’est pas anodin.
Et autant de levées de boucliers sinon de volées de bois vert à leur encontre exprime un sentiment d’appartenance à autant de références fondatrices qui n’excluent en rien l’ouverture à d’autres.
Dans ce cas, défendre des valeurs sans extrémisme quelconque doit rester envisageable, n’en déplaise à qui prétendrait le contraire pour rejeter d’emblée et catégoriser sans nuance.
